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Accueil du site > Actualités > Technologies > Sénégal : appropriation des NTIC par les hommes politiques

Sénégal : appropriation des NTIC par les hommes politiques

La volonté politique est un élément fondamental pour une évolution de la situation des NTICS au Sénégal. Il ne doit cependant pas s’agir d’une “volonté politique” exprimée mais d’une volonté politique claire et totalement engagée qui doit s’évaluer à travers des actions et des attitudes.

Auparavant, il faut qu’ils s’assurent que les NTICS représentent “quelque chose” dans la vie courante de nos décideurs, de nos politiques. Qu’en savent-ils réellement ? L’utilisent t’ils réellement et à bon escient ? Se sont ils appropriés les NTICS ? Et le citoyen sénégalais dans tout cela ?

C’est une question fondamentale. S’ils continuent à considérer les NTICS comme des “lubies d’ados en manque de repère”, des outils pour les nouvelles générations, difficile d’espérer qu’ils puissent s’impliquer, se les approprier et prendre les décisions adéquates pour obtenir des résultats qui fassent avancer le Sénégal.

A ce jour, pas un seul site ou blog animé par un homme ou une femme politique et qui jouisse d’une certaine notoriété, tel qu’on en voit sous d’autres cieux. Si certains partis politiques ont des sites internet, ils ne “vivent” pas suffisamment et l’interaction y est rare voire inexistant, à part celui du Premier Ministre actuel, Me Souleymane NDENE NDIAYE, au point que les journalistes se donnent rarement la peine de les visiter pour des articles ou des photos, alors qu’ils devraient représenter des vitrines pour les acteurs et regroupements politiques.

Au-delà de ce qui précède, le blog apporte un grand plus à la démocratie participative, parce qu’il constitue un moyen extrêmement rapide d’échange, de communication en restreint ou de façon très élargie. Il suffit de voir les audiences du chroniqueur Souleymane Jules DIOP sur Seneweb avec plus de 100.000 visiteurs uniques, de quoi faire pâlir tous les hommes politiques. C’est comme s’il organisait un meeting au Stade L. L. Senghor avec plus de 100.000 personnes présentes, enthousiastes et acquises à sa cause toutes les semaines.

Cependant, il ne faut pas faire de la contestation le seul mode d’action car » il est plus facile d’engueuler un gouvernement démocratiquement élu que de gouverner démocratiquement « .

Il faut peut-être, pour commencer, informer les politiciens sénégalais sur ces technologies qui, comme leur nom l’indique, sont tout de même nouvelles alors que la majorité de ceux qui nous gouvernent sont d’une autre génération ou ne sont pas du tout adeptes des NTICS.

Autant organise-t-on des séminaires sur les élections, la communication gouvernementale, les marchés publics, la décentralisation et d’autres sujets liés à la gouvernance politique, autant faudra-t-il en faire sur les NTICS.

Au moment où nombre d’électeurs se plaignent de n’avoir plus vu leurs élus depuis les dernières élections de 2007, les e-mails, blogs et autres sites internet interactifs seraient de formidables outils pour que l’information continue à circuler.

Alors que la crise financière internationale fait s’évanouir les espoirs d’une amélioration rapide de la situation socioéconomique dans la majorité des pays, quoi de plus normal que de faire savoir que, sous d’autres cieux, les NTICS figurent parmi les options pouvant permettre de relancer les économies.

Ce que Barack Obama a compris en retenant Internet et les NTICS pour relancer l’économie sur un plan de plus de 1000 Milliards de dollars. Evidemment, le nouveau président américain doit beaucoup à Internet. Et il semble ne pas l’oublier.

Avec les réseaux interactifs et les forums, le citoyen informé peut désormais à la fois être plus responsable et intervenir plus facilement en s’appuyant sur des groupes. Voir à ce sujet l’élan suscité autour du refus de la candidature de Jean Sarkozy, le fils du Président Français Nicolas Sarkozy lors de sa candidature à l’EPAD – La Défense-

Le rapport de forces entre citoyens et institutions se modifie dans la mesure où les NTICS représentent un outil nouveau pour s’exprimer, pour se mettre en relation avec d’autres groupes pour faire remonter l’information. Le cyberespace est un espace asystématique, qui n’est pas construit selon le modèle pyramidal ou linéaire des ordres d’autorité comme le territoire. Le passage d’une société pyramidale à une société en réseaux, implique un changement de rapport au pouvoir. Dès lors, la question posée relève du mythe technologique, du discours mobilisateur, ce que Souleymane Jules Diop a compris, à travers ses chroniques audios et blogs. Un citoyen avisé n’est pas seulement un citoyen participatif mais un citoyen éclairé sur l’usage possible des nouvelles techniques et sur les limites à leur donner.

Si les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) suscitent de nombreux espoirs, il convient de réfléchir sur leurs enjeux fondamentaux. L’utilisation des NTICS dans la vie politique et dans les administrations s’inscrit dans le cadre de la bonne gouvernance et dans la logique d’insertion du Sénégal dans la mondialisation de l’économie.

Les populations tentent de réguler les flux informationnels en détournant les NTICS d’un usage qualifié de normal et en les utilisant comme un outil favorisant l’alternance politique sans prendre de coups de « liife » ou de « matraques électriques »

En outre, les médias en général et les espaces virtuels francophones en particulier jouent de plus en plus un rôle non négligeable dans le processus de démocratisation au Sénégal, même si celui-ci est ancré depuis longtemps dans le corpus sénégalais : utilisation de l’Internet par la diaspora dans les pays d’accueil comme cadre d’expression de la citoyenneté, dénonciations des pratiques corruptrices et frauduleuses, pétitions en ligne, mails diffamatoires, etc…

Les Us et Coutumes des NTICS par les politiques

Le fichier électoral sénégalais est accessible sur Internet, sans qu’on sache la pertinence d’une telle mesure puisque l’opposition sénégalaise continue à tirer à hue et à dia sur le fichier électoral sénégalais. Pourtant internet est un luxe pour des millions de sénégalais(e)s. Les seuls à être méfiants restent les sénégalais de l’extérieur sans papiers, car ayant peur d’être débusqués par les autorités locales.

La bataille pour l’alternance politique s’est aussi déroulée dans le champ virtuel. Les principaux acteurs politiques avaient chacun leur site web. La forte médiatisation de ces élections présidentielles, aussi bien au niveau local qu’au niveau international, a porté préjudice au parti socialiste (PS) au pouvoir à l’époque Le PDS a été le principal parti a avoir tiré son épingle du jeu sur le net.

On a assisté à une véritable « supervision par les NTICS du vote » . Les radios privées étaient présentes dans la quasi totalité des centres de vote en milieu urbain et avaient dépêché des correspondants jusque dans les zones les plus reculées.

À l’aide du téléphone portable, des télécentres privés et du fax, des correspondants de radio privées et des bénévoles livraient des informations continues en langues nationales et en français en temps réels sur le déroulement des élections et les tendances. Les résultats par bureau de vote étaient saisis en temps réels. La parole était donnée aux populations qui pouvaient exprimer leur indignation et leur lassitude à travers les waxx sa xalat, ou dénoncer les pratiques frauduleuses de tel(le) ou tel(le) responsable politique. A cet égard, les élections présidentielles de 2012 seront très largement dominées par les NTICS, car hormis une banalisation des téléphones portables, l’internet sans fil appelé « l’internet mobile », accessible partout au Sénégal, même dans les coins les plus reculés, ce qui fait que les résultats seront saisis en temps réels sur internet et accessibles partout dans le monde et ce partout au Sénégal. Difficile dans ces conditions de crier à la fraude.

Internet lieu de dénonciation et de disculpation, stratégie de conquête et de reproduction du pouvoir

Pour les leaders ou certains responsables politiques, Internet constitue un tremplin dans leur quête de légitimité sociale et politique ainsi que dans leurs stratégies de (re)production de leur capital symbolique. Dans les sites d’hommes politiques sénégalais, on trouve généralement le portrait du leader politique tout sourire ou le visage grave, les discours et programmes ainsi qu’une imposante biographie rappelant les nombreux diplômes et les distinctions honorifiques.

Ces sites permettent également de récupérer les voix des Sénégalais de l’extérieur qui jouent un rôle de plus en plus important dans le jeu politique. On sollicite souvent leur contribution financière pour l’organisation de manifestations politiques comme lors des assises nationales.

Barack Obama compte presque 8.000.000 de Fans sur Facebook, Souleymane NDENE NDIAYE environ 2.000 ! lol

Le seul à utiliser réellement son site Internet et à en tirer parti à travers un dialogue avec la population est le Premier Ministre Souleymane NDENE NDIAYE.

En effet Souleymane NDENE NDIAYE gère personnellement son Facebook avec environ 2000 « amis » pour constituer son réseau, son Fans Club, Twitter pour dialoguer en temps réels sur ses déplacements, son agenda et autres manifestations, des vidéos et une newsletters, l’un des plus aboutis en terme de design et de technologies web 2.0. C’est lui qui répond personnellement à nos questions, ce que j’ai pu tester en me faisant passer pour un internaute lambda et il m’a répondu avec son BlackBerry Tigo sur son site personnel et également sur son Facebook, le seul qui applique le titre de son site « un homme politique à l’écoute des citoyens »

Abdoulaye Wade par contre détient le bonnet d’âne car son site n’a pas été mis a jour depuis janvier 2008, avec plus de…. 200 questions sans réponse depuis 2008. Mais que font tous ces conseillers au Palais ?

L’autre fierté du Président , c’est celui de la Goana qui invite tous les sénégalais à y participer massivement dans son édito, sans répondre à leurs questions. Le site de la Goana qui est au passage l’un des rares sites sénégalais référencés par la prestigieuse université de Columbia http://www.columbia.edu avec plus de 150 questions au président et aux responsables du site depuis août 2008 sans réponse. A signaler les américains sont les 1ers visiteurs de ce site, on se demande ce qu’ils peuvent bien venir y chercher ?

Dans la plupart des sites de partis politiques sénégalais, on retrouve un formulaire d’inscription en ligne, des forums où l’on discute de thèmes divers, l’euphorie ou la déception née de l’alternance politique au Sénégal, les rapports d’audit, les consulats diplomatiques, la méchanceté ou le manque de patriotisme d’un frère, les transhumants politiques, les relations entre les marabouts et le pouvoir, la corruption…

Facebook, Hi5, Twitter, Linkeldinn, Viadeo…qu’apportent t’ils aux hommes et femmes politiques ?

Chercher du travail, faire de la prospection commerciale, annoncer un événement, défendre une cause, promouvoir son candidat ou un produit, se faire des amis… Il fut un temps où seuls le contact direct, les rencontres et les moyens classiques comme le téléphone et le fax étaient susceptibles d’aider à établir un carnet d’adresses. Ces réseaux ont montré leur efficacité.

Mais ces dernières années, ces outils sont en passe d’être presque obsolètes face à la montée des nouvelles technologies, notamment internet et de la téléphonie mobile.

Quelques chiffres

Avec une bande passante internationale de 3,4 Giga bits par seconde le Sénégal a connu un essor sans précédent avec une population estimée à 12.171.265 personnes, la progression du Sénégal est fulgurante dans le domaine de la téléphonie mobile. Les télécommunications sont d’ailleurs l’une des branches les plus actives de l’économie sénégalaise, avec un chiffre d’affaires de plus de 500 milliards de FCFA (soit 8 % du PIB) généré principalement par les activités fixe, mobile et Internet.

Le nombre d‘abonnés ADSL est quasiment à l’identique que celui des abonnés RTC avec 52.914 abonnés ADSL au 31 mars 2009 pour 56.973 abonnés internet au 31 mars pour environ 3.000.000 d’utilisateurs occasionnels et réguliers y compris ceux de la diaspora sénégalaise. Le Sénégal a ainsi accru son nombre d’internautes de 1250% passant de 40 000 usagers en 2000 à 540. 000 en 2007 et à plus de 820.000 au 31 décembre 2009. Soit environ 6 % de la population.

Le dernier fait marquant est sans doute l’émergence d’internet mobile, communément appelé la 3G, même si la 4G+ est appelée à la supplanter. Ce mode d’accès représente environ 39 % du parc d’abonnés avec plus de 60.000 abonnés. En sachant que le parc des abonnés au téléphone mobile est estimé à plus de 5.983.639 au 31 mars 2009.

Une progression fulgurante de la téléphonie mobile, dont le parc est passé de 700. 000 abonnés en 2001 à 1.537 000 en septembre 2005, 3.434 000 en septembre 2007 et 5.983.639 au 31 mars 2009

A ce jour, le Sénégal compte, selon le Network information center (NIC) www.nic.sn, plus de 4.000 noms de domaine sous l’extension « .sn ». Le reste est réparti entre les autres extensions (.com.org, .gouv.sn, .net…).

C’est dans ce contexte de développement des NTICS qu’il faut situer le nouveau phénomène des outils dits Web 2.0 au Sénégal. L’utilisation des NTICS ne se limitant plus aux fonctions basiques. Les partenaires en affaires, amis et autres ne se limitent plus aux personnes que l’on côtoie tous les jours ; on les trouve maintenant grâce à ce que l’on appelle le Web 2.0 devenu un véritable phénomène mondial. Par Web 2.0 au sens strict, il faut entendre les outils internet et particulièrement les « social networks » tel que Facebook, Linkeldin, Twitter, Netvibes, Viadeo, Wiki, Podcast et autres.

Le web 2.0 une évolution naturelle du web et de ses usages

L’utilisateur devient enfin actif et créateur de contenu

A ceux qui sont tentés de se poser cette question et pensent qu’ils ont dû rater une évolution, car n’ayant jamais entendu parler du web 1.0, je répondrais que le web 2.0 est une est une évolution naturelle de l’utilisation quotidienne de la messagerie, des mises à jour permanentes, …. En conséquence selon la définition de wikipédia (encyclopédie libre en ligne), l’expression « Web 2.0 » désigne l’ensemble des technologies et des usages du World Wide Web qui ont suivi la forme initiale du web, en particulier les interfaces permettant aux internautes ayant peu de connaissances techniques de s’approprier les nouvelles fonctionnalités du web et ainsi d’interagir de façon simple à la fois avec le contenu et la structure des pages et aussi entre eux, créant ainsi notamment le Web social.

Cela se caractérise par la multiplication de nouveaux services multi-supports (iphone, blackberry, portables ultra légers, Ipad,…). Le web 2.0 peut se résumer en une étape de l’évolution du web dont l’utilisateur et le partage d’informations sont la clé de voute. Ce web est notamment caractérisé par l’apparition de nouveaux services multi-supports (ordinateur, jeux en ligne, pda, téléphone) favorisant l’interaction entre les internautes (blogs, wikis, partage de photos et de vidéos, forums), et les informations (flux rss, journaux citoyens-( dakarbondy blog, tags) grâce aux nouvelles technologies et surtout à une meilleure maîtrise des technologies du web dynamique.

Un lieu d’échanges et de débats enrichissants

Pour l’homme politique, il s’agit de faire accepter par le plus grand nombre ses opinions, ses idées en vue de les transformer en ses électeurs. L’atout majeur pour l’homme politique lancé dans une campagne est, entre autres, l’interactivité entre les internautes (potentiels électeurs) et lui. Il peut, de fait, émettre une idée et échanger en un temps record avec un nombre indéterminé d’hommes et de femmes autour de lui ou même loin de lui. Ce qui lui permet non seulement de tester l’intérêt de son opinion, de sa vision, de son programme, mais aussi et surtout sa propre popularité.

C’est certainement pour encourager l’usage de tels outils que le Premier Ministre du Sénégal Mr Souleymane NDENE NDIAYE a créé son site web orienté 2.0, son Facebook et son Twitter, ce qui lui a valu le titre de Premier Ministre 2.0 par le Magazine African Facebooker Magazine. Avec son Blackberry toujours en main

Grâce à Internet, il devient possible de faire de la politique autrement

L’élection de Barack Obama à la Présidence des Etats-Unis a aussi été une illustration de la place prépondérante que prennent les technologies de l’information et de la communication dans notre vie, particulièrement en politique. L’équipe de campagne du candidat Obama - à l’époque – a en effet utilisé ces moyens pour atteindre et convaincre le plus grand nombre d’Américains à ouvrir leur portefeuille pour financer la campagne et à voter dans le bon sens.

Levée des fonds, mobilisation sans précédent de volontaires, blogs, mise en ligne de vidéos, etc.

Comment les NTICS ont été au cœur de la victoire de Barack Obama et ailleurs.

S’il n’y avait pas eu Internet, Mr Barack Obama ne serait probablement pas Président des Etats-Unis ! Pareille affirmation est-elle excessive ? Pas sûr. Tous les observateurs de la vie politique américaine s’accordent pour dire que le Web a joué un rôle central dans sa candidature, puis dans sa victoire. Dès la fin 2006, ses « spins doctors » avaient commencé à déployer une stratégie Web terriblement efficace à travers les réseaux sociaux, les médias participatifs, les plateformes d’échange et de mutualisation, et plus généralement les plateformes Web 2.0. Le patron et créateur de Facebook, Mark Zuckerberg, lui-même, s’y était mis.

Ce succès a été possible parce que le candidat lui-même a, très tôt, compris l’intérêt qu’il pouvait tirer de ces technologies. ”Son Blackberry toujours en main, le futur président américain est aussi un adepte du Web 2.0. Des millions d’internautes se sont appropriés la campagne présidentielle US. Ce militantisme d’un nouveau genre a porté le « candidat des réseaux sociaux » à la Maison Blanche.

Son équipe a, certes, mené une campagne classique, avec appels téléphoniques et porte-à-porte, mais elle a aussi exploité tous les recoins des blogs et des réseaux sociaux. Au cours de cette campagne, Barack Obama a également pris conseil auprès des patrons des nouveaux grands de l’Internet, qu’il s’agisse de Google ou de Facebook. Parmi ceux qui auront la charge des nouvelles technologies, il avait même déjà désigné Sonal Shah, une ancienne responsable de Google.org.

En premier, il a créé un site Change.gov où il invite les gens à raconter leurs histoires et à poser leurs candidatures aux postes qui se sont ouverts, le Président Sénégalais Abdoulaye Wade s’en est inspiré, mais ne s’en sert pas du tout.

Mr Barack Obama une fois élu n’a pas abandonné le web, en effet, dès son élection le 4 novembre 2008, à la tête des Etats-Unis, le Président Barack Obama a annoncé que son mandat serait placé sous le signe du participatif et donc du web 2.0. Ecouter et aider son prochain, inciter à partager ses idées et soumettre ses projets sur la toile sont désormais perçus comme autant de moyens pour réinscrire le citoyen dans un projet commun. Avec pas moins de 8.000.000 de supporters (à la date du 22 Mars 2010) rien que sur Facebook, le 44e Président des Etats-Unis se doute bien que cette audience du web est un atout de taille pour relever les nombreux défis qui l’attendent comme lors de la promulgation de la loi sur la réforme de la Santé.

Alors le web 2.0 idéal démocratique ? Difficile de répondre dans l’immédiat, mais Barack Obama est sans aucun doute le premier candidat à une élection présidentielle qui a su pleinement exploiter les nouvelles technologies pour communiquer ses idées.

En France, après la révolte citoyenne lors du référendum européen de 2005, les personnalités politiques l’ont compris. Sans son site Désirs d’avenir, sur lequel j’ai énormément travaillé avec Benoit Thieulin de la Netscouade, Ségolène Royal n’aurait jamais emporté les primaires socialistes en novembre 2006. Internet a déjà joué un rôle clé dans la campagne pour la présidentielle 2007 en France. Et ce n’est qu’un début. Après les pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire et médiatique, les citoyens fédérés grâce aux technologies de communication récentes forment un nouveau pouvoir : le cinquième pouvoir.

Les grands partis politiques ont compris l’intérêt et surtout retenu les leçons de la campagne américaine puisque l’UMP –le parti majoritaire a mis un an de préparation pour son site www.lescreateursdepossibles.com avec un budget de plus de 500.000 €, là ou le Parti Socialiste a lancé son réseau social militant à la Facebook, la Coopol www.coopol.fr (coopérative politique), très inspiré de ce qu’avait mis au point l’équipe de campagne de Barack Obama (le maitre d’œuvre est mon ami Benoit Thieulin )

Les deux sites sont nés d’un même constat et d’une même méthode. Impressionnés par les outils en ligne mis en place par Barack Obama lors de sa campagne, l’UMP et le PS ont commencé à étudier les possibilités offertes par le Web, et en particulier les réseaux sociaux, aux partis politiques. Ils ont tous les deux lancé une « étude de marché » . Mais tandis que le PS consultait ses cadres et ses militants pour savoir ce qu’ils attendaient d’un tel réseau, l’UMP tentait de cerner la présence des partis politiques en ligne. Ces deux plus grandes formations politiques n’attirent pas beaucoup de militants -125.000 visiteurs uniques pour l’UMP- et 135.000 visiteurs uniques pour le PS- ou de sympathisants comparés aux 600.000 visiteurs uniques par mois du CDU allemand d’Angela Merkel

Organisation

La Coopol est un site à plusieurs niveaux. Les militants qui s’y inscrivent sont invités à la fois à rejoindre leur section « physique » ,(leur lieu d’habitation) mais aussi les groupes thématiques qui leur sont chers.

L’importance des secrétaires de section au PS se reflète jusque dans la modération du site : sur leurs espaces dédiés, ce sont eux qui sont responsables de ce qui se dit.

Les Créateurs de possibles, en revanche, sont organisés autour d’un niveau unique : « l’initiative » , semblable aux groupes du réseau social Facebook, censés rassembler les internautes autour d’une même proposition concrète, par exemple « Redonner à Rufisque son lustre d’antan » ou « Faire de Pikine la ville la plus branchée du Sénégal« . Les internautes peuvent apporter leur témoignage ou s’organiser pour mener le projet à bien.

Comme pour tous les réseaux sociaux de type Facebook ou Hi5, c’est la création – ou l’absence – d’une communauté stable qui fera son succès ou son échec. Les réseaux sociaux sont particulièrement sensibles à la loi de Robert Metcalfe (fondateur de la société 3Com et à l’origine du protocole Ethernet) : « L’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs. » En clair, plus il y a d’utilisateurs d’un réseau (Iphone, Blackberry, Facebook…) plus ce réseau est utile.

Et au Sénégal ?

Actuellement le cinquième pouvoir se déplace sur le Net, toutes proportions gardées

Une constante, au Sénégal, depuis la fin de l’élection présidentielle de 2007, une multitude de site d’informations se développe avec comme corollaire une course effrénée au sensationnel et à la « peoplelisation ». Le point commun de ces sites, être rattaché à une version papier ou être totalement indépendant avec un journaliste « com » comme leader. Tous ces sites n’ont qu’un objectif, la défaite du PDS-L lors des prochaines élections, même si aucun n’ose l’avouer publiquement, car actuellement le cinquième pouvoir se déplace sur le Net. Il suffit de voir les taux d’audience de sites comme Seneweb, Rewmi, Politicosn, Xibar,…pour ne citer qu’eux pour s’en convaincre, ce qui accroît leur part de marché publicitaire.

Des sites portails tels que Yahoo, Orange ou Google et Yahoo pour les moteurs de recherche ou les sites tels que CNN ou US comptent parmi les sites les plus consultés dans le monde avec les sites du Monde ou du Figaro. La particularité de ces acteurs nés sur l’Internet ou venus des Télécoms, ce sont tous nés sur Internet ou venus des Télécoms, ce sont tous des agrégateurs de contenu en provenance d’autres sites d’informations ou de dépêches d’agence de presse là où les rédactions mobilisent des rédactions dédiées à leur production en ligne.

Par conséquent, en temps que tel ces rédactions n’ont pas à proprement parler de ligne éditoriale, à quelques rares exceptions comme www.kanal150.com ou www.pressafrik.com.

Des sites comme Seneweb qui ne mettent à la une que les articles des journaux papiers sans tenir compte du droit d’auteur et rares sont ceux qui mentionnent d’ailleurs l’auteur de l’article, sauf depuis que les journaux en ligne se sont regroupés au sein d’une association pour défendre leurs intérêts et assignés les dits journaux en justice contre toute reproduction sans autorisation.

Peu ou prou d’entretien avec des patrons ou des acteurs de l’économie. La une est faite en général pour faire réagir les intervenants à travers leurs forums non modérés à priori.

Ces « nouveaux » médias qui se financent par la pub on line comptent sur cette manne afin de compenser la perte de revenus sur les supports traditionnels comme le journal version papier et bientôt par l’agrégation de contenu, notamment vidéo qui génère les plus fortes audiences. Mais à quel prix ?

Ces nouveaux journalistes multi-tâches, multi-support fournissent tous du contenu gratuitement, et plus le flux de contributions est important plus le journaliste a atteint son objectif ce qui se fait au détriment de la qualité.

Une nouvelle étape de l’exercice du métier de journalisme serait t’elle franchie ?

Il s’agirait de fonder avec l’usager des médias une relation revigorée par la prise en compte d’une parole trop longtemps ignorée. A la version verticale d’une voix d’autorité délivrant son savoir depuis un accès quasi privatif aux sources se substituerait un journalisme de conversation qui s’épanouit via l’échange horizontal, ouvert, interactif et itératif avec les internautes et cet autre type de journalistes plus aguerris à la recherche et à la vérification des faits qu’aux moyens de les accommoder.

Sans doute ce tournant numérique est il indispensable à la survie des médias historiques. Mais comme dans le journalisme traditionnel, les effets induits par la recherche de l’audience maximale sont nombreux et pervers, en devenant agrégateurs d’images, peut importe les types d’images, et diffuseurs de rumeurs, les médias cèdent à ce que Mr Jean Pierre Elkabach appellent la dictature de l’émotion, de l’immédiateté de l’instantanéité et de l’apparence. La raison principale de cette dictature émotionnelle est le risque de perdre de l’audience, de ce qui fait du « buzz » sur le Net et par conséquent engendre une fréquentation monnayable.

Le cyberjournaliste fait savoir ce qui se voit et réagit à ce qui génère des réactions d’internautes. La hiérarchie de l’information n’a plus court dans un cybermonde ou prime la dernière livraison inédite. Inédite sera également, la prochaine campagne présidentielle de 2012 au Sénégal où l’on verra une multitude de sites de soutiens, d’informations, de blogs,….chacun essayant à sa manière de « capter » de l’audience à travers les campagne de pub on line pour capter la diaspora (entre 1 et 2 % ).

Les réseaux sociaux, les journalistes et les politiquesLa crise du journalisme de marché, son déclassement dans l’opinion publique sont en bonne partie imputable à l’émergence d’une parole libre et critique sur Internet.

Récemment huit journalistes européens que sont Arlette Chabot (France télévision), Jean-Pierre Elkabbach (groupe Lagardère), Eric Fottorino (Le Monde), Axel Ganz patron de presse allemand), F-O Giesbert (journaliste romancier), Edwy Plenel (Mediapart), David Pujadas (France Télévisions) et Philippe Val (France Inter) ont tiré la sonnette d’alarme à l’heure d’internet en évoquant un monde de l’information en pleine mutation avec des médias traditionnels en péril. L’info à l’heure d’internet vit une incroyable mutation.

Face à ces nouveaux moyens d’informer, la profession en effet est divisée. D’un côté, des journalistes des médias sénégalais très présents sur les réseaux sociaux et qui ajoutent à leur production dans les médias classiques une sorte de fil d’info personnel adressé aux internautes (via leur blog), à leurs “friends” (sur Facebook) ou à leurs “followers” (sur Twitter) ou qui y viennent pour chercher de l’information. De l’autre, des journalistes plus traditionnels qui voient dans les réseaux le lieu de la désinformation, du fait de l’absence de tri et de la brièveté des messages.

Les nouveaux outils de gestion de contenu permettent à tout un chacun de créer, gérer et animer un site ou un blog sans aucune connaissance de base du métier de journalisme, ni des conséquences d’une rumeur balancée sur internet. Ndiaga Diouf (journaliste) lors d’une contribution parlait de « rumeurivore » en qualifiant la société sénégalaise. Désormais, l’information débute son circuit de diffusion par les réseaux sociaux, qui prennent de vitesse les canaux d’information classiques.

Le revers de la médaille, c’est la baisse d’audience des sites « informasentionels » au Sénégal suite aux nombreuses insultes et autres diffamations en baisse constante depuis plusieurs mois, une ou deux voient leurs audiences augmenter, mais ils font comme si de rien n’était, car ne veulent pas scier la branche sur laquelle ils sont assis de peur de perdre des parts de marché.

La une est faite en général pour faire réagir les intervenants à travers leurs forums et plus je laisse passer les insultes de politiques ou de guides religieux, plus j’ai des chances de voir mon taux audience augmenter, malheureusement, les chiffres du site de mesure d’audience www.alexa.com sont parlants pour tous ces sites à l’exception d’un ou deux. L’équivalent de wax sa xalat en somme mais version internet sans censure. Les plus fortes audiences des sites proviennent en général des sujets ayant trait à la pornographie ou à l’homosexualité.

Les internautes étant obligés de faire la police eux-mêmes en sermonnant ceux qui déversent des flots d’insanités ou en passant leur chemin de peur de se faire insulter s’il arrivait de prendre position pour tel ou tel camp. Mais depuis quelques temps des injures à caractère religieux ou ethniques font leur apparition sur les sites sénégalais. Vigilance.

70.000 Sénégalais sur Facebook

Et contrairement à une idée assez répandue, plus de 50 % des utilisateurs du web se connectent du Sénégal (55 %) suivent ensuite la France, les Usa, le Nigéria, l’Espagne, l’Italie…

Internet n’étant pas une zone de non droit et le Sénégal n’étant pas au dessus des lois, afin d’apaiser les esprits, il me parait sein que les responsables de ces sites d’informations fassent le ménage, fassent respecter la charte de leurs sites et veillent à la qualité des messages postés sur leurs sites, il y va de leur survie, afin qu’émergent des sites d’informations de qualité avec des contributeurs de qualité sans se faire taxer de pro ou d’anti.

A ce sujet, le Sénégal dispose d’un arsenal juridique important avec la nouvelle loi sur l’économie numérique 2008-08 du 25 janvier 2008 sur les transactions électroniques notamment dans son chapitre V concernant la conservation des éléments d’identification personnelle où il est stipulé dans son article 5 concernant la responsabilité des prestataires techniques que les utilisateurs peuvent engager la responsabilité des prestataires techniques lorsque aucune mesure technique prévue à l’article 3 du présent décret n’a pas été proposée et dans son article 7, en cas de notification par écrit ou par voie électronique, les prestataires techniques engagent leur responsabilité si elles laissent en ligne le contenu manifestement illicite.

L’article 12 est encore plus explicite car il impose au site Internet une obligation de résultat d’identification-

Les prestataires techniques ont une obligation de résultat en matière de conservation des données de nature à permettre l’identification de quiconque qui a contribué à la création du contenu en ligne et des personnages comme Marvel et SJD peuvent être poursuivis, si une plainte est déposée à leur encontre. Ils engagent leur responsabilité par négligence, conformément à l’article 431-44 de la loi sur la cybercriminalité, si les données qu’ils détiennent sont manifestement fantaisistes et ne permettent pas l’identification envisagée et l’article 13 de préciser que les données conservées portent exclusivement sur les éléments permettant l’identification des utilisateurs des services fournis par les prestataires techniques.

Peux respectent ces lois, car n’étant pas hébergés au Sénégal. Ils sont le plus souvent en Europe ou aux USA dans leur majorité et il est difficile dans ces conditions de « pister » une adresse IP d’un cybercafé de l’Ohio ou de Clermont-Ferrand et beaucoup d’outils permettent également aux internautes de brouiller les pistes pour ne pas être visible. Loin de moi l’idée d’instituer une police de l’Internet au Sénégal, la loi sur l’économie numérique est suffisamment bien faite pour être appliquée.

Il s’agirait de fonder avec l’usager des médias une relation revigorée par la prise en compte d’une parole trop longtemps ignorée par les politiques, d’où le début des radios d’expression libre qui font également de la course à l’audience en donnant la parole aux auditeurs sur tous les sujets qui les concernent.

Aux vrais journalistes, les patrons de presse préfèrent désormais des apporteurs d’audience participative, web 2.0 oblige. L’industrie de l’arbre à palabres autour des « trois normaux » à encore de beaux jours devant elle.

Les différents groupes politiques et personnalités politiques sénégalais sur Facebook

La réalité, c’est que les partis politiques ont l’ambition de ramener à eux le formidable mouvement d’expression, de mobilisation, de sociabilité qui s’exerce en ligne principalement sur les réseaux sociaux Par opportunité, d’une part, puisqu’il y a là un moteur d’élargissement de leurs soutiens, mais aussi par peur :que ces mouvements autonomes de militants auto-organisés soient une menace pour leur survie.

Ces sites permettent également de récupérer les voix des Sénégalais de l’extérieur qui jouent un rôle de plus en plus important dans le jeu politique national, car leur contribution financière est souvent requise pour l’organisation de manifestations politiques comme pour les Assises Nationales

On retrouve le même phénomène parmi les différents partis politiques sénégalais. Bien que la plupart affichent une présence sur le net, celle-ci reste des plus minimales et se résume par trop souvent au seul « site web », vitrine obligée.

Force est de reconnaître que rares sont les partis politiques se démarquant par une véritable stratégie de communication web, intégrant les nouveaux médias tels les réseaux sociaux, blogs, twitter. C’est même bien souvent la « base » qui se charge de rendre le parti visible sur internet en créant des groupes locaux sur Facebook, des blogs etc.

De Abdoulaye Wade à Mamadou Lamine DIALLO. Le 1er TOP 20 des hommes, femmes et partis politiques sur les réseaux sociaux de type FACEBOOK ou autres

Quels critères ?

J’ai comptabilisé le nombre de supporters et le nombre d’amis ou uniquement les supporters ou les amis
 

Politiciens Etiquette

Nb de
fans et d’amis

1 Abdoulaye Wade PDSL

1711

2 Souleymane NDENE NDIAYE PDSL

+5000

3 Habib Sy PDSL

55

4 Barthelemy Dias PS

+5000

5 Tanor Dieng PS

683

6 Talla SYLLA JEF JEL

+5000

7 KARIM WADE GC

607

8 Abdoulaye Baldé GC

4750

9 IDRISSA SECK REWMI

520

10 MACKY SALL APRYAKKAR

1832

11 MOUSTAPHA NIASSE AFP

501

12 AJ PADS AJPADS

133

13 Ousmane Masseck NDIAYE PDSL

220

14 BENNO SIGGIL BENNO

796

15 CHEIKH BAMBA DIEYE PS

+5000

16 AMATH DANSOKHO BENNO

376

17 JOG JOTNA BENNO

2519

18 FARBA SENGHOR PDSL

1917

19 Abdoul AZIZ SOW PDSL

3927

20 MALICK DIOP BENNO

3855

21 AISSATA TALL SALL PS

137

22 MAMADOU LAMINE DIALLO TEKKI

38



Recherche et étude effectuées par : Lamine NDAW.

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