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Revue des sciences

Les revues scientifiques sont inégales et dépendent de l’actualité. Pour la Science était souvent illisible, ce qui n’est plus le cas, et La Recherche tendait à faire concurrence à Sciences et Avenir, mais ce mois-ci, c’est sans doute la meilleure, même s’il y a toujours des domaines où il est difficile de savoir de quoi on parle, et même si on retrouve les mêmes nouvelles dans les différentes revues.

L’actualité scientifique est l’un des rares domaines où il y a tous les mois quelques découvertes étonnantes, ou des avancées soudaines qui méritent d’être portées à la réflexion de tous, remettant en cause nos préjugés et nos anciennes théories. J’ai trouvé particulièrement intéressantes la notion de « racine carré de non » en informatique quantique, la nouvelle évolution de la théorie de l’évolution, intégrant une certaine transmission des caractères acquis par la régulation des mutations, et la très convaincante démonstration du caractère collectif et culturel de l’intelligence (qui n’est donc pas dans le cerveau), même si ce n’est pas très nouveau. Le reste m’a paru notable à un titre ou à un autre pour notre représentation du monde (ne pas oublier qu’en sciences, tout peut être remis en cause, et que personne n’y comprend rien : tout ce qu’on sait, c’est que ça marche ou pas !).

- Les forêts ne sont pas des puits de carbone
- Drogues et neurotransmetteurs
- Cerveau et méthode globale
- L’ordinateur quantique
- Les émotions sociales
- L’environnement sculpteur de gènes
- Refroidissement global !

- Les retombées de Tchernobyl
- Le caractère culturel de l’intelligence


La Recherche n° 398, Les défis de l’ordinateur quantique


  • p.12 Les forêts ne sont pas des puits de carbone

Il semblait que l’élévation du taux de CO2 pouvait accélérer le développement de la végétation puisque le CO2 pouvait être considéré comme le facteur limitant de la biomasse. Dans ce cas, la végétation aurait pu participer à la régulation du CO2 en absorbant une part du surplus. En particulier, les forêts étaient considérées comme de possibles "puits de carbone". C’est ce qui vient d’être réfuté. On avait déjà constaté que les forêts produisaient du méthane (dont l’effet de serre est supérieur au CO2). L’article de ce mois montre que la disponibilité de l’azote est un facteur limitant pour le développement de la végétation, et donc pour l’absorption du CO2, mais surtout que : 

des expériences de terrain effectuées sur les forêts tempérées montrent que les arbres adultes ne grandissent pas plus vite lorsque le CO2 atmosphérique augmente. De plus, même si les forêts se mettaient à croître plus rapidement, le carbone ne serait absorbé que temporairement. Il serait renvoyé dans l’atmosphère lors de la décomposition de la biomasse ou au gré des incendies. Ainsi, à moyen et long termes, les forêts sur une surface fixe ne constituent pas les puits de carbone invoqués par certains.

En fait, pour stocker le carbone il faudrait faire comme au carbonifère : enterrer les forêts...

  • p22 Drogues et neurotransmetteurs

De façon très simplifiée, on peut dire qu’il y a 3 neurotransmetteurs principaux régulant l’humeur et l’activité cérébrale : la dopamine (exploration, énergie), la noradrénaline (concentration, inhibition), la sérotonine (repos, sérénité). Il y avait deux théories particulièrement simplistes et stupides qui dominaient depuis une dizaine d’années, et qui consistaient à faire du manque de sérotonine la cause de toutes les dépressions, et de la dopamine la seule responsable des toxicomanies ! Evidemment, les deux autres neurotransmetteurs interviennent dans un cas comme dans l’autre. C’est ce qui vient d’être démontré par l’équipe de Jean-Pol Tassin (Collège de France) sur les souris pour la toxicomanie : ce qui est en cause, c’est plutôt l’équilibre rompu entre dopamine, noradrénaline et sérotonine (la sérotonine et la dopamine, en particulier, ayant des effets antagonistes).

Chez la souris, le couplage entre leurs systèmes d’émission - qui d’ordinaire se régulent mutuellement lorsqu’ils sont activés - disparaît après quatre injections espacées d’amphétamines. Le découplage - qui dure plusieurs mois après la dernière prise - entraîne une hyperéactivité des neurones à sérotonine et à noradrénaline en cas d’événement stressants : la seule manière de lutter contre cette hyperéactivité serait de reprendre du produit. D’où la rechute.

  • p23 Cerveau et méthode globale

Alors que le ministre de l’éducation vient de supprimer la méthode globale pour l’apprentissage de la lecture (ce qui est sans doute justifié), on vient de découvrir qu’il y a bien une zone du cerveau spécialisée dans la reconnaissance des mots écrits ("aire de la forme visuelle des mots"), un patient privé de cette aire étant obligé de déchiffrer péniblement une lettre après l’autre.

Cette spécialisation ne pouvant être héritée de nos lointains ancêtres, tous analphabètes, elle se développe probablement dans le cerveau des enfants pendant qu’ils apprennent à lire.

  • p30 L’ordinateur quantique

Quelques mises au point intéressantes sur l’ordinateur quantique, ses perspectives et ses illusions. S’il est peu probable qu’on arrive à un véritable ordinateur quantique, le calcul quantique semble prometteur, apportant de nouveaux concepts. En particulier, l’unité de base de l’informatique quantique n’est pas un simple "bit" ("Binary digIT") comme dans nos ordinateurs dont la mémoire physique est constituée de deux états, 0 ou 1. Le "bit quantique", appelé "qubit", représente des probabilités et des superpositions d’états, c’est-à-dire qu’il peut prendre des valeurs continues entre 0 et 1. On ne revient au système binaire qu’au moment de la mesure, qui supprime probabilité et superposition au profit d’une valeur binaire 0 ou 1, c’est ce qu’on appelle la "décohérence", et qu’illustre le paradoxe du "chat de Schrödinger" (où la mesure change ce qu’on mesure au niveau quantique). Cette dualité entre valeurs continues et mesure binaire ressemble à la "logique floue" mais permet des calculs analogiques ainsi que de nouvelles opérations logiques étonnantes, comme ce qu’on appelle la "racine carrée de non" consistant pour un spin, dont le 0 et le 1 sont différenciés par une rotation de 180°, par une rotation de seulement 90° :

cette porte quantique conduit à des résultats surprenants. En effet, une seule opération suivie d’une mesure de l’état du qubit renvoie celui-ci en position "0" ou "1", avec une probabilité de 50%. Autrement dit, en partant d’un état déterminé, on arrive dans un état apparemment "désordonné". Si cet état n’est pas mesuré, il est possible de répéter l’opération. On revient alors à un état déterminé ! Ce processus est d’autant plus étonnant qu’il semble violer le deuxième principe de la thermodynamique, qui prédit l’accroissement du désordre pour un système. Cette porte logique n’a en fait aucune contrepartie en physique classique.

Cela n’empêche pas que le niveau quantique soit très difficile à contrôler, surtout pour un grand nombre de qubits indispensables pour de véritables calculs, alors que plus il y a d’interactions, plus il est difficile d’éviter le phénomène de décohérence.

S’y ajoute un "temps de cohérence" assez long pour pouvoir effectuer un grand nombre d’opérations élémentaires (potentiellement plusieurs milliers). Par contre, le taux d’erreurs d’une porte logique individuelle devra être amélioré d’un facteur au moins 100 pour que l’ordinateur quantique puisse fonctionner - ce qui est difficile mais pas inaccessible. Côté inconvénient, il faut noter la lenteur de l’opération d’une telle porte logique (10 000 fois plus lente que dans un micro-ordinateur).

Pour Dave Wineland, un "abysse quantique" sépare un système a priori accessible (100 qubits) et un ordinateur "universel" (1 000 000 qubits).

Il faut donc prendre avec circonspection l’annonce par "D-Wave" d’un prototype d’ordinateur quantique pour la fin de cette année, qu’il vaudrait mieux appeler un "calculateur quantique", en anglais "Quantum Information Processing" (QIP), loin de l’architecture de nos ordinateurs et de leur flexibilité. Ce sera plutôt "une plate-forme de simulation, de conception de produits et de processus relevant de la nanotechnologie". Comme le dit S. Haroche, "Il y a tellement d’autres choses passionnantes à faire qu’un ordinateur, la simulation de systèmes quantiques par exemple".

  • p.46 Les émotions sociales

Il est un peu agaçant que cet article consacré aux émotions sociales s’intitule "Les traces cérébrales de la morale" alors que la morale est tout autre chose (voir "[Misère de la morale->http://jeanzin.free.fr/index.php?2006/05/20/46-misere-de-la-morale]") et ne se réduit pas à des "intuitions, des sentiments irréfléchis" qui concernent plutôt la sensiblerie. On est en pleine confusion, identifiant un phénomène rationnel avec un phénomène biologique témoignant du fait que nous sommes des animaux sociaux. Il n’empêche qu’il est intéressant d’étudier les supports biologiques de la socialisation et des relations interpersonnelles (comme les neurotransmetteurs ou les drogues socialisantes). S’il me paraît stupide de prétendre qu’un individu fidèle le serait non par vertu, mais par anticipation du "prix affectif" à payer (comme si la vertu était détachée de la réflexion et de tout calcul rationnel), il est par contre évident "qu’éprouver des émotions morales dépendrait aussi de notre capacité à adopter le point de vue d’autrui et à nous représenter ses pensées" (ce qu’on appelle la "théorie de l’esprit").

En se mettant à la place de quelqu’un, en mentalisant sa souffrance, son ressentiment ou l’injustice de sa situation, nous éprouvons une palette d’émotions telles que la colère contre celui qui cause du tort, de la compassion pour la victime, un sentiment de culpabilité si l’on est soi-même l’auteur de ce tort, ou encore de l’embarras si l’on a le sentiment de s’être dévalorisé aux yeux d’autrui.

On distingue ainsi les émotions de condamnation d’autrui (colère ou mépris), les émotions autoconscientes (culpabilité ou fierté), les émotions d’empathie et celles de louange d’autrui (admiration ou gratitude).

Il n’est cependant pas suffisant de se représenter les émotions de l’autre pour avoir une attitude morale, il suffit de penser aux prédateurs et aux criminels...

  • p58 L’environnement sculpteur de gènes

Le darwinisme continue à évoluer en intégrant de plus en plus précisément "l’hérédité des caractères acquis" et la dialectique entre environnement et gènes, c’est-à-dire l’influence du milieu sur la forme des corps (ce qu’on appelle la "plasticité phénotypique").

Cette importance de la plasticité phénotypique, jusque-là sous-estimée, soulève des questions. En effet, la sélection naturelle, agent moteur de l’évolution, porte sur les phénotypes, par exemple des caractères morphologiques ou comportementaux. Ce sont des différences phénotypiques entre individus qui leur confèrent des aptitudes différentes, notamment en termes de survie et de reproduction.

A court terme, la plasticité produit des variations qui ne sont pas transmises. Elle tend donc à s’opposer à l’évolution. Mais, à long terme, la plasticité constitue un caractère en tant que tel, susceptible d’être sélectionné s’il est bénéfique. C’est le cas lorsqu’il est avantageux pour une espèce de produire des individus au développement très flexible, capables de s’ajuster aux conditions de l’environnement. Mais de fait, dans de nombreuses espèces, le développement est apparemment peu sensible aux variations environnementales - on appelle canalisation cette capacité à résister aux changements.

La plasticité a-t-elle pour autant totalement disparu dans ces organismes ? Pas complètement : lorsque l’intensité du changement environnemental dépasse un certain seuil, la canalisation peut être rompue.

L’alternative est alors la suivante : si l’environnement continue à fluctuer, la plasticité phénotypique devient la règle. Mais si l’environnement se stabilise sur sa nouvelle valeur, la sélection tend à fixer la nouvelle morphologie.

Un des mécanismes de contrôle de cette plasticité implique une protéine dite Heat shock protéin (ou Hsp90) produite lors d’un choc thermique (comme lors d’un sauna) et constituant un agent moléculaire de canalisation mais qui n’agit plus lorsque les conditions sont trop extrêmes, libérant alors les mutations (et les cancers ?).

Hsp90 est ce qu’on appelle une protéine chaperonne : elle se fixe sur des protéines instables et les stabilise, leur permettant ainsi d’assurer leur fonction.

En termes évolutifs, les implications potentielles de cette découverte sont passionnantes. Si une population est soumise, comme c’est souvent le cas à la périphérie de l’aire de répartition d’une espèce, à des conditions environnementales inhabituelles, extrêmes, les mutations accumulées à l’état neutre se trouvent exprimées. La variation morphologique augmente alors brutalement, variation sur laquelle la sélection naturelle va pouvoir agir. La variation ayant une base génétique, cette sélection aura des effets sur la morphologie des descendants : en d’autres termes, elle aura des conséquences évolutives. Ce processus pourrait donc induire des différences de vitesse d’évolution : vitesse lente en conditions standard stables (effet "canalisant" des Hsp90 masquant les mutations) et rapide en conditions extrêmes (démasquage des mutations et sélection). Ceci n’est pas sans évoquer la théorie des équilibres ponctués, chère à Stephen Jay Gould.

  • p.92 Refroidissement global

Le compte rendu du livre d’un climatologue américain (William Ruddiman, "Plows, Plagues and Petroleum. How Humans Took Control of Climate"), remet le réchauffement climatique en perspective sur le long terme. Nous sommes en effet dans une période dite interglaciaire, et nous aurions dû subir une nouvelle glaciation depuis le déclin du rayonnement solaire il y a 11 000 ans (date de la fin de la dernière glaciation). Or l’auteur montre que l’homme a commencé à modifier le climat par son activité depuis le Néolithique (depuis 8000 ans, et surtout depuis 5000 ans), en particulier par la production de méthane (rizières, vaches) et par le déboisement, pas seulement au cours des derniers siècles d’industrialisation passant bien sûr à un tout autre niveau...

L’homme aurait commencé à "prendre le contrôle" du climat, non pas voici deux cents ans, mais dès la révolution néolithique. En injectant force gaz à effet de serre dans l’atmosphère depuis des milliers d’années, et à dose renforcée depuis peu, l’homme est en réalité parvenu, sans le vouloir, à empêcher l’arrivée d’une nouvelle glaciation.

Une fois passé le "bref" épisode de réchauffement climatique dans lequel nous sommes engagés, nous devrions entrer quand même dans une nouvelle glaciation. "Affaire de quelques siècles...". Il n’y a donc pas que du mauvais dans l’augmentation de l’effet de serre, c’est juste un problème de régulation et de rythme (mais un véritable problème, vital même).


Pour la Science no 344, Univers primordial


  • p29 Les retombées de Tchernobyl

Alors que la gestion des retombées de Tchernobyl entre dans sa phase judiciaire, Pour la Science publie un article qui semble exonérer les autorités d’alors de l’augmentation constatée des cancers de la thyroïde, relativisant au moins ses conséquences au vu des statistiques. Cependant, on ne peut nier l’incidence de ces retombées nucléaires, même très faibles, et qui auraient pu être évitées.

L’IPSN et l’Institut de veille sanitaire ont calculé qu’entre 1991 et 2015, le nombre de cancers en excès dans l’Est de la France pourrait être compris entre 0 et un maximum compris entre 7 et 55 pour l’ensemble des enfants qui avaient moins de 15 ans en 1986. Cette incertitude n’est évidemment pas satisfaisante, mais elle montre la difficulté de mettre cet éventuel excès en évidence puisque, pendant la même période, il y aura dans la même population quelque 900 cancers thyroïdiens spontanés (avec une incertitude de 60 sur ce nombre).

Les diverses études épidémiologiques montrent que le nombre de cancers augmente, mais cette augmentation a commencé dix ans avant l’accident, et le rythme n’en a pas été modifié depuis 1986. La plupart des spécialistes pensent que cette augmentation est liée à l’essor de l’échographie et à l’évolution des pratiques chirurgicales. Avant Tchernobyl, on savait déjà que 6 à 28 % des adultes sont porteurs de "carcinomes occultes", très petits cancers de la thyroïde qui, pour la plupart, ne se développent pas et passent inaperçus. L’échographie qui permet de dépister un nodule de quelques millimètres conduit à gonfler les statistiques par ces petits cancers sans gravité.

L’augmentation des cancers thyroïdiens en France ne serait pas liée à Tchernobyl et ceci pour plusieurs raisons : parce qu’elle a commencé en 1975 ; elle existe dans tous les pays développés où l’on pratique des échographies, qu’ils aient été contaminés ou non par l’accident ; elle ne concerne que les adultes alors qu’un "effet Tchernobyl" ne concernerait que des enfants très jeunes ou in utero en 1986 ; enfin l’augmentation département par département ne suit pas celle de la contamination.

  • p75 Le caractère culturel de l’intelligence

L’article le plus intéressant sans doute, bien qu’on puisse considérer qu’il ne dit que des évidences, montre que l’intelligence n’est pas une propriété du cerveau ou de l’individu, c’est un phénomène collectif et culturel puisque l’origine de l’intelligence est l’apprentissage par imitation (en "singeant" les autres).

Chez les êtres humains, l’intelligence se développe progressivement à mesure que l’enfant apprend, grâce aux conseils d’un adulte patient. Sans apports sociaux - c’est-à-dire culturels - importants, même un enfant prodige ne devient qu’un adulte attardé. Ce processus d’apprentissage social est également mis en oeuvre par les grands singes. Plus généralement, les animaux intelligents sont culturels : ils apprennent des solutions innovantes les uns des autres et résolvent les problèmes auxquels ils sont confrontés. En d’autres termes, la culture favorise l’intelligence.

Nos études montrent que la culture (l’apprentissage social de techniques spéciales) favorise non seulement l’intelligence individuelle, mais aussi son développement au fil des générations. Les mécanismes d’apprentissage varient selon les espèces, mais plusieurs expériences ont confirmé ce que l’observation des grands singes en milieu naturel avait mis en évidence : ils apprennent en regardant les autres.

Faisons un pas de plus. Pour des animaux à développement lent vivant dans des sociétés tolérantes, la sélection naturelle favorise une légère amélioration de la capacité d’apprendre (par observation) au détriment d’une amélioration de l’aptitude à innover : dans une telle société, un individu s’appuie sur les générations antérieures. Les conditions sont alors propices à un phénomène de renforcement, au cours duquel les animaux peuvent devenir plus inventifs et développer de meilleures techniques d’apprentissage social, deux aptitudes qui sous-tendent l’intelligence. Ainsi, les espèces culturelles sont prédisposées à une certaine capacité d’innovation et au dévelopement d’une intelligence supérieure. Cela nous conduit à la nouvelle explication de l’évolution cognitive (expliquant par exemple les performances des singes élevés par des hommes).

Une des prédictions de la théorie de l’intelligence acquise via la culture est que les animaux les plus intelligents vivent dans des populations où le groupe entier adopte systématiquement les innovations introduites par ses membres.

Des tests de corrélation entre la taille relative du cerveau (en fonction de la taille corporelle) et des variables sociales, par exemple le comportement grégaire, confirment également cette idée.

L’histoire culturelle de nos ancêtres a interagi avec leur capacité innée à améliorer leurs performances. Environ 150 000 ans ont été nécessaires à notre propre espèce pour inventer des expressions élaborées du symbolisme humain, telles que la fabrication d’objets "futiles" finement ouvragés (oeuvres d’art, instruments de musique et offrandes funéraires). L’explosion des techniques au cours des 10 000 dernières années montre que les apports culturels démultiplient l’innovation, quand bien même elles émanent d’un cerveau qui n’a pas beaucoup changé depuis l’âge de pierre. La culture a construit un nouveau cerveau à partir d’un ancien.

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Revue des sciences

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19 réactions à cet article    


  • Luc Masson Luc Masson 7 juin 2006 12:37

    Je présume que ce qui est vrai pour l’intelligence l’est également pour la folie, le racisme et tout le reste. Tout cela pour conclure que la capacité du groupe a élevé une pratique au rang d’une vérité universalisable, conduira soit au développement de l’intelligence soit à la perversion.


    • Jean Zin Jean Zin 7 juin 2006 13:54

      Oui, bien sûr, vous avez raison. Héraclite disait déjà que la pensée c’est le commun. Religions, idéologies, préjugés, modes, il n’y a pas d’accès direct au réel, tout est collectif, la science est un phénomène collectif, et c’est encore pire quand on croit penser en dehors de toute idéologie. Il n’y a jamais aucune garantie qu’on est dans le vrai. Racisme, sociobiologie, libéralisme sont une idéologie « scientifique » qu’on trouve chez Spencer notamment, qui a beaucoup influencé Hitler. L’intelligence est historique, on dépend toujours de son temps et des idées dominantes, c’est ce qu’avait montré Hegel. Tout ce qu’on peut espérer c’est qu’une bonne idée se répande et que la vérité finisse par triompher sur la bêtise régnante (mais le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté comme chantait Guy Béart !)


    • Niveleur (---.---.85.32) 7 juin 2006 12:58

      Bien sûr, tous n’est pas faux dans ce que racontent ces revues françaises dites « scientifiques » qui, en général, répercutent les infos diffusées par les services de la communication des établissements scientifiques, le groupes influents, les revues étrangères... Vous y trouverez, en gros et à de rares exceptions près, le point de vue des hiérarchies sans aucune tentative de critique de la part des soi-disant « journalistes scientifiques ».

      Tout n’est pas faux, mais nombre d’infos peuvent être biaisées et si un travail intéressant est fait en France par quelqu’un qui n’est pas « bien vu », on n’en parlera pas !

      Où étaient pâssées ces revus lorsque la Cité des Sciences faisait la pub de Hwang Woo-suk et de ses prétendus clonages de cellules souches humaines ?

      Voir à ce sujet l’article d’Isabelle Debergue :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=9933


      • Ansatz (---.---.166.207) 7 juin 2006 13:34

        Pour compléter ce que dit Niveleur, on peut poser une simple question : qui nous informe sur les recherches classées, les programmes avec « secret industriel », les manoeuvres politiques, la réalité qui dérange... ?

        Pas seulement dans l’affaire Hwang et d’autres faux scientifiques caractérisés, mais aussi plus globalement en ce qui concerne les distorsions dues au lobbying national et international.

        Le projet dit de l’ « amplificateur d’énergie » nucléaire, qui s’est avéré pour le moins très incertain et qui n’a rien donné à ce jour alors que des filières budgétaires colossales étaient déjà envisagées il y a plus de dix ans... laquelle de ces revues en a mis en évidence les points faibles en temps utile ? Laquelle a parlé des travaux qui mettaient en cause à juste titre le bien-fondé de ce projet ? Quel « journaliste scientifique » s’est opposé à l’incroyable soutien institutionnel dont bénéficiait le lobby qui demandait la mise en place de cette machine à fric ?

        Voir l’article du physicien suisse André Gsponer écrit fin 2003 sur le fiasco de cette incroyable opération politico-financière :

        http://cui.unige.ch/isi/sscr/phys/Rubbiatron.html

        où, comme d’autres l’ont déjà cité dans des commentaires à l’article d’Isabelle Debergue, l’auteur explique notamment que :

        « des calculs détaillés effectués par Jacques Maillard et son étudiante de thèse Fabienne Bacha montraient qu’une telle fenêtre pouvait se rompre au bout de quelques heures en raison de l’intense bombardement par les protons accélérés. Il fallu attendre la première expérience tant soit peu réaliste, l’expérience LISOR au Paul Scherrer Institut (PSI) près de Zurich, pour vérifier que leur prédiction était correcte. Le 5 juillet 2002, après 36 heures d’irradiation à pleine puissance, la fenêtre se fendit, et un jet de plomb-bismuth fondu légèrement radioactif arrosa l’appareillage. Les scientifiques et la direction du PSI essayèrent de garder le silence sur cet »incident« , et il a fallu mon intervention personnelle pour que certains détails techniques soient publiés en janvier 2003. »

        Pourquoi a-t-on ignoré les résultats de Jacques Maillard et Fabienne Bacha ?


      • Jean Zin Jean Zin 7 juin 2006 14:02

        Vous avez raison, la science est un phénomène humain avec les défauts de tous les groupes humains. Ainsi Henri Laborit n’a jamais été reconnu à sa juste valeur (il aurait dû partager le prix Nobel pour la découverte du premier neuroleptique). De toutes façons il y a la « science normale » qui se contente de vérifier les théories dominantes et les révolutions scientifiques qui changent de « paradigme » (Kuhn).

        Dans tous les domaines il est difficile d’être un dissident et une nouvelle théorie met du temps à s’imposer. Planck disait même qu’on ne pouvait convaincre personne d’abandonner les anciennes théories, c’est seulement que les partisans des théories dépassés meurent...

        Ceci dit il est dangereux de vouloir se substituer au débat scientifique et vouloir décider par nous-mêmes qui a raison sans en avoir les capacités mais il faut absolument se méfier des vérités officielles et rester ouverts aux recherches hétérodoxes (cela n’empêche pas que les vérités établies marchent).


      • Marsupilami (---.---.164.70) 7 juin 2006 14:56

        Ouaf !

        Merci pour ce commentaire intelligent et ce rappel à la mémoire de l’immense et anticonformiste Henri Laborit.

        Si l’épistémologie était sérieusement enseignée, il y aurait peut-être un peu moins de dérives. Malheureusement la technoscience des grands laboratoires pharmaceutiques et de l’industrie se contrefout de l’épistémologie, cette dangereuse sorcière. Sur ce sujet, le conseille la lecture de Qu’est-ce que la science ? de Alan F. Chalmers (Ed. La Découverte), de Tout ce que vous devriez savoir sur la science de H. Collins & T. Pinch (Ed. Points-Sciences Seuil), et même de Contre la méthode de Paul Feyerabend (Ed. Points-Sciences Seuil). Pour commencer...

        Houba houba !


      • herbe (---.---.12.141) 7 juin 2006 21:33

        pour en rajouter un peu dans l’anticonformisme Voici un petit lien consacré à d’illustres hérétiques :

        (attention à garder un point de vue critique)


      • bacha 3 août 2007 12:36

        Bonjour à tous

        C’est avec un grand plaisir de me voir citée - enfin, après tant de galère depuis ma thèse en juillet 1997 - ainsi que mon directeur de thèse, dans un de vos commentaires. En effet, je suis Fabienne Bacha qui, ayant travaillé avec M.Jacques Maillard sur l’amplificateur d’énergie de M.Carlo Rubbia, avions démontré un certain nombre de points dangereux de son système. L’équipe de Calcul Parallèle du Collège de France que dirigeait M.Jacques Maillard a été démantelée en 1998, et il a été muté à Orsay pour qu’il perde contact avec les autres membres de son groupe. L’un, M.Jorge Silva, est redevenu maître de conférence à la faculté de Paris 6, un autre M.Alain Jejcic est au labo de météorologie dynamique de Jussieu, Docteur Gérard Maurel est revenu au service de médecine nucléaire de l’hôpital Saint-Antoine, Mme Fanta Tembely s’est retrouvée au service informatique du labo de géologie de l’ENS et de mon côté, je n’ai pu entrer dans aucun des organismes de recherche dans le nucléaire où j’avais postulé (CNRS, CEA, ANDRA, EDF) alors que ma thèse contredisait avec justesse les travaux d’un prix Nobel.

        Que faut-il de plus pour obtenir un petit poste de chercheur tout en bas de l’échelle ? Faut-il aussi décrocher un prix Nobel ou n’importe quelle médaille d’or ? Mais c’est impossible puisqu’on vous tient éloigné volontairement du moindre laboratoire.

        Pourquoi existent ces dysfonctionnements brillamment décrits par M.Gsponer ?

        Les décisionnaires, hommes politiques, ne connaissent pas grand-chose à la science mais ont le pouvoir de l’argent.

        Certains scientifiques sont à la botte des hommes politiques, et de préférence, ceux qui sont haut placés et sur lesquels les promotions, les honneurs, l’argent ont la primauté par rapport à la recherche elle-même. Ainsi la vocation de la recherche est totalement obérée chez ces personnes et elles préfèrent écraser du talon ceux qui pourraient faire trébucher leur discours.

        Ces scientifiques-là aiment à dire ce que les hommes politiques aiment entendre (on va trouver une solution magique à l’énergie, à la pollution etc.), de façon à ce que l’argent irrigue leurs laboratoires.

        Notre équipe, elle, a été dispersée parce que nous gênions l’establishment du CEA et de l’EDF et même du CNRS.

        M.Maillard a été poussé à la démission par un directeur de l’IN2P3, pour ne pas le nommer un certain Claude Détraz, dès le début de notre opposition aux affirmations de non-dangerosité du réacteur de M.Carlo Rubbia, en 1995. Interrogez M.Jacques Maillard, polytechnicien et docteur en physique théorique, et il vous répondra comment sa carrière professionnelle a été pulvérisée depuis lors.

        Pourquoi à votre avis ? le CNRS n’aurait-il pas dû être fier de nos recherches et de nos performances ?

        Mais les connivences entre politiciens et scientifiques sont si fortes que le « moindre grain de sable de contestation » doit être éliminé, démissionné, expulsé !

        L’EDF aurait dû nous soutenir également : Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ?

        Elle attendait de nous seulement une veille technologique, voire un esprit de soumission aux homme politiques qui, eux, ont de l’argent, et non un esprit de recherche.

        En fait, nous devions attendre sagement les conclusions de chercheurs américains qui avaient l’intention - bien avant M.Rubbia qui a un peu recopié sur eux- de mettre au point un réacteur hybride, et auraient cherché à le vendre à la France. Nous devions ensuite seulement donner notre avis sur les éventuelles performances de ce réacteur. Mais surtout pas d’avis personnel sur les conditions de fonctionnement d’un tel réacteur ! Ah non, ce n’est pas permis de penser... Tout le contraire de l’esprit de recherche !

        Mais nous avons tenu le plus longtemps possible ; ma thèse a été soutenue non sans mal, avec des rebondissements, dont un membre du jury qui a démissionné quelques semaines avant la soutenance. Je me demande combien de pressions et d’influences ont pesé sur le jury...

        Plus tard, alors que je cherchais vainement du travail (évidemment après ma soutenance de thèse, on m’a prié de partir du Collège de France car, paraît-il, ce genre de recherche ne les intéressait pas et que le cap des recherches d’avenir était mis sur l’astronomie...), ma ligne téléphonique a été écoutée durant plusieurs années.

        Si ce n’est pas de l’acharnement, cela y ressemble !

        J’avais eu le culot d’écrire et de dire que le réacteur de M.Rubbia allait exploser en quelques mois ou quelques semaines, preuves à l’appui.

        Or, c’est une affaire qui devait rapporter de très grosses sommes d’argent à M.Carlo Rubbia ainsi qu’à ses collaborateurs ! Comme me disait M.Niefnecker lors du colloque Gédéon à Jouy-en-Hosas, « il faut battre le fer tant qu’il est chaud », vous comprendrez bien qu’il faut donc traire la vache gouvernementale et européenne pendant qu’elle ne comprend rien et demeure admirative devant un projet grandiose !

        Prévoyant, M.Carlo Rubbia avait d’ailleurs, déjà déposé des brevets pour construire son réacteur en Espagne ou au Vietnam.

        Voilà t-y pas que nous semions le doute dans l’esprit de ceux qui devaient ouvrir la manne financière... Et les députés français ont commencé à ne plus croire complètement les avis de M.Rubbia.

        Et la manne financière n’est pas tombée dans l’escarcelle de M.Rubbia qui s’est bien vengé de cet esprit de liberté, voire de fronde, que nous avons toujours.

        Ainsi le réseau de connaissances de M.Rubbia a bien fonctionné.

        Je me suis retrouvée au chômage suffisamment longtemps pour comprendre que je devais changer de boulot et ne plus rien attendre de personne.

        Bien des docteurs et post-doc vivent eux aussi très mal : je ne suis pas une exception, loin de là (voir le livre « Passion chercheur »). Donc je ne me plaindrai pas. Il ne reste que la solution de partir ailleurs puisqu’on n’a plus le droit d’utiliser son esprit critique ou bien de s’inventer un univers mental plus prometteur que la société dans laquelle on vit.

        Et puis, M.Rubbia n’a pas eu son argent ! Il n’a pas gagné ! Il n’a pas construit son réacteur ! Notre équipe a contribué à éviter un petit Tchernobyl quelque part dans le monde et ce n’est pas rien.

        Notre équipe disparue a droit à une petite part de victoire morale, ce qui fera bien rire certains. On a tous payé cette victoire au prix d’ennuis sur le plan professionnel et privé. Amère victoire mais victoire quand même qui en dit long sur la liberté de chercher dans ce beau pays. Je me demande d’ailleurs si on va réécouter ma ligne téléphonique, là !

        Avec mes salutations à tous ceux qui croient encore à la réalité des faits contre les discours lénifiants. Fabienne


      • Ansatz (---.---.166.207) 7 juin 2006 14:10

        Il est édifiant d’aller voir le lien :

        http://www.citesciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/m agazine/article.php?id_mag=2&id_article=4183&lang=fr

        que cite Isabelle Debergue dans son article du 26 mai dernier :

        http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=9933

        Le Biomagazine de la Cité des Sciences a mis en ligne son « information » en mai 2005, aussitôt après la deuxième annonce de Hwang Woo-suk. Rappelons quelques paragraphes de ce chef d’oeuvre de l’ « information scientifique » pondu rien de moins que par la Cité des Sciences, la coupole de cette activité en France :

        " CLONAGE THÉRAPEUTIQUE : après le succès coréen, vers une levée de l’interdiction ?

        Alors que deux réussites majeures dans le domaine du clonage thérapeutique viennent d’être annoncées, le débat autour de cette technique est plus que jamais d’actualité. En France, une proposition de loi vient d’être déposée afin d’abroger l’article de la loi interdisant le clonage d’embryons humains à des fins thérapeutiques.

        La Corée : pays roi du clonage humain

        Un an après l’annonce fracassante du premier clonage d’embryon humain, l’équipe de chercheurs sud-coréens dirigée par le professeur Hwang Woo-suk vient de réussir un nouvel exploit : cultiver onze lignées de cellules souches obtenues à partir d’embryons clonés

        (...)

        En France, le clonage d’embryon humain est interdit par la loi de bioéthique. Les scientifiques peuvent pour l’instant travailler sur les cellules souches embryonnaires, mais uniquement à partir d’embryons surnuméraires, c’est-à-dire ceux créés lors des fécondations in vitro et ne faisant plus l’objet d’un projet parental, ou à partir de cellules souches importées.

        Toutefois, l’ancien ministre de la recherche, Roger-Gérard Schwartzenberg a déposé le 24 mai 2005, devant le bureau de l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à abroger l’article interdisant le clonage thérapeutique. Et une pétition, signée par 10 personnalités scientifiques (dont deux prix Nobel de médecine : François Jacob et Jean Dausset), a été remise au président de l’assemblée nationale le 17 juin 2005 afin de soutenir ce projet. "

        (fin de l’extrait)

        Tout ça alors que personne, en France, n’avait cherché à vérifier les résultats de Hwang. Il paraît difficile de ne pas voir, à la simple lecture de ce genre d’articles, les intérêts financiers, industriels et politiques qui tirent les ficelles de « notre » information scientifique.


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 juin 2006 14:24

          La Recherche fut une revue bien faite, enrichissante, avec des papiers pas toujours conformes, je me souviens de ces textes érudits de Thuilliers par exemple sur le magnétisme, Baader, la philo de la nature et les découvertes scientifiques d’Oersted.

          Depuis 1990 ou un peu plus tard, je ne la lis plus, trouvant qu’elle ressemble à une juxtaposition de publi reportages dévolus à la gloire des spécialités et laboratoires qui les pratique.


          • (---.---.153.60) 7 juin 2006 17:11

            bonjour à tous,

            attention il faut lire revue de vulgarisation scientifique et non pas revue scientifique (ou alors vous avez de drôles de références !!)

            bref il n’y a pas de comité de lecture etc... c’est le travail de journalistes !


            • Jean Zin Jean Zin 7 juin 2006 17:50

              Bien sûr, il ne s’agit pas des « revues scientifiques » de référence. Il fallait sans doute le préciser. On a vu justement avec le prétendu clonage humain en Corée qu’un comité de lecture ne met pas à l’abri de toutes les erreurs mais ces revues scientifiques ne sont lues que par les spécialistes sur leur spécialité et il faut bien faire un travail de journaliste sur ces données brutes.

              Il y a quand même différents niveaux et plutôt que de vulgarisation je parlerais ici d’information, de mise en forme (plus ou moins satisfaisante). On peut considérer qu’il y a une gradation entre Science et Vie, un peu plus fiable qu’avant mais visant le grand public, Sciences et Avenir lorgne plutôt sur un public étudiant je pense mais La Recherche, parfois décevant, et Pour la Science s’adressent aux scientifiques en général, bien sûr en vulgarisant en dehors de sa propre spécialité mais ce sont souvent les scientifiques qui rédigent les articles, et sinon c’est un compte-rendu des revues de référence.

              On est tous très ignorants en dehors de notre petit domaine et il est nécessaire de s’ouvrir à la transdisciplinarité, ce qui passe par ce travail d’information toujours imparfait mais qui ne peut qu’inciter à aller voir de plus près.

              Cela fait partie enfin de la dimension citoyenne cet indispensable dialogue entre la science et l’opinion publique.


            • marcel thiriet (---.---.169.199) 7 juin 2006 21:51

              Excellent commentaire, Jean zin. Cela change des tonnes d’âneries qu’on trouve souvent sur Avox...


            • Niveleur (---.---.4.253) 7 juin 2006 22:44

              Mais aujourd’hui le principal danger réside dans l’instrumentalisation de l’information scientifique par les pouvoirs en place et les grands réseaux d’influence. C’est ce qui s’est passé avec l’affaire des résultats falsifiés à l’Université de Séoul, qui n’est pas une affaire plus « coréenne » qu’américaine ou française.

              Même les revues à referee reconnaissent actuellement qu’il y a eu un nombre très anormal de résultats falsifiés, et que ces faux passent facilement la barrière des Comités de lecture. La revue américaine Science a même plaidé que ses referees n’étaient pas en mesure de voir des faux comme ceux de l’équipe de Hwang.

              Dans ces conditions, l’information scientifique devrait respecter un certain nombre de règles de déontologie qu’elle ne respecte pas. A commencer par ne pas présenter comme établi un résultat expérimental qui n’a pas été vérifié par des groupes concurrents. Mais les revues que vous citez ne sont pas vraiment indépendantes. Leurs journalistes, non plus.

              Dans le cas de l’ « affaire coréenne », personne n’avait tenté de reproduire les résultats de Hwang pour voir si ce qu’il disait était REPRODUCTIBLE. En France, « sommités » scientifiques et « vedettes » politiques ont « couru » pondre des annonces, des prix, des propositions de loi... qui relevaient de l’intox et du forcing. Personne n’a vriament dénoncé en temps utile ces dérapages.

              Le comportement des « progressistes officiels » dans l’affaire des cellules souches humaines a d’ailleurs été plus d’une fois très décevant. Non seulement parce que le directeur de laboratoire qui devait tenir à Paris la conférence de presse avec Hwang en novembre dernier est un « directeur en colère » qui avait pas mal accaparé les médias en 2004, mais aussi parce que même l’ « extrême-gauche » a gobé le morceau, et pourtant il était gros !


            • frederickh (---.---.102.41) 7 juin 2006 23:15

              Don’t play this HAARP..., Angel


              • frederickh (---.---.102.41) 8 juin 2006 00:15

                "par frederickh (IP:xxx.x3.102.41) le 7 juin 2006 à 23H15 Don’t play this HAARP..., Angel"

                >Vraiment désolé pour ce post. Erreur d’aiguillage de ma part. Il n’était pas destiné à ce fil.


                • michel (---.---.87.251) 9 juin 2006 13:26

                  Sur la question de la falsification scientifique en Corée, l’affaire n’est peut-être pas si simple que quelques posts précédant le laissent suggérer ; falsification il y a, c’est clair ; le rôle de Hwang n’est pas si net que cela - au delà de la ligne légale coréenne franchie par l’indemnisation des donatrices d’ovocytes (relire le bon papier du nouvel obs du début de l’année) - les tenants et aboutissants ne sont pas si évidents pour qui sait lire ; je conseille à ceux que cela intéresse de consulter la conférence qu’a donnée sur cette affaire la professeure Anne Fagot-Largeault, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Philosophie des sciences biologiques et médicales et médecin spécialiste attaché à l’hôpital Henri Mondor, Créteil. Cette conférence est visible sur le site de diffusion des connaissances de l’ENS, qui est d’ailleurs une mine pour ceux que le développement des sciences intéresse. : http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=656 . D’une façon générale Fagot-Largeault est très brillante.

                  Par ailleurs le bulletin http://afis44.free.fr/anais20.htm évoque lui aussi la question. (d’ailleurs le numéro suivant anais21.htm intervient largement sur la question de tchernobyl évoquée dans l’article).

                  L’article n’a pas pointé une dimension philosophique intéressante en marche de l’article consacré à l’ordinateur quantique, c’est que Deutsch fait partie de ces physiciens partis sur les terres de la physique quantique et n’admettant pas l’idéalisme de certains scientifiques (comme D’Espagnant qui s’est exprimé dans Le Monde récemment, qui est d’ailleurs significativement membre de l’académie des sciences morales et politiques - là où on récompense les évêques smiley - et non de l’académie des sciences).

                  D’accord sur La Recherche. Bonne revue de vulgarisation. Impeccable pour lire sur la plage.


                  • Jean Vladimir Térémetz (---.---.36.179) 28 mars 2007 19:28

                    Toutes en même temps portent à la connaissance de Tous :

                    www.savoir-ce-qu-est-l-univers-et-ce-que-nous-avons-a-y-faire.net

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