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Sites communautaires sous pression... Russe ?

L’annonce se répand comme une traînée de poudre sur le net : la Russie (sous-entendu son gouvernement) serait derrière les dysfonctionnements récents de Twitter et de Facebook.
Bigre ! La raison d’un tel déchaînement de violence numérique ? La volonté de réduire au silence un certain Cyxymu, blogueur sympathisant Géorgien dont la page Livejournal semblerait aussi avoir fait les frais de cette attaque ciblée. Une culpabilité évidente... vraiment ?

Lâcher téléguidé de cyberpirates Russes ?
 
Si effectivement la date (le 6 août) des faits rapportés correspondrait pratiquement au premier anniversaire du conflit russo-géorgien (le 7 août) il convient de rester mesuré quant au doigt accusateur tendu, non seulement vers l’origine territoriale supposée comme vers l’implication de structures officielles.
Cyxymu n’hésitant pas en effet à désigner du doigt les autorités Russes et leurs services secrets sur sa page Twitter.

Deux précisions à la suite d’une telle accusation : d’une part nous ne connaissons pas l’origine véritable de cette cyberattaque (elle n’est déduite que par l’identité du blogueur et son support au pouvoir Géorgien), sachant qu’il est de plus en plus fréquent de par le monde d’employer des machines zombies pour provoquer la surcharge d’un serveur (DDoS), de fait et à ce jour, rien ne prouve que provienne du territoire Russe, assertion qui pour être vérifiée nécessiterait une enquête longue et minutieuse pour remonter à la source ; au sein de la version numérique de The Guardian, ledit Cyxymu énonce "Maybe it was carried out by ordinary hackers but I’m certain the order came from the Russian government," said the blogger, whose monicker is a latinised version of the Russian spelling of Sukhumi, the capital of Georgia’s other breakaway republic, Abkhazia. He added : "An attack on such a scale that affected three worldwide services with numerous servers could only be organised by someone with huge resources.", le souci c’est que le gouvernement Russe, tout aussi attentif que d’autres Etats à la cyberstratégie, n’est pas un point de passage obligé pour mettre à bas un site, le blogueur victime admettant lui même que des hacktivistes ordinaires pourraient très bien être à l’origine d’une telle action.

J’ajouterais qu’il est aussi étonnant qu’une telle attaque, soi-disant grande nécessiteuse en ressources selon l’intéressé, soit orientée de sorte à faire taire UN blogueur en mettant hors service des sites communautaires où les voix les plus diverses s’y font entendre. Bref, ce serait intimer le silence aussi bien à ce blogueur qu’à ceux qui lui seraient défavorables : quelle dépense d’énergie de la part d’instances gouvernementales pour un objectif si secondaire pour ne pas dire insignifiant ! D’autant que la publicité lui étant désormais offerte apporte à ses pages personnelles désormais plus de visibilité qu’auparavant.
 
L’on peut aussi se permettre de conjecturer en aval (Cyxymu était-il véritablement la cible des attaques ou n’a-t-il été qu’une victime parmi tant d’autres ?) comme en amont (quel était le mobile réel des cyberpirates : politique, technique, financier ?).
 
Enfin je vous encourage à vous, anglophones, à lire ce très instructif article paru CNET.com démontrant qu’il est tout à fait possible de louer des botnets à des fins rarement publicisées. Et comme le précise Elinor Mills au sein d’un article didactique provenant du même site, Unless someone takes credit, it’s nearly impossible to find out who is responsible for a DoS attack. Often attackers will send traffic through proxies so there is no direct link to the source, even if investigators can get a hold of a bot used in an attack to dissect the code. Bots also may be located in another country. Ce qui en français signifie que tracer l’origine exacte d’une cyberattaque est quasi-impossible pour peu que l’auteur ait opéré avec un minimum de professionnalisme.
 
Nécromancie numérique
 
Fort instructif en revanche et sans conteste révélateur est la puissance de frappe dont sont capables les nécromants du numérique : ces derniers ayant l’assise suffisante pour mobiliser une armée de machines prêtes à frapper simultanément ou en série des objectifs précis. Au point de les paralyser ou perturber les serveurs cibles. Et ce y compris les sites les plus en vue, comprendre les réseaux communautaires. Il y a là un réel défi pour les sociétés oeuvrant sur ce créneau de ne pas être confronté trop souvent aux conséquences de telles cyberattaques.

Défions-nous toutefois des coupables idéals, y compris dans la cybersphère..
 
par Yannick Harrel (son site) lundi 10 août 2009 - 25 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par John Lloyds (xxx.xxx.xxx.97) 10 août 2009 10:43
    John Lloyds

    La dernière cyber-attaque contre les Etats-Unis, censée venir de la Corée du Nord, avait été, selon des chercheurs vietnamiens, commanditée de Grande Bretagne, qui semble elle aussi aimer les false-flags.

    Nul doute que dans l’encerclement stratégique de la Russie mis en place progressivement par l’Otan (dernièrement l’affaire de la fourniture d’armements à la Géorgie, ou la main-mise du Canada sur l’arctique), on va chercher de plus en plus de poux dans la tête à Poutine (si je puis dire).

    Il est certain qu’on attribuera à cet empêcheur de tourner en rond les pires méfaits, des cyber-attaques aux provocations militaires, en passant par le soutien à l’Iran. Les US ont montré que pour justifier l’envahissement de l’Afghanistan et l’Irak, ils ont été capables de tuer 3000 des leurs, nul doute qu’ils n’hésiteront pas, même par le biais de l’annexe anglo-saxonne, de charger au taquet cette grande puissance ennemie, seul véritable obstacle à leur plan d’hégémonie mondiale.

  • Par take five (xxx.xxx.xxx.56) 10 août 2009 10:48

    tout est bon comme excuse pour protéger les œuvres de big-brother, on nous démontrera bientôt que la grippe aviaire et H1N1 sont aussi l’œuvre des Russes...

  • Par Philou017 (xxx.xxx.xxx.245) 10 août 2009 10:55
    Philou017

     En fait, les attaques viennent d’Abkazie, une des deux provinces sécessionnistes de Georgie.

    http://blog.lefigaro.fr/technotes/2009/08/twitter-et-facebook-attaques-la-piste-russo-georgienne.html
    http://www.slate.fr/story/8985/twitter-victime-collaterale-de-la-guerre-georgie-russie

    Il n’y a donc aucune preuve de ce que cela vienne de l’état Russe. Que quelques Abkhases énervés aient monté cette affaire, c’est possible, mais complètement idiot.

    Il n’y a aucune chance de faire taire un bloggeur, surtout inscrit sur un site communautaire important, car les données sont sauvegardées et bien entendu accessibles de nouveau des que l’attaque est terminée.
    En fait, ce genre d’attaque ne pouvait avoir comme résultat que de faire une publicité inespérée au bloggeur en question, ce qui est arrivé, bien entendu.

    Cette attaque parait si stupide et improductive à tout point de vue, qu’on peut se demander si ce n’est pas une opération de manipulation, destinée à alimenter la propagande Géorgienne, voire occidentale. Un "opérateur" localisé en Abkhasie aurait bien pu lancer cette attaque, faisant accuser facilement le coté Russe, d’autant que la méthode est assez primaire :

    Rather, he said, at about 10:30 a.m. E.S.T., millions of people worldwide received spam e-mail messages containing links to Twitter and other sites.When recipients clicked on the links, those sites were overwhelmed with requests to access their servers.

    Plutôt, il (Bill Woodstock, un informaticien) dit que, vers 10h30, des millions de gens ont reçu des spams contenant des liens vers tweeter et d’autres sites. Quand les destinataires cliquèrent sur les liens, ces sites furent submergés par des requêtes d’accès à leurs serveurs.

    Ça n’empêche pas notre presse de propagande de répercuter stricto-senso les affirmations du bloggeur Géorgien qui accuse la Russie sans la moindre preuve, alors qu’il ne parait avoir aucune compétence informatique spéciale, étant enseignant en économie.

    Dommage que cette même presse ait soigneusement ignoré l’activité extrêmement suspecte d’internautes israéliens qui sont intervenus tres tôt sur Twitter dans le problème récent en Iran, bien plus que les Iraniens eux-mêmes.

    Mais on sait que le role de la presse n’est pas réellement d’informer.

  • Par Georges Yang (xxx.xxx.xxx.180) 10 août 2009 10:16

    On a aussi parlé de la Corée du Nord, bientôt, ce seront les Chinois qui seront mis en cause !

    Lancer que cela vient du Vatican ou d’Al Qaida pourrait "intelligemment " relancer le débat.

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