Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Technologies > Quoi de neuf en biologie ?

Quoi de neuf en biologie ?

Evolution, génétique, biodiversité, éthologie, anthropologie, neurologie.

 

- Une pluie de météorites dans 5 millions d’années ?

Et si la plupart des 6 extinctions de masse de l’histoire de la Terre coïncidaient avec le passage du Système solaire dans une région bien particulière de la Voie lactée ?

C’est du moins ce que pense une équipe de scientifiques de l’université de Cardiff qui suggère un lien entre les extinctions de masse qu’a connues la Terre tout au long de son histoire et une région particulière de la Voie lactée qui perturberait l’orbite des petits corps du Système solaire.

Le modèle développé par ces chercheurs "montre" que le passage du plan de la Voie lactée, qui survient tous les 35 à 40 millions d’années, contraindrait le Système solaire à franchir des régions plus denses en gaz et poussière. Ce qui provoquerait des bouleversements gravitationnels à l’intérieur de tout le Système solaire augmentant par 10 le risque de collision entre la Terre et un des petits corps (comètes, astéroïdes) qui le peuplent.

Les deux meilleurs exemples sont la chute d’un astéroïde dans la péninsule du Yucatan au Mexique qui, il y a 65 millions d’années, aurait été à l’origine des événements qui ont provoqué la disparition des dinosaures et le fait que depuis 36 millions d’années, la Terre n’a plus connu de collision de très grande ampleur.

Mais ce n’est pas tout, le cycle que suivraient ces extinctions de masse, bien qu’il soit très difficile de les dater, laisse à penser que certains de ces épisodes se sont produits quand le Système solaire se trouvait justement dans ces régions de la Voie lactée.

Enfin, si l’on se fie à ce modèle, notre position actuelle dans la Voie lactée n’est guère rassurante (à l’échelle de la Galaxie) : on peut théoriquement s’attendre ces prochains millions d’années à un événement dévastateur.

Enfin, pour la disparition des dinosaures, il se pourrait que ce soit surtout parce que la météorite serait tombée sur un champ de pétrole car, il y a 30 millions d’années, cela n’a pas été aussi dramatique (c’est la grande loterie de la vie). Certains ont imaginé ce que pourraient être les animaux dans 5 millions d’années qui pourraient être victimes de cette catastrophe annoncée. Il y a autre chose de très intéressant pourtant dans cette importante découverte car non seulement ces catastrophes périodiques accélèrent l’évolution, mais elles seraient susceptibles de disperser la vie à l’échelle galactique renforçant l’hypothèse de la "panspermie" :

Les scientifiques suggèrent que l’impact aurait projeté des débris contenant des micro-organismes dans l’espace et à travers l’Univers.

- De la silice pure, trace de vie sur Mars ?

Le rover Spirit vient de faire une découverte intéressante sur Mars : des dépôts de silice presque purs. Sur Terre, il s’en forme autour de sources chaudes, comme à Yellowstone aux Etats-Unis, où ils sont associés à des formes de vie microbiennes. Il est malheureusement impossible d’analyser ces dépôts pour y rechercher des microfossiles.

On trouve fréquemment des micro-organismes associés à de tels systèmes hydrothermaux et la finesse des dépôts en silice fait qu’ils sont d’excellents conservateurs des traces de vie microbienne. Malheureusement, les instruments de Spirit ne sont pas assez efficaces pour détecter la présence de fossiles de ce genre et il faudra attendre que des robots de la prochaine génération, en cours de développement et spécifiquement conçus pour ce genre d’analyse, rejoignent la Planète Rouge.

- La vie sur Terre plus précoce qu’on ne le croyait

On datait l’apparition de la vie de 3,8 milliards d’années, mais les stromatolithes témoignent d’une telle complexité qu’elle devrait être encore plus ancienne et donc encore plus proche de la formation de la Terre il y a 4,6 milliards d’années, ce qui renforce l’hypothèse d’une origine extra-terrestre, possiblement en provenance de Mars.

Des chercheurs du Centre australien d’astrobiologie révèlent avoir découvert, en utilisant des techniques moléculaires, des traces génétiques de plus d’une centaine de microbes différents dans les stromatolithes, là où ils pensaient en trouver une dizaine tout au plus. Selon eux, pour atteindre une telle complexité, la vie a dû débuter bien avant l’apparition de ces structures dont les plus vieilles ont près de quatre milliards d’années.

- De nouveaux organismes vivants à plus de 1 600 m sous terre !

De quoi relancer sérieusement l’espoir de trouver de la vie sur Mars...

Ces chercheurs relatent leur découverte dans un article publié dans la revue Science datée du 23 mai. Ils décrivent des procaryotes, des cellules n’ayant pas de noyau, vivant dans des sédiments à 1 626 mètres sous un plancher océanique vieux de 111 millions d’années et à des températures comprises entre 60 et 100 degrés.


- Les nanobactéries ne sont pas vivantes

Dix fois plus petites que des bactéries et entourées d’une coquille de calcium, les nanobactéries sont impliquées dans de nombreuses maladies comme la formation des calculs rénaux. Seulement voilà, la nature exacte de ces minuscules particules reste très controversée. Pour ses découvreurs finlandais, il s’agit d’une forme de vie primitive. Pour d’autres, ce sont des particules inertes. Après plusieurs années de débats, des chercheurs du CNRS et de l’Inserm apportent la preuve définitive que les nanobactéries ne sont pas des micro-organismes, mais des complexes de minéraux et de protéines.

Confirmation de ce qu’on pensait déjà car ces prétendues nanobactéries sont trop petites pour avoir un ribosome. Elles ne contiennent en fait ni ARN, ni ADN, mais seulement des protéines dans une coquille de calcium, peut-être des prions.

- Les réseaux de protéine

Il n’y a pas de correspondance entre un gène et une fonction car il faut la plupart du temps un réseau de protéines pour remplir une fonction, ce sont donc ces ensembles fonctionnels qu’il faut étudier.

Une équipe de chercheurs canadiens a mené à bien une enquête exhaustive du réseau des complexes de protéines qui orchestrent les processus fondamentaux de la vie.

Dans l’édition en ligne de la revue Science, des chercheurs de l’université de Montréal décrivent des complexes de protéines et des réseaux de complexes jamais observés auparavant – notamment deux qui participent aux mécanismes normaux par lesquels les cellules se divisent et prolifèrent et un autre qui régit le recyclage des éléments constitutifs de la cellule désigné autophagie.

Les processus qui sont maintenant mieux décrits au niveau moléculaire sont à l’œuvre dans des maladies comme les cancers tandis qu’il a récemment été démontré que l’autophagie agit dans des troubles neurologiques dégénératifs comme les maladies d’Alzheimer et de Huntington. La découverte de l’équipe de l’université de Montréal permettra de combler les lacunes dans les connaissances de base du fonctionnement et des origines évolutives de la cellule vivante et ouvre de nouvelles avenues à explorer en liant ces processus fondamentaux à la maladie chez l’homme.

Les chercheurs ont également découvert l’architecture de plusieurs complexes protéiques – une information primordiale qui est nécessaire pour déterminer la manière dont les protéines fonctionnent ensemble afin d’orchestrer les processus biochimiques des cellules vivantes.

- La reproduction vivipare plus ancienne de 200 millions d’années !

Un fossile de poisson vieux de 380 millions d’années a été découvert portant à l’intérieur son petit rattaché au cordon ombilical. Cette trouvaille repousse de 200 millions d’années la première trace de reproduction vivipare.

Le poisson appartient à un ancien groupe de vertébrés, les placodermes, qui peuplaient les mers du Dévonien inférieur (il y a 410 millions d’années) et se sont éteints au Carbonifère (350 millions d’années). Leur nom vient du fait que leurs corps étaient recouverts de plaques osseuses, ce sont également les premiers vertébrés dotés d’une véritable mâchoire, à ce titre ils ont été surnommés les « dinosaures des mers ».

Aujourd’hui, ce mode reproduction est utilisé chez les poissons par certaines espèces de requins et de raies.

- Génétique des populations

On sait que les différences génétiques à l’intérieur d’une population sont plus importantes qu’entre les populations et s’il y a eu des races différentes du genre homo, ce n’est guère qu’en Afrique (sauf exceptions comme Neandertal), sinon nous descendons tous d’une petite population originelle, mais il n’empêche qu’il y a des caractéristiques physiques génétiques différentes entre populations éloignées, avec des types intermédiaires entre les deux formant un continuum.

Les mutations qui affectent directement les gènes et leurs protéines, et les régions régulatrices des gènes montrent une plus grande variabilité entre populations que les autres. En fait, 582 gènes exactement sont impliqués. Il s’agit évidemment de ceux contrôlant les traits morphologiques, comme la couleur de peau ou le type de cheveux, mais aussi de ceux qui régulent le métabolisme ou la réponse immunitaire aux pathogènes. C’est ainsi qu’une mutation du gène CR1, impliqué dans la résistance aux attaques de paludisme, se retrouve chez 85 % des Africains, mais est absente chez les Européens et les Asiatiques.

- L’Europe, c’est le lait (un gène gêné par son voisin) !

On sait que 20 % de la population européenne et presque tous les Asiatiques ne peuvent digérer le lait. En effet, la faculté acquise au néolithique de boire du lait à l’âge adulte est due à la suppression du mécanisme du sevrage présent chez tous les mammifères, mais l’intéressant ici, c’est que cette inactivation de l’inactivation est provoquée par la mutation du gène voisin et non par celui qui produit la lactase nécessaire à la digestion du lait. Cette mutation aurait été tellement vitale dans cette civilisation du lait qu’une mutation unique se serait répandue rapidement dans toute l’Europe, faisant des buveurs de lait européens les descendants d’un ancêtre commun il y a près de 10 000 ans (c’est un peu étonnant car il y a eu d’autres mutations, similaires mais différentes, chez les peuples nomades africains).

Elle est apparue chez un unique individu de la région du Caucase avant que ces peuples ne migrent vers l’Europe à la fin de la dernière période glaciaire.

Le LCT est le gène qui code la production de lactase. La protéine LPH est produite à partir des informations contenues dans le LCT et synthétise l’enzyme digestive. La mutation qui affecte le LCT n’est en fait pas localisée dans le gène lui-même, mais dans un gène voisin appelé MCM6. La tolérance au lactose est obtenue en empêchant les cellules intestinales de lire le gène LCT correctement, et donc d’arrêter la production de lactase à l’issue du sevrage.

"Le fait qu’un gène puisse être régulé par un gène voisin est une découverte nouvelle pour les généticiens. La tolérance au lactose n’est sans doute pas le seul mécanisme du corps humain à fonctionner de la sorte", explique Jesper Troelsen. Ainsi, pour comprendre les causes de maladies héréditaires, les scientifiques se limitaient jusqu’à présent à l’étude du gène directement affecté par la maladie. L’étude des gènes voisins pourrait aboutir à de nombreuses découvertes pour les maladies qui restent inexpliquées.

- Un embryon humain génétiquement modifié !
Le Monde 14.05

Des scientifiques américains sont récemment parvenus à créer un embryon humain génétiquement modifié.

Cet embryon transgénique n’a toutefois pas été transplanté dans un utérus et a été détruit après cinq jours de développement in vitro.

Les chercheurs annoncent être parvenus à intégrer au sein du génome de cet embryon humain, au moyen d’un vecteur viral, un gène dirigeant la synthèse d’une protéine aux propriétés fluorescentes.


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (17 votes)




Réagissez à l'article

7 réactions à cet article    


  • gecko gecko 5 juin 2008 14:29

    merci pour ce petit tour d’horizon biologique, j’apprécie toujours vos articles !


    • Avatar 6 juin 2008 00:39

       

      Idem Gecko,

      Les papiers de Mr Zin sont une bouffée d’air sur ce site.


    • Numero 19 Numero 19 5 juin 2008 14:44

      [Les chercheurs annoncent être parvenus à intégrer au sein du génome de cet embryon humain, au moyen d’un vecteur viral, un gène dirigeant la synthèse d’une protéine aux propriétés fluorescentes.]

      J’en voudrais un bleu et un autre phosphorescent pour mieux le voir dans la nuit. Merci.

      Au passage, j’apprécie toujours ces brèves de sciences :)


      • gecko gecko 5 juin 2008 14:53

        qu ils ont déjà mis en pratique sur les rats... des rats fluo tout verts miam ! ici : http://www.inkycircus.com/jargon/images/green_rats.jpg


      • ZEN ZEN 5 juin 2008 19:06

        Une pluie de météorites dans 5 millions d’années

        Mein Gott , je viens juste de faire réparer mon toit !...


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 6 juin 2008 13:13

          Quelques nouvelles intéressantes, notamment le fonctionnement en réseaux des protéine,

          une hypothèse que j’avais publié en 1991 dans la revue internationale de systémique. C’est bon de savoir qu’on avait 15 ans d’avance, mais c’est désagéable de prendre conscience que ça n’avançait à rien


          • Valou 6 juin 2008 15:09

            Si on etait fluorescent ça ferait des économies d’énergie , on pourrait aussi être plus petits (besoin de moins d’espace et de nourriture) : finalement l’espèce la plus écolo : les lucioles.

             

            Dans 6 millions d’année nous serons au choix :

            - éteints

            - suffisamment avancés technologiquement pour ne pas être emmerdés par une pluie de météorites.

            Avec un plus forte probabilité pour la première hypothèse à mon avis.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès