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Razorback, un mois après

Il y a un peu plus d’un mois, une opération policière conjointe belge et suisse mettait fin au règne du serveur Razorback 2 sur le réseau de peer-to-peer eDonkey. Qu’en est-il maintenant ?

Le 21 février dernier au matin, la police fédérale belge effectuait une perquisition chez l’hébergeur des serveurs de peer-to-peer Razorback, tandis que les administrateurs étaient quant à eux "entendus par la Justice" en Suisse. Ce coup de force de la Motion Picture Association américaine avait en premier lieu jeté un grand froid sur la communauté eDonkey, dont les serveurs Razorback constituaient la plus importante zone d’échange. Petit aperçu de la situation un mois après...

Dans la journée, un des deux administrateurs fut relâché, et put donc rapidement transmettre son témoignage sur le forum Open-Files.com, suivi de près par son avocat, relayé par le site Ratiatum, tandis que l’autre administrateur fut libéré dans la soirée. Parlons-en, de ce site, Ratiatum ! C’est un site sur les médias et loisirs numériques, proposant entre autres des échanges légaux de fichiers via le réseau eDonkey... et les serveurs Razorback ! Très concernés par l’affaire, ils délivrèrent régulièrement des informations sur l’évolution de la situation.

Reprenons au début, à ce communiqué de la MPAA. Cette dernière, association de majors américains du film et de l’édition musicale, lutte intensément depuis des mois contre le piratage et les échanges de fichiers via le P2P. Elle annonce, au moment même de la perquisition, une "grande victoire dans le combat que nous [la MPAA] menons contre l’échange illégal de fichiers", à grand renfort d’accusations plus que calomnieuses à l’encontre de l’association Razorback.

En effet, le "véritable danger pour la société" est accusé de diffuser du contenu "offensant pour la morale", du contenu pédophile, des manuels de fabrication de bombes ou des "vidéos adressées par des terroristes". Comme s’il y avait besoin d’aller sur eMule pour trouver tout ça !

Quelles ont été les conséquences ? Premièrement, beaucoup de sites totalement légaux qui étaient hébergés sur les serveurs Razorback se sont retrouvés à la rue, notamment beaucoup de sites de promotion de l’échange légal de fichiers libres de droit. Et quant au téléchargement illégal ? Cela n’a eu aucun impact, pour deux raisons. Primo, le million d’utilisateurs du serveur Razorback 2 se sont rapidement redirigés vers d’autres serveurs, ne faisant pas diminuer d’un octet la quantité de fichiers téléchargés sur le réseau eDonkey.

Et, le plus ironique, je trouve, c’est que la MPAA espérait récupérer les logs (journaux) de connections de ces millions d’utilisateurs, afin de pouvoir les identifier et les poursuivre en justice. Seulement, ces données sont conservées dans la RAM (mémoire vive) du serveur et se sont donc envolées définitivement au moment où les policiers belges ont débranché la machine.

Juridiquement, les administrateurs peuvent encourir des peines très lourdes s’ils sont condamnés pour complicité de contrefaçon, mais l’affaire mettra plusieurs mois avant de passer devant un tribunal. Et une condamnation est peu probable : les serveurs ne font que de l’indexation de fichier, tout comme Google indexe des pages Web. Donc, en quoi les responsabilités en cas d’indexation de matériel illégal seraient différentes ? Nombre de sites inscrits dans Google feraient des cibles parfaites pour la MPAA, pourquoi ne s’y attaque t-elle pas ?

C’est donc un coup de pub pour la MPAA, mais surtout un coup d’épée dans l’eau, voire une auto-flagellation : Razorback était une des seules associations à prôner la distribution de fichiers protégés par des DRM. Sans affecter le réseau eDonkey, cette action n’aura fait que dégrader encore plus les relations entre les internautes et la MPAA.


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12 réactions à cet article    


  • Imaginus (---.---.68.125) 3 avril 2006 16:36

    Je me suis toujours demander si le nom « razorback » etait ou non à l’origine ou non du succes de ce serveur. Ca fera un peu le menage.De totue facon le contenu commercial pirate circulant sur le P2P n’a aucun interet.Ca amuse le peuple.


    • Pierre Luce 3 avril 2006 19:16

      Je pense que le succès du serveur était dû à deux choses : Premièrement, une infrastructure béton qui lui permettait de supporter 1,1 millions de connection à traverse le monde au même instant. Je crois d’ailleurs que c’était parmis les serveurs les plus « visités » au monde.

      Deuxièmement, la réputation de l’association (avec comme je l’ai indiqué un gros soutien à la diffusion de musique libre de droit) n’est sûrement pas pour rien dans la popularité du serveur.

      Quand au contenu, chacun se forge son propre avis sur la question :)


    • minos (---.---.255.53) 3 avril 2006 21:07

      « De totue facon le contenu commercial pirate circulant sur le P2P n’a aucun interet.Ca amuse le peuple »

      Etrange réaction.

      1ère hypothèse : Vous n’utilisez pas eDonkey et êtes donc un troll poilu.

      2ème hypothèse : Quel contenu n’avez-vous pu trouver sur eDonkey ?


    • Biou (---.---.3.165) 3 avril 2006 20:50

      C’était même pour compléter votre propos le serveur le plus visité du réseau edonkey/emule.

      Le succès reposait comme vous l’avez avancé sur une technique et une organisation sans failles : la publicité et la boutique (ainsi que, dernièrement, la location de la bande passante surnuméraire) amenaient de l’argent qui était investi dans l’infrastructure technique du serveur : matériel spécialisé, serveur professionnel, location d’une énorme bande passante, le tout pouvant supporter à terme et en l’état de l’arrêt du serveur environ 1.5 million d’utilisateurs en moyenne.

      Je rajouterais également deux choses. La première c’est que c’est un serveur que l’on a vu se construire petit à petit, sous nos yeux depuis Gruk, l’alliance avec edk2ch et l’aventure Razorback 1 puis 2, ce qui a permis de fidéliser le public sur le long terme. Le second argument que je souhaiterais évoquer c’est que ce serveur reposait et s’était bâti sur une forte communauté francophone ; j’en veux pour exemple un serveur situé en Belgique, un provider français et un admin suisse ! Si ce n’est pas un bel exemple de francophilie ça !

      De fait, le succès de Razorback2 s’est construit lentement mais sûrement autour d’une architecture solide, au fil des ans. De ce point de vue, cela avait toutes les caractéristiques d’une belle success-story dont notamment la dernière caractéristique, indispensable celle-là : la disparition de cette entité.


      • arin (---.---.0.86) 3 avril 2006 22:15

        Bonsoir,

        Je m’interroge encore comment Razorback a pu rester ouvert si longtemps. Razorback est un symbole pour le réseau ed2k, un trophé pour d’autres...

        Finalement, je crains, qu’à partir du moment où l’association a commencé à avoir des rentréss d’argent avec les revenus publicitaires et autres, la MPAA a décidé de franchir le pas et de faire fermer Razorback.

        Peu importe le reste, à partir du moment où de l’argent rentre par un endroit, c’est plus facile de convaincre le juge...du point de vue de l’avocat du diable, on pourrait dire que la « mise en relation » des p2pistes à propos d’oeuvres partagées illégalement (en majorité) serait une sorte de produit d’appel pour attirer les p2pistes sur le site ou leur boutique.

        En fait, j’espère que la neutralité de la technique et leur bonne foi les sauvera : comme le fait qu’ils auraient proposés de radier certains hashs e2dk de fichiers si les producteurs les leur fournissaient.

        L’ironie est que en faisant fermer Razorback, elle supprime de facto un serveur qui offrait un soutien logistique important à la musique libre Jamendo, la chaine de téléchargement de logiciels libre de distribution Ratiatum et des ebooks gratuits et libres sur le réseeau ed2k et pas seulement. D’une certaine façon, ça arrange la MPAA et consors.

        En ce qui me concerne, de manière anonyme, j’ai repris une partie (infime) de cette logistique propre au p2p en partageant ces projets (légaux). Plutôt 2 fois qu’une désormais ...


        • Pierre Luce 3 avril 2006 23:13

          Effectivement, c’est étonnant de voir tant de serveurs encore ouverts, mais en même temps, de quoi peuvent-ils être accusés ? D’indexer des fichiers illégaux ? Si c’est illégal, pourquoi ne ferme-t-on pas Google et 90% des moteurs de recherches ? Eux aussi indexent des pages dont le contenu est illégal.

          Je suis loin d’être calé en droit, mais la « complicité de contrefaçon » est à mon avis loin d’être adapté à ce genre de chose. Quelqu’un peut-il nous éclairer la dessus ?


        • (---.---.63.52) 4 avril 2006 11:22

          Bonjour, c’est Yves.

          Je suis moi-même utilisateur occasionnel de ce genre de réseau, et j’y vois pas mal d’avantages : possibilité de charger des films ou de la musique que l’on ne trouve ni dans le commerce, ni en video-club, essai gratuit de jeu ou de logiciel. Même s’il est certain que pas mal de gens téléchargent des oeuvres que du coup ils n’achètent pas, il ne faut pas chercher là les raisons des diminutions de bénéfices des majors. Cherchons les plutôt dans la mauvaise qualité et les prix élevés... Le débat dans ce domaine est particulièrement faussé, n’en doutons pas.

          De toutes façons, ne nous leurrons pas : le piratage continuera, quelque soit le nombre de plaintes déposées, qui ne représentent qu’une infime fraction des utilisateurs. D’une part. D’autre part, l’évolution de la technologie permettra (permet déjà, cherchez un peu) la diffusion d’oeuvre dans l’anonymat de plus complet. Le jour où ces technologies seront répandues, ceux qui n’ont pas su prendre la mesure de leurs propres responsabilités dans les baisses de ventes seront dans la mouise.

          Donc, à mon avis, faux problème et faux débat. Piratons, téléchargeons, et puis basta.

          C’était Yves.


          • Kazar (---.---.164.93) 4 avril 2006 11:22

            Espérons que les admnistrateurs seront bien défendus, car l’attitude de la MPAA est lamentable. ET vivement le retour, car enc as de relaxe, plus rien ne s’opposera aux autres serveurs.


            • Aminartet (---.---.88.29) 17 avril 2006 17:07

              Je trouve que Yves a raison. Car personnellement je ne pense pas qu’interdire le P2P va augmenter le nombre d’achat de CDs et DVD de facon considérable. Ce n’est pas pasqu’on télécharge des fichier qu’on achete plus rien avec notre argent :/ auc ontraire ca nous permet d’avoir plus que ce qu’on pourrait avoir... J’entends par la que qi on nous retirerais le P2P ca nous donnerais pas plus d’argent pour acheter des CDs etc... A mon avis c’est juste une question de choix de dépenses... Cela nous permet d’avoir des dépenses plus selectives mais je ne pense pas que cela change grand chose au fond...(koike XD)


              • Aminartet (---.---.88.29) 17 avril 2006 17:09

                le « KOIKE » est a retirer il a rien a voir j’ais supprimé une phrase qui se placait avant c pr ca ^^’


              • hilde (---.---.204.171) 15 mai 2006 16:35

                je n’achetais pas de musique avant de connaitre le P2P, tout simplement parceque rien de ce que j’écoutais à la radio ne valais, pour moi, la peine d’être acheter pour être écouter 10,20,50 fois.

                Maintenant j’ai découvert le P2P, grâce à razorback entre autre, et au lieu de consacrer 0 € à la culture musicale, je consacrais 20-30 € par mois (1 à 2 CD en moyenne) car une fois que j’avais découvert un artiste (vus mes gouts extremement difficile), c’est rare sur emule, et bien je tentais de me constituer une sorte d’intégrale de cet artiste (oui, je sais, je suis monomaniaque)

                Demain, je n’acheterais plus de disque. non pas parce que le P2P ne me permetra plus de découvrir des artistes ( le P2P ne mourra que le jour où il y aura mieux pour le même prix) mais tout simplement parce que je viens de tomber sur 2 CD DRMisé, illisible avec mon système linux.

                Je n’étais déjà pas un gros consomateur de musique, mais très bientôt, je ne serais plus consomateur du tout...

                Les industriels du disuqe sont blessé par le P2P, se débattent tant bien que mal, mais ce faisant, détruise ceux et celles qui pouvaient les faire survivre. la musique n’a eu besoin de ces induscrie que depuis quelques dizaines d’année, elle existait avant, et la musique existera après eux. Il faudrait juste leur expliquer


                • metallah (---.---.16.38) 19 juin 2006 10:28

                  Ce qui est vraiment bête c’est que de nombreux truc légaux (la majorité) était sur ces serveurs... Je crois que Jamendo (musique légalement téléchargeable...) avait eu quelques soucis suite à ces fermetures

                  pour le reste je crois que j’ai déjà tout dis sur mon propre blog...

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