Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Technologies > Regard politique sur les sciences

Regard politique sur les sciences

Avant toutes choses je précise que je ne suis spécialiste d’aucun domaine du savoir, je ne suis ni enseignant-chercheur, ni ingénieur, le propos qui suit restant par conséquent un propos d’opinion qui se veut destiné au grand public, dont je fais moi-même partie : c’est bien là, il me semble, la vocation d’Agoravox. Néanmoins, je serais ravi que les experts inscrits sur ce site puissent aussi en prendre connaissance et donnent leur avis sur le sujet, très vaste s’il en est ; car oui, la science est bien aussi une affaire de citoyenneté.

 

Dans l’histoire de l’humanité, les sciences naissent d’une vocation : celle de vouloir comprendre le monde qui nous entoure, afin, souvent, de mieux parvenir à agir sur lui. Même l’abstraction grecque, si intelligente et avant-gardiste, n’a pas souhaité autre chose que de fournir une explication claire à l’univers qui nous entoure. Cette conception du savoir a traversé les millénaires, mais a commencé à être ébranlée vers la seconde moitié du XIXe siècle, avec l’apparition de la physique statistique, du concept d’entropie, puis, au siècle suivant, avec l’avènement de la physique relativiste notamment, et ce même si Einstein croyait en l’existence d’un dieu créateur. Depuis, il semblerait que de plus en plus de savants admettent que plus on en sait, en réalité, et moins on en sait. C’est une révolution copernicienne plus grande encore que la première d’entre elle : l’homme avoue que non seulement il n’est pas le centre de l’univers, mais qu’en plus il ignore de quoi est constitué une grande partie de celui-ci, ce qui remet en cause la notion même d’observation et de conscience du monde. La physique, alors même qu’elle a atteint un niveau de complexité extraordinaire, se voit ainsi malgré tout rattrapée par la métaphysique : le savoir objectif n’existe pas, et rien n’est sûr, pas même notre propre existence. Bohr ne proclamait-il pas déjà, il y a quasiment un siècle, que la réalité n’était « pas du ressort de la physique » ? Ou encore le logicien Kurt Gödel, «  qui démontra, à la surprise générale, qu’aucune théorie mathématique n’est complète et qu’il subsiste toujours des énoncés qui ne sont ni vrais, ni faux. » (rapporté dans Théorème vivant, Cédric Villani).

Bien, mais alors, où cela nous mène-t-il ? Pourquoi s’acharner à comprendre alors que l’on ne comprend finalement jamais grand-chose ? Qu’attend-t-on de nos scientifiques ? Il semblerait là que la conception que se font nos gouvernements (et les grands groupes privés bien entendus) de la recherche scientifique soit nettement plus terre-à-terre : les programmes de recherche sont financés s’ils ont une utilité potentielle in fine pour l’humanité. Recherche spatiale, physique de l’atome, mathématiques : tout cela intéresse les chefs d’Etat dans la mesure où les travaux de recherche engagés sont en mesure de résoudre au moins partiellement les grands problèmes du XXIe siècle, au premier rang desquels, certainement, figure la question de la pénurie énergétique. Avec, en plus, l’attente toujours assez forte de répondre à quelques-unes des grandes questions existentielles que l’on continue tous de se poser : qui sommes-nous, où allons-nous, sommes-nous seuls dans l’univers, existe-t-il une particule fondamentale, une théorie du tout, etc. ?

Philosophiquement et politiquement, il me semble donc qu’il y a une contradiction entre les découvertes les plus récentes des sciences, et le regard que l’on continue de porter sur elles. Ce décalage me semble problématique car il paraît démontrer que les hommes en général semblent trop lents à adapter leur mentalité aux nouveaux défis qui les attendent, trop lents à comprendre les idées neuves, trop obnubilés par leurs visions court ou moyen-termistes. Comme j’ai déjà pu le revendiquer dans d’autres articles, je défends une vision absurde de l’existence humaine, aussi ne me semble-t-il pas si important de comprendre tout de notre nature et de celle de l’univers, mais l’est davantage la réflexion sur les moyens de transformer un monde qui, même si l’on ne pourra probablement jamais en comprendre tous les paramètres, ne semble plus tourner très rond.

Que peuvent alors les sciences aujourd’hui ? Certes, elles sont partout : nouvelles sciences du cerveau, thérapies géniques, téléphones mobiles, réseaux informatiques de communication, trading haute-fréquence, avions à réaction, programmes de développement économiques pour pays sous-développés, centrales nucléaires, etc. Toutes ces choses reposent évidemment sur des modèles scientifiques, qui plus est souvent très théoriques. Mais tout cela appartient-il encore au domaine scientifique ? On voit au travers de ces exemples combien science résonne en fait à nos oreilles avec progrès technique, révélant ainsi sa finalité implicite : celle de conduire l’Homme vers un avenir toujours plus confortable, certains diront même jusqu’à l’émancipation complète de sa condition de mortel. Et, pourtant, pour la première fois de son histoire, l’Homme est sérieusement menacé d’extinction à court-terme (voir par exemple le dernier rapport du Club de Rome sur l’avenir du monde dans les 40 prochaines années) : saisissante contradiction ne trouvez-vous pas ? D’un côté, la science théorique atteignant un point critique la conduisant à repenser à la fois ses modèles, sa méthodologie et sa philosophie. De l’autre, un monde devenu ultra-dépendant à la technologie et aveugle aux extrêmes difficultés dont on ne connaît pour l’instant, peut-être, que les prémices. La curiosité humaine est inextinguible, il n’y a pas lieu de lutter contre cela. Il est donc temps de revisiter notre regard sur la recherche scientifique et sur sa finitude, et alors, sans prétention, peut-être pourra-t-on imaginer reprendre prise intelligemment sur notre destin collectif.


Moyenne des avis sur cet article :  3.4/5   (5 votes)




Réagissez à l'article

14 réactions à cet article    


  • Giordano Bruno 17 avril 2013 22:30

    Vous écrivez :

    Ou encore le logicien Kurt Gödel, « qui démontra, à la surprise générale, qu’aucune théorie mathématique n’est complète et qu’il subsiste toujours des énoncés qui ne sont ni vrais, ni faux. »

    Ce n’est pas tout à fait cela. Certaines théories sont complètes. La logique des prédicats du premier ordre par exemple. Ce qu’a montré Gödel, c’est que toute théorie mathématique comprenant certains énoncés de l’arithmétique élémentaire est incomplète. C’est-à-dire que que certains énoncés peuvent être vrais dans cette théorie sans être démontrables à l’intérieur de cette théorie.

    Vous déduisez à tort de ce résultat de Gödel que l’on ne comprend finalement jamais grand-chose. Ce n’était pas sa conclusion.


    • Claus D. Claus D. 18 avril 2013 11:00

      Bonjour,

      Merci pour vos précisions sur les travaux de Gödel. Lorsque j’en déduis qu’on ne comprend donc jamais grand chose, je prends un risque qui ne me semble pas incompatible avec ce que devait penser Gödel et avec ce que pensent certains scientifiques aujourd’hui : le contraste des réactions des experts eux-mêmes suite à la mise en évidence récente du boson de Higgs peut par exemple illustrer le doute auquel la communauté scientifique mondiale semble aujourd’hui en proie.

      Cependant, je n’ai pas ici la prétention de bien connaître le sujet dans les détails : je suis simple lecteur de wikipedia et Science et vie (quoique ce magazine commence souvent à m’agacer dans sa manière tapageuse et parfois creuse de traiter les sujets de science « fondamentale »), j’ai une licence scientifique qui ne m’a pas permis d’embrasser ce genre de sujets si complexes, à peine de les caresser... Je comprends donc très bien qu’on puisse m’en faire le reproche, et le débat de Gnaffon avec Castel et Par soi-même suite à l’article récent « L’univers et le paradoxe des trous noirs » est suffisament édifiant pour qu’on fasse l’économie de le reproduire ici.

      Mes conclusions ne doivent donc bien sûr pas être prises au pied de la lettre puisque c’est justement mon propos que de dire que rien dans le monde des hommes et de leur science ne doit absolument l’être. Ce qui ne signifie pas, je réponds ici indirectement à Gnaffron, que je ne crois pas en certaines évidences scientifiques, vérifiables notamment empiriquement (les pommes tombent bien par terre et continueront certainement longtemps à le faire), et que je souhaite l’abandon des sciences au profit d’une quelconque métaphysique (bien utile mais en philosophie) ou d’un nouvel ésotérisme (quoiqu’un certain auteur et scientifique sur ce site milite il me semble pour la réintroduction de cette branche délaissée par les sciences modernes). Je dis juste que je trouve frappant le contraste entre le débat que nous avons ici, nous, intéressés par le sujet, et la manière de parler et d’instrumentaliser les sciences dans nos sociétés modernes. Car je maintiens que non, rien n’est évident, pas même le concept de gravité (qui ne pourrait être qu’une force « émergente », non-fondamentale, concept qui nous emmène vers le domaine très difficile aussi pour l’entendement commun de la physique de l’information, du « it from bit ») comme l’a montré Erik Verlinde qui rapportait de même : « Ce que nous appelons constituants fondamentaux est en réalité introduit de façon ad hoc. Et par conséquent parfaitement réfutable. J’ajoute qu’il est peu probable que nous accédions jamais aux constituants fondamentaux. » L’importance insoupçonnée jusqu’alors de l’énergie noire et de la matière noire sont aussi autant d’exemples qui montrent, à défaut de prouver, que l’Homme n’a jamais semblé aussi loin de bien comprendre son environnement. Et j’ajouterai pour finir : tant mieux !


    • Castel Castel 18 avril 2013 13:45

      Attention, je n’ai jamais dis que mes propos devaient supplanter ceux d’un scientifique. Mes commentaires sont souvent des réflexions avec les autres, pas une prétendue compréhension ou connaissance sans possible remaniement.


    • epapel epapel 18 avril 2013 00:32

      Le principe même d’un regard politique sur la science conduirait inévitablement sur les travers que dénonce l’auteur. Car politiser les connaissances revient à privilégier les unes par rapport aux autres voire à projeter nos à prioris sur elles (théories racistes notamment). Au contraire il ne faut pas se limiter dans la recherche au risque de persister dans l’erreur et l’approximation. De fait ce qui légitime ou pas la recherche scientifique ce sont les méthodes employées et les buts politiques visés. 

       

      En revanche, ce qui devrait être politique c’est la massification des évolutions technologiques qui peuvent dériver ou pas de découvertes scientifiques car l’inverse est également souvent vrai. En toute chose, c’est la dose qui fait le poison et c’est cela qui est rarement anticipé car au début tout se passe généralement bien ou avec des dégâts collatéraux limités.

       

      Par exemple :

      - 10 millions d’automobiles en circulation ne pose pas de problème gobal

      - à 100 millions une gestion s’impose

      - passé le milliard ça deviendra un problème insurmontable

      Dans ce paradigme, on devine facilement l’objection à apporter à ceux qui affirment que :

      1) tout le monde à le droit légitime de posséder une chose dès lors que l’un la possède

      2) la réalisation de ce droit légitime implique nécessairement une croissance perpétuelle


      • Claus D. Claus D. 18 avril 2013 11:29

        Bonjour, Merci pour votre post

        Je partage votre avis à savoir que ce n’est pas les sciences en elles-mêmes qui peuvent poser problème, mais l’instrumentalisation et la récupération qui peuvent en être faites. A cette réserve près : c’est que je ne crois pas les Hommes suffisament sages pour respecter cette « Règle d’Or ». Depuis la bombe atomique jusqu’à l’autombile, en passant par les nouvelles technologies de la communication, on voit, dans tous les domaines, que l’Etat et les marchés finissent toujours par transformer ce qui aurait pu être de belles inventions en monstre terrible, dévoreur d’âmes humaines, et à la vocation unique et pathétique de broyer de l’argent. Et, vous avez raison, les citoyens, dans le domaine de la consommation, sont les pires complices : si mon voisin a une automobile ou voyage en avion, pourquoi MOI n’y aurais-je pas droit aussi ? C’est avec ce genre de réflexion qu’on arrive au pire (situation actuelle et à venir).

        Donc, je ne suis pas pour un CONTRÔLE politique des sciences, ce qui nierait vous avez raison mon propre propos, mais pour une meilleure CONNAISSANCE, de la part des Etats et des citoyens, de ses travaux, de ses méthodes, et de ses domaines d’application. Et la véritable connaissance amène naturellement à l’humilité...


      • L'enfoiré L’enfoiré 18 avril 2013 09:18

        Que vous répondre, sinon cela


        • L'enfoiré L’enfoiré 18 avril 2013 11:41

          J’ai décidé de vous répondre dans mon billet de jeudi prochain.

          Je me permettrai de vous y inclure.
           smiley

        • Claus D. Claus D. 18 avril 2013 19:01

          Bonjour,

          J’ai lu votre article, de qualité. On y sent un souffle, une passion, et je comprends alors que mon style plus « apnéique », plus aride, vous ait fait réagir.

          Pour autant, rien dans mon article n’était écrit dans le sens d’une critique négative des sciences et des scientifiques. Les mathématiques sont par exemple une discipline qui me fascinent depuis que je suis enfant, et mon admiration pour certains grands scientifiques reste tout à fait intacte. Simplement, vous l’avez senti et vous commencez même votre article sur ce point, je souscris à ma manière au « négativisme ambiant » car je pense qu’effectivement l’organisation et le statut des sciences aujourd’hui est préoccupant.

          Il est vrai que je ne distingue probablement pas assez dans mon article les sciences dites fondamentales et les sciences appliquées. C’est bien les premières d’entre elles que je trouve insuffisament comprises dans notre société, et qui par ailleurs peuvent aujourd’hui se trouver face à des obstacles épistémologiques très importants. En ce qui concerne les secondes, vous avez sans doute très bien compris que je récuse la plupart des applications technologiques de notre monde moderne.

          Très rapidement, j’évoque aussi mon propre parcours, puisque le recrutement et le métier de chercheur sont des thèmes au coeur de votre article. Engagé dans des études de mathématiques, je me suis arrêté après avoir validé mon DEUG car je ne trouvais plus de sens à ce que je faisais. Peu intéressé par l’informatique et par les métiers d’ingénieur qui pouvaient s’ouvrir à moi (dans l’industrie, la banque, les TIC, etc.), ni par l’enseignement secondaire, ne me restait plus que la perspective d’enseignant-chercheur, qui m’aurait demandé trop de sacrifices (ayant quelques facultés mais restant fort loin du génie) pour un métier dont je ne savais finalement pas grand chose (on connaît la responsabilité des universités dans ce domaine pourtant crucial de l’aide à l’orientation). Aujourd’hui, mes anciens camarades sont effectivement prof en collège/lycée ou ingénieur en informatique, aéronautique, autant de domaines qui pour moi aujourd’hui ont largement dépassé la limite du raisonnable dans leurs applications (qu’ai-je bien à faire du dernier A380 ou de la dernière application GPS pour i-phone).

          Finalement, je le répète, si je possède une attitude sceptique, n’y voyez surtout pas de l’aigreur (je ne regrette pas d’avoir interrompu mon parcours étant donné les circonstances du monde), encore moins de l’hostilité, envers le monde scientifique. Simplement, la sagesse, pour moi aujourd’hui, est de reconnaître autant les limites infinies (si j’ose dire) des sciences que le génie dont leur histoire effectivement ne manque pas. Quant aux passionés d’aujourd’hui, dont vous faites partie, je suis aussi heureux qu’ils existent...tant qu’ils n’encouragent pas des applications scientifiquees dont je ne veux pas.

          Dans l’attente de lire votre prochain billet

          Cordialement


        • L'enfoiré L’enfoiré 18 avril 2013 20:03

          Merci pour m’avoir répondu aussi longuement.

          J’ai bien compris le but de votre article.
          J’espère ne pas vous décevoir avec ma réponse qui est loin d’être négatif à votre égard.
          Cordialement 
          @+ 

        • Claus D. Claus D. 26 avril 2013 18:27

          J’ai lu votre billet, intéressant. La liste des projets que vous rapportez est pour moi une belle illustration de la démesure prométhéenne des hommes. Nous serions sans doute plus heureux si nous acceptions de ne pas vouloir tout savoir, tout maîtriser ; trop souvent, sa-voir empêche de voir. Par ailleurs, j’approuve entièrement les propos d’Einstein que vous citez en fin de texte. Einstein n’était pas qu’un génie de la physique, mais aussi un poète, ce qui est un pôle d’équilibre absolument essentiel pour qui entend faire des sciences. Je vous rapporte enfin une citation de Paul Erdös, cité par le grand Cédric Villani (lui aussi poète) dans Théorème vivant : « Il faut parfois compliquer un problème pour simplifier la solution ».

          Meilleure suite à vous


        • ecolittoral ecolittoral 20 avril 2013 14:20

          « ...un monde devenu ultra-dépendant à la technologie... » Une généralité qui ne résiste pas à l’observation. Un quart ou un cinquième du « monde » est ultra dépendant...pas plus.

          N’oublions pas ceux qui ont eu « la chance d’être exclus » de cette dépendance et ceux qui attendent le clash pour y échapper.
          Prenons conscience que ceux qui se font piéger par ces artifices...c’est nous.
          Je doute que l’habitant d’un village brésilien, ivoirien ou cambodgien soit dépendant...même avec son téléphone portable et la TV.
          Comme je doute que, chacun soit conscient qu’il vit dans l’illusion du progrès artificiel et à des années lumières des éléments qui lui sont (pourtant) vitaux.
          Dans l’article, je n’ai pas trouvé l’expression « recherche(s) scientifique(s) ». Dommage !
          Parce que c’est la raison d’être de beaucoup de « chercheurs » dans le monde et dans l’histoire. La recherche scientifique est une méthode parmi d’autres. On recherche scientifiquement, empiriquement, socialement etc...
          Quand on trouve, on cherche une application. Et les autres recherchent encore le pourquoi du pourquoi...tout le temps et avec leurs méthodes.

          Aujourd’hui, nous serions plutôt dans le mathématiquement « politique ». 
          La vie, l’économie, l’alimentation, l’IDH ne sont plus que des données, des variables(ajustables), des paramètres, des sommes qu’on ajoute ou qu’on retranche.
          Un ensemble de formules qu’on alignent et une réalité qui doit coller pour que cet ensemble soit « vrai ».
          En oubliant qu’une assiette vide pour un chercheur, un ministre, un trader à pour résultat la mort. En oubliant que ceux qui n’ont pas la science infuse, fabriquent leurs assiettes et savent cultiver.
          Pour chercher, même politiquement, il faut manger.
          Et beaucoup de ceux qui ne cherchent pas, vivent bien.

          • Claus D. Claus D. 20 avril 2013 21:02

            Bonjour, Merci pour vos remarques auxquelles je vais tenter de répondre

            Je maintiens que le monde dans lequel nous vivons est ultra-dépendant à la technologie, ou plutôt « de » la technologie. Vous avez raison lorsque vous évoquez par exemple le cas d’un villageois brésilien ou africain...quoique, vous le notez vous même, l’essor d’internet, et, surtout, du téléphone portable, en Afrique subsaharienne depuis quelques années par exemple, est véritablement impressionant. Mais au-delà des vies individuelles, j’évoquais bien le monde dans sa globalité. Le système économique et financier global, dont font partie la quasi-totalité des villageois brésiliens ou africains ou autres, qu’ils le veuillent ou non bien entendu, repose sur de l’ultra-technologique. Si, demain, un très fort vent solaire ou un bug informatique généralisé devait survenir, pour une raison ou pour une autre (piraterie, accident électrique, etc.), je crois qu’il n’est pas déraisonnable d’imaginer un effondrement économique, social et/ou politique un peu partout dans le monde. Vous évoquez vous-même le nombre d’indices mathématiques permettant de rendre compte de l’état des pays, et vous dites à juste titre que cela ne saurait suffire à décrire une « réalité ». C’est dans ces échanges permanents entre théorie et vie pratique qu’il me semble, la dernière perd du terrain. L’économie informelle elle-même semble de plus en plus liée à l’utilisation des nouvelles technologies, téléphones portables et internet. Mais aussi solides que ces dispositifs puissent paraître, ils n’en restent pas moins à la merci d’une panne généralisée. La question pourrait alors être : faut-il en venir à le souhaiter ? Car ce qui est à mon sens suicidaire, c’est que chacun puisse croire que le seul moyen de vivre sur terre est de participer d’une manière ou d’une autre au grand marché mondial. Vous pensez que beaucoup de gens sont trop pauvres pour agir dans cette optique ; je ne le crois pas, je pense au contraire que plus on est pauvre, plus on souhaite avoir sa part du gâteau, quel qu’en soit le prix pour soi et sa famille. Volontairement ou non, les paysans vont donc s’agglutiner dans les villes où finalement il n’y a pas assez de travail pour tous, puis finissent dans une précarité plus grande encore que sous leur condition rurale. A terme, ce phénomène pourrait provoquer un empoisonnement généralisé (exemple en ce moment de Pékin) puis une infertilité subite : là seulement la population mondiale pourrait décroître.

            Bien, vous m’avez fait digressé mais s’il est bien un sujet qui en vaille la peine c’est celui-là...En ce qui concerne la recherche scientifique, je me permets de vous renvoyer aux remarques de « L’enfoiré », à son article et à la réponse que je lui ai adressée, plus haut.

            Cordialement


          • ecolittoral ecolittoral 20 avril 2013 14:25

            « qu’on aligne »...c’est mieux !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès