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Accueil du site > Actualités > Technologies > Revue des sciences (janvier 2008)

Revue des sciences (janvier 2008)

Les nouvelles du climat sont tellement mauvaises que j’ai cru devoir avertir des risques de l’hypothèse extrême ! La Recherche sort un supplément, Objectif terre 2050 qui n’est pas plus rassurant, la fonte du permafrost étant le grand oublié des modèles actuels, ce qui est absolument incroyable et semble nous promettre le pire... Le reste est bien anecdotique en comparaison, même s’il y a beaucoup de découvertes surprenantes et qu’il est très amusant de voir que les singes peuvent nous surpasser sur certaines performances cognitives ou que la supériorité de nos ancêtres sur l’homme de Néandertal pourrait être liée à la division sexuelle du travail (plus marquée chez nous) et, surtout, à la pratique de la couture, apparemment inconnue de Néanderthal et qui permettait de confectionner des vêtements chauds pour résister aux très grands froids. Sinon, l’imagination des théoriciens des cordes semble vraiment sans borne : l’univers devrait ainsi réduire ses dimensions pour ne pas heurter d’autres univers ! De quoi nourrir de nouvelles sciences-fictions fantastiques. C’est à chaque fois le sol qui se dérobe sous nos pas, tout ce qu’on croyait savoir de plus sûr, même si pour l’instant ce ne sont que de pures hypothèses. La mise en route du LHC sera un grand moment, qui devrait apporter des réponses attendues depuis longtemps, la physique spéculative renouant enfin avec l’expérience... Si on peut rêver en cette période de fêtes des cadeaux futuristes qu’on aurait pu avoir, en tout cas la « Critique du don » d’Alain Testart vient à point pour nous rappeler le lien du don au pouvoir et ce qu’il y a derrière le Père Noël, ce cadeau empoisonné que nous donnons à nos enfants, à l’aube d’une année 2008 sûrement agitée et décisive !


Pour la Science no 363, L’architecture assistée par la génétique


- Les limites de l’évaluation des ressources en pétrole, p18 Pour la Science

Les ressources de pétrole sont limitées. On aurait déjà consommé la moitié des réserves, mais il reste des ressources dont l’exploitation deviendra rentable si le prix du baril de pétrole continue à augmenter et si les techniques d’exploitation sont améliorées. Pour combien de temps encore dispose-t-on de pétrole ? Yves Mathieu, ingénieur à l’Institut français du pétrole, répond.

Schématiquement, les spécialistes s’accordent pour dire que l’on a déjà exploité 1100 milliards de barils, qu’il reste de l’ordre de 1100 milliards de barils de réserves et qu’il y aurait encore 1100 milliards de barils de ressources dont 120 milliards de ressources contingentes.

Il faut bien comprendre que la production ne s’arrêtera pas du jour au lendemain et que du pétrole sera produit bien au-delà de ce siècle.

Il faut donc s’attendre au mieux à une production pétrolière plus ou moins stable à 85 millions de barils (tous types de pétroles confondus), qu’il faudra partager de façon plus équitable avec les pays émergents, dont la consommation individuelle est le cinquième, voire le dixième, de la consommation pétrolière du français moyen.

- Le stress est sexué, p25

Hommes et femmes ne sont pas égaux face aux maladies. Les hommes sont plus souvent victimes d’infections, de maladies cardio-vasculaires et de dépendance aux drogues ou à l’alcool. Les femmes souffrent davantage de maladies chroniques, de dépression et d’anxiété.

En réaction au stress, chez les hommes, le cortex préfrontal droit - qui régule les émotions négatives - s’active davantage, tandis que le cortex orbifrontal gauche - qui a un rôle inhibiteur - est moins stimulé ; ces réactions sont dues à la libération de l’hormone du stress, le cortisol. En revanche, chez les femmes, c’est le système limbique du cerveau - le cerveau émotionnel - qui s’active, et ce, indépendamment de la concentration en cortisol. En outre la réaction du cerveau persistait plus longtemps pour les femmes après l’expérience.


L’origine de l’inflation cosmique, p40

C’est le plus dépaysant ! On reviendra sans doute sur l’inflation car je ferais peut-être un compte-rendu du livre de Brian Greene (La Magie du Cosmos, 2004) où la question de l’inflation est bien exposée. L’inflation serait un « champ scalaire », comparable à des variations de pression discontinues et non à un champ électrique directionnel (vectoriel), tout cela étant pure spéculation pour l’instant, simples déductions sans aucune base expérimentale mais qui semblent bien expliquer ce qu’on ne comprend pas ! Ce qu’on appelle l’inflation n’est en fait rien d’autre que le « Bang » du Big Bang, qui n’est pas une explosion mais une expansion exponentielle de l’espace. Plusieurs hypothèses sont compatibles avec la théorie des cordes (de plus en plus mise en cause), ici une collision de membranes se traduisant par une perte de dimensions ! Rappelons qu’il y a au moins 9 dimensions spatiales dans la théorie des cordes (+ 1 dimension temporelle). On ne sait vraiment plus où on est ni de quoi on parle...

L’Univers a connu, à ses débuts, une brève période d’expansion extrêmement rapide. Selon certains développements de la théorie des cordes, cette inflation résulterait de la collision de notre Univers avec d’autres, au sein d’un monde plus vaste et multidimensionnel.

Pourquoi notre Univers possède-t-il 3 dimensions visibles et pas plus ? Cela tient peut-être à la façon dont les branes et les antibranes, qui flottent dans l’univers à 9 dimensions, se rencontrent. Selon notre modèle, elles ne s’annihileraient pas directement en libérant de l’énergie, mais se déchireraient d’abord en plusieurs morceaux. Plus précisément, ces fragments sont des branes ayant 2 dimensions de moins que les branes initiales.

Cette cascade d’annihilations de branes et d’antibranes tend à faire disparaître les grandes branes, qui ont une forte probabilité de se rencontrer. Les branes plus petites, de dimension 1 ou 3 par exemple, rencontrent moins fréquemment une antibrane correspondante dans l’immensité de l’espace à 9 dimensions.

Lorsque notre Univers se déplace dans les dimensions complémentaires d’un espace global de dimension supérieure, comme un wagon sur une montagne russe, sa taille peut être brusquement multipliée : une explication possible au mystère de l’inflation cosmique.

Comme un condensateur qui accumule de l’énergie entre 2 plaques chargées de signes contraires, l’attraction entre une brane et une antibrane induit une augmentation de l’énergie potentielle au sein de ces branes, énergie qui suffirait à enclencher une phase d’inflation. L’expansion accélérée s’arrêterait ensuite lorsque la brane et l’antibrane se rencontreraient et s’annihileraient dans une grande explosion. Notre Univers n’a manifestement pas été annihilé dans un tel processus, mais ce scénario reste valide, car quand des branes s’attirent et s’annihilent, les conséquences s’en font sentir sur les branes voisines par l’intermédiaire des dimensions supplémentaires : elles subissent elles aussi une inflation, et l’énergie dégagée par l’annihilation y injecte suffisamment d’énergie pour créer de la matière en quantité.

Au départ, les dimensions supplémentaires ne sont pas dans une configuration stable. pendant qu’elles s’agencent dans une configuration d’énergie potentielle inférieure, l’énergie est transférée aux 3 dimensions classiques qui gonflent en retour à un taux accéléré.


Transformer des plantes annuelles en plantes vivaces, p 48

Les plantes cultivées par l’homme sont principalement des plantes annuelles, ce qui s’explique historiquement par leur sélection plus rapide mais elles consomment plus de ressources que les plantes vivaces pluriannuelles qui ont moins besoin d’eau car leurs racines sont plus profondes.

Comment concilier agriculture à grande échelle et développement durable ? Peut-être en transformant les principales plantes annuelles qui nous alimentent en végétaux pérennes dotés de racines profondes.

Chez les plantes vivaces, des racines plus profondes et des saisons de croissance plus longues augmenteraient leur séquestration du carbone, le constituant principal de la matière organique du sol, d’au moins 50% par rapport aux champs de cultures annuelles. En outre, puisqu’elles n’ont pas besoin d’être replantées chaque année, les plantes vivaces requièrent moins de passage des machines agricoles et aussi moins de pesticides et de fertilisants : du combustible fossile est ainsi économisé. Les plantes vivaces diminuent donc la quantité de dioxyde de carbone dans l’air, tout en augmentant la fertilité du sol.

Selon Stan Cox, sélectionneur à l’Institut Land, 10 des 13 cultures de céréales et d’oléagineux les plus pratiquées peuvent s’hybrider avec des plantes vivaces apparentées.

- Un volcan nommé champs phlégréens, p78

Ce volcan situé près de Naples et du Vésuve était, pour ls Romains, la porte de l’enfer mais c’est surtout un « supervolcano » capable d’éruptions apocalytiques, heureusement très exceptionnelles ! La région est si peuplée que même une éruption plus ordinaire serait pourtant très meurtrière localement. Voir la revue des sciences de septembre 2006.

Le soulèvement du centre de la caldeira au cours des 3 dernières décennies annonce une nouvelle éruption, qui n’a pas encore eu lieu mais qui représente une épée de Damoclès pour les populations de la région.

- Critique du don, Études sur la circulation non marchande, p100
Alain Testart, Syllepse, 2007, 266 pages

La surévaluation du don n’est pas sans dangers, ce n’est pas la bonne façon de s’opposer aux rapports marchands en renforçant les liens de dépendance : la justice plutôt que la charité, la sécurité sociale plutôt que la solidarité familiale !

Ce n’est pas l’individu, son désintéressement (il y a des dons intéressés) ou une quelconque force intérieure qui caractérisent le don, c’est la société qui possède (ou ne possède pas) les instances qui permettent à un individu d’exiger un transfert ou un contre-transfert.

« La pratique dominante du don a toujours été celle de la classe dominante. Renforcez donc la pratique donataire au détriment de l’échange marchand, vous obtiendrez au mieux un patriciat romain, ou des Médicis ou des Borgia ; au pire, des jeux du Cirque et des guerres civiles qui mettront aux prises des César et des Crassus ».


La Recherche no 415, 2007, ce qui a changé en science


- Le cycle du carbone est en train de se modifier, p15

Les émissions de gaz à effet de serre sont légèrement moins absorbées par les océans et la végétation. De plus, le carbone stocké dans le sol pourrait être dégradé plus vite qu’auparavant.

Il y a un léger affaiblissement du cycle du carbone naturel en parallèle à une accélération sans précédent des émissions. Avec des émissions de carbone fossile qui augmentent 3 fois plus rapidement qu’auparavant, il est normal que le cycle global du CO2 change (...) Cela veut dire qu’il faut peut-être davantage tenir compte des modèles les plus pessimistes que des autres. Ce n’est pas réjouissant.

- Trop de dopamine nuit, p22

L’étude de patients (Parkinson) traités avec de la dopamine ou par stimulation interne montre que trop de dopamine empêche l’apprentissage et trop de stimulation électrique du noyau subthalamique empêche la réflexion, entraînant des décisions impulsives qui peuvent être dangereuses, mais cela pourrait permettre de traiter les cas d’inhibition ?

La dopamine étant le médiateur de la récompense, son taux constamment élevé chez les patients traités peut expliquer qu’ils ne tirent plus les leçons d’un échec dû à une décision erronée.

Sous réserve de confirmation par d’autres équipes, ces résultats pourraient expliquer le rôle bénéfique de cette stimulation que nous avons remarqué chez des patients souffrant de troubles obsessionnels compulsifs justement caractérisés par l’incapacité à prendre des décisions.

- « L’héroïsme simulé par ordinateur », p23

Des simulations sur ordinateur montrent la supériorité sur le long terme de populations altruistes et le gain évolutif de l’héroïsme capable de se sacrifier pour son groupe. Bien sûr tout cela reste très grossier mais réfute du moins les tenants du gène égoïste et d’une évolution qui se ferait au niveau de la compétition entre individus alors que c’est l’équilibre écologique qui est déterminant sur la durée.

Les sociétés stables sont celles qui comportent soit une majorité d’indifférents tolérants (sociétés de paix et de commerce), soit une majorité d’altruistes chauvins (sociétés guerrières).

- Le vrai-faux tombeau de Jésus, p55

La recherche croit devoir revenir sur cette prétendue découverte du tombeau de Jésus (et de Marie-Madeleine) annoncée à grand renfort de publicité et qui est bien entendu illusoire, non pas que Jésus ne pouvait avoir de descendance, mais de ce qu’il ne peut pas avoir réellement existé, raison pour laquelle toutes les prétendues preuves de son existence sont des faux... Il ne s’agit pas, en effet, d’une histoire réelle déformée mais bien d’une histoire mythique construite par des Juifs d’Alexandrie à partir de l’écriture. Il est tout-à-fait désespérant de voir la bêtise insondable des croyants qui font une lecture littérale et historique si pauvre de l’Evangile, alors qu’une lecture interprétative et allégorique est si riche et de grand enseignement (Jésus c’est le prochain, le samaritain, l’étranger, le souffrant. Il est présent quand on se réunit en son nom, etc.). Tromperie de la religion d’un côté, vérité profonde de l’autre ! L’ésotérisme est exactement le contraire du roman familial qu’en fait Dan Brown, prenant l’Eglise à son propre piège ; c’est au contraire l’accès au véritable sens des textes sacrés, sens interdit à la foule crédule, hélas, recouvert par une histoire sainte puérile...

En définitive, aucun des arguments principaux sur lesquels repose la thèse développée dans Le Tombeau perdu de Jésus ne résiste à la critique scientifique.

- Le changement climatique, à quel coût ?, p60

La possibilité de chiffrer le coût du changement climatique est mise en doute car d’un côté l’adaptation écologique peut être un facteur de croissance et de l’autre les risques systémiques affectant les réseaux de distribution peuvent difficilement s’évaluer. Enfin les comportements sont largement imprévisibles car ils ne sont pas toujours optimaux ni rationnels ! En tout cas, ce n’est pas tant au niveau du marché ou des individus mais bien de l’organisation sociale et de l’Etat qu’il faut intervenir.

Le message final reste donc assez optimiste : il est possible d’éviter une augmentation de température de plus de 4°C à un coût macroéconomique extrêmement raisonnable.

Les simulations permettent de souligner qu’une politique climatique limitée à une taxe carbone universelle coûte plus chère qu’un assortiment d’instruments, comprenant par exemple des choix d’organisation industrielle, de planification urbaine et d’infrastructures, qui ne relèvent pas seulement d’un prix carbone.


La tyrannie de la courbe en cloche, p108
The Black Swan, The Impact of the Highly improbable, Nassim Nicholas Taleb

L’histoire est pleine d’événements improbables : nous ne sommes pas à l’abri des catastrophes comme s’il ne se passait jamais rien ! L’auteur l’a appris à ses dépends au Liban d’abord, dans la finance ensuite...

Le Nobel d’économie est généralement attribué à un probabiliste, un statisticien aussi fort en maths qu’il est faible en pouvoir d’analyse et nul en matière de prévision. Le cas d’école, que tout étudiant se doit de méditer, est celui de Myron Scholes et de Robert C. Merton, lauréats en 1997. Leurs savants conseils provoquèrent l’année suivante la faillite d’une des plus grosses firmes américaines de trading, LTCM, qui manqua d’entraîner dans sa chute tout le système financier américain.

Par définition, les modèles n’intègrent pas les cygnes noirs. Surtout pas les modèles gaussiens, qui s’acharnent à ramener le centre de gravité aux alentours de la moyenne, alors que les événements importants se passent aux extrêmes.

(Voir aussi la brève consacrée aux vagues scélérates)

Supplément « Objectif Terre 2050 »

Les sceptiques ont beau avoir quelques arguments pour eux et les préhistoriens considérer qu’on est simplement dans une période inter-glaciaire de 40 000 à 100 000 ans, donc de réchauffement climatique, il y a de quoi s’inquiéter vraiment et ce supplément de La Recherche n’a rien de rassurant quand on sait que la fonte du permafrost, qui a commencé, n’est pas prise en compte dans les modèles...

Hervé Le Bras revient sur le rapport de Rome dont il souligne, contrairement à ce qui est dit partout, la justesse des prévisions, sauf pour la démographie qui décélère plus rapidement :

"Quand on reprend l’évolution annoncée par le rapport, on est frappé par l’exactitude de la prévision jusqu’à aujourd’hui. La catastrophe ne se dessine qu’après 2010. Jusqu’à cette date, les développements de l’agriculture, de l’industrie et l’augmentation de la population se poursuivent presque sans entraves. Dans la présentation en français de l’ouvrage, Robert Lattès insistait d’ailleurs sur la soudaineté de la crise. Il comparait la population mondiale à un nénuphar dont la taille double chaque jour dans un étang, jusqu’à être brutalement bloqué lorsque la surface est entièrement occupée. Selon les prévisions du Club, la production industrielle et le quota alimentaire devraient chuter les premiers, entre 2010 et 2020. En 2030, la pollution devrait atteindre un tel niveau que la mortalité augmenterait brutalement avant que la natalité ne fasse de même pour atteindre un tel niveau que la mortalité augmenterait brutalement, avant que la natalité ne fasse de même pour atteindre un nouvel équilibre. En quelque sorte, une transition démographique à l’envers avec, pour conséquence, une baisse de la population".

"Qu’en est-il, 35 ans après le rapport qui a fait date ? Le réchauffement climatique s’est ajouté à la pollution, mais le mécanisme reste le même. La seule erreur du Club de Rome porte en fait sur l’estimation de la fécondité et de la natalité. Cette dernière ne devait s’abaisser que de 5% entre 1975 et 2005. Or, elle a diminué de 30%, notamment dans les grands pays en développement, ce que personne n’avait anticipé".

Météo incertaine pour 2050 :

Le méthane est le grand oublié des modèles climatiques !

Les modèles actuels ignorent les effets possibles du réchauffement sur un acteur important du système climatique : le méthane (CH4). C’est le 2ème gaz à effet de serre émis par l’homme après le gaz carbonique, puisque sa part relative dans l’augmentation de l’effet de serre d’origine anthropique est de 18%, contre 63% pour le CO2.

Plus inquiétant, les terres gelées (les pergisols) d’Alaska et de Sibérie risquent fort de dégeler en partie en cas de réchauffement. Ces sols, très riches en matière organique, saturés en eau, sont potentiellement d’énormes sources de méthane. A nouveau, il s’agirait d’une rétroaction où le cycle du méthane accentuerait le changement climatique. Le risque semble pour le moment limité, mais il nécessite d’être étudié.

Il faut se projeter à long terme :

A terme, (d’ici 3000), si toutes les ressources fossiles sont brûlées (pétrole, gaz et charbon), dans la seconde partie du millénaire, les concentrations en CO2 dans l’atmosphère atteindraient 1200 à 4000 ppm au lieu de 380 ppm actuellement, la température augmenterait de 4°C à 9°C et le niveau de la mer pourrait s’élever de 3 à 8 mètres... car les réserves en pétrole, en gaz et, surtout, en charbon sont considérables, si on les exploite à tout prix, contrairement à ce que certains avancent pour justifier l’inaction. Ces prévisions sont néanmoins à prendre avec précaution. En particulier, elles ne tiennent pas compte d’instabilités majeures comme l’effet dramatique que pourrait avoir le dégagement du méthane piégé dans le pergisol.

Dans tous les cas, ces prévisions dépassent largement la variabilité climatique des derniers 10 000 ans (1°C à 2°C).

La seule solution pour éviter un changement climatique majeur à long terme est d’imposer des réductions drastiques d’émission de CO2 dans les 50 à 100 ans à venir, et cela quelles que soient les solutions retenues.

La 6ème extinction :

On connaît bien les causes qui précipitent l’extinction des espèces et qui sont en oeuvre dans la crise actuelle : la destruction et la dégradation des milieux (déforestation, fragmentation des habitats, pollution...), la surexploitation des populations animales et végétales (chasse, pêche, récoltes), l’introduction et l’expansion d’espèces exotiques et le réchauffement climatique. Et puisque l’on sait que les espèces dépendent les unes des autres à travers des réseaux alimentaires complexes, on comprend que l’extinction d’une espèce va induire, à son tour, une cascade d’extinctions.


Revue internationale des livres et des idées no 2


- Christian Laval - Penser le néolibéralisme
à propos de Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale, et de François Denord, Néo-libéralisme version française.

L’article est intéressant mais un peu trop foucaldien sans doute. Il insiste avec raison sur le caractère constructiviste du néolibéralisme l’opposant au laisser-faire libéral avec, pour conséquence, une dé-démocratisation au profit de l’homo oeconomicus calculateur et de l’intérêt privé. C’est assez juste mais manque, à mon avis, l’essentiel, qui est la fondation du néolibéralisme sur le caractère imparfait de l’information et notre rationalité limitée, s’opposant ainsi au libéralisme classique basé sur une information parfaite et le calcul rationnel. C’est ce qui en fait un scepticisme dogmatique (ou un relativisme totalitaire), caractère très spécifique à ce marché des idéologies qui est le droit du plus fort.

Ceci dit, de très nombreux signes montrent que le néolibéralisme est en perte de vitesse, il a perdu toute crédibilité (sauf à la commission européenne !). Avec la crise des subprimes, on voit des Etats venir au secours des banques, des banques ne plus faire confiance au marché, sans parler de la crise climatique, impliquant aussi le retour des régulations étatiques.

- Jérôme Vidal - Gérard Noiriel et la République des « intellectuels »
à propos de Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République. L’avenir des intellectuels en France.

- Marc Escola - Les fables théoriques de Stanley Fish
à propos de Stanley Fish, Quand lire c’est faire. L’autorité des communautés interprétatives.


Une autre revue, « Sciences Humaines », signale ce livre qui m’a paru intéressant :

- La sociologie clinique. Enjeux théoriques et méthodologiques
Vincent de Gaulejac, Fabienne Hanique et Pierre Roche (dir.), Erès, 2007, 347p.

Comme tous les observateurs un peu avertis auront pu le constater, l’individu est entré de plain-pied dans les préoccupations sociologiques contemporaines. Les manières de considérer celui-ci varient cependant d’une école à l’autre. Dans l’ensemble hétérogène des théories, paradigmes... actuellement disponibles, la sociologie clinique occupe une place singulière. Cet ouvrage collectif (16 auteurs) propose un bilan raisonné des options théoriques et méthodologiques des travaux qui revendiquent une telle étiquette. La sociologie clinique, pourra-t-on d’abord constater, est de facture récente. Elle se développe en France dans les années 1980 sous l’impulsion de chercheurs comme Eugène Enriquez ou Vincent de Gaulejac. Étayée par de nombreux travaux empiriques, elle a conforté depuis son assise institutionnelle à l’aide de réseaux nationaux et internationaux, d e publications multiples et d’espaces de recherche qui lui sont dédiés. Sur le plan intellectuel, l’originalité première de la sociologie clinique est d’intégrer la subjectivité dans l’analyse sociologique. En mobilisant les concepts de Sigmund Freud (inconscient, transfert...) comme ceux d’Émile Durkheim et d’autres fondateurs encore des sciences de l’homme et de la société, la sociologie clinique se propose de penser d’un même tenant l’individuel et le collectif, le changement personnel et les mutations sociales. En faisant fi des frontières instituées (entre psychologie et sociologie notamment), les cliniciens s’inscrivent dans le droit fil d’une approche compréhensive du monde social telle qu’elle a été définie par Max Weber. Mais ils vont plus loin encore. Comme l’indique Fabienne Hanique, trois principes spécifiques caractérisent la démarche clinique  : une sensibilité à la parole des individus, la conviction que les personnes ou les groupes concernés par la recherche contribuent activement à la production de connaissances sur leurs propres situations et, enfin, le pari que le sens est le produit d’une co-construction qui résulte d’un dialogue entre le chercheur et le(s) individu(s). Bien loin des postures objectivistes qui ignorent tout de la subjectivité au profit des seules lois censées régenter les structures de la société, les cliniciens associent de la sorte l’empathie à la distance réflexive. Plus encore, et c’est là sans aucun doute revenir au projet fondateur de la sociologie, ils font œuvre de science sans jamais perdre de vue que le savant est aussi politique. C’est bien pour aider les individus et les groupes à résoudre les multiples désarrois et dysfonctionnements qui les traversent et les tenaillent que le sociologue doit aussi savoir se faire militant.



Brèves et liens



Physique


cosmologie, astronomie, physique quantique

- Il nous manque aussi de la matière normale dans l’Univers !

On sait que quatre-vingt-quinze pour cent de l’Univers est inconnu des astronomes. Selon des théories actuelles, celui-ci serait constitué de 70% d’énergie sombre, 25% de matière noire, et de seulement 5% de matière normale. Mais ce n’est pas tout ! Les astronomes ne peuvent réellement expliquer qu’environ 60% de cette matière normale (hydrogène, hélium et éléments plus lourds) : pratiquement la moitié de cette matière est également manquante !

Si l’on fait le compte, on ne connaît qu’un peu moins de 2,5% de l’Univers. C’est peu !

- Une galaxie grillée par des rayons gamma

En regardant de plus près les données du VLA et de Merlin, les scientifiques ont trouvé un point lumineux, démontrant que le jet de matière du quasar était entré en collision avec une petite galaxie, abritant elle aussi un trou noir géant, et qui est en orbite autour de 3C321 à environ 20.000 années-lumière. Les images obtenues montrent même que la collision a perturbé et dévié le jet.

- Deux halos stellaires pour la Voie Lactée, tournant en sens inverse

La Voie Lactée, notre galaxie, peut encore nous surprendre. Elle ne possède pas seulement un halo d’étoiles, comme les astronomes le pensaient jusqu’alors, mais deux. Cette découverte remet en question certaines théories concernant sa formation.



Un astéroïde va frôler et pourrait même percuter Mars le 30 janvier

Un astéroïde, récemment découvert alors qu’il passait à proximité de la Terre en novembre dernier, fait désormais route pour un passage à une très courte distance de la planète Mars en janvier 2008. Il existe une petite chance qu’il percute cette planète. La probabilité d’une collision n’est que de 1 sur 75 (1 sur 25 maintenant...), mais si elle se produit, l’impact surviendrait le 30 janvier 2008 aux environs de 10h55 UT.

La meilleure estimation actuelle prévoit que l’astéroïde manquera Mars de quelque 50 000 kilomètres, mais cette distance est hautement incertaine parce que la trajectoire de l’astéroïde n’est pas connue avec une précision suffisante.

Si l’astéroïde est effectivement sur une trajectoire de collision, il frapperait Mars avec une vitesse d’environ 13,5 km/s, et produirait une explosion équivalente à 3 mégatonnes de TNT. On ne peut que spéculer sur les effets d’un tel impact, mais il semble raisonnable de s’attendre à un cratère de presque un kilomètre de diamètre et à une quantité significative de poussières soulevées dans l’atmosphère.

- Mars, du soufre dans l’atmosphère et des océans acides

Les chercheurs ont souvent proposé que la planète fût à ses débuts enveloppée d’une atmosphère riche en dioxyde de carbone, ce qui aurait autorisé des températures plus élevées comme c’est le cas sur Terre.

Mais l’apparente absence de calcaire et d’autres roches carbonatées à la surface de Mars restait alors une grosse énigme. Ces roches abondent sur la Terre où elles se forment souvent par précipitation dans des océans peu profonds.

Itay Halevy et ses collègues proposent maintenant que cette apparente contradiction peut s’expliquer si l’atmosphère de Mars possédait des concentrations élevées en dioxyde de soufre et en hydrogène sulfuré volcaniques dégazés. Comme le dioxyde de carbone, le dioxyde de soufre est un puissant gaz à effet de serre. Il aurait aussi acidifié les océans au point d’empêcher la formation de minéraux carbonatés, ce qui expliquerait leur absence.

- Des molécules organiques sur Mars

Rien d’extraordinaire mais cela renforce l’hypothèse d’une vie martienne et de la découverte contestée de fossiles de nanobactéries en 1996. A noter aussi que la découverte de silice presque pure suggère l’existence dans le passé de geysers favorables à la vie.

ALH84001 à droite et, en bas à gauche, les mystérieuses structures qui sont peut-être des nanofossiles de bactéries.

Dans ces laves, on trouve de petites sphères de minéraux carbonatés contenant des molécules organiques étroitement associées à un oxyde de fer assez célèbre sous forme d’un minéral appelé magnétite. Lors d’une éruption volcanique, la magnétite a agi comme un catalyseur au contact de fluides riches en dioxyde de carbone et en eau, bien qu’aucune présence de vie n’ait été possible à ce moment étant donné la température. Des petites sphères de ce genre ont été trouvées dans ALH84001, et il s’agit donc très vraisemblablement de molécules synthétisées par la chimie martienne et pas par contaminations terrestre ultérieures. C’est la première fois qu’une preuve de ce genre a pu être apportée et elle renforce la conviction que des molécules organiques doivent facilement apparaître à la surface des grosses planètes telluriques dans l’Univers.

- Objectif Mars, c’est pas pour demain...

En l’état de nos connaissances, les obstacles technologiques et logistiques qui se dressent devant nous sont tels que sans un effort financier et une coopération internationale d’envergure, il est à craindre que Mars reste pour longtemps une frontière infranchissable.

- Radiographie de la Terre avec des neutrinos

Cela fait des dizaines d’années que les physiciens étudient la possibilité de sonder les profondeurs de la Terre avec des neutrinos. Avec les instruments actuels, c’est impossible. Mais le prochain détecteur géant, IceCube, qui sera opérationnel à l’horizon 2010, devrait pouvoir le faire !

- Des molécules ultra-froides pour ordinateurs quantiques

De la même façon qu’on refroidit des atomes à une température proche du zéro absolu pour obtenir des condensats de Bose-Einstein exhibant les propriétés ondulatoires des atomes bosoniques (lasers à matière), de même on tente de refroidir jusqu’au froid absolu cette fois des molécules, qui plus est des molécules dissymétriques (polarisées) comme H2O ! La maîtrise des températures proches du zéro absolu semble nécessaire pour des ordinateurs quantiques qu’il faut protéger de toute décohérence. Des molécules polarisées seraient un atout pour effectuer des calculs rapidement car elles peuvent interagir à longue distance. On espère aussi pouvoir mesurer ainsi la taille d’un électron considéré jusqu’ici comme ponctuel, contrairement au proton ou au neutron.

- Première factorisation quantique

Je croyais qu’une société avait déjà prétendu avoir construit un ordinateur quantique, mais personne ne pouvait le voir... Là c’est juste la démonstration qu’on peut effectivement exploiter l’algorithme de Peter Shor pour la factorisation des nombres en utilisant les propriétés des qbits. L’exploit est limité puisqu’il a consisté à décomposer le chifre 15 en produit de 3 x 5 !

Deux équipes de chercheurs sont arrivées à effectuer la factorisation de 15 en nombres premiers à l’aide d’un calcul quantique. C’est la première fois qu’on arrive à réaliser ce calcul, reposant sur l’algorithme de Peter Shor, avec des photons.

- Le LHC en 3D dans Google Earth

Pour accéder au diagramme en 3D, il faut posséder « Google Earth » sur son ordinateur, qui peut être téléchargé gratuitement à l’adresse http://earth.google.com, puis télécharger le modèle du LHC

- Après le LHC, le CLIC, un collisionneur linéaire de 42km !

Le projet CLIC vise à amener les technologies de collisionneurs de leptons à des énergies de plusieurs TeV. Il s’agira de faire entrer en collision des leptons ayant une énergie dans le centre de masse pouvant aller jusqu’à 3 TeV, soit plus de dix fois l’énergie du LEP. Cela n’est possible que dans un collisionneur linéaire, dans lequel il n’y a pas de perte d’énergie due au rayonnement synchrotron créé par le mouvement circulaire des particules.

Dans un collisionneur linéaire, le faisceau se déplace, comme le nom l’indique, en ligne droite. Mais sur une ligne de 42 km de long, les choses ne sont pas si simples. Du fait de la courbure de la Terre, si on construit un tunnel à une profondeur constante, il sera en fait courbé. C’est pourquoi il est nécessaire de construire un tunnel droit « comme un rayon laser », qui sera plus profond au centre pour tenir compte de la courbure de la Terre. Ce centre se situera à 100 m sous terre.


Des vagues scélérates en économie ?

On ne peut négliger les phénomènes non-linéaires, y compris pour des phénomènes cycliques apparemment réguliers car ils peuvent provoquer des événements extrêmes bien au-delà de la normale, comme les vagues scélérates tant redoutées des marins (et des spéculateurs)...

On les croyait physiquement impossibles jusqu’au début des années 1990. Les vagues scélérates étaient considérées comme des racontars de marins. Aujourd’hui, les physiciens simulent leur formation... avec de la lumière !

Pour les océanographes et les physiciens, de telles vagues de 30 mètres de haut, selon les témoignages, ne pouvaient qu’appartenir au folklore et semblaient aussi peu crédibles que les sirènes ou le Monstre du Loch-Ness. Les équations de base de la mécanique des fluides, d’Euler et de Navier-Stokes, sont connues depuis longtemps et lorsqu’on les applique à la génération de vagues, elles affirment que celles-ci ne peuvent statistiquement atteindre une hauteur de 30 mètres qu’une fois tous les 10.000 ans et encore... CQFD.

En 1995, la Nature a démontré que, n’étant pas au courant de la quasi impossibilité du phénomène, elle l’a fait. Les capteurs de houle de la plate-forme pétrolière Draupner, située en Mer du Nord à 160 km des côtes, ont bel et bien prouvé que les marins ne mentaient pas. Les physiciens ont dû revoir leur copie.

On s’est alors souvenu que les calculs étaient réalisés en linéarisant les équations de la mécanique des fluides. Toute une dynamique appartenant au régime non linéaire des équations pouvait donc intervenir et ne pouvait pas être négligé comme on le croyait.

Ce résultat pourrait avoir des implications plus larges. En effet, les équations décrivant des comportements non linéaires s’appliquent aux vagues océaniques et la lumière mais aussi à bien d’autres situations. Il se trouve que certains modèles non linéaires décrivant l’évolution économique des marchés conduisent parfois eux aussi à ce genre d’équation. De brusques crises, que personne n’avait vu venir et que l’on appelle des cygnes noirs, sont peut-être tout simplement des vagues scélérates mais dans l’univers économique...

Climat, biosphère


Voir aussi Objectif Terre 2050.


La théorie de la Terre « boule de neige fondue » !

Voir « La part maudite ».

En 1989, le paléomagnéticien Joe Kirschvink bousculait le monde des géosciences avec sa théorie de la Terre « boule de neige », selon laquelle notre planète aurait été durant un long moment complètement recouverte de glace. Deux publications dans Nature contribuent à alimenter le débat. La bonne théorie serait celle d’une boule de neige... fondue.

Le climat mondial de l’époque nous est difficilement imaginable. La température moyenne sur la planète devait être de -50 °C et au niveau de l’équateur de -20 °C environ.

Une fois la Terre complètement mise au congélateur, elle ne devrait plus pouvoir en sortir car l’albédo (pouvoir réfléchissant) de sa surface étant devenu suffisamment important pour réfléchir une bonne part des rayons du Soleil, la Terre n’aurait pas reçu assez de chaleur pour retourner à un climat plus chaud. Si les océans étaient complètement recouverts de glace, comment la vie a-t-elle pu y survivre puisqu’en l’absence de photosynthèse, c’est toute la chaîne alimentaire qui aurait dû s’effondrer.

Depuis le lancement de la théorie de Kirschvink, qui avait en fait eu des précurseurs au milieu du XXième siècles, une autre avait été proposée : la théorie de la Terre « boule de neige fondue », en anglais slushball earth, de l’anglais slush, signifiant neige fondue. En français, une traduction possible est offerte par le dialecte savoyard avec ouaffe (mais l’expression théorie de la boule de ouaffe a probablement peu de chances de l’emporter sur l’anglais).

Pour les tenants de cette théorie, s’ils ne contestent pas la présence de glace sur les océans, ceux-ci devaient être recouverts par l’équivalent d’une banquise en train de fondre, avec de larges zones d’eau libre, plutôt que d’une véritable calotte épaisse s’opposant au passage de la lumière. La glaciation du Cryogénien n’aurait donc été que partielle, même si elle a peut-être duré presque 200 millions d’années.

Lorsque les océans mondiaux ont commencé à refroidir, l’oxygène dissous dans l’eau aurait pénétré plus en profondeur jusqu’à rentrer en contact avec ces réservoirs de carbone. Du gaz carbonique aurait ainsi été synthétisé qui à son tour, en augmentant l’effet de serre, a combattu un emballement du refroidissement planétaire causé par une augmentation de l’albédo de la planète.

- Climat tropical en arctique il y a 55 millions d’années

Une équipe internationale de recherche a mis au jour, en plein cœur du pôle nord, des planctons tropicaux et des fossiles de feuilles caractéristiques des climats subtropicaux modernes insérés dans des échantillons de sédiments. Ils sont la preuve que le climat était bien plus chaud il y a 55 millions d’années, lors du maximum thermique paléocène-éocène (PETM). A l’époque, dans cette zone du globe la température moyenne a grimpé jusqu’à 25°c.

L’origine de la crise climatique du PETM serait un dégagement massif de dioxyde de carbone dû au volcanisme intense causé par l’ouverture de l’Atlantique Nord (Islande) ayant entraîné la fonte des hydrates de méthane, un gaz qui une fois relâché, aurait augmenté la température d’au moins 5 degrés Celsius. Elle aurait duré 100 000 ans et serait selon certains auteurs, d’une ampleur comparable à celle qui risque de débuter, si les humains continuent à produire autant de gaz à effet de serre.

- ça chauffe depuis dix ans !

Evidemment une hirondelle ne fait pas le printemps et il est toujours difficile d’évaluer des évolutions à long terme sur des périodes relativement courtes. L’hypothèse que le réchauffement actuel soit un lointain prolongement de la fin de la dernière glaciation n’est pas à écarter dans cette période inter-glaciaire, ce qui n’empêche pas qu’on ne fait qu’aggraver les choses. Pour l’instant on n’a pas dépassé les années les plus chaudes de l’histoire, seulement de celles qui ont été enregistrées, mais on n’a rien vu encore étant donnée l’inertie du climat !

L’analyse des relevés de température tout autour du globe démontre que la décennie 1998-2007 a été la plus chaude jamais enregistrée.

Par ailleurs, l’année 2007 est en passe de devenir la septième année la plus chaude depuis 1850. L’augmentation de la température est de 0,41 degrés cette année par rapport à la moyenne calculée pour la période 1961 à 1990 (soit 14 degrés), ont précisé les scientifiques.

L’année 2007 a également été marquée par l’abaissement des niveaux de glace de mer dans l’Arctique. L’étendue de la glace se situait en-dessous de la moyenne chaque mois de l’année et pour la première fois au cours de l’histoire, le passage du Nord-Ouest canadien est resté ouvert pendant cinq semaines. Les niveaux de la mer ont également continué d’augmenter ; les mesures obtenues par satellite montrent que, depuis 1993, les niveaux moyens ont augmenté d’environ trois millimètres par an.

- Fonte record de la banquise arctique, événement météo de l’année au Canada

En fait, le réchauffement est loin d’être une si mauvaise nouvelle pour le Canada qui suscite au contraire de nouvelles convoitises, et c’est ce qui explique son revirement à Bali, prenant clairement le parti des saboteurs de la réduction des gaz à effet de serre !

En 2007, la « disparition » des glaces dans l’océan Arctique "a été si frappante qu’elle a rapidement été classée comme l’événement météorologique le plus marquant".

"Les Canadiens se souviendront peut-être de 2007 comme de l’année où les changements climatiques ont commencé à se faire sérieusement sentir dans leur pays".

« La fonte sans précédent des glaces de l’Arctique » est le résultat direct de « plusieurs années de vents arctiques » dominants, qui ont favorisé le déplacement d’étendues anciennes de glace vers l’Atlantique. Y ont également contribué le "réchauffement annuel cumulatif persistant« observé dans le Nord et de la »transformation radicale« du manteau blanc, qui a fait place à »de sombres eaux marines absorbant la chaleur".

"Cette étendue de glace a une énorme influence sur le climat planétaire et sa diminution soudaine pourrait avoir des effets durables sur les conditions météorologiques et ce, bien au-delà des limites de l’Arctique".

- Coup d’accélérateur pour la fonte des glaces du Groenland

La quantité de glace recouvrant le Groenland se réduit de plus en plus, n’arrivant plus à être compensée par les chutes de neige. La fonte a augmenté de 10 % de 2005 à 2007.

Entre 1979 (date des premiers relevés par satellite) et 2006, la fonte s’est accrue d’environ 30 % à l’ouest du Groenland, avec des pics atteints en 1987, 1991, 1998, 2002, 2005 et 2007. Pendant ce temps la température de la couche d’air en surface augmentait de près de 4 °C.

La superficie du Groenland est d’environ un quart de celle des Etats-Unis, et 80 % en sont recouverts par la glace, ce qui représente environ 3.100.000 kilomètres cubes. Sa fonte complète provoquerait une élévation du niveau des océans d’environ 8 mètres.

- La fin des glaciers tibétains pour 2030 ?

Il y a quelque 12.000 kilomètres cubes d’eau douce stockée dans les 15.000 glaciers de l’Himalaya, davantage que dans le lac Supérieur à la frontière entre le Canada et les Etats-Unis. Cette taille ne doit pas étonner puisque ces glaciers constituent le réservoir d’eau douce à l’origine de grands fleuves, à commencer par le Gange, l’Indus et le Brahmapoutre, qui fournissent en eau presque un sixième de la population mondiale. Or, les glaciers du plateau tibétain pourraient bien avoir diminué de 80 % d’ici à l’an 2030. Au moins 500 millions de personne verraient donc leurs conditions de vie gravement menacées.

- la zone tropicale s’étend avec le réchauffement de l’atmosphère

Les climatologues qui étudient le réchauffement terrestre prévoyaient que la zone tropicale s’étendrait de deux degrés vers les pôles à la fin du siècle. Une étude publiée aujourd’hui par la revue Nature révèle que cette extension a déjà eu lieu et pourrait entraîner des modifications majeures du régime des pluies dans les régions subtropicales.

- La fin des coraux

Rien de neuf, hélas... De toutes façons, la rapidité du réchauffement semble condamner les coraux et toute la chaîne alimentaire qui en dépend. Voir aussi sur Futura-Sciences

Sans mesures urgentes, l’acidification des océans pourrait conduire à la disparition des coraux d’ici à la fin du siècle.


- L’Allemagne montre l’exemple en adoptant un programme de choc

Décevant quand même. 10% de biocarburants, est-ce raisonnable ? Tout dépend desquels, s’il sont de production locale, à partir de déchets ou produits par l’agriculture intensive...

Le conseil des ministres allemand a approuvé un programme comprenant 14 projets de loi et décrets, dans le but d’atteindre l’objectif qu’il s’est fixé de réduire de 40% les émissions de CO2 d’ici 2020 par rapport à 1990, contre 20 à 30% pour l’UE. Il a décidé de consacrer 2,6 milliards d’euros du budget 2008 à la protection du climat, soit une hausse de 200% par rapport à 2005.

Au coeur du dispositif, les énergies renouvelables. Une loi va être révisée de manière à viser une part de 25 à 30% de la production d’électricité d’ici 2020, ce qui se traduira par une hausse des coûts pour les consommateurs. Ceux-ci vont être encouragés à y recourir pour se chauffer, via un programme de subventions de 500 millions d’euros par an dès 2009 pour le bâtiment ancien.

Autre volet important, les économies d’électricité, que l’Allemagne vise en subventionnant la rénovation de l’ancien et la construction du neuf selon des modes écologiques, ainsi qu’en favorisant les appareils et installations électriques peu gourmands.

Dans le transport, la taxe sur les véhicules sera établie en fonction du taux de carbone émis et les carburants devront comporter 10% de biocarburants d’ici 2020.

- De nouveaux gisements de pétrole au Brésil

Le Brésil annonce avoir découvert d’ « immenses gisements de pétrole et de gaz » à proximité des côtes du Sud-est (Etats d’Espirito Santo, Rio, Sao Paulo et Santa Catarina). Elles sont évaluées par Petrobras entre 5 et 8 milliards de barils et augmenteraient de 50% les réserves actuelles du Brésil, estimées à 14 milliards de barils. Ce pétrole se trouverait entre 5.000 et 7.000 mètres de profondeur, ce qui supposera des méthodes de forage particulièrement sophistiquées. Mais cela ne fait pas peur à Petrobras, qui affirme disposer des meilleures techniques mondiales.


Des microbes pour le sable bitumeux

Une des raisons pour lesquelles le Canada n’est plus aussi en pointe contre la baisse du CO2, c’est que l’exploitation de ses sables bitumeux produit énormément de CO2. Pour remédier à cela on peut envisager d’utiliser des microbes transformant le bitume en méthane (quand à savoir si ce sera assez performant pour être rentable...).

- Réduire les émissions de méthane des vaches

Des scientifiques australiens essaient de transplanter une bactérie propre aux kangourous dans l’estomac des moutons et des bovins afin que leurs flatulences ne contiennent plus de méthane, qui favorise le réchauffement climatique.

Grâce à cette bactérie, les gaz des kangourous ne contiennent pas de méthane, à l’inverse des vaches et des moutons dont les flatulences peuvent représenter un fort pourcentage du volume total des émissions de gaz à effet de serre.

- Feux de bois et de végétaux, une source importante de pollution

Le chauffage au bois, les combustions agricoles ou les feux de jardins sont responsables de 50 à 70% de la pollution en particules carbonées en hiver.

Dans les grandes villes, où des études sont en cours, les premiers résultats indiquent que la combustion de biomasse est à l’origine d’au moins 40% des aérosols carbonés de l’atmosphère hivernale. Le diesel serait donc loin d’être le seul responsable de cette pollution qui a des effets néfastes sur la santé.



Huile de palme : une catastrophe écologique planétaire

Alerte !

En Indonésie, en Malaisie et dans d’autres pays, la production intensive d’huile de palme conduit à des déforestations massives et à la destruction complète d’écosystèmes forestiers. En cause : une demande mondiale qui grimpe en flèche, pour l’industrie agro-alimentaire, mais qui risque d’exploser avec la banalisation des biocarburants.

L’arbre pousse vite, en trois ou quatre ans, et la pulpe rouge des noix produit une huile facile à extraire, que l’on peut transformer en une graisse utilisable dans de nombreux produits. Pâtes à tartiner, chips, margarines, plats cuisinés, biscuits, soupes, céréales du petit-déjeuner... : au fil des années, l’huile de palme a envahi la majorité des aliments industriels. Aujourd’hui, c’est une part importante de l’alimentation des pays riches qui est devenue dépendante de l’huile de palme. Mais ce n’est pas tout. A partir de l’amande de la noix, on peut extraire de l’huile de palmiste, qui sert d’ingrédient pour des peintures et des produits cosmétiques. Et voilà un juteux débouché supplémentaire.

L’Indonésie a déjà perdu 72 % de ses forêts. A ce rythme, selon un rapport du PNUE (Programme de Nations Unies pour l’Environnement), 98 % des forêts auront disparu en 2022. Or, cette immense zone forestière, qui s’étend sur les trois-quarts du pays, est particulièrement riche en espèces et elle est aussi une richesse pour les habitants, qui l’exploitent, en partie, depuis longtemps.

D’autres pays se lancent dans l’aventure, comme la Colombie. Car le boom sur l’huile de palme ne fait que commencer puisqu’un troisième marché, encore plus important, a démarré depuis 2005 : les carburants dits « verts ». L’huile de palme est en effet un excellent produit de base pour les « biodiesels ».


Un « continent » gigantesque de déchets se formerait dans le Pacifique

Dans le Nord-est du pacifique, entre la Californie et Hawaï, les déchets produits par les activités humaines et déversés dans les océans seraient acheminés par les courants marins vers un nouveau « continent »* boulimique dont la taille atteint près de 3,5 millions de km² !

On peut voir une vidéo (longue).

Il faut cliquer sur « The journey of trash » pour voir le voyage des détritus.

Biologie


évolution, génétique, biodiversité, éthologie, anthropologie, neurologie

- L’apparition de la vie dans le mica ?

En fait, Helen Hansma étudiait avec un microscope à force atomique des feuillets de mica de plusieurs échantillons qu’elle avait collectés dans une mine du Connecticut. Ces feuillets sont remarquablement plats et ont seulement un nanomètre d’épaisseur environ. Il s’est trouvé que la surface de ces feuillets était couverte de molécules organiques (ci-dessus).

Or, l’ARN et le mica, tout comme beaucoup de protéines et de lipides dans les cellules, possèdent des charges négatives. Mieux, les groupes phosphates de l’ARN sont espacés d’un demi-nanomètre, exactement la distance séparant les charges négatives sur le mica. Enfin, les feuillets de mica sont riches en potassium avec une concentration qui là encore est très similaire à celle de nos cellules.

Il semble donc tout à fait raisonnable d’imaginer que les premières molécules d’ARN soient nées à la surface du mica. Les espaces entre feuillets de mica auraient aussi servi d’analogues des premières cellules en protégeant les fragiles molécules organiques synthétisées. De plus, le cycle jour-nuit, en provoquant la dilatation et la contraction thermique des feuillets de mica dans ou au bord des anciens océans, aurait fourni l’énergie nécessaire pour briser et reconstituer les molécules organiques à la surface des feuillets.

- Images inédites en 3D des cellules de la peau humaine

L’invention d’une nouvelle technique de microscopie est un événement rare et toujours bénéfique. Une équipe européenne de biologistes moléculaires viennent d’en présenter une. Pour sa première utilisation, elle a visualisé les protéines qui accrochent entre elles les cellules du derme, un point clé et pourtant mal connu. Un résultat plein de promesses...

La technique mise au point par Achilleas Frangakis ne fait appel à aucun nouveau procédé et n’utilise que des instruments déjà existants. L’innovation réside toute entière dans une idée astucieuse, combinant microscopie électronique et congélation.

- Un dinosaure momifié

Les restes d’un dinosaure âgé de 65 millions d’années dégagé voici un an vont peut-être provoquer une avancée énorme dans la connaissance de ces animaux aujourd’hui disparus. Car bien plus qu’un simple fossile, c’est une momie complète que les chercheurs ont entre les mains.

Cet hadrosaure, un reptile ornithischien bipède de la fin de l’ère secondaire (crétacé supérieur), encore appelé dinosaure à bec de canard mesurant de 7 à 9 mètres de long, avait été découvert en 1999 par un lycéen de 16 ans.

Contrairement aux momies égyptiennes, c’est une minéralisation très rapide permise par des conditions particulières qui ont transformé de grandes parties de tissus en pierre avant qu’elles n’entrent en putréfaction sous l’action bactérienne.

Tous les modèles connus seraient faux et toutes les dimensions seraient à revoir ! De plus, l’écartement important entre les vertèbres devait lui conférer une souplesse plus grande que ce que l’on imaginait. Avec sa musculature accrue par rapport aux hypothèses actuelles, cette momie a de quoi démoder l’image d’un animal lourd et pataud à laquelle nous étions accoutumés.

Autre point important, les lambeaux de peau momifiés permettent pour la première fois de se faire une idée de la couleur d’un dinosaure. Selon les chercheurs, la peau devait être zébrée à certains endroits, permettant un excellent camouflage, et ces rayures devaient être colorées.

- L’ancêtre des cétacés, un petit daim ?

Un ongulé de la taille d’un raton-laveur serait un bon candidat pour le statut de chaînon manquant entre les cétacés et leurs lointains ancêtres terrestres. Il aimait déjà l’eau mais il se nourrissait sur la terre ferme. Il était de plus herbivore, bousculant quelques hypothèses...

On savait déjà que les cétacés partagent un ancêtre commun avec les hippopotames.

Selon le professeur Johannes Thewissen, de l’Université de l’Ohio, l’animal en question serait l’indohyus, un petit ongulé d’un poids estimé à une dizaine de kilos, trouvés dans le Cachemire (Inde) dans des couches géologiques datées de 48 millions d’années. Moitié antilope moitié raton-laveur, l’indohyus vivait très certainement au bord de l’eau et devait passer la majeure partie de sa journée à faire trempette comme le prouve la densité élevé de ces os (beaucoup plus épais que chez les autres mammifères) caractéristique des espèces semi-aquatiques comme l’hippopotame ou le phoque.

Indohyus se rapproche des artiodactyles (caractérisés par un nombre pair de doigts), qui comprennent aujourd’hui, entre autres, les hippopotames et les ruminants. Plus précisément, le petit daim serait apparenté aux raoellidés, une famille disparue. Plusieurs détails anatomiques évoquent une ressemblance avec les actuels cétacés, comme la présence d’un épaississement osseux dans l’oreille interne (involucrum), la structure des prémolaires et l’orientation des yeux.

Les auteurs en concluent que le daim miniature se nourrissait de plantes terrestres. Ils avancent que ses habitudes aquatiques étaient une manière d’échapper à ses prédateurs terrestres. En Afrique, un petit mammifère, le chevrotain africain, a aujourd’hui la même habitude.

- Le Japon va encore tuer 1000 baleines !

Même si le Japon a décidé d’épargner les baleines à bosse sous la pression de l’Australie, il a décidé de capturer quand même un milliers de cétacés, sous le prétexte scandaleux d’études scientifiques !

Comme s’en étonne Nobutaka Machimura, cité par l’AFP, en Australie on aime bien les cétacés : « Les Australiens trouvent que les baleines sont affectueuses, ce que j’ai du mal à comprendre. Mais apparemment, ils donnent des noms à chaque baleine et le public éprouve un véritable sentiment à leur égard ». En plus de cet attachement sentimental, les Australiens apprécient également l’activité touristique centrée sur les cétacés, représentant un chiffre d’affaires non négligeable.

- Comment une guêpe peut robotiser un cafard

Tiré par ses antennes comme un chien en laisse, l’énorme cafard se laisse guider sans réaction par la petite guêpe, qui le mène à une mort certaine - et affreuse. On vient de comprendre comment elle s’y prend : à l’aide d’une injection dans le cerveau, le petit insecte transforme le gros en robot !

Une observation méticuleuse montre que la guêpe pique non pas une fois mais deux. La première attaque anesthésie légèrement la blatte, permettant à la guêpe de pratiquer la seconde injection, très précise, pile dans le cerveau (dans les ganglions céphaliques préférerait dire un biologiste). La proie devient alors totalement incapable de mouvements volontaires et ne se met en marche que lorsqu’on la tire.

Dans la revue Journal of Experimental Biology, Frederic Libersat et ses deux collègues montrent que la substance injectée bloque l’action de l’octopamine, un neuromédiateur connu pour être impliqué dans les comportements complexes.

- Des chats clonés fluorescents

Une équipe de scientifiques dirigée par le professeur Kong Il - keun, un spécialiste coréen du clonage, a réussi à donner naissance à trois chats angora aux reflets rougeoyants annonce le ministère de la science de Corée du Sud. Pour ce faire, ils ont inséré un gène codant pour une protéine rouge fluorescente (RFP) dans les cellules de la peau de la mère des trois chats. Ils ont ensuite introduit ces cellules dans des ovocytes énucléés afin de produire des chats clonés génétiquement modifiés.



La mémoire flash des chimpanzés

Voir aussi Futura-Sciences.

La capacité de mémorisation rapide -pour ne pas dire instantanée- du chimpanzé Ayumu n’a été égalée par aucun des étudiants recrutés pour la circonstance par les chercheurs. Sur un écran d’ordinateur apparaissent des chiffres, presque aussitôt cachés par des carrés blancs. Le but est de se souvenir de l’emplacement des chiffres et de toucher les carrés dans l’ordre de grandeur. La dextérité du chimpanzé est plus qu’impressionnante (voir la vidéo).


Ayumu en train de réaliser l’exercice. La règle du jeu est évidente et le film en temps réel. Chacun peut donc se mesurer au chimpanzé...

Ces expériences révèlent que le primate possède une mémoire photographique que le cerveau humain a sans doute perdu. La différence d’entraînement entre les chimpanzés et les étudiants
- plusieurs années d’un côté contre six mois de l’autre- ne permet pas d’expliquer la différence, selon les auteurs, qui publient un article dans la revue Current Biology. Matsuzawa et ses collègues soulignent que les jeunes enfants sont souvent dotés de cette mémoire photographique mais qu’ils la perdent en grandissant, sans doute au profit du langage, de l’organisation de leur pensée...

- Les macaques savent faire des additions

Là, on garde notre supériorité quand même !

Les performances mathématiques des adultes humains tiennent surtout à leur capacité de représenter des concepts numériques en utilisant des signes. Un singe est incapable de faire la différence entre 2000 et 2001 objets. Cependant, nos travaux ont montré que humains et singes peuvent manipuler mentalement des représentations de nombres pour générer des sommes approximatives de simples objets.

- Le père de la horde freudienne du temps des australopithèques ?

Le dimorphisme sexuel marqué des australopithèques robustes semble indiquer, par analogie avec les gorilles, une forte compétition entre mâles pour dominer toutes les femelles. A noter cependant que ce dimorphisme est beaucoup moins marqué chez l’homme et les bonobos qui ont une toute autre morale sexuelle...


La croissance rapide des Néandertaliens

La durée de l’apprentissage nous distinguerait aussi de Néandertal ?

Les enfants de l’homme de Néandertal grandissaient bien plus vie que les Homo sapiens.

La dentition et l’ossature crânienne du Scladina juvenile semble appartenir à un enfant de 10 à 12 ans, alors que l’examen de la dent indique un âge de 8 ans.

Cette configuration semble indiquer un état intermédiaire entre les premiers représentants de notre genre (Homo erectus) et les humains contemporains, semblant suggérer qu’un développement exceptionnellement lent, comparé à d’autres animaux, et une longue période d’enfance soient une caractéristique récente de notre espèce.

Cela suggère une corrélation avec d’autres aspects du développement physique, impliquant des différences significatives dans le comportement ou même l’organisation sociale de ces humains antiques.

- Neandertal mort de froid ?

Hypothèse déjà évoquée dans Pour la Science mais un peu étonnante quand même car Neandertal a vécu pendant les périodes glaciaires mais il n’aurait pas résisté à un refroidissement extrême et soudain (la phase extrême de glaciation, phase qui a culminé il y a 20 000 ans). Homo sapiens, lui, aurait survécu grâce à ses vêtements, à ses techniques de couture et donc grâce aux couturières... (il y aurait eu une division du travail chez homo sapiens contrairement aux néandertaliens entre femmes au foyer et chasseurs). Notre plus grande frilosité est un bel exemple d’une fragilité qui est devenue une force.

L’avantage compétitif acquis par Homo sapiens, reposait principalement sur la maîtrise des outils et des techniques de couture. Cette habilité à fabriquer des vêtements leur a permis de s’adapter rapidement aux brusques changements de températures ayant précédé le maximum glaciaire puis à se vêtir de plusieurs épaisseurs (y compris des sous-vêtements) lorsque les températures chutèrent réellement. Il faut dire que plus sensible au froid Homo sapiens avait déjà commencé à développer des outils de couture depuis fort longtemps pour faire face au léger refroidissement de l’Afrique ayant précédé la période glaciaire.

Neandertal, plus résistant, se contentait lui de simples peaux servant de couverture et n’a pas eu le temps d’apprendre à fabriquer des vêtements plus chauds même si les paléontologues ont retrouvé, en France notamment, quelques instruments de couture néandertaliens mais l’acquisition de ces techniques a été trop tardive pour permettre la survie de l’espèce.


Accélération de l’évolution génétique chez les hommes modernes

Contrairement à ce qu’on croyait, l’évolution génétique n’a pas été ralentie chez l’homme, relayée par l’évolution culturelle, mais au contraire très accélérée par rapport aux autres espèces (soit à cause des virus, à mesure qu’on est plus nombreux, soit à cause de la nourriture ou de l’élévation des normes sociales) ! Il est donc faux de prétendre qu’il n’y a pas de différences entre l’homme de cro-magnon et nous.

La sélection positive durant les seules 5.000 dernières années est intervenue à un rythme d’environ 100 fois supérieur à n’importe quelle autre période de l’évolution humaine. Un nombre important d’ajustements génétiques est intervenu à l’occasion des changements dans l’alimentation du fait de l’avènement de l’agriculture et du développement de la résistance aux maladies épidémiques, qui devinrent des causes majeures de décès suite au fort accroissement des populations humaines.

Il apparaît ainsi, à partir d’une période qui commença il y a 10.000 ans, que le fait d’appartenir à des groupes de plus en plus importants et d’être installé en des endroits fixes, entraîna, sous l’effet de maladies épidémiques telles que la malaria, la variole et le choléra, une modification de la structure des causes de mortalité.

« Nous sommes plus différents génétiquement des individus qui vivaient il y a 5.000 ans de cela qu’ils ne l’étaient des hommes de Néanderthal. »

Au nombre des découvertes, les chercheurs notent des changements au niveau du squelette qui montrent clairement que les hommes sont plus petits, ainsi que leurs cerveaux et leurs dents. Le fait que la taille et la force ne soient pas des clés de la survie est généralement considéré comme un signe de sélection assouplie.


Une variabilité humaine stupéfiante

Pour le magazine Science, la découverte des « variations génétiques chez l’homme » représente l’avancée scientifique de l’année.

En 2007, les chercheurs ont été stupéfaits de voir à quel point le génome différait entre les hommes et ils ont commencé à comprendre le rôle joué par ces variations dans les maladies et les caractéristiques de chacun.

Santé


génétique, traitements, nutrition, hygiène


- Les gènes du vieillissement

Les durées de vie d’animaux parfois très proches peuvent être très différentes. En comparant l’expression des gènes dans différents tissus, il a été possible de comprendre certains processus de vieillissement, toutes les parties du corps ne vieillissant pas au même rythme. Le seul point commun, qui semble incontournable, c’est la réduction de l’expression des gènes liés à la production d’énergie par les mitochondries et l’augmentation des inflammations, c’est donc sur ces points qu’il faut essayer d’agir.

Les scientifiques ont comparé les changements de l’expression des gènes liés à l’âge chez la souris, l’homme, les mouches, les vers pour essayer de repérer les réseaux biochimiques fondamentaux impliqués dans le vieillissement. Les résultats sont présentés sur cette image. Chaque ligne correspond à un gène, tandis que chaque colonne correspond à un type de tissu. En bleu, ceux qui ont diminué en même temps dans différents tissus d’animaux, alors que ceux qui sont indiqués en jaune-vert ont augmenté. La ligne supérieure montre les gènes impliqués dans la production d’énergie ; ces gènes ont été les seuls ayant montré une diminution dans toutes les espèces étudiées.

L’un des principaux enseignements de ce travail est que, pour comprendre le vieillissement, nous devons penser non en termes de gènes individuels, mais de réseaux de gènes et les systèmes de différents organes.

Les résultats, publiés cette semaine dans la revue PLoS Genetics, confirment le rôle des deux processus considérés comme principaux contributeurs au vieillissement : le ralentissement du métabolisme et l’augmentation de l’inflammation.

- L’Alzheimer liée à la surdité ?
Le Parisien 04.12

L’Alzheimer étant considéré comme un diabète (de type 3) et le diabète de type 2 ayant une origine inflammatoire, la surdité pourrait être elle-même causée par l’inflammation ?

Dans une étude menée sur 319 patients qui vient d’être publiée dans la Revue de gériatrie, des chercheurs français, réunis dans le Groupe de recherche Alzheimer presbyacousie, démontrent qu’il existe un lien sans conteste entre la perte de l’ouïe et cette pathologie. 72 % des malades d’Alzheimer sont sourds.

Nous avons constaté que le nombre de malentendants chez les malades d’Alzheimer est 2,5 fois plus important que chez les autres personnes du même âge.

Lorsqu’on est sourd, la zone du cerveau concernée ne travaille plus. C’est la raison pour laquelle tout le monde devrait s’appareiller dès les premiers signes de perte de l’audition.

- Alzheimer : les essais du vaccin ont repris
Prima janvier 2008

Prima rappelle qu’un essai « prometteur » d’un vaccin contre Alzheimer, consistant à « injecter aux malades des protéines induisant la fabrication d’anticorps contre les plaques séniles », « avait dû être arrêté pour cause d’effets indésirables (encéphalites) ».

Récemment, plusieurs laboratoires (Wyeth, MSD, Novartis) ont repris les travaux. Deux pistes sont explorées : celle de l’immunisation active toujours (mais avec une protéine mieux ciblée), et celle de l’immunisation passive qui vise à injecter directement les anticorps.

- L’odeur d’oeufs pourris, hibernation et longévité

Très étonnant, ressemble à une mauvaise blague !

Il y a quelques années, les biologistes ont découvert qu’un ajout d’une faible quantité de sulfure d’hydrogène dans l’air respiré par des souris les plongeait rapidement dans un état d’hibernation réversible. Aujourd’hui, d’autres chercheurs constatent que le temps de vie de certains vers est augmenté grâce à lui. Des résultats qui pourraient avoir des applications chez l’homme.

Les chercheurs pensent maintenant que le H2S interviendrait dans la régulation de l’activité du gène appelé SIR-2.1 dont on sait qu’il peut influencer la longévité de nombreux autres organismes.

- Détecter la mollesse des métastases...

Je suis un peu dubitatif mais le fait que les cellules cancéreuses les plus agressives soient les plus molles (ce qui leur donne un avantage dans la prolifération au milieu des autres cellules), devrait permettre de les repérer grâce à un microscope à force atomique...


- Les risques de l’alcool plus élevés que ses vertus

Un rapport de l’Institut National du Cancer souligne le risque même de petites quantités d’alcool (ou de vin) dans les risques de cancer, notamment le sein et le côlon. Pour le vin, c’est un peu contestable car statistiquement le vin semble avoir une part dans le French paradox du régime du Sud-Ouest, à condition de rester dans la modération sans doute. On le sait, il n’y a pas de remède ou de poison, tout est dans la dose et l’état de la personne ! Il est intéressant, en tout cas, de comprendre le mécanisme cancérigène de l’alcool.

La consommation de boissons alcoolisées est la deuxième cause de mortalité évitable par cancer après le tabac.

Les études récentes montrent également une association entre la consommation d’alcool et le risque de cancer colorectal dans les deux sexes et le risque de cancer du sein chez la femme. Pour le cancer du sein, le risque croît de 10 % lorsque la consommation moyenne d’alcool par jour augmente de 10 g (un verre).

La relation entre consommation de boissons alcoolisées et risque de cancer est étayée par des mécanismes biologiques plausibles. Des mécanismes sont communs aux différents types de cancers : l’alcool est transformé dans l’organisme en acétaldéhyde, qui est cancérogène ; la consommation d’alcool induit des carences nutritionnelles. D’autres mécanismes sont spécifiques des localisations considérées : irritation des muqueuses (VADS), rôle de solvant à l’égard des substances cancérogènes du tabac (larynx), réactions inflammatoires (foie), interférence avec le métabolisme des folates (côlon-rectum), perturbation des régulations hormonales (sein).

- Une protéine manquante pourrait expliquer l’autisme

Très différent du modèle du mois de novembre mais peut s’appliquer à d’autres formes d’autisme.

Des synapses mal formées pourraient conduire à un développement incorrect du cerveau et au retard mental. Depuis plusieurs années déjà, il a été noté que des mutations dans les gènes encodant certaines protéines synaptiques étaient associées à l’autisme.

Li-Huei Tsai, professeur en Neurosciences au MIT (Massachusetts Institute of Technology) porte son attention sur une enzyme (une kinase) appelée Cdk5, dont le rôle principal est d’aider les neurones à migrer vers leur emplacement final durant le développement du cerveau. Selon Tsai, cette étape est primordiale pour aboutir à un fonctionnement normal de nos capacités cognitives et mentales.

"En l’absence de Cdk5, la protéine CASK ne se trouve pas au bon endroit et au bon moment pour interagir avec les composants présynaptiques essentiels. Il en résulte alors un dérèglement de l’afflux de calcium" déclare Tsai, soulignant que ce calcium est indispensable non seulement au cours du développement du système nerveux central, mais aussi dans la plasticité de notre cerveau, c’est-à-dire sa capacité à modifier son comportement en réponse aux expériences. Autrement dit sa faculté d’apprentissage.

Les mutations génétiques ainsi que les altérations de la surface des protéines et molécules synaptiques ont été également associées à l’autisme. Les dysfonctionnements étudiés dans le laboratoire de Li-Huei Tsai conduisent à ce même genre d’altération. L’étude du MIT fournit aussi la première description précise du processus au cours duquel Cdk5 - qui joue aussi un rôle important dans l’apparition de maladies neurodégénératives comme celle d’Alzheimer - organise le développement des synapses.

- Un nouveau vaccin prometteur contre le sida ?

- Les probiotiques clés pour la santé

- Un nanovoltmètre révèle la complexité des champs électriques dans la cellule

De quoi réévaluer l’impact des ondes électro-magnétiques sur les cellules...

Avec ses 30 nanomètres de diamètre, ce minuscule appareil de mesure se glisse à l’intérieur d’une cellule vivante. Il s’allume en vert ou en rouge selon l’intensité du champ électrique qui l’entoure. A peine inventé, cet étonnant voltmètre a déjà fourni des informations inédites sur les cellules.

Ses petites sphères réparties à l’intérieur de la cellule lui ont envoyé des signaux verts et rouges en très grand nombre, dessinant des champs électriques pas du tout homogènes et particulièrement intenses : « jusqu’à 15 millions de volts par mètre » rapporte Raoul Kopelman. Par exemple, expliquent les chercheurs dans l’article publié par le Biophysical Journal, « les résultats indiquent que les champs électriques émanant de la surface des mitochondries pénètrent beaucoup plus profondément qu’on ne le pensait dans le cytoplasme » et concluent que ce dernier « ne peut pas être décrit comme une simple solution homogène mais plutôt comme un milieu complexe, hétérogène, comprenant des micro-domaines ».

On conçoit facilement que ces champs électriques, structurés en trois dimensions, puissent intervenir sur les délicats rouages de la mécanique chimique se déroulant à l’intérieur d’une cellule.

- Power-Plate® Personal

Il paraît que tout le monde en parle mais je ne connaissais pas encore ! Pour 2500€ (minimum) cette plaque vibrante fait travailler tous les muscles sans effort... Il semble que ce soit vraiment efficace et donc utile contre le surpoids, etc. (il y a quand même d’autres marques moins chères). Bien sûr, il vaut mieux faire de l’exercice mais les sportifs utilisent ces machines pour se muscler !


- Un siège vibrant pour travailler à l’ordinateur

"Afin de réduire la charge statique sur les disques intervertébraux quand on est depuis longtemps assis, le siège de ce prototype est animé de mouvements ondulatoires continus".


Technologie


biotechnologies, énergie, nanotechnologies, robotique, informatique


Transformer le CO2 en carburant avec le solaire

L’idée est très intéressante à plus d’un titre, peut-être une grande nouvelle puisque c’est une façon de recycler le CO2, en le transformant en monoxyde de carbone et finalement en méthane (voir en fuel), ce qui permet en même temps de stocker l’énergie solaire. Reste à tester l’efficacité du système.

Avec Jim E. Miller et Nathan Siegel, Rich Diver a mis au point une machine baptisée Counter Rotating Ring Receiver Reactor Recuperator (à peu près intraduisible), et que l’équipe préfère appeler CR5. Elle fonctionne couplée à un four solaire, vaste structure de miroirs concentrant les rayons du Soleil pour transformer directement leur énergie en chaleur, comme dans le projet français Themis. Le CR5 peut alors servir à effectuer la thermolyse de l’eau, c’est-à-dire sa décomposition en oxygène et en hydrogène, lequel est utilisable ensuite dans un moteur.

Il explique avoir réalisé pendant sa conception que son appareil pouvait aussi réduire (au sens chimique du terme) le dioxyde de carbone (CO2) en monoxyde de carbone (CO). Chimiquement très actif, celui-ci peut ensuite être facilement recombiné en de multiples molécules, comme le méthanol ou des chaînes carbonées, pouvant faire office de biocarburants. Brûlés dans les moteurs classiques, ces composés redonneront du dioxyde de carbone, et le cycle recommencera.

- Des éoliennes rabattables

Récompensé par un des « prix de l’ingénieur » décerné par le Conseil national des ingénieurs et des scientifiques de France (CNISF), avec deux magazines, L’Usine Nouvelle et Industrie et Technologies.

Marc Vergnet a depuis longtemps monté une entreprise d’éoliennes. Travaillant beaucoup en Afrique, cet ingénieur a mis au point des modèles capables de résister aux cyclones, avec une idée simple, du moins sur le papier : permettre de rabattre le mât en cas de vents trop élevés. De plus, tenues au sol par des haubans, ses éoliennes sont bien plus légères et moins coûteuses à construire. Plusieurs versions ont été imaginées, la plus puissante, qui sera bientôt finalisée, produit 1 mégawatt. Voilà comment l’éolien peut conquérir des régions tropicales où, paradoxalement, il était exclus pour cause de vents trop violents...

- Tindo : le bus électrico-photovoltaïque

Tindo (mot aborigène pour désigner le soleil) est un vrai bus, pouvant embarquer 45 passagers dont 2 en fauteuils roulants. Il a été conçu par Designline international, concepteur néo-zélandais, ayant utilisé pour l’occasion une base de la marque Man et des composants Siemens. L’engin aurait une autonomie de 200 km pour une vitesse de 76 km/h. Une minute de recharge permet d’acquérir une autonomie d’un kilomètre.

- La mobilité soutenable (?)

Des petites voitures de ville personnelles (plutôt pour personnes âgées ?).

Tokyo 2007 : Suzuki Sustainable Mobility (PiXY + SSC).

- Voiture futuriste consommant 0,78 lites aux 100km

Résultat d’un projet industriel de plusieurs années, la Typ-1, du constructeur californien Aptera, sera commercialisée à la fin de 2008 en version électrique (Typ-1 e) et l’année suivante avec un moteur hybride, électrique et essence (Typ-1 h).

L’engin californien futuriste, vendu un peu moins de 30.000 dollars (soit environ 20.000 euros), restera sans doute un bel objet, confiné sur un marché marginal.

- Une nouvelle piste pour le stockage de l’hydrogène dans les voitures

Le matériau, le borohydrure de lithium, qui contient 18% d’hydrogène, est un bon candidat pour les systèmes de stockage d’hydrogène. Son défaut principal est qu’il libère son hydrogène seulement à des températures relativement élevées (au-dessus de 300 °C). L’équipe scientifique à l’ESRF a trouvé une nouvelle forme de ce composé qui pourrait peut-être libérer l’hydrogène à des températures plus douces.

- Des batteries à nanofils de silicium durant 10 fois plus longtemps

Les annonces sur les batteries se multiplient. Cette fois ce sont des nanofils de silicium qui allongeraient la durée des batteries près de 10 fois !

Une autonomie de 20 heures au lieu de 2 pour les ordinateurs portables, c’est ce qui devrait être possible dans un avenir proche grâce à une découverte faite par des chercheurs de l’Université Stanford. Ils ont en effet multiplié par 10 la capacité de batteries au lithium en utilisant des nanofils.

« Il ne s’agit pas d’une petite amélioration. C’est un développement révolutionnaire ».

Pour arriver à multiplier par 10 les performances des batteries au lithium, il a fallu mobiliser la nanotechnologie en employant des nanofils de silicium.


Des nanos code-barres

Une alternance de nano-disques soit en or, soit en nickel permettrait de doter les objets ou les personnes de nano codes binaires...

- Des virus pour fabriquer des nanotubes

"Nos recherches sur l’utilisation de nanoparticules biologiques comme modèles pour fabriquer des nanofils est un nouveau concept tirant parti des caractéristiques structurelles d’un virus. Jusqu’à présent, peu d’études ont signalé l’utilisation des capacités d’auto-assemblage intrinsèque des particules biologiques. Le concept clé derrière notre étude du modèle de polymèrisation de nanotubes grâce au TMV (Virus de la Mosaïque du Tabac) est de tirer parti du processus d’auto-assemblage du virus lui-même".

Cette synthèse révèle un moyen unique de produire des matériaux composites fibrillaires à morphologie contrôlée avec une grande efficacité, ce qui peut favoriser de nombreuses applications potentielles, notamment l’électronique, l’optique, les capteurs et l’ingénierie biomédicale".

- Des bactérie pour fabriquer des nanotubes semi-conducteurs

Une équipe internationale a fait une découverte extraordinaire : des bactéries sont capables de synthétiser des nanotubes semi-conducteurs. Cette découverte pourrait aider à la création d’une nouvelle génération de dispositifs nanoélectroniques.

Ceux-ci se comportent comme s’il s’agissait de nanotubes de métal avec des propriétés électriques et photoconductrices. Autant dire que ces étranges structures biologiques ont potentiellement un bel avenir dans la prochaine génération de dispositifs en nanoélectronique et optronique. De plus, cette voie de synthèse nécessite moins d’énergie et ne laisse pas des résidus chimiques toxiques comme c’est malheureusement le cas pour la fabrication de nombreux dispositifs électroniques plus classiques, pour les ordinateurs ou les cellules solaires par exemple. Une électronique plus écologique et moins coûteuse pourrait donc voir le jour à terme

- Le semi-conducteur au graphène fait mieux que le silicium

En utilisant une double couche de graphène, une équipe internationale de chercheurs a obtenu un semi-conducteur aux performances modulables. En perspective, rien de moins qu’une nouvelle électronique.

Le graphène est un matériau aux propriétés fascinantes qui constitue le graphite sous forme de feuillets d’atomes de carbone organisés en une seule couche d’épaisseur monoatomique. Il a fait l’objet de beaucoup d’études en raison de son potentiel pour la nanoélectronique.

Avec une double couche de graphène, Antonio Castro Neto de l’Université de Boston et ses collègues espagnols, portugais et britanniques ont réussi à réaliser un semi-conducteur dont le gap est modulable sous l’action d’une différence de potentiel.

Avec ce type de dispositif, on peut penser que vont émerger non seulement des transistors aux propriétés aisément modulables mais aussi des lasers à semi-conducteurs de grande précision, finement réglables à une longueur d’onde désirée. Il semble de plus en plus probable qu’à l’avenir, le graphène remplacera le silicium.

- La fin des disques durs ?

Les mémoires flash à base de circuits imprimés, plus sûrs et plus silencieux, devraient remplacer petit à petit les disques durs dans les ordinateurs.

Il y a bien d’autres projets comme la ReRam de Fujitsu

La mémoire vive (la SDRam de nos ordinateurs) attend elle aussi sa remplaçante, dont on espère qu’elle sera non volatile, pour éviter la séquence de redémarrage. La mémoire Flash, trop lente et trop chère, ne peut jouer ce rôle. La ReRam ne semble pas actuellement en position de le faire. Mais d’autres candidats sont sur les rangs, ou plutôt sur les paillasses des laboratoires, depuis la mémoire magnétique (MRam) jusqu’à la mémoire mécanique en passant par l’utilisation des molécules ou des inévitables nanotubes de carbone.

- Conversion de lumière en son

La figure ci-dessus décrit la façon dont les données peuvent passer de la lumière au son et vice versa. "Stockage des données optiques sous forme de perturbations acoustiques dans une fibre optique et leur récupération après un intervalle de temps contrôlable".

- Un supraconducteur à « haute-température » pour des ondes terahertz

Les ondes T sont très pratiques et moins dangereuses que les rayons X pour voir à travers les vêtements par exemple, mais difficiles à produire du moins en taille réduite. Un progrès en ce sens nous promet l’invasion de ces nouvelles ondes dans la communication. Pour l’instant c’est surtout au niveau de la supraconduction nécessaire que la performance est remarquable mais si on parle de « haute-température », c’est par rapport au zéro absolu car il faut quand même descendre à 50° Kelvin ! Ce qui serait pourtant une température déjà assez facilement utilisée dans des systèmes lasers entre autres, bien plus accessible en tout cas que devoir s’approcher du zéro absolu de quelques degrés seulement...

- La police autorisée à pénétrer nos données grâce à des virus ?

Le projet sera inclus dans la deuxième mouture de la loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (appelée lopsi 2). Concrètement, la police pourrait envoyer des e-mails piégés au suspect, entreprise ou particulier, provoquant l’installation d’un mouchard dans l’ordinateur.


- Les mini-jeux, jeux de l’avenir ?

Ce ne sont peut-être pas les jeux les plus clinquants et les plus populaires aujourd’hui qui seront les plus importants à l’avenir :

La plateforme importante, c’est le net (ce qui signifie n’importe quel appareil).
Le public important est celui des non-joueurs.
L’élément important, ce sont les autres participants.
La technologie importante, c’est la connectivité.
Le jeu important, c’est le mini-jeu.

Au terme d’une chute boursière, Warner Music Group arrête les DRM

Après avoir perdu 75 % de sa valeur boursière sur toute l’année 2007, Warner Music Group sort enfin la carte qui pourrait lui permettre de renouer avec les bénéfices.

C’est bien le signe que la gratuité numérique et la reproduction s’imposent sur les réseaux, qu’on le veuille on non. Après, il reste à déterminer si la pure gratuité ou la publicité l’emporteront à la fin...


Wikia Search

Plutôt que critiquer Google (ses manipulations, les données qu’il engrange, etc.), il faut offrir une solution alternative : ce sera Wikia Search, à partir du 7 janvier ! (l’ancien nom était Wikiasari). Le seul lien avec Wikipédia, c’est son fondateur, Jimmy Wales, mais il s’agit bien d’entités séparés et de projets distincts.

Ce moteur de recherche a pour but de transposer la philosophie "wikipedienne" dans une sorte de Google participatif. Plutôt que de déterminer seul l’ordre dans lequel présenter les résultats de recherche, le portail de Wikia, filiale commerciale de Wikipedia, laisserait au contraire les internautes modifier les algorithmes liés à une réponse.

Jimmy Wales, cofondateur de Wikipedia, y voit à la fois le moyen de fournir un service moins opaque que Google ou Yahoo, mais aussi une manière de mieux écarter la pollution dans les résultats de recherche.

- Firefox aussi se met aux données en ligne avec Weave

Après la sortie de la version 3 de son navigateur, la fondation Mozilla, vedette du logiciel libre, ambitionne de s’installer aux côtés de Google et de Microsoft sur le secteur des services en ligne.

Ce service en ligne est baptisé Weave, c’est-à-dire tissu ou trame, et se présente donc comme une toile personnelle. Outre les adresses favorites (appelées marque-pages dans Firefox) et les réglages, Weave permet aussi d’enregistrer sur les serveurs de Mozilla l’historique des navigations et, dans une version ultérieure, les mots de passe.

Google et Microsoft proposent déjà ce genre de services. La fondation Mozilla se lance donc sur un marché où la concurrence est bien installée. Mais cet éditeur de logiciels libres entend manifestement étendre à l’avenir son offre en ligne. La formule, en effet, évoluera en 2008 avec l’édition d’API (Application Programming Interface), à destination des développeurs indépendants, qui permettront d’ajouter des services en ligne pour les utilisateurs de Firefox.

- Knol pour concurrencer Wikipédia

Le succès de Wikia search n’a rien de certain et pendant ce temps là Google tente de concurrencer Wikipédia...

Google teste actuellement Knol, un nouveau service Internet gratuit, destiné à permettre à quiconque s’estimant expert sur un sujet d’écrire un article de référence dessus. C’est en fait un outil de création de page assez semblable à ce que l’on peut trouver sur Wikipedia avec quelques différences significatives cependant.

L’auteur d’un article, identifié clairement, sera mis en valeur par son article et restera responsable de ses écrits. Il pourra exprimer son opinion sans risque de la voir dénaturée par d’autres comme cela peut exister sur Wikipedia. Les internautes auront la possibilité de commenter l’article et même d’y contribuer sous réserve d’en recevoir l’autorisation de l’auteur. Le modèle économique sera également très différent puisque, contrairement à Wikipedia qui se refuse à introduire toute publicité sur ses pages, Knol permettra aux auteurs qui le désirent d’intégrer des modules Adsense et d’en partager ainsi les revenus avec Google.


Google lance la localisation sur téléphone GSM

Pour avoir, à l’insu des opérateurs, enregistré la position des antennes de la téléphonie mobile, Google peut proposer un service de localisation, proche du GPS, utilisable sur des téléphones capables de se connecter à Internet.

Appuyez sur le «  » et une carte s’affiche sur l’écran, avec un point bleu au milieu : voilà où vous êtes. Cette fonction baptisée My location sera accessible dans plusieurs pays, dont la plus grande partie de l’Europe (France comprise) et les Etats-Unis. Les cartes affichées à l’écran sont celles de Google Maps et la localisation se limite à la cellule dans laquelle se trouve le téléphone. La précision est donc bien inférieure à celle du GPS. Elle sera au mieux de 500 mètres mais le plus souvent de cinq kilomètres et parfois plus dans les zones mal couvertes.

Voir vidéo.


- La riposte de Microsoft

Attaqué sur son terrain, Microsoft tente de concurrencer Google sur le sien en investissant dans Multimap, un leader de la cartographie en ligne.

- Un téléphone capable de traduction simultanée

Nec vient de présenter un logiciel fonctionnant sur un téléphone mobile et capable de traduire des phrases du japonais vers l’anglais. L’engin n’est pas encore au point mais la technique progresse...

Le locuteur japonais enclenche la reconnaissance de la parole et prononce une courte phrase. Celle-ci apparaît sur l’écran de son mobile après une seconde. Si la transcription est correcte, la personne peut démarrer la traduction, qui prend elle aussi une seconde. La phrase en anglais apparaît sur l’écran.

- Lecture instantanée en braille

Récompensé par un des "prix de l’ingénieur" décerné par le Conseil national des ingénieurs et des scientifiques de France (CNISF), avec deux magazines, L’Usine Nouvelle et Industrie et Technologies.

Ce petit boîtier de 100 grammes fonctionnant sur piles traduit n’importe quel texte en braille et peut aussi lire les caractères à haute voix par une synthèse vocale.

- Le premier PDA à écran enroulable

Basé sur une technologie TFT (Thin Film Transistor), l’écran de 5 pouces (13 cm) est composé de polymères, sur le principe de l’encre électronique, et ne fonctionne qu’en noir et blanc. Sa souplesse l’affranchit des contraintes imposées par les afficheurs en verre et il est ainsi plus grand que l’appareil lui-même. L’excellent contraste de son image en mode QVGA (320 x 240 pixels) et l’absence de rétro-éclairage lui confère une autonomie de 10 jours sans recharge des batteries.

La lecture des fichiers PDF se révèle au moins aussi confortable que sur la plupart des eBooks traditionnels (qui n’ont jamais réussi à s’imposer), et le Readius propose aussi tous les avantages des téléphones mobiles de dernière génération, à savoir réception d’eMails, de flux RSS, le tout au travers d’une connexion USB et réseau 3G. En outre, l’encombrement de l’appareil lui-même, de 100 mm x 55,6 mm x 21 mm pour un poids de 150 grammes, le rend aussi maniable qu’un téléphone portable classique.

- Début des tests du Wi-Fi dans les TGV Est

La SNCF a débuté voici une dizaine de jours son expérimentation Wi-Fi sur les TGV Est. Cette expérimentation doit se poursuivre pendant une durée de 6 mois.

Surfer sans fil dans les trains n’est pas nouveau, grâce aux clés 3G proposés par certains opérateurs téléphonique. La SNCF aurait-elle un train de retard ? D’autant plus que NS, une compagnie ferroviaire hollandaise, a décidé d’interrompre ses expérimentations de l’accès à Internet sans fil à bord de ses trains. En effet, NS a conclu que le service leur coûtait trop cher et le modèle économique (basé sur la publicité) ne suffirait pas.

- Un T-shirt détecteur de WiFi !

Le T-shirt s’allume quand il détecte des ondes WiFi... De quoi trouver où se brancher sur un hot spot ! Il y a une petite batterie dans une poche (qui se retire pour laver le t-shirt) et cela coûte 30$.

- Sac à dos solaire

Le sac à dos Voltaïc est équipé de panneaux solaires afin de pouvoir recharger tous les appareils électriques "agonisants", c’est-à-dire n’ayant plus de batterie. Téléphone, PDA, lecteur MP3, baladeur multimédia ne vous laisseront plus jamais tomber par temps ensoleillé. Il est livré avec un jeu complet d’adaptateurs : 3 adaptateurs pour téléphones mobiles, 7 adaptateurs universels pour alimentation secteur, une prise adaptateur allume-cigare et un chargeur (110/240V) pour recharger sa batterie sur le secteur (235€).

- Minichargeur solaire

Ce chargeur n’est pas plus grand qu’un paquet de cigarettes et vous permettra, pour quelques dizaines d’euros de plus, de recharger bon nombre de téléphones mobiles à l’aide de son panneau solaire. Cet appareil s’offre même le luxe d’intégrer une mini lampe de poche, ainsi qu’un détecteur de billets. Enfin, il vous permettra de recharger toutes sortes de petits appareils électroniques tels que MP3, PDA... grâce à son jeu d’adapteurs (45€).

- Identifier planètes et constellations avec un GPS

Il suffit de pointer l’appareil en direction du ciel pour voir apparaître l’image et le nom de la constellation visée. Basé sur un GPS, ce petit appareil de MySky qui peut être couplé avec un véritable téléscope coûte quand même 400$ !


Jouer avec une webcam

Il y a peut-être mieux et plus simple que la Wii pour jouer : une webcam qui interprète les mouvements du joueur. C’est une technique qui pourrait être généralisée comme interface avec l’ordinateur.

Dédiée au jeu, la caméra pourrait s’adapter à de nombreuses autres applications expliquent ses promoteurs, comme la sécurité ou la vidéoconférence. Elle devrait être commercialisée dans le courant de l’année 2008, entre 50 et 100 dollars.

- Un dinosaure robot pour 350$

Ce robot jouet relativement évolué (interagit émotionnellement et capable d’apprendre) commercialisé par Pléo pour 350$ pourrait être une vedette des fêtes de Noël.

- Des robots qui se coordonnent

Les videos sont amusantes même si on a toujours l’impression que ces robots ont fait dans leur froc et qu’ils restent très chers (loué 170 000$ par an) !

Pour la première fois, des robots “de compagnie” humanoïdes et destinés au grand public sont capables de se regrouper en communauté. Honda vient en effet d’intégrer cette nouveauté dans la dernière version d’Asimo, son robot bipède qui n’avait pas été mis à jour depuis 2005. Plusieurs Asimos, reliés entre eux par une connexion Wi-Fi peuvent désormais se coordonner pour réaliser leurs tâches. Ainsi, si un robot doit arrêter d’effectuer une mission pour aller recharger ses batteries (ce qu’il peut maintenant faire par lui même), un autre prendra automatiquement sa place. De même, s’il faut accomplir une action dans un lieu précis, c’est l’Asimo le plus proche de cette destination qui se mettra automatiquement en route.

- Un robot qui joint le geste à la parole !

Des chercheurs de l’institut national des technologies de l’information et de la communication japonais (NICT) viennent d’annoncer avoir mis au point le premier prototype de robot humanoïde autonome sachant réellement allier le geste à la parole pour s’exprimer de façon intelligible et rationnelle. "Nous avons réussi à mettre au point un robot humanoïde capable de prononcer des mots en les accompagnant de gestes idoines, lesquels sont indispensables pour bien faire passer un message à un interlocuteur".


- L’avenir de la sexualité ?

NooScaphe - X, Machine d’Immersion Cybersexuelle !

- Luna Gaïa, base lunaire 2020

On peut voir une présentation de cette future base lunaire.

copyleft


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23 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 janvier 2008 12:15

    Merci Jean pour ce travail impressionnant, qui va m’économiser le prix de la Recherche, revue que je lisais dans le temps. Et Pour la Science

    Je note que la tendance est plus à la techno-science qu’à la recherche fondamentale. Peu de débats théoriques.


    • anvil mac lipton anvil mac lipton 3 janvier 2008 12:29

      Encore une fois, je pense que lorsqu’il s’agit du contenu d’articles parus dans la presse écrite, c’est un mauvais procédé que de les reprendre sans vrai recul derrière, sans une analyse.
      Ici, on se demande bien quel est le but de l’article. A mon avis, un découpage en plusieurs articles, mojns longs, plus homgènes, et ayant un seul sujet, aurait été une meilleure idée.

      Lecteur régulier de Pour la Science, et occasionnel de La Recherche, j’ai décroché au bout de quelques pages. Bref, je ne trouve pas que cet article apporte quelquechose, et c’est bien plus dû à sa forme qu’à son fond, et au procédé qu’au contenu.


      • Gandalf Tzecoatl 3 janvier 2008 12:55

        « Neandertal, plus résistant, se contentait lui de simples peaux servant de couverture et n’a pas eu le temps d’apprendre à fabriquer des vêtements plus chauds même si les paléontologues ont retrouvé, en France notamment, quelques instruments de couture néandertaliens mais l’acquisition de ces techniques a été trop tardive pour permettre la survie de l’espèce. »

        Comme quoi, la théorie de l’évolution n’est pas la loi du plus fort. D’une faiblesse, on peut la tranformer en force. Elle n’est pas non plus synonyme de loi du plus intelligent.

        « Le matériau, le borohydrure de lithium, qui contient 18% d’hydrogène, est un bon candidat pour les systèmes de stockage d’hydrogène. Son défaut principal est qu’il libère son hydrogène seulement à des températures relativement élevées (au-dessus de 300 °C). L’équipe scientifique à l’ESRF a trouvé une nouvelle forme de ce composé qui pourrait peut-être libérer l’hydrogène à des températures plus douces. » Dans le science et Vie de Décembre 2007, ce problème est résolu par une autre molécule à température ambiente.

        Un micro-onde hydrogénant alimentant un tel réservoir, et c’est dans la poche !

        Bonne année Jean Zin !


        • Gandalf Tzecoatl 3 janvier 2008 17:23

          Pour ma part, j’ai été frustré de ne pas y trouver la nouvelle théorie du tout du physico-surfeur, et d’une analyse complète de la faille entrevue (irrespect de Mandula).

          Mais en tant que ziniste constant, afoiravox y pourfoiera, ch’est chur ! smiley


        • aglutiné (---.---.202.24) 4 janvier 2008 05:58

          Pourquoi dire que d’une faiblesse on fait une force et que ça remet la théorie de la sélection naturelle en cause ? C’est une interprétation fausse selon moi. Le fait de pouvoir créer des habits est une force plus importante que de résister naturellement au froid, c’est tout. C’est bien le plus fort qui a gagné, comme d’habitude. Ce n’est pas parce qu’une force à un moment donné n’est pas adaptée dans un nouveau contexte que ce n’est pas les plus forts qui gagnent. Je crois que notre exemple confirme bien au contraire cette bonne vieille théorie.


        • Jean Zin Jean Zin 4 janvier 2008 07:50

          La théorie de la sélection naturelle n’est bien sûr pas remise en cause mais cela n’empêche pas que ce n’est pas le plus fort qui gagne, seulement le plus adapté, et encore... Très souvent ce sont les petits qui s’en sortent le mieux et passent à travers les mailles du filet. La faiblesse peut être effectivement une force comme une espérance de vie plus courte peut donner une vie plus longue à l’espèce car la sélection n’est pas individuelle et elle doit intégrer le long terme (un prédateur trop efficace peut se trouver trop vite à court de proies). Dans le cas de Néandertal on ne peut même pas dire que c’est le plus intelligent qui gagne car son cerveau était plus gros que le nôtre. La discussion de ce sujet serait trop longue mais il est certain qu’il n’y a pas une course aux plus forts (on n’aurait que des monstres) et qu’une inadaptation partielle aux conditions du moment peut se révéler une meilleure adaptation à des conditions changeantes. De nombreuses mythologie, comme le Popol Vuh, montrent la supériorité de la collaboration humaine contre des géants, par exemple. La théorie de Darwin a été historiquement contaminée par l’idéologie du capitalisme naissant (Malthus, Spencer) mais elle s’en distingue nettement, ce que beaucoup ne semblent pas savoir encore, ne se réduisant absolument pas à la rivalité des mâles dans un certain nombre d’espèces mais intégrant la protection des plus faibles (l’homme nu ne survit pas seul dans la nature). C’est comme les théories de l’auto-organisation qui se réduisent au laisser-faire libéral. L’idéologie est toujours une fausse science, un dogmatisme aux conclusions précipitées à partir de faits mal compris et d’intérêts trop bien compris...


        • ZEN ZEN 4 janvier 2008 08:50

          Pertinente mise au point, Jean. La récupération de théories scientifiques mal comprises et/ou détournées de leur sens et de leur domaine d’application produit le pluis souvent des effets désastreux et idéologiquement pervers.

          Pour se prémunir contre tous les dérapages de ce genre, je n’ai trouvé rien de mieux que ce site vigilant :

          http://www.pseudo-sciences.org/


        • Nobody knows me Nobody knows me 4 janvier 2008 11:23

          l’homme nu ne survit pas seul dans la nature

          Je dirais même plus, l’homme citadin habillé ne survit pas seul dans la nature.

          Merci pour cet article très fourni qui met l’eau à la bouche.


        • Gandalf Tzecoatl 4 janvier 2008 11:30

          @Aglutiné :

          « Pourquoi dire que d’une faiblesse on fait une force et que ça remet la théorie de la sélection naturelle en cause ? C’est une interprétation fausse selon moi. Le fait de pouvoir créer des habits est une force plus importante que de résister naturellement au froid, c’est tout. C’est bien le plus fort qui a gagné, comme d’habitude. Ce n’est pas parce qu’une force à un moment donné n’est pas adaptée dans un nouveau contexte que ce n’est pas les plus forts qui gagnent. Je crois que notre exemple confirme bien au contraire cette bonne vieille théorie. »

          Par mon propos, je ne remettais aucunement la théorie de la sélection naturelle en cause, je tenais simplement à éviter l’amalgame entre cette théorie et la loi du plus fort. Il suffit de regarder le mode de vie des mammifères à l’ère jurassique pour constater cette évidente et indispensable dichotomie.

          Par ailleurs, je ne suis pas contre remettre en cause la théorie de la sélection naturelle à des fins strictement scientifiques (ex : ADN mitochondrial se recombinant par l’expérience, on pourrait évoquer une théorie de l’expérience naturelle).

          La science doit faire front des présupposés idéologiques, se remettre en question, approfondir ses thèses, les abandonner si nécessaire, etc. La science n’a pas besoin de la pitié.


        • stephanemot stephanemot 3 janvier 2008 13:15

          je rejoins les commentaires précédents - il y a une véritable valeur ajoutée dans la sélection et ça s’assimile vite, mais on préfèrerait plusieurs articles thématiques avec une couche d’analyse en prime.


          • ZEN ZEN 3 janvier 2008 13:26

            Même remarque. UN article bien développé et mis en perspective aurait suffi.

            En ce qui concerne le pétrole, des approximations et des erreurs. IL faut aller visiter des sites très spécialisés comme ASPO-FRANCE , TERRE DE BRUT ou l’excellent site de JANCOVICI,pour se faire une idée juste et actualisée de la question.


            • Martin 3 janvier 2008 14:02

              Bon et ben moi j’vais dire comme ZEN : « Même remarque. UN article mis en perspective et bien développé aurait suffi. ». J’ai un peu changé quand même, c’est mieux hein comme ça ?

              Non mais j’vous explique, j’aime bien être en début d’article mais j’ai pas grand chose à dire, alors je dis souvent des trucs bateau genre « Merci pour cet excellent article », enfin quand c’est un copain ou un PARIAs (Plouc de l’Amicale des Retraités et Inactifs d’Agoravox), sinon j’dis « très mauvais article » (ben oui hein, pas fou).

              Alors pour les sciences j’saurais pas trop quoi vous dire vu qu’j’ai fais lettre. Bah oui mes parents voulaient que je sois prof pour la garantie de l’emploi et tout ça. Sciences c’était trop compliqué alors j’ai fais Lettres vu qu’c’était quand même c’qu’il y avait de plus facile faut bien le reconnaitre hein ?

              Ensuite, pour pas que ça fasse pas trop vide, j’rajoute un truc genre : « si vous voulez en savoir plus, lisez ces 12 bouquins, ces 18 excellents auteurs, allez sur les 14 sites suivants". Ben oui hein, c’est pas moi qui vais leur expliquer vu que j’ai jamais rien compris à ce qu’ils y racontent, mais le temps qu’il lisent tout on sera passé à autre chose. Ah oui, des fois je leur fait des copier/coller tellement long que je suis sûr que personne ne les lis. Ben oui hein, faut bien s’amuser, à mon âge vous voulez que j’fasse quoi ma brave dame ?

              Comment, vous n’avez pas le temps ? mais vous faites quoi de vos journées, le matin entre le p’tit dej et le repas ? et entre le repas et la sieste ? et en attendant le diner vous faites rien ?

              Pardon ? vous travaillez ? ah mon dieu c’est vrai j’avais complètement oublié ce truc.

              Bon et bien à tout à l’heure, il faut que j’aille déjeuner maintenant.


            • ZEN ZEN 3 janvier 2008 15:15

              Martin (?), vous n’avez pas de chance de n’avoir fait que des études de lettres et donc de n’avoir pas grand chose à dire sur les sujets scientifiques...On ne peut pas être spécialiste en tout, je le reconnais..

              Moi-même qui ait eu aussi la chance de faire aussi des sciences , qui lit et comprends parfois (oui !)La Recherche , je me tiens au courant de très près de la délicate question du peak-oil. Plutôt que de fournir des avis mal formulés et incomplets, je prèfère renvoyer le lecteur à des sites de références, où il trouvera, s’il en a le temps et qu’il est courageux et intéressé, tous les éléments pour se faire un jugement qui ne relève pas des opinions.Je pense que vous en êtes.

              Ceci dit, la retraite donne cet avantage de donner le temps de pouvoir s’informer(même si je fais beaucoup d’autres choses passionnantes), comme cela vous arrivera sans doute un jour, comme je l’espère...et d’entrer aussi dans le club que vous mentionnez avec tant de délicatesse et d’humour involontaire.


            • ZEN ZEN 3 janvier 2008 15:18

              Martin

              Il me semble que vous avez copié cela à quelqu’un d’autre :

              "PARIAs (Plouc de l’Amicale des Retraités et Inactifs d’Agoravox)

              Pas très original... smiley


            • Marsupilami Marsupilami 3 janvier 2008 14:31

              @ Jean

              Merci pour cette revue de presse bien documentée comme d’habitude. Puisqu’il est cité, je recommande la lecture de The Black Swan, The Impact of the Highly improbable, de Nassim Nicholas Taleb.


              • ZEN ZEN 3 janvier 2008 15:48

                @ Jean Zin

                Bonjour. Pour prolonger la brève remarque faite plus haut : vous évoquez un article de Futura-sciences, soulevant à mes yeux un problème important, mais qui n’est présenté que comme un fait

                http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/informatique/d/en-bref-des-virus-informatiques-bientot-au-service-de-la-police_13968/

                Sur ce problème sensible, on aurait aimé avoir votre analyse philosophique, puisque c’est précisément votre formation essentielle. Merci


                • HELIOS HELIOS 3 janvier 2008 17:17

                  enorme collection d’articles ! Chacun est evidement interressant, mais comment participer ?

                  Si je parle de néandertal, vais-je interresser ceux qui suivent les energie renouvelables ? non, bien sûr... alors dommage que l’auteur n’ai pas fait plusieurs articles ciblés...


                  • Jean Zin Jean Zin 3 janvier 2008 19:52

                    Bonjour à tous,

                    Je débarque juste. J’étais en voyage. Désolé pour la forme, c’est une revue des sciences qui reprend les nouvelles du mois ! Je le redis souvent mais ce n’est pas à l’origine un article pour AgoraVox, c’est l’équipe de rédaction qui le reprend de mon blog (avec mon accord bien sûr). L’éclater en multiples articles n’est guère possible et commenter plus les nouvelles allongerait démesurément cette revue déjà si longue, d’autant que je ne vois pas l’intérêt de souligner ce qui m’apparaît évident. Le but de ma revue se réduit à rendre compte de ce qui se dit dans les revues scientifiques et des communiqués du mois, c’est un outil qui me parait utile (en tout cas c’est utile pour moi !). On n’est pas obligé de tout lire, encore moins de me croire sur parole. Je me borne à inciter ceux qui sont intéressés par telle ou telle nouvelle d’aller y voir de plus près.

                    Pour la théorie du Tout, j’en ai parlé le mois dernier (je fais cette revue tous les mois même si cela ne passe pas toujours sur AgoraVox) et fait un article séparé sur la question ici :

                    http://grit-transversales.org/article.php3?id_article=231

                    Bonne année à tous !


                    • thomthom (---.---.241.61) 4 janvier 2008 11:11

                      vous avez oublié la mise en production de la première usine de fabrication de panneaux solaires basés sur les nanotechnologies : un cout de production « annoncé » 10 fois moindre que les panneaux actuels, pour une efficacité énergétique/surface équivalente... et un carnet de commande pour 2008 déjà plein.


                      • Jean Zin Jean Zin 4 janvier 2008 11:47

                        J’ai très certainement oublié plein de choses, il faut faire un choix dans la masse d’information et les nouvelles sur les panneaux solaires se multiplient (on entre vraiment dans l’ère solaire) mais là vous n’en dites pas assez, on ne sait pas de quelle usine il s’agit, où, avec quelles nanotechnologies...


                      • thomthom (---.---.241.61) 4 janvier 2008 12:11

                        ce lien peut peut etre vous éclairer : http://www.nanosolar.com/


                      • Gandalf Tzecoatl 4 janvier 2008 18:27

                        Merci, il manque la théorie unificatrice de la force et de l’énergie.

                        A tout hasard : F + dF = E + dE


                      • Marco Marco 4 janvier 2008 12:04

                        Monsieur Zin,

                        Merci beaucoup pour cette excellente revue de l’actualité scientifique et technique.

                        J’apprécierais si vous pouviez continuer à publier une telle revue sur AgoraVox, par exemple chaque mois, comme votre titre laisse penser que ce pourrait être votre intention.

                        Marco

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