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Sida, analyse d’une découverte annoncée comme majeure

La communication est le nerf des conquêtes, n’importe lesquelles, bref, on ne sera pas étonné de voir une brochette d’organismes, dix au total, publics dont l’Inserm, le NIH, et privés, comme Génome Canada et Génome Québec, annoncer une découverte majeure sur le sida. Voir ce communiqué de presse dont l’amateurisme susciterait l’ire des scientifiques du sérail. Mais, peu importe, la science se fait en dehors des communiqués et sait elle-même trancher les découvertes qui comptent, alors que ses revues permettent d’accéder aux résultats et aux réflexions développées par les spécialistes de la chose. Tandis que les institutions misent ensemble sur des poulains de la recherche, pour empocher la mise médiatique dans le cas où une avancée jugée spectaculaire se dessine, ce qui est le cas avec le laboratoire en question, dirigé par le Dr Sékaly. Jugée spectaculaire ne veut pas dire grand-chose, car seul l’avenir à moyen terme pourra décider de l’importance de ces résultats annoncés à grand renfort de communiqués. Mais qu’il faut lire in the text dans la revue scientifique Nature Medecine où ils ont été publiés (merci à S. Huet d’avoir mis en ligne l’article complet sur son blog).

De quoi s’agit-il ? D’une investigation menée à partir de matériaux cellulaires prélevés sur trois types d’individus. Les premiers sains, les seconds porteurs du virus HIV et suivis par la trithérapie, les troisièmes, désignés EC, bêtement traduits par contrôleurs élites au lieu de dire « résilients au virus ». Les médecins ont en effet trouvé des sujets porteurs du virus mais qui, pour des raisons jusqu’alors inconnues, ne développent pas la maladie, sans pour autant être traités par la chimiothérapie anti-sida. Voilà pour ainsi dire du pain béni pour la science car si ces sujets résistent, c’est que leur organisme utilise des « mécanismes de résilience » que les autres n’ont pas. D’où l’intérêt évident de faire quelques investigations comparatives. Ce qui fut fait. Avec comme résultat un indice significatif. Une protéine, désigné FOXO3a, est impliquée dans la résistance au virus.

Les mécanismes étant complexes (voir schémas ci-dessous), une présentation synthétique s’impose. L’infection par le HIV produit un effondrement des cellules T CD4+, T pour thymus, organe immunitaire dont elles proviennent, tandis les cellules immunitaires B, pour bone marrow, sont produites dans la moelle osseuse. Ces cellules CD4+ assurent une mémoire immunitaire centrale. Leur disparition altère les défenses et produit le sida. Et la protéine FOXO3a ? Eh bien dans une première étape, les équipes dirigées par Sékaly ont montré son implication dans le maintien en l’état des cellules CD4+. C’est en réalité assez complexe. Cette protéine existe sous deux formes, l’une disons brute, l’autre phosphorylée. La phosphorylation des protéines (addition d’un résidu phosphoryl, un peu comme un individu s’affuble d’une casquette ou d’un tee-shirt siglé) est un processus cellulaire aussi universel que la traduction des ARN en protéines. Il se trouve que la forme non phosphorylée subit une translocation (étymologie, changement de lieu) et migre dans le noyau après ouverture de pores dans la membrane nucléaire. Une fois dans le noyau, cette protéine donne comme signal à la cellule de pratiquer l’apoptose ; autrement dit, de se détruire. L’apoptose est un processus maintenant bien connu. Certains l’associent à l’embryogenèse et à l’essence de la vie. C’est le processus de mort cellulaire, indispensable dans la logique de l’organisme. Les mécanismes sont très complexes. La protéine FOXO3a induit dans le noyau des transcriptions de gènes favorisant l’apoptose. Et la résistance au sida ? Elle se traduit par une série de différences concernant les circuits de communication intra et intercellulaire, impliquant au bout du compte une différence significative au niveau de cette fameuse protéine FOXO3a qui présente, chez les sujets réfractaires au sida, un phénotype distinct faisant qu’elle se phosphoryle plus aisément, comme le montrent les différences observées entre les sujets atteints et les réfractaires (EC). Ainsi, chez ces derniers, l’armada des cellules mémoires, les CD4+, est maintenue en bon état de marche.

Des études in vitro semblent confirmer que cette protéine est liée à la survie et au maintien des cellules CD4+, et que si, par quelques interférences artificielles, on inhibe les mécanismes de production de la protéine FOXO3a, la survie de ces cellules mémoires n’en est que mieux assurée. Mais cette étude complémentaire, décrite dans l’article, n’a pas une grande importance. Sauf à dire que tout se tient et s’assemble en une organisation cohérente, ajustée et viable. Je vais maintenant procéder à quelques digressions et interprétations d’ordre scientifique plus personnelles.

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Comment comprendre ce mécanisme d’apoptose ? Premier point. Dans le contexte des cellules immunitaire, la métaphore informatique offre un éclairage certain. La mémoire est un déterminant essentiel dans la fonction immunitaire. C’est en quelque sorte le B. A.-BA de l’immunologie et ses applications courantes, le vaccin. Mais dans le cas du sida et de la dépression immunitaire, on entre dans la salle des machines et se dévoilent les secrets des mécanismes moléculaires impliqués, un peu comme un observateur extra-terrestre découvre qu’un disque dur contient la mémoire à long terme d’un ordinateur et que, par ailleurs, la DDRam assure une mémoire à court terme. Le processus d’apoptose découvert dans les cellules CD4+ semble aller de soi. Dans un ordinateur, il existe des procédures pour vider la mémoire mal utilisée et devenue inutile. Il y a tout lieu de penser que, dans le champ de l’immunité, des mécanismes produisent l’autodestruction de cellules qui n’ont plus vocation à garder la mémoire immunitaire trop longtemps (ou bien à le faire en surnombre). D’ailleurs, c’est ce qui justifie, les rappels de vaccination, contre le tétanos par exemple. La protéine FOXO3a a été identifiée comme un des éléments responsables de ce processus naturel et vital de mise à la « corbeille » de la mémoire immunitaire devenue inutile, un mécanisme qui, dans le cas du sida, est substantiellement perturbé.

Second point, la résilience endogène. Le fait que des sujets aient développé des mécanismes de défense contre les effets du virus HIV semble être en faveur d’une thèse de « l’intelligence moléculaire du vivant » qui, par on ne sait quelles voies méta-biologiques, développe des moyens de résilience adaptés aux menaces de l’invasion virale et ses processus délétères. Les résultats consignés dans l’article le prouvent, le sort de cette mécanique immunitaire permet de distinguer les sujets sains, les sujets atteints et ceux qui, ayant le même sort que les sains tout en étant porteurs du virus, ont trouvé, dans leurs cellules et/ou leurs gènes, les clés pour survivre naturellement. Car la mécanique immunitaire des résistants est sensiblement différente de celle des sujets sains, pour un même résultat au final, la santé et la vie. Ces quelques lignes résonnent d’une implication philosophique transcendant les normes de la compréhension scientifique. Sans doute y a-t-il matière à réfléchir sur le développement de mécanismes adaptatifs qui, en l’occurrence, n’ont pas un lien ténu avec l’environnement puisque, une fois le virus intégré, la partie se joue entre cellules de l’organisme.

Troisième point. La mémoire. Et le rôle des phosphorylations. Il se trouve que la protéine FOXO3a, impliquée dans la mémorisation immunitaire, est placée dans un dispositif qu’on retrouve dans le système nerveux à travers la protéine tau qui, selon le degré de phosphorylation, induit la mort cellulaire par apoptose. Selon les informations scientifiques disponibles, la protéine tau joue également un rôle dans la destruction des informations qu’on peut penser inutiles, dans les mécanismes neuronaux, notamment, les agencements synaptiques. Chez les souris, en stimulant la production de la protéine tau, on induit une démence proche d’Alzheimer. Ainsi, comme dans le cas du sida, il se produit des dysfonctionnements du système et une altération de la mémoire dans des maladies neurodégénératives comme la PSP et surtout Alzheimer. Le point commun de ces pathologies, c’est une altération de mécanismes qui, en temps normal, pour un organisme sain, jouent un rôle essentiel au niveau de la gestion de la mémoire. Et l’autre point commun, sur le plan moléculaire, c’est ce rôle de la phosphorylation qui, selon la situation, est interprété dans un sens ou dans l’autre. Ainsi, une approche transversale permet de dessiner des similitudes entre pathologies pourtant différentes, mais présentant trois caractéristiques. Une perte de mémoire, immunitaire ou cérébrale, des processus cellulaires d’apoptose, enfin, des protéines clés, FOXO ou Tau, impliquées (moyennant phosphorylation) dans la mort des cellules censées maintenir la mémoire. Merveilleuse nature qui a su dompter les outils moléculaires pour gérer les communications cellulaires et édicter, autant qu’interpréter, ces signaux. Comme a su ensuite le faire, par transcendance et transformation, l’être humain avec ses langages. Nous voilà propulsés dans les mystères du prochain paradigme dont je n’ai livré que de modestes clés à l’occasion d’une modeste, mais remarquable, découverte scientifique.

Documents joints à cet article

Sida, analyse d'une découverte annoncée comme majeure Sida, analyse d'une découverte annoncée comme majeure Sida, analyse d'une découverte annoncée comme majeure

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53 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 4 mars 2008 11:25

    Après le consultant en matière stratégique mondiale et le consultant militaire voici le consultant médicale

    Et demain ?????????

     


    • La Taverne des Poètes 4 mars 2008 11:37

      Moi, j’ai trouvé le vaccin contre le Lerma. A chacun de ses commentaires, voter contre et ne pas lire. Quel gain de temps, un seul mot à repérer, le mot "lerma" !


    • tvargentine.com lerma 4 mars 2008 12:07

      Au MODEM il y a beaucoup de blaireaux qui ne comprennent pas que le vote OUI / NON ne sert à rien à l’exception de gérer du trafic et donc des retombées pour la manne publicitaire.

      D’ou les articles provocateurs des MORICE,DUGUE....

       http://www.crocis.ccip.fr/publications/Cahier%20Publicité200712.pdf

      Cela n’est vraiment pas compliqué à comprendre

      D’ailleurs la vrai question est de savoir si MORICE et DUGUE sont rémunérés et quels sont les critères pris en compte ?

      Lançons le débat ici

       

       


      • nick 4 mars 2008 15:15

        @Lerma

        Dans ton cul le débat !!


      • Aafrit Aafrit 4 mars 2008 12:21

        Agorafox aurait produit plus de Foxo, ce qui a causé la mort des T4( gen conscients virtuellement morts) et par conséquent l’affaiblissement de son système immunitaire (les modos).

        le virus lermis fait des ravages

        Merci à l’Auteur ..


        • Yvance77 4 mars 2008 13:03

          Article passionnant. Merci M. Dugué.

          Lerna comprenez vous la signifiaction de "fermer sa gueule". Vous traitez de con, n’est même plus pensable, c’est faire insulte aux cons.

           

          A peluche

           


          • dup 4 mars 2008 13:11

            un peu difficile à comprendre . pas tous ont fait 10 ans de biologie moléculaire . Que peut on retenir ? va on vers un vaccin , vers autre chose ? comment se fait le passage à l’immunodeficence chez les uns et pas chez d’autres ? quel sont les incidences des modes de vie ’ . Comment ce ’virus’ en est il arrivé a devenir agressif il y seulement 20 ans ? ou se trouve l’épicentre de cette maladie . On lit tant de choses contradictoires qu’on est content quand un scientifique se mouille et risque sa carriere . on veut la vérité .. tout simplement


            • Vincent Verschoore VincentV 5 mars 2008 12:07

              Ben oui, c’est confus, parce que l’existence même d’uen cause virale à l’immunodéficience est remise en cause par des chercheurs depuis le début de l’hstoire SIDA (début années 80). Je sais que je vais me faire tuer par tous les politiquement corrects qui lisent ceci, mais le fait est que l’existence même du VIH est mise en doute depuis très longtemps par pas mal de chercheurs (en premier lieu Peter Duesberg de l’univeristé de Berkeley, mais il est loin d’être le seul), et que le syndrome d’immunodéficience acquise, ou sida, est lié au "style de vie" plutôt qu’à un virus. Pour une synthèse très accessible de cette approche anti-VIH, je vous recommande par exemple "les 10 plus gros mensonges sur le SIDA" http://www.alterinfo.net/Les-10-plus-gros-mensonges-sur-le-sida_a8262.html

              Vous l’aurez compris je fais partie du camp des anti-VIH, et de ce fait je considère que toutes les explications tortueuses et généralement incompréhensibles des défenseurs du VIH (et donc surtout de leurs budgets de recherche) sont du pur bidon, destinées à noyer le poisson.


            • Atlantis Atlantis 4 mars 2008 13:12

              le grand méchant virus va tous nous tuer, c’est foutu !


              • GRL GRL 4 mars 2008 14:22

                Salut Bernard .

                c’est drôle , je lisais il y a peu un article qui traitait cette fois ci du cancer , et l’on y décrivait également le principe de l’apoptose cellulaire , de la mort programmée , comme bloqué. Les cellules de la tumeur bloquant le processus de respiration des mithochondries , et toute oxydation de fait des cellules , elles refusent de mourir. L’article parlait d’une équipe de chercheurs qui essayaient de rendre l’apoptose à nouveau possible en essayant de déverouiller les mithochondries et d’obliger à faire respirer la cellule à nouveau , ce qui , annonçaient ils , semblait relancer les processus d’oxydation, le processus de vie et de mort de la cellule et donc celui de l’apoptose. De fait les cellules cancéreuses disparaissaient alors d’elles même , de leur mort naturelle. ( ils disaient en etre au stade des essais sur les rats ).

                Il y a je pense un pont entre ce que tu racontes là et ce qui se disait dans l’article sur Naturavox . il devrait t’interesser.

                Merci pour l’article , GRL.

                 


                • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 mars 2008 14:32

                  Salut GRL,

                  J’avais vu passer ce billet, décrivant une approche systémique qui me convient, d’ailleurs, je devais faire passer un billet sur le cancer faisant une sorte de point sur les limites des approches mécanistes et puis hier soir, j’ai découvert les liens vers ces travaux concernant le Sida, du coup, c’est ce billet que j’ai proposé. Du coup, la pauvre Carla Bruni et l’ humanitaire sont restés dans l’espace modération.

                  L’apoptose est un mécanisme connu pour être universel, dans le contexte du cancer, je ne sais pas quel pourrait être son role, mais en effet, si on donne aux cellules le signal de s’autodétruire, la mission impossible du cancer sera réalisée


                • GRL GRL 4 mars 2008 14:44

                  Bernard , l’apoptose est un truc qui m’a fait lire des pages et les pages qui m’ont le plus retournées parlent de l’apoptose .... sociale , lorsqu le lien est tiré entre l’individu et son corps social. Bernard , c’est absolument impressionnant. je suis pour ma part convaincu , mais alors convaincu , que les mécanismes de l’apoptose vont déjà completement renverser la notion de mort telle qu’on la conçoit aujourd’hui. Quant au cancer, j’entendais un philosophe dire que c’était le stade le plus proche de l’immortalité , du fait du blocage de l’apoptose cellulaire . La cellule ainsi refuse de mourir . L’article que j’ai mis en lien venait peu de temps apres reprendre ce propos à l’envers , sur le plan de la thérapie , et en traitant encore de l’apoptose cellulaire. ici , tu la remets sur le tapis autour du Sida . Il y a des liens à tirer , mais forcément.

                  En societé il y a des choses , des concordances absolument étranges à ce sujet. Il faut lire Bloom , j’en démords pas , lui il a compris un gros morceau. M’est avis que les mécanismes , on les connait , souvent , mais les liens Bernard , les liens entre les choses , eux sont la clé.


                • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 mars 2008 14:53

                  L’immortalité du cancer fait qu’on peut cultiver des cellules tumorales in vitro pendant des années. La clé, c’est d’abord le lien, relier tous les éléments, ce que j’ai essayé de faire en évoquant la protéine tau et puis trouver des généralités et comprendre le sens de tout ce bricolage moléculaire qui a sa propre "intelligence", d’ailleurs, un paradigme nouveau va naître. J’ai déjà quelques pièces, mais sans le concours d’un éditeur, je ne me lancerai pas


                • GRL GRL 4 mars 2008 15:02

                  En terme de liens , je pense que tenter de retrouver les memes principes, en ce qui nous concerne , l’apoptose et son éventuel blocage , retrouver ses mécanismes à un niveau d’imbrication inférieur ou supérieur , comme retrouver le schéma vivant complet à l’interieur des corps sociaux , dont on commence à faire les paralleles de la génétique ( mémétique ) , y retrouver un " cancer " , " un sida " et chercher sur ces voies paralleles pour tenter d’arriver au même résultat tout en validant ou en invalidant la description des processus au fur et à mesure, çà , çà me passionnerait. Je suis certain que l’établissement de tels liens ferait avancer les recherche beaucoup plus vite , du reste , je suis également convaincu que l’on y viendra tot ou tard , que l’avenir de la science est totalement pluridisciplinaire et fait de liens.


                • janequin 4 mars 2008 18:10

                  Bonjour,

                  Article très intéressant, car il remet le Sida à sa place, à savoir l’excès d’apoptose cellulaire.

                  Il serait également intéressant de chercher quel est le lien entre cette protéine FOXO (dont on aimerait connaître la structure et surtout le coenzyme) et la présence ou non de peroxynitrites (-OONO) dans le sida, car ceux-ci semblent jouer un rôle important dans la stabilité du VIH :

                  http://www.retrovirology.com/content/pdf/1742-4690-4-76.pdf


                • janequin 4 mars 2008 18:44

                  J’ai omis de signaler cette étude :

                  http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17012767?dopt=AbstractPlus

                  qui met en rapport le phénomène d’apoptose des lymphocytes T et la présence de peroxynitrites.


                • JL JL 4 mars 2008 18:49

                  ""Du coup, la pauvre Carla Bruni et l’ humanitaire sont restés dans l’espace modération""

                  Mmmh ! Rien que ça ? C’est pas sérieux !


                • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 mars 2008 18:57

                  Jeté un oeil sur le second lien,

                  sentiment étrange, on dirait plutôt que c’est HIV qui secrète une réponse au stress oxidatif pour retarder l’apoptose et continuer à se répliquer ou survivre, bref, le virus aurait des spécificité d’adaptation, comme tout système vivant, alors qu’il n’est pas dans le règne de la vie

                  Le stress oxydatif, c’est si ma mémoire est bonne un processus collatéral à l’apopotose et à tous les processus par lesquels des cellules se dégradent. Quant à ce module de gluthation péroxydase, c’est étrange, on se demande où le virus est allé piqué le gène de cet enzyme qu’on trouve dans le foie et qui intervient par exemple pouir éliminer le paracétamol


                • La Taverne des Poètes 4 mars 2008 20:46

                  Rien compris mais ça semble intéressant. Ah la science ! c’est vraiment pas fait pour moi. Vivement le 9 mars que je retourne à la poésie et à la musique ! 


                • janequin 4 mars 2008 21:00

                  Ou bien on peut se demander si ce stress oxydatif n’est pas l’essence même de l’apoptose.

                  Si l’on étudie un peu une des études qui montrent l’influence de ces protéines FOXO sur l’apoptose cellulaire, on constate que celle-ci est initiée par de l’eau oxygénée, qui n’est pas précisément un composé inerte, loin s’en faut, et qui participe de manière très claire au stress oxydatif, mais n’en représente certainement pas la seule origine :

                  http://www.fasebj.org/cgi/reprint/04-2727fjev1

                  Le paracétamol, dans le foie, est justement métabolisé en N-oxy-paracétamol, qui est le métabolite dangereux, car il consomme le glutathion en permettant la fixation du soufre sur le cycle aromatique du paracétamol. Il est certain que la glutathion peroxydase catalyse la destruction de l’eau oxygénée et des peroxynitrites. Elle doit donc empêcher (sauf en cas d’excès de paracétamol et d’agents oxydants tels les peroxynitrites) l’oxydation intempestive du paracétamol en N-oxyde.

                  Il est effectivement étrange de penser que le VIH contienne des séquences proches de séquences humaines...


                • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 mars 2008 21:13

                  Il y a des causes matérielles et formelles, dixit Aristote (je laisse de côté les efficientes et les finales)

                  Le stress oxydatif me paraît plus relever des causes matérielles, alors que la protéine FOXO, dans la mesure où elle transloque dans le noyau, représente un signal, une information, qui ensuite, déclenche en cascade l’apoptose et les processus induits, c’est ce que j’ai compris de l’article qui en fait état. Vos remarques sur le stress oxydatif sont très intéressantes, surtout cette histoire du module de péroxydase, assez étrange et étonnant


                • janequin 5 mars 2008 07:39

                  Je suis assez d’accord avec cette analyse, et je me pose la question de la nature du signal emporté par la protéine FOXO à l’intérieur de la cellule.

                  Peut-être s’agit-il tout simplement d’une molécule ou d’un ion qui prend la place du groupement phosphate dans les milieux cellulaires conduisant au sida, groupement peut-être plus petit que ce dernier, et que la protéine introduit à l’intérieur de la cellule.

                  Il serait intéressant de savoir si cette protéine a un site actif soufré (cystéine), auquel cas la molécule pouvant être "transloqué" serait le monoxyde d’azote, qui seul permet la formation rapide des peroxynitrites, entité éminemment apoptotique, en présence d’ion superoxyde.

                  L’excès de monoxyde d’azote dans le milieu intercellulaire pourrait contrer la phosphorylation normale de cette protéine. ce ne serait donc pas le virus qui empêcherait cette phosphorylation, ni une prédisposition génétique, mais simplement l’excès d’une molécule fondamentale des milieux intra et intercellulaires, molécule apparemment formée en grande quantité en présence du virus.

                  Dans cette optique, l’activité remarquable du 3TC s’expliquerait aisément par le blocage de ce monoxyde d’azote sur le soufre du thioacétal, hydrolysé ou non.


                • janequin 5 mars 2008 08:38

                  Une petite erreur s’est glissée dans mon précédent post !

                  La translocation de la protéine FOXO se fait du cytoplasme vers le noyau au travers de la membrane nucléaire, et cela permet également de comprendre la détérioration du génome par les propriétés nitrantes des peroxynitrites (nitration des guanosines) et des membranes (nitration des tyrosines, voire des tryptophanes)


                • GRL GRL 5 mars 2008 10:00

                  En tout cas les amis, cet " exces d’apoptose " cellulaire dans le cas du VIH , le " blocage de l’apoptose" cellulaire dans le cas du cancer , la réflexion qui s’articule autour de ce phénomène, de ces processus, semble etre une voie qui voudrait que, de la même manière que ces puissantes maladies arrivent directement ou indirectement à contrôler la mort programmée de la cellule en inhibant ou activant à volonté le processus d’apoptose, l’etre humain en recherche en vienne-t-a s’approprier lui aussi quelques clés autour de ce processus.

                  Ce qui m’a toujours frappé dans les orientations de la recherche médicale à propos du cancer comme du sida, c’est le postulat de départ consistant à essayer de détruire la cellule infectée ou tumorale. La détruire , donc placer un agent exterieur qui pourrait du coup , faire le tri entre ce qu’il faut tuer et ce qu’il faut garder. Alors que le corps sait tres bien le faire et a déjà développé des processus extremements complexes et anciens puisque la mort programmée de la cellule est si je ne me trompe pas , l’activation d’une séquence du génome. Alors les moyens mis en oeuvre , et je pense ici , précisément aux rayons dans le traitement du cancer , sont une veritable mise à mal pour le corps entier , pour le malade.

                  Il me parait donc important mais surtout sensé, d’orienter la recherche vers la connaissance des tenants et des aboutissants de l’apoptose cellulaire, les facteurs déclenchants, inhibiteurs, car il y a certainement un set d’instructions qui inhibent ou activent ce processus. L’article à propos du cancer que je vous évoque plus haut est éloquent à ce sujet. L’apoptose est une voie de contournement à la destruction de l’antigene par un agent exterieur. Il est à mon sens possible qu’on soit perpetuellement en train de réinventer la roue au travers des médications soignant certaines maladies évolutives. C’est une conviction , mais elle est tres forte en moi.

                   


                • janequin 5 mars 2008 13:17

                  GRL, vous me comblez...

                  Je vais essayer d’apporter un petit plus à cette discussion en remettant sur le tapis l’intervention de ces peroxynitrites qui me tiennent à coeur.

                  En effet, quelles sont les substances les plus à même d’induire classiquement un cancer ? Chacun sait déjà que la fumée de tabac contient ce qu’il faut pour, et certains composés en faisant partie sont plus précisément montrés du doigt. Le principal est le benzopyrène.

                  Or, ce benzopyrène, aromatique très riche en électron, est très facile à nitrer par ma méthode classique (acide nitrique dilué), et le sera donc également par ces peroxynitrites, qui, s’ils sont éliminés du cytoplasme par ces substances, ne seront plus à même d’induire l’apoptose, sans doute par le phénomène de translocation décrit ici.

                  Autre composés fortement cancérigènes bien connus des chimistes : la toluidine, la N,N-diméthylaniline, bref les amines aromatiques très activées, que l’on nitre avec un soupçon d’acide nitrique, et qui piègent donc très efficacement les peroxynitrites.

                  D’ailleurs, si on regarde de plus près, il semble de plus en plus certain que dans les deux maladies, c’est justement ce processus d’apoptose qui est dévoyé, soit dans un sens, soit dans l’autre.

                  Et, en ce qui concerne le sida, on se rend compte que les cofacteurs qui favorisent le plus l’infection à VIH sont justement ceux qui libèrent le monoxyde d’azote et donc les peroxynitrites : poppers, amines secondaires, viagra :

                  http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16505748?dopt=Abstract

                   


                • Erickthehunter 4 mars 2008 14:41

                  Merci Pour cet article qu’il vaud mieux lire et relire.


                  • Charles Bwele Charles Bwele 4 mars 2008 15:26

                    @ Bernard,

                    G pigé l’essentiel mais je vais relire, étant plus branché techno que bio... Hé Hé ! L’apoptose et la paraptose, je connaissais. J’avais même passablement bouquiné un merveilleux bouquin là-dessus y a qq années d’un scientifique européen, le titre c’était "Le suicide cellulaire ou la mort créatrice".

                    Personnellement, g la conviction - mais c plus subjectif qu’objectif - qu’on finira par trouver un truc vontre le HIV.

                    Merci pour l’info, Bernard.

                     


                    • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 mars 2008 16:36

                      Hi Charles, en fait, il n’y a que très peu de différences entre le techno et le bio, seulement l’origine, car les cellules sont des systèmes de gestion de l’information d’une incroyable complexité, mais elles sont naturelles et pas artificielles comme un PC


                    • brieli67 4 mars 2008 15:59

                      dans tout celà ? 

                      Pourquoi que dans les cellules nerveuses qui dérivent embryonairement des cellules digestives ? De nombreuses hormones dites cérébrales se retrouvent dans le tube digestif ces amas de cellules hors de leur tissu sont enclin à développer des tumeurs par exemple les vipomes.


                      • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 mars 2008 16:34

                        Pas saisi votre question, sinon, les cellules nerveuses sont d’origine ectodermique, elle ne dérivent pas de celles du tube digestif qui sont issues de l’endoderme


                      • brieli67 5 mars 2008 05:22

                        pour les longues nuyits d’hiver ou ce qu il en reste

                        http://homepage.mac.com/danielbalas/GERONTO/index.html#lectures

                        un peu d"embryologie causale et moléculaire

                        http://homepage.mac.com/danielbalas/BDDMOL/embmol/embmol.html

                         

                        @ Bernard

                        Les cellules cibles du VIH sont celles présentant des récepteur CD4 à leur surface. Ainsi, à part lymphocytes T -CD4+, les macrophages, les cellules dendritiques les celules microgliales cérébrales peuvent être infectés par le VIH . Aussi, la réplication virale a lieu dans plusieurs tissus.

                        Quid ?

                        Oui ! dans la PSP il y a accumulation de cette proteine dite tau ... maladie décrite à Guam et à la Guadeloupe. une origine toxique ? un virus lent comme dans le Kuru - lentivirus ou prion ?

                        http://en.wikipedia.org/wiki/Daniel_Carleton_Gajdusek

                        Les plaques amyloîdes..... Une spécialité bordelaise comme la lamproie au vin rouge ??

                        Du moins en Aquitaine on plante plein de ginkgo biloba.....

                        http://www.iqwig.de/download/A05-19B_Vorbericht_Ginkgohaltige_Praeparate_bei_Alzheimer_Demenz.pdf

                        une expérimentation dont on attend les résultats depuis un bout de temps.


                      • TALL 4 mars 2008 17:24

                        Merci pour l’effort Dugué, mais si je peux te demander un truc pour la prochaine fois : essaie d’’être un peu + pédagogique. Je te le demande parce que je crois que tu le peux, of course. Surtout si tu comptes éditer.

                        Parce que je ne suis pas spécialement dur de la comprenette, et j’ai un petit background en bio, mais là, y a des moments où c’est un peu flou pour moi. D’autant que le sujet est super intéressant, et mérite d’être bien compris.

                        Merci.


                        • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 mars 2008 21:44

                          Ici, c’est un peu technique, j’ai rédigé la partie 1 en lisant deux fois l’article scientifique in english, pas mal d’efforts, si tu en fais autant, ça te paraîtra plus accessible

                          quant au fameux livre, il devrait être lisible, je pense, et il va falloir que je me presse, en 2009, c’est les 150 ans de la parution du livre de Darwin et comme je projette de livrer une version inédite de l’évolution et du vivant....


                        • TALL 4 mars 2008 21:59

                          Superbe projet !

                          Bon courage smiley


                        • claude claude 4 mars 2008 22:28

                          cher bernard,

                          merci pour ce bel article.

                          euh, corrigez moi si je me trompe :

                          en termes clairs : cette protéine FOXO3a, obligerait les cellules contaminées par le virus HIV ... à se "suicider" ???

                          c’est de l’extrème simplification, mais est-ce bien cela le fin mot de l’histoire ? et c’est pour cela que certaines personnes porteuses du virus, ne développent pas la maladie ?

                          si oui, serait-ce une mutation du système immunitaire ?

                          et si oui encore, cela pourrait ouvrir bien des perspectives de recherches pour l’élaboration d’un vaccin ou d’une thérapie encore plus efficace...


                        • David Krauss 4 mars 2008 21:03

                          Article très intéressant qui aborde des notions (apoptose, stress oxydatif) qui sont discutés déjà depuis pas mal de temps par des chercheurs dits dissidents, on se demande bien pourquoi ?

                          A force de chercher on finit par trouver des choses intéressantes.


                          • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 mars 2008 21:17

                            L’article ne parle pas du stress oxydatif évoqué dans les commentaires et qui n’a rien de dissident, c’est d’ailleurs un argument promotionnel pour le vin qui est censé lutter contre les radicaux libres, et plus si affinité

                            L’apoptose est entrée dans le domaine scientifique depuis des années, mais c’était une idée saugrenue dans les années 1980, seulement discutée dans quelques revues théoriques, russes par exemple


                          • yvesduc 4 mars 2008 22:04

                            M. Dugué, vous êtes-vous penché (sérieusement) sur les thèses dissidentes du SIDA ? Je découvre tout juste l’existence de ces thèses et je viens de lire un livre de Jean-Claude Roussez au titre sulfureux, “SIDA, supercherie scientifique et arnaque humanitaire”, qui m’a beaucoup troublé. Pour moi qui n’y connais rien de rien à la médecine, ça a l’air logique et cohérent. Roussez (mais un millier de médecins dans le monde sont comme lui des « dissidents ») affirme que le virus n’existe pas (j’insiste : le virus, pas le SIDA lui-même), ou bien que ce virus n’a pas les propriétés qu’on lui prête et est au mieux un co-facteur de la maladie. Il affirme que le SIDA recouvre en fait plusieurs maladies bien connues. Il avance un certain nombre de faits très simples (je ne vais pas reprendre tout le bouquin ici) qui jettent en effet le trouble. En résumé, le virus du SIDA ressemble à un véritable OVNI scientifique, ne ressemblant à (presque) rien de connu et si hors normes qu’il faut sans cesse lui inventer une médecine sur mesure.

                            Sur le “pourquoi du comment”, Roussez se montre aussi clair et convainquant. Dans les années 80, les grands laboratoires ont lourdement investi dans la recherche sur les rétrovirus, dans le but de vaincre le cancer. Fausse piste. Dès lors, lorsque le SIDA apparaît, les laboratoires voient l’occasion de se refaire une santé morale et financière puisque grâce à lui tout cet argent n’aura pas été dépensé pour rien. Il est beaucoup plus lucratif de chercher un virus qui n’existe pas et de vendre des médicaments que de dire simplement aux gens que les drogues et produits qu’ils prennent (poppers...) sont nocifs ! (je résume)

                            Bien sûr, tout ceci est extrêmement surprenant au premier abord. J’en suis là.

                            D’où ma question : vous êtes-vous penché sur la solidité scientifique des affirmations (et propositions) des chercheurs dissidents ? Notamment, leur suggestion selon laquelle on aurait pu (et dû) explorer plusieurs pistes et non seulement celle du rétrovirus. Je vous remercie.

                            PS : J’insiste encore : il n’y a là qu’interrogation de ma part.


                            • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 mars 2008 22:10

                              Ma réponse est claire, à vous de vous pencher sérieusement sur les thèses dissidentes

                              Qu’il existe des chacals prêts à profiter du Sida, c’est certains, comme d’autres ont jeté leur dévolu sur les artistes du rock dans les années 60 et 70 et le Floyd de chanter, Money

                               

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