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Accueil du site > Actualités > Technologies > Sciences : des publications contradictoires tous azimuts !

Sciences : des publications contradictoires tous azimuts !

Peut-on faire confiance à la science, comme une entité à la fois indépendante et détentrice d’une vérité unique et universelle ? On constate d’abord que, depuis longtemps, ce sont des scientifiques qui nous ont affirmé que l’amiante ne présentait pas de dangers et on sait maintenant ce qu’il en est. Ils nous affirment également les bienfaits des vaccinations et pourtant on trouve dans les lignes de ce journal, de nombreux articles documentés qui, non seulement, invalident ces effets bénéfiques, mais, encore, dénoncent des effets secondaires catastrophiques. Il en est de même pour tous les grands sujets : les OGM, les lignes à haute tension, la téléphonie mobile ou les nanotechnologies. Bien sûr, la liste n’est pas exhaustive. Néanmoins, doit-on être contre les progrès de la technologie ? Peut-être pas, mais je rappellerai ce mot d’Albert Einstein «  Le progrès technique est comme une hache qu’on aurait mise dans les mains d’un psychopathe  ». Alors que faire ? Il me semble qu’il est important de conserver un esprit critique et c’est pour remplir cette œuvre salutaire que j’écris cet article.

On a ainsi pu constater un certain nombre d’informations contradictoires dont certaines publiées sur un même site. Par exemple, on trouve sur un site canadien tourné vers les questions de santé, deux articles à la suite l’un de l’autre qui ne peuvent que désorienter le public. le premier relate une récente étude, prochainement publiée dans The Lancet, qui conclut que les femmes qui prennent des contraceptifs oraux diminuent leur risque de développer un cancer des ovaires et que cet effet protecteur durerait des dizaines d’années après qu’elles ont arrêté de les prendre. La principale auteure de cette étude, le Dr Valerie Béral, de l’unité d’épidémiologie du Centre de recherches sur le cancer du Royaume-Uni, a qualifié de « boni  » la protection contre le cancer des ovaires que procurent les contraceptifs oraux. De plus, The Lancet exige quant à lui une plus grande disponibilité des contraceptifs oraux sans prescription, puisque, selon lui, « peu de médicaments offrent une protection si puissante et à si long terme contre une malignité qui représente un si haut taux de mortalité après une si courte exposition ». On voit là une prise de position sans équivoque pour les contraceptifs oraux, qui constituent, rappelons-le, une hormonothérapie.

A la ligne suivante, on trouve, sous la plume de Pierre Lefrançois, un article titré : « Cancer du sein et hormonothérapie : des risques à court terme ». Il indique, « selon une récente étude américaine, que trois ans de traitement aux hormones de remplacement suffiraient à faire augmenter le risque de contracter un cancer du sein de type lobulaire. L’hormonothérapie pourrait d’ailleurs être responsable de la récente montée de ce type de cancer qui était relativement rare jusqu’à présent, soulignent les chercheurs ». Quoi qu’il en soit, auparavant, il avait été démontré qu’une prise d’hormones substitutives pendant au moins cinq ans permettait de voir augmenter ses risques d’être atteinte d’un cancer du sein. L’article poursuit en minimisant certaines conclusion, si bien qu’à la fin on ne sait plus clairement ce qu’il convient de faire. L’objectif n’est pas ici de s’en prendre à ces publications qui ne font que reprendre les termes d’un rapport d’enquête, mais bien de montrer que des scientifiques, qui ne savent finalement pas grand-chose sur un sujet, publient tout de même des conclusions qui seront reprises souvent telles quelles par la presse.

Par ailleurs, comme les Français font toujours mieux que tout le monde, on trouve cette information reprise par Le Monde, La Croix et Libération : « Ménopause : le traitement "à la française" serait sans risque ». Malgré cette nouvelle information, le Pr Joyeux dénonce depuis plusieurs années les traitements hormonaux substitutifs. De la même façon, on apprend que le soleil protégerait contre le cancer du poumon, même si, auparavant, on n’a cessé de nous mettre en garde contre les dangers de l’exposition au soleil. On remarque toujours les précautions oratoires des auteurs qui emploient régulièrement le conditionnel pour annoncer leurs résultats. Quel peut bien être l’intérêt d’une information annoncée au conditionnel ? Cela permet d’occuper le terrain, de dire éventuellement n’importe quoi sans risque et sans le moindre souci déontologique.

Alors que cet article était encore en cours de rédaction, j’ai constaté la présence de deux articles curieusement juxtaposés dans la lettre d’information quotidienne du Journal de l’environnement. Le premier titre disait : « Il n’y a pas de preuve que tel pesticide est un agent causal de cancer » et le deuxième : « Pesticides : 30 substances retirées avant le 1er février  ». Pourquoi retire-t-on les autorisations de mise sur le marché (AMM) de plus de 1 500 préparations commerciales de produits phytosanitaires contenant ces 30 substances ? Quant au premier article, il s’agit d’un entretien avec un chercheur, dont les propos, qui se veulent objectifs, sont un modèle de confusion. Il y indique qu’il y a danger à épandre des pesticides et, dans le même temps, qu’il n’y a pas de preuves de causalité directe.

Le problème est qu’au bout de la chaîne se trouvent des malades ou des personnes inquiètes pour leur santé, à qui on fait avaler n’importe quoi, par exemple des médicaments sans ordonnance, comme le suggère The Lancet. Mais dans quel intérêt ? Le commerce ne doit pas être très éloigné des préoccupations de ceux qui manipulent ces données. De nombreux journalistes relaient ces informations, peut-être parce qu’ils les estiment sincères. On peut considérer qu’ils ne font pas leur métier en ne vérifiant pas les informations et en se soumettant à l’autorité scientifique. Au pire, c’est le rôle de l’agence de presse, encore qu’elle soit, elle aussi, tenue de vérifier la validité d’une information. En matière de science, le problème est un peu différent, car le scientifique jouit, dans notre société, d’un prestige qui lui permet d’user d’arguments d’autorité : « Je sais, et vous n’êtes pas en mesure de comprendre...  ». Malheureusement, non seulement, il est très difficile de trouver un scientifique qui n’ait pas de conflits d’intérêt, mais, en plus, il existe un conformisme scientifique qui exclut certains outils intellectuels. Par exemple, dans un monde dominé par la chimie en particulier et par la technologie en général, il est difficile de construire une démarche scientifique sur une défiance à l’égard de principes finalement dogmatiques. Ces principes sont les suivants : « le progrès technique est inéluctable, rien ne doit l’entraver et, s’il génère néanmoins des problèmes, ils seront naturellement résolus par les prochains progrès ». Nous ne sommes pas loin d’une déclaration de foi. Ce qui fait dire à certains que la science est la nouvelle religion.

Face à cela, le lecteur, le citoyen, doit rester attentif. Il ne doit pas céder à la peur et rester modéré dans les mesures qu’il prendra pour sa santé. Tant qu’il ne fait pas d’excès, il a intérêt à attendre que le temps se charge de faire le tri entre la propagande, les fausses nouvelles et les informations vraiment sérieuses. Cela aurait peut-être permis d’éviter les dizaines de milliers de morts aux États-Unis, avant que le Vioxx ne soit retiré du marché. Il me paraît également utile de garder à l’esprit la notion d’intérêts mutuels. En effet, il est difficile de ne pas mettre en cause les intérêts économiques défendus par des entreprises ou des corps de métiers face aux demandes de transparence ou de liberté des usagers. S’il est clair que des entreprises profitent du résultat des études qui mettent hors de cause les OGM, la téléphonie mobile, les vaccins ou toute autre forme de technologie, on comprend moins quel pourrait être l’intérêt des consommateurs, usagers ou patients. Dans ces conditions, j’ai, par mauvais esprit ou par légitime défiance, tendance à me méfier des études lénifiantes. En outre, quand on connaît les coûts de la recherche, on se doute que seuls ceux qui disposent de moyens importants peuvent en assumer la charge et bénéficier des résultats. Cela doit nous engager aux plus extrêmes réserves quant au culte de la vérité scientifique.


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16 réactions à cet article    


  • geo63 5 février 2008 12:05

    "On constate d’abord, que depuis longtemps, ce sont des scientifiques qui nous ont affirmé que l’amiante ne présentait pas de dangers et on sait maintenant ce qu’il en est."

    Cela commence bien ! Que faites-vous du collectif de Jussieu qui s’est battu pendant des décennies, c’étaient des scientifiques (et des vrais !) qui n’avaient pas "de conflits d’intérêt", je pourrais rappeler qu’ils ont été attaqués en justice par des "médecins experts" accusés d’incompétence par le collectif et qui affirmaient l’innocuité de l’amiante, mais devant la mobilisation scientifique ces derniers ont abandonné leur action en justice...etc, je pourrais être plus précis si vous le souhaitez.

    Quand vous parlez de "scientifiques" cela ne signifie rien.


    • Voltaire Voltaire 5 février 2008 12:11

      Le sujet était intéressant, mais il y a trop d’erreurs factuelles et d’interprétations erronées qui affectent sa crédibilité. Il eut pourtant été utile d’expliquer ce qu’est une vérité scientifique ; ainsi, les études qui indiquent à la fois une protection à long terme de l’hormonothérapie et un accroissement du nombre de cancer du sein pour ce même type de traitement ne sont pas exclusives. Il faut les replacer dans ce qui est vraiment démontré et éviter de généraliser et d’extrapoler le résultat. Dans ce cas précis, il faut regarder les différences de traitement (durée, âge de la prise du traitement), et accepter qu’il peut y avoir augmentation d’un type de cancer sans que cela soit contradictoire avec un bénéfice global (réduction de l’ostéoporose, protection cardiaque...).

      Votre citation sur le Vioxx relève plus que du simplisme : non seulement il n’y a pas eu des "dizaines de milliers de morts" aux Etats-Unis liés à ce traitement (mais des dizaines de milliers de plaintes... ce qui est très différent, et une estimation de dizaines de milliers de complications cardiaues, et non de mortalité), mais en omettant de citer l’impact bénéfique du traitement, et donc de vies sauvées, vous induisez en erreur le lecteur. Dans ce cas précis, c’est une insuffisante mise en garde d’effets secondaires possibles qui a été reproché, et non un rapport bénéfice/risque positif. Ce traitement a donc été utilisé de façon exagérée chez certains patients, ce pour quoi la société a été condamnée, mais il conserve un réel intérêt pour de nombreux patiens (il faut rappeler que les traitements classiques anti-inflamatoires ont eux-aussi des effets secondaires marquants).


      • Christian Portal Christian Portal 5 février 2008 15:46

        Pour répondre à plusieurs commentaires, il ne s’agit précisément pas de définir une vérité scientifique, mais de faire comprendre qu’annoncer des faits scientifiques aussi parcellaires que ceux que j’évoque n’a rigoureusement aucun intérêt. Ils ne font que perturber un peu plus un public qui ne sait à quel saint se vouer.

        Deuxièmement, je persiste à dire qu’il appartient aux journalistes, ou ceux qui agissent comme tels, les rédacteurs de ce média citoyen par exemple, de mettre les informations en perspective et d’en relativiser la portée. Avec bien sûr toute la subjectivité propre à la sensibilité de chaque individu.

        Troisièmement, il existe des scientifiques dans chaque bord. Ceux qui ont milité contre l’amiante à Jussieu n’exonèrent pas les autres qui sur un siècle ont fermé les yeux ou même ont formellement participé à la désinformation. C’est d’ailleurs le propre des "refzuniks" d’être moins nombreux que les autres. Ce que je conteste ici, c’est ce qu’on peut appeler un avis d’autorité. Autorité fondée sur le statut scientifique et non sur l’analyse critique de ce qui est annoncé.

        Enfin, le chiffre de plusieurs dizaines de milliers de morts pour le Vioxx n’a rien de fantaisiste ni d’erroné. Si on veut critiquer une information, il faut disposer des références. En voici une qui confirme ce que j’affirme :  "On peut estimer de 88.000 à 140.000 le nombre de cas supplémentaires de maladies cardiaques graves sont survenues aux Etats-Unis durant la période où le rofecoxib a été commercialisé", conclut David Graham, médecin expert de l’Agence sanitaire américaine (FDA), dans une étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet. Les décès concerneraient 30 à 40% d’entre eux. Source : Lancet 365 (9458) 475 81, 2005.

         


      • Bof 13 juin 2008 20:32

        @ Monsieur de Voltaire : que vous écrivez bien ! Pourtant, que d’omissions et d’erreurs dans votre prose si fluide....le vioxx, nous avions téléphoné au centre responsable et même écrit car un malade a fait sa crise en roulant dans une rue peu passante mais à double stationnement et ..il n’y avait rien de spécial avec son traitement nous a-t-on indiqué . Depuis, les quelques morts ont eveillé une suspicion et les opérations du coeur ont suivies...la dernière pour moi en tant que dispensateur, il y a trois ans ! A chaque fois, on nous a venté la non irritation de l’estomac ! voilà pour ce médicament inutile avec les médecins de médecine parallèle qui ont l’air de très bien se débrouiller avec les douleurs de rhumatismes.tq ostéopathie cranio-sacrée. Je vous conseille donc la lecture et les conseils d’un médecin qui écrit beaucoup à ce sujet dans internet.

         Je me permet de rappeler que les appels téléphoniques au labo étaient très tranquilisants ! pourtant, ils devaient savoir ce qui se passait aux usa !


      • (---.---.87.192) 5 février 2008 13:34

         

        ""Depuis trois décennies, un vaste débat porte sur les preuves scientifiques montrant les liens entre cancer et environnement".

        Dans son article ’La guerre contre le cancer’ publié hier sur Naturovox, cza93 poursuit : ""Alors que Higginson et Muir soutenaient en 1977 que 80 % des cancers étaient dus à l’environnement, défini dans son sens le plus large, Doll et Peto n’attribuaient en 1981 que 2 à 4 % des cancers à l’environnement, défini dans son sens le plus strict. Selon eux, l’essentiel des cancers s’expliquerait par des facteurs liés au mode de vie"".

        Il faut savoir ceci : "Après la mort de Richard Doll, dont le tableau fait encore référence auprès des autorités sanitaires, on apprit que des sommes importantes avaient été versées à l’épidémiologiste par Monsanto (1200$ par jour), par Chemical Manufacturers Association (22000$), ainsi que par DowChemica"l. (G. Barbier, A. Farrachi, "La société cancérigène", pub. Points, nov. 2007).

        Voilà un exemple qui illustre parfaitement pourquoi l’auteur de cet article a quelques raisons de s’interroger, mais pas pourquoi il met en doute la compétence des chercheurs : c’est leur probité qui est en cause.

         


        • thirqual 5 février 2008 14:31

          Marie Curie est morte d’une tumeur. Les radiologues et les scientifiques qui bossaient sur les radiations ont mis plus de 10 ans à remarquer le taux de leucémies et autres joyeusetés qui les affectaient. Pour parler de Jussieu, certains qui gueulaient à l’innocuité bossaient dans ces locaux, tous les jours (et y bossent encore).

          Plus grave, étant donné votre formation, que vous soyez infoutu de comprendre que deux études correctes se contredisent quand on extrapole leurs résultats au-delà de ce que les auteurs annoncent est impossible, ce qui ne laisse comme seule possibilité une mauvaise foi et/ou une envie de désinformer.


          • Black Ader 5 février 2008 16:26

            "On constate d’abord que, depuis longtemps, ce sont des scientifiques qui nous ont affirmé que l’amiante ne présentait pas de dangers et on sait maintenant ce qu’il en est."

             

            A ma connaissance, les dangers de l’amiante sont connu depuis les année 60. Sans doute que l’Etat avait une entreprise public en fabricant, donc les fonctionnaires ont lutté vaillament pour défendre leur service public..

             

            "Ils nous affirment également les bienfaits des vaccinations et pourtant on trouve dans les lignes de ce journal, de nombreux articles documentés qui, non seulement, invalident ces effets bénéfiques, mais, encore, dénoncent des effets secondaires catastrophiques."

            Bof, c’est statistique, c’est tout. On sacrifis certains pour que la collectivité survivent. Par exemple, si un Etat veut faire vacciner sa population, et qu’il à un systéme de type SS il va calculer le nombre de morts total en fonciton des risques connu des vaccins, pour savoir combien lui couteront les procés, puis il compare avec le prix des vaccins. Bref, il prend le moins chére et plus risqué si ca reste économiquement sain pour lui, et socialement avantageux pour la population. Il n’y a donc pas à avoir peur de la science.


            • Christian Portal Christian Portal 5 février 2008 16:51

              Avant de parler de date, il faut se renseigner ; les dangers de l’amiante sont connus depuis le début du 20ème siècle. Il ne s’agit pas d’une information fantaisiste, là aussi, puisqu’elle émane du Sénat français. Voici d’ailleurs la citation de l’article "Histoire de l’amiante"  : "Dès 1906 et 1907 ont été décrits pour la première fois des cas de fibroses pulmonaires liées à l’amiante. L’étude que M. AURIBAULT, inspecteur départemental du travail, a réalisé sur les travailleurs de l’usine textile de Condé sur Noireau met en évidence la particularité de ce qu’il appelle alors des pneumoconioses et la forte mortalité que ces maladies génèrent : 50 décès en cinq ans, de 1890 à 1895." Source : http://www.senat.fr/rap/o97-041/o97-0412.html


            • Aspiral Aspiral 5 février 2008 17:19

              Les contradictions de la science que vous annoncez se révèlent être celle de la médecine, art fondé sur une science encore très partielle, la complexité de la chose étant infinie ! La médecine a de tout temps été une discipline à hauts risques. Elle doit son efficacité d’aujourd’hui aux nombreux morts qui, de gré ou de force, même des médecins, ont testé leurs "inventions". Pasteur s’est vacciné lui-même le premier. Il y a survécu. Les Curies se sont sacrifiés. Les connaissances médicales ont toujours suivi les expériences. La transfusion sanguine commença par 100% de morts quand on esseya d’abord avec du sang de porc, et puis, miracle, beaucoup moins quand on parvint à tranfuser du sang humain. Ce ne fût que longtemps après qu’on comprit pourquoi et qu’on maîtrisa l’affaire.

              Le problème que vous évoquez n’est pas celui de la science mais du mythe scientifique. Je viens de proposer à la rédaction d’Agoravox un article (que vous pouvez entre nous soit dit déjà trouver sur mon site) sur le mode d’emploi des experts. Einstein lui aussi se trouva en son temps devant des contradictions insolubles entre les théories corpusculaires et ondulatoires de la lumière. Il en sortit la théorie de la relativité.

              Le problème de la médecine actuelle est double : la complexité de son objet et la pression non négligeable des marchés, si vous voyez ce que je veux dire ! Alors, dans l’urgence, la méthodologie laisse parfois un peu à désirer.

              Le principe de précaution est un fameux mythe, car on ne peut savoir à l’avance des choses auxquelles on n’a pas pu penser, par définition, puisque l’avenir se déroule comme un tapis, imprévisible dans une certaine mesure. La vie ce n’est pas comme une fusée : ce n’est pas nous qui l’avons créée. Voyez lles capacités de prédiction de la météo et vous pardonnerez sans doute plus facilement aux médecins, et sans doute moins aux firmes pharmaceutiques.

               


              • Nicolas Ernandez Nicolas Ernandez 5 février 2008 17:55

                Comme l’écrivait justement Piaget, il n’y a pas de connaissance sans action sur le réel. Pour trouver des régularités, il faut déjà expérimenter sur les objets. Il est tout à fait normal que la science devienne de plus en plus dangereuse, puisqu’elle se donne pour objectif d’accroître la masse des connaissances.


              • Aspiral Aspiral 5 février 2008 21:48

                Pour moi l’objectif de la science est d’apprendre à connaître les lois de la nature. Au passage, elle accroît la masse de connaissances. Ces connaissances peuvent être bien ou mal utilisées selon les objectifs de leurs utilisateurs. Mais à un moment, celui qui ne respecte pas les lois de la nature devra bien se rendre compte de ce que ce n’est pas en réalité son intérêt à long terme de jouer à l’apprenti sorcier.


              • Christian Portal Christian Portal 6 février 2008 11:09

                Bonjour,

                Vous parlez de mythe scientifique et vous avez raison. Le mythe principal sur lequel une bonne part de la médecine moderne s’appuie est celui du "bon Pasteur". Que n’a-t-il pas fait ? Il a sauvé des enfants, et bientôt l’humanité. Pourtant, comme pour la plupart des mythes, l’histoire est trop belle pour être vraie. Je vous invite à lire le remarquable livre du docteur Eric Ancelet "Pour en finir avec Pasteur" aux éditions Marco Pietteur. Il rétablit un certain nombre de vérités historiques. Il est coupable de nombreuses tricheries : appropriation des découvertes de ses collaborateurs, ommissions liées à la technique de vaccination, mises en danger de la vie d’enfants dont rien n’affirmait qu’ils aient été réellement infectés par la rage, Par contre, si trois de ses fidèles collaborateurs acceptent d’être vaccinés, Pasteur se garde bien de tenter l’expérience. A la suite de quoi, son neveu, Adrien Loir restera temporairement paralysé. Pages 106/107.

                Cordialement


              • Bof 6 février 2008 11:59

                 @ Aspiral : MERCi de rappeler que : " l’objectif de la science est d’apprendre à connaître les lois de la nature." Je partage votre message sur la médecine avec un oubli quand même , c’est que jamais en 35 ans, un traitement n’a été moins cher que le précédent et que l’on ne parle plus que de traitements mensuels . Les autres, ceux qui guérissent n’interessent plus personne , de même que ceux qui sont peu chers . Je pense à l’ulcère de Buruli par ex. dont le traitement fut exposé à l’oms en 2002 et aplaudit , puis en 2005 et l’on ne voit aucune application , il guérit et il est presque gratuit !

                 Pour les contradictions de la médecine exposées , elles tiennent plus du scandale que du reste. Par contre, quand on a découvert quelque chose d’important en médecine, il est très difficile de le faire passer. L’exemple, est la découverte pour Madame Janine Fontaine du corps éthérique qu’elle explique dans ses nompbreux livres . Elles est réanimatrice, cardiologue et a participé aux réanimations des premières transplantations . Elle prouve l’existence de ce corps éthérique , des spécialistes vont se faire soigner chez elle , ceci devrait déclancher une recherche au niveau national sur ce phénomène qui me dépasse ET bien "rien" et il y a collusion politique puisque depuis 1980 , de nombreux partis politiques se sont succédés au plus haut niveau . Sanofi , le premier laboratoire pharmaceutique au monde en 1981 a été nationalisé et aurait pu faire de la recherche puisqu’il y avait les meilleurs chercheurs mondiaux comme le classement le donnait MAIS il a été " égaré" ,comme dit la justice , avec l’entreprise "ELF" qui l’avait sous son giron et aucun travail de recherche sur ce phénomène qui pourrait aider la Recherche à faire "son pas en avant".

                 


              • ddacoudre ddacoudre 5 février 2008 22:58

                Bonjour christian.

                Heureusement que la science est parfois versatile et que tout ce que découvre nos scientifiques est susceptible de réformation. Certes parfois des découvertes ont une vie plus stable car il est des seuils dont les variations ne sont perceptibles qu’aux instruments que nous fabriquons pour vérifier nos raisonnements.

                Mais d’une manière générale tout ce que nous faisons modifie son environnement, et rien n’est sans incidence future. Seul notre besoin d’être rassurer veut des certitudes absolues et à tendance de vouloir transformer les scientifiques en des dieux exempt d’erreurs. Mais il est exact que devant la pléthore d’informations scientifiques il vaut mieux essayer de trouver des revues de références pour ne pas s’y perdre quand l’on n’est pas un scientifique soit même ce qui est le cas de beaucoup d’entre nous.

                Il est aussi exact que le marché financier qui découle de certaines découvertes pousse à réduire la durée les vérifications, ce qui complique l’opinion que l’on peut se faire des scientifiques.

                Ainsi nous ne pouvons échapper à la nécessité d’une réflexion personnelle et devoir toujours faire le trie. Mais pour se faire ce n’est pas sur les médias qu’il faut compter mais sur sa capacité personnelle à rechercher la bonne information.

                Cordialement.

                 


                • gany 6 février 2008 10:06

                  Article intéressant et commentaires tout autant.

                  J’ignorais que Doll avait été largement rétribué par Monsanto. Dans ma volonté d’edulcorer ma supposition de l’impact de l’environnement sur les cancers et surtout d’adosser ma conclusion( suite à un exposé dans le cadre d’une unité da valeur du CNAM) à des travaux scientifiques, je terminais ainsi sur des valeurs falsifiées ou plutot "pondérées par un tropisme financier".

                  Je corrigerai donc mes conclusions en présentant le "camenbert" de Doll et Petto répartissant les origines de cancers.

                  Bourdieu a parfaitement démontré que les scientifiques n’étaient pas exempts des champs du pouvoirs qui s’exercent sur toutes les corporations. On retrouve les memes "mécanismes" sociologiques qui "gouvernent", les médecins, les profs, les ouvriers etc... enchassés dans un environnement de pouvoirs. N’oublions jamais que in fine c’est le politique qui décide et donc les lobbies. C’est lui (eux)qui attribuent les budgets ou au contraire coupent les vivres. Cependant on peut nier l’héliocentrisme dans une période de pleins pouvoirs de l’église et d’obscurantisme généralisé. De meme , on peut nier ou occulter des résultats inquiétants sur l’impact sur la santé de certains process (incinérateurs, pesticides, graisses hydrogénées, traitement hormonal, etc..). Danc cette lutte inégalitaire (le poids juridique et financier des multinationales est sans commune mesure avec les lois 1901 ou toubibs et scientifiques "hors système" qui alertent)qui oppose pot de fer contre le pot de terre s’ajoute une surrenchère néfaste à la vérité. Certains arguments scientifiques sont soupçonnés d’etre partisans d’un coté comme de l’autre en raison du fossé crée par l’enjeu. Ils devraient, comme la loi de la pesanteur, s’appliquer universellement et éradiquer toute polémique. Ainsi , il est parfois tres difficile de se faire une opinion ou d’évaluer un risque. Sans compter sa dénégation. Par exemple l’étude du Pr Viel sur l’impact des fumées d’incinérateurs et la corrélation entre cancers et retombées du panache est une vérité scientifique attestée par l’INVS. (Institut de Veille Sanitaire.)

                  Pensez vous que les jardins ouvriers jouxtant l’usine, située en territoire "rurbain, soient désertés et ce malgré une information exclusive de la DDAS à deux riverains leur enjoignant de ne plus consommer des oeufs et légumes de leurs jardins ?

                  Que nenni. A un "ecolo" venu les prévenir oralement certains jardiniers on répondu qu’ils avaient suvécus jusqu’à lors, "alors vos métaux lourds et autres dioxines mon pauvre ami..." (du vécu)

                   

                  A Noyelle Godaud , l’environnement truffé de plomb qui impact sur une pathologie déclarée chez les enfants révolte une mère de famille interrogée à la télé dont le mari risque de de retrouver au chomage suite à la fermeture programmée de l’usine.

                  Les pollueurs disposent parmis leurs victimes de leurs meilleurs alliés. Et en cas de surcancers ou de surmortalité allez donc prouver "juridiquement" le lien de cause à effet. La justice Française ne reconnait pas encore la statistique et les études épidémiologiques, c’est trop scientifique et pas assez littéraire. (non lieu à Gilly sur Isère, il faut attendre d’etre mort d’un mésothéliome pour que les ayant droits soient éventuellement indémnisés).Pour nuancer , les juges peuvent fonder leur décision en s’appuyant sur des expertises scientifiques. Mais la partie adverse a beau jeu de démontrer que la dioxine repertoriée dans les graisses de la victime n’est pas rigoureusement de la meme famille que celle etre supposée rejetée par les fumées de l’incinérateur. CQFD.

                  Le parametre temps est un élément fondamental. En effet les périodes d’incubation, par exemple de la dioxine ou des particules amiante s’échelonnent sur 20 ou trente ans. Compte tenu de cette donnée, on peut évaluer le nombre de victimes futures non indemnisables et isolées avec leur épée de Damocles qui ne touchera qu’eux et pas le voisin. La faute à pas de chance.

                  La dosimétrie est une science exacte mais qui fait appel à des statistiques élaborées. Il est parfois difficile d’avoir une opinion tranchée. C’est toute la prudence des scientifiques qui se retrouvent "hors champ médiatique" et qui déposent les armes à l’entrée du colloque pour évaluer "scientifiquement" une donnée.

                  C’est ce que j’ai ressenti à la lecture d’un rapport de l’académie des sciences sur l’impact du vivant sur les ondes élécromagnétiques. Meme les scientifiques "payés" par les opérateurs de telecom restent prudent.

                  Mais ces rapports ne sont pas lus. Les journalistes de TF1 (Bouygues) s’ils sont amenés à traiter du sujet... c’est pour informer sur le danger des vols de portable. Et ils sont dans leur role car dans une entreprise, le service communication a des objectifs de désamorçage de sujets "polémiques".

                   Un prof de santé publique disait que les dirigeants, dans le cas de l’amiante mais malheureusement on peut généraliser, jouaient plusieurs coups d’avance dans la partie d’échec qui oppose victimes et pollueurs.

                  Le jour ou les compagnies d’assurance prendront en charge certaines pathologies connues et scientifiquement répertoriées alors "l’héliocentrisme" sera enfin reconnu. Le martyre de Galilée est encore d’actualité mais la soufrance se réparti inégalement selon que l’on se trouve plus ou moin loin d’ avec les manettes de commande. Le cinquième pouvoir est entre les mains d’oligopoles et rechercher l’information pertinente est "couteux". Agoravox est une alternative.

                   

                   


                  • Nos Libertés Doktor Glub 4 avril 2008 12:56

                    Bonjour,

                    Sur le financement de Richard Doll par Monsanto, je vous conseille la lecture de cet article sur le sujet, qui est une traduction d’un article du quotidien anglais "The Guardian" :

                     

                    http://www.noslibertes.org/dotclear/index.php?post/2008/03/21/62/Richard-Doll

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