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Raison sociale

Dans une récente interview donnée à Business Week, Ray Lane, ancien président d’Oracle, décrit l’adaptation par les entreprises des nouveaux modèles applicatifs engendrés par le Web 2.0 grand public. En exemple, il cite Visible Path, une startup qui propose un outil de gestion de réseaux sociaux destiné aux entreprises. D’après l’animation de démonstration, on peut voir que Visible Path est basé sur les principes qui sont en œuvre au sein des applications grand public de réseaux sociaux, tels que LinkedIn et Viaduc.

Au-delà de la question de savoir si ces outils parviendront ou non à s’imposer au sein des entreprises (ce n’est qu’une question de temps, à mon sens), la réflexion qui me vient est la suivante.
Les réseaux sociaux et leurs applications apporteraient-ils (enfin) une forme de rationalisation au sein des relations sociales ?
Dans la vie de tous les jours, si nous voulons évoluer professionnellement, il nous faut établir de nouveaux liens, de nouvelles connexions. Par exemple, si je souhaite rencontrer un directeur d’entreprise très occupé, je vais d’abord contacter 1, 2 ou 3 personnes susceptibles de pouvoir faciliter mon approche. De contact en contact, je parviendrais à un certain moment (...les six degrés de séparation...) à rencontrer ce brillant manager.
Ces outils sociaux de gestion de carrière reproduisent exactement ce schéma. Ils permettent de se présenter, d’établir des contacts, de rencontrer des collègues, d’établir des discussions, et de gérer sa carrière.

Nous avons donc collectivement, en tant que société humaine organisée, décidé que notre manière de gérer nos relations professionnelles pouvait être améliorée - c’est-à-dire adaptée à notre époque - au moyen des réseaux informatiques. Nous avons décidé de confier une partie de nos relations sociales à un outil informatique qui, semble-t-il, est plus efficace que nous ne le sommes pour gérer les rapports humains. Ironique ? Non, car il est vrai que lorsque l’on observe les rapports humains dans les entreprises (plus elles sont grandes plus c’est drôle), on peut parfois être abasourdis par la suprématie de l’irrationnel et du passionnel au cœur des rapports professionnels, même si les grandes entreprises de conseil en management déploient des quantités astronomiques d’énergie pour le masquer...

Reconnaissons-le nous sommes des êtres autant rationnels qu’irrationnels. Si nous voulons, en tant qu’individu mais également en tant que société, progresser vers la voie de la raison, les outils de gestion de réseaux sociaux peuvent nous y aider.
Au fait, à quand la politique 2.0 ? Car s’il est un domaine où l’irrationnel règne en maître absolu, cela semble être bien celui des “hautes instances dirigeantes” de nos pays.


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5 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre An Alré (---.---.110.172) 27 juillet 2006 12:05

    Bonjour

    Bravo ! vous avez fait la moitié du chemin en reconnaissant que nous sommes autant irrationnels que rationnels.

    Courage faites l’autre moitié du chemin et admettez que nous sommes complètement irrationnels.

    La preuve cette idée de confier la socialisation à des applications informatique smiley)))

    Jean-Pierre


    • Adolphos (---.---.59.170) 27 juillet 2006 13:13

      Oui, la raison n’est qu’un instrument. Nous avons des yeux, nous ne sommes pas la Vue. Nous sommes des raisoneurs.


    • toto (---.---.39.159) 27 juillet 2006 21:07

      Ben toi t’as envie de monter dans la société et de rencontrer Le grande patron... Un truc... demande une grosse augmentation... Perso, pour en frequenter tous les jours, c’est super déprimant, ils sont souvent pas plus intelligents que toi et il gagnent carrément plus que toi... quand tu les connais bien il finissent toujours par te dire, qu’ils ont à un moment ou un autre eu un coup de chance... enfin, il y en a qq’un vraiment bon... Je confirme, nous somme irrationnels et très emotionnels... et heureusement...


      • Roland (---.---.202.101) 27 juillet 2006 22:56

        « Dans la vie de tous les jours, si nous voulons évoluer professionnellement, » Désolé, mais dans la vie de tous les jours çe qu’on doit d’abord faire, c’est faire son boulot tout simplement. Si on perd son temps à chercher à poser des jalons pour rencontrer un grand patron (pour quoi faire avec ?) quand est-ce qu’on fait son travail ?

        Et de toutes façons pour avoir interêt à rencontrer un gros patron, il faut être soi-même un gros patron. Bref ce livre c’est la version moderne de ’L’art du courtisant" de Baltassar Castiglione.


        • matthieu mingasson matthieu mingasson 28 juillet 2006 09:16

          Bonjour,

          De quel « livre » parlez-vous ? N’avez-vous pas lu mon billet un peu rapidement ?

          L’exemple que je mentionne dans mon article ne tient pas lieu d’apologie du carrierisme. Mon expérience m’a montré que les rencontres font beaucoup dans la vie - dans la vie professionnelle comme dans la vie quotidienne. Nous sommes des êtres sociaux, nous fonctionnons par l’échange avec les autres. Dans la vie professionnelle, rencontrer des collaborateurs nouveaux, des managers interressants, succeptibles de vous faire explorer de nouveaux horizons n’a rien de dégradant ou d’arriviste. « Faire son boulot » c’est aussi savoir mettre ses connaissances en question face à des personnes issues d’autres domaines et plus qualifiées que soi-même. « Faire son boulot » c’est aussi savoir prendre des risques.

          Les outils de gestion de reseaux sociaux peuvent nous permettre d’eefectuer cela d’une manière plus efficace, plus rapide, plus fonctionnelle.

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