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Accueil du site > Actualités > Technologies > Téléchargement de livres complets sur Google : rêve devenu réalité (...)

Téléchargement de livres complets sur Google : rêve devenu réalité ?

Google est dans une quête perpétuelle de maximisation du contenu (gratuit) de son index et disponible sur Internet en général. L’objectif est clair : maximiser les espaces publicitaires collatéraux à ces contenus, afin d’avoir un maximum d’exposition pour ses publicités Adwords/AdSense en mode pay-per-click qui sont au coeur de sa stratégie (voir le graphique de ce billet).

Constatant qu’un immense contenu se trouvait dans les livres non accessibles sur Internet, Google (copié par Yahoo et Microsoft unis dans l’Open Content Alliance - OCA) a entrepris dès 2004 de les digitaliser  : c’est le service Google Print, renommé Google Books (voir le site français), en chemin.

Dans cette croisade, il a provoqué depuis longtemps des différends avec les éditeurs, car cette quête du contenu universel gratuit est clairement et souvent en opposition avec les intérêts des maisons d’édition.

Celles-ci le lui rappellent souvent : en France, le dernier exemple en date est le procès des éditions de La Martinière contre Google Books pour violation des droits d’auteur. Suivent de multiples péripéties juridiques avec les auteurs et éditeurs américains (sans parler du procès AFP autour des dépêches en ligne...)

Mais aujourd’hui, Google frappe très fort : la BBC annonce qu’il va proposer gratuitement le téléchargement en ligne de livres complets (format PDF issu de la numérisation) pour lesquels les droits d’auteur sont tombés. Le blog principal de Google et celui dédié à Google Books confirment chacun la nouvelle.

[Exemple : une traduction anglaise de L’Enfer (La Divine Comédie) de Dante de 1833 - le livre complet en PDF est accessible sur cette page (le petit bouton "Download" donne accès aux 437 pages du livre intégral pour 5,1 Moctets seulement !)]

Sachant que les droits ne durent que quelques dizaines d’années (le "quelques" étant variable, selon les pays), cela va donner un accès gratuit à des millions de livres à M. Tout Le Monde depuis son PC. Cela veut dire, par exemple, Molière, La Fontaine, Jean-Jacques Rousseau, Platon, etc., accessibles sur chaque PC de la planète.

Mon coeur balance :

  • c’est très bien pour la diffusion de la culture sur la planète : chaque individu va pouvoir accéder à de tels chefs d’oeuvre. Actuellement, il est sûrement difficile (et coûteux) de trouver des éditions originales d’auteurs classiques hors de leurs pays !
  • mais ces classiques hors de droits sont encore commercialisés et font les beaux jours de certaines maisons d’édition et imprimeries. Des drames sociaux en perspective ?

Je suis sûr que cela va générer des tonnes de nouvelles batailles juridiques avec les éditeurs ! (Même si le mouvement de base de Google semble à 100% légal, puisque les droits d’auteur sont tombés, pour les livres choisis).

Autant Google pouvait plus ou moins "se les mettre dans la poche" en partageant les revenus Adwords de Google Books et en générant des leads pour ces livres vers Amazon ou Alapage.com, mais là, il va avoir du mal à expliquer qu’il n’est pas en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis !

De toute façon, je ne comprends pas ce mouvement de Google par rapport à la stratégie évoquée en préambule : en quoi cela augmente-t-il l’activité de recherche sur son moteur et les espaces publicitaires correspondants ? Au contraire...

Pour boucler sur une note positive, les marchands d’imprimantes PC et de consommables peuvent se frotter les mains ! Ce qu’on appelait encore humoristiquement le "copillage" récemment va exploser....


Mise à jour :

Olivier Ertzcheid - qui dans son billet très fouillé détaille aussi toutes les conditions du deal entre Google et les universités américaines - nous livre son point de vue d’universitaire français qui pense que c’est un marché de dupes.

Il écrit : "Au final le marché de dupe est le suivant : chacun des 2 partenaires reçoit "sa" copie, une copie à usage interne si l’on veut. Mais le marchand (Google) s’ouvre tous les droits sur la sienne et les copies de la sienne (impression, téléchargement, revente ...) et impose au bibliothécaire un usage fermé et stérile de la sienne (pas de revente ni de cession, pas de téléchargement depuis les sites universitaires, etc.). Une forme revendiquée d’eugénisme documentaire.

On appréciera le cynisme du billet annonçant la nouvelle sur le blog de Google : "Now, with the help of our wonderful library partners, we’re able to offer you the ability to download and read PDF versions" ...
Chaque nouvelle bibliothèque contractante, en même temps qu’elle assure une visibilité de ses fonds et à l’impression de contribuer à la dissémination mondiale de la culture, fait faire un irrémédiable pas en arrière de plus à l’ambition d’une bibliothèque universelle.

Et pour parachever le tout, nos chères bibliothèques n’ont d’autre choix que d’accepter le cadeau "empoisonné" de Google qui consiste à opter pour une solution hébergé, le temps de la numérisation : c’est à dire que les oeuvres seront disponibles sur le site de Google uniquement, le temps que les université aient mis en place les capacités de stockage et de bande passante nécessaires ... "

Pas tendre, Olivier, mais sûrement très réaliste sur beaucoup de ses arguments !

Le débat va être brûlant mais passionnant : sur le fond, il dépasse très largement le sujet Google Books pour poser de grandes questions de société sur le rôle de nos institutions académiques, l’utilisation commerciale des biens publics, etc...

Nous vivons vraiment une époque très spéciale dans notre Histoire !

Source : blog Media & Tech (par didier durand)


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68 réactions à cet article    


  • (---.---.162.15) 31 août 2006 10:55

    Est-ce qu’il est possible de faire des copier-coller avec ces formats pdf ? D’un paragraphe, d’une page ou d’un livre d’un seul coup. C’est une question essentielle pour ne pas être prisonnier d’un format propriétaire.

    Je rappelle que c’est possible dans d’autres projets que vous n’avez pas cités, comme le projet Gutemberg (dont je ne connais pas le degré d’avancement... Ne pourrait-il pas rejoindre un projet Wiki ?...).

    Am.


    • Didier Durand Didier Durand 31 août 2006 11:44

      Bonjour,

      On peut faire du copier-coller dans les pdfs mais parfois seulement : cela dépend de la manière dont ils ont été générés (« sélectionner tout » marche le plus Acrobat Reader).

      Il faut par contre qu’il y ait eu une passe d’OCR sur la page.

      A tester sur Google Books (je ne l’ai pas fait) : ils font un OCR donc le copier-coller devrait fonctionner

      cordialement

      didier


    • gem (---.---.117.249) 31 août 2006 18:32

      soyons précis :

      si c’est le TEXTE qui a été numérisé (« après une passe d’OCR », comme dit plus haut) pas de problème pour copier-coller (à de petit souci de miseen page près)

      si c’est la PAGE du livre, et bien le pdf est une bete image, difficile à transférer ailleurs. Le problème n’est d’ailleurs pas lieu au PDF, mais justement à l’absence de l’OCR.

      N’oublions pas que parfois, un livre vaut aussi pour les annotations manuscrites qu’il contient.


    • gem (---.---.117.249) 1er septembre 2006 10:09

      j’y pense, l’impression à une caractérisitique qui la rend irremplaçable : elle est IRREVERSIBLE. Pas possible de bidouiller le texte pour lui faire dire autre chose, pas possible de coller un nom d’auteur respecté sur un texte foireux, pas possible de changer l’auteur, etc.


    • (---.---.209.126) 5 septembre 2006 11:41

      Format propriétaire... oui et non : semi-propriétaire. Adobe publie les spécifications du PDF :

      http://partners.adobe.com/public/developer/pdf/index_reference.html.

      Du coup, il est possible de créer des outils manipulant du PDF, et ils existent des logiciels de visualisation et de conversions dans le monde du logiciel libre. A l’heure actuelle, le PDF reste un des formats les plus portables, après l’ASCII (voir l’Unicode), et le HTML/XML.


    • (---.---.15.130) 31 août 2006 12:17

      Les droits étant tombés, je ne vois pas quel peut être le problème. Si une oeuvre est dans le domaine public, elle appartient à tout le monde, de quel droit voudrait-on empêcher Google d’en jouir ? En quoi les maisons d’édition classiques seraient-elle plus légitimes pour l’édition d’oeuvres publiques ?


      • Didier Durand Didier Durand 31 août 2006 14:06

        Bonjour,

        Sur le fond, vous avez 100% raison.

        On peut juste s’inquiéter des conséquences sociales et commerciales de la stricte application du droit....

        Voir mon nouveau billet sur le sujet : il montre d’autres aspects de cette opération

        Il est à http://media-tech.blogspot.com/2006/08/haro-sur-google-le-point-de-vue.html


      • Dominique (---.---.208.44) 3 septembre 2006 14:53

        Il n’y a strictement aucune nouveauté, cela existe depuis des années.


      • ropib (---.---.161.144) 31 août 2006 12:20

        Je pense qu’on peut se poser la question du support papier. Aujourd’hui il est vrai que je préfère lire des livres sur papier mais avec ce genre de possibilités peut-être que demain je lirai un livre sur mon pda... certainement même.

        Vos inquiétudes pour le secteur de l’édition sont légitimes. Mais un jour nous avons inventé les alumettes ça a du mettre les seules personnes qui savaient faire du feu au chomage. Et puis on ne peut pas dire qu’Internet soit hyper nouveau, il serait peut-être temps de trouver de nouvelles idées (c’est la même chose pour la musique). Car à force de laisser faire ceux qui en ont, comme Goggle, sans réagir en se disant « ça ne va pas marcher » ou « on va les en empecher » et bien on se fait dépasser.


        • Didier Durand Didier Durand 31 août 2006 14:07

          D’accord avec vous sur le fait que les réactions non-googliennes tardent.

          Mais, malgré tout, le fait que le pouvoir se concentre dans peu de mains finit par faire du souci...

          cordialement

          didier


        • Claude Burgat (---.---.153.99) 31 août 2006 12:24

          Pas de problème, OCR ou pas, copie en une image JPEG (possible avec Acro. Reader)suivi OCR pour celui qui le veux en texte. Amicalement


          • (---.---.162.15) 31 août 2006 14:25

            Combien de temps à y passer pour un livre de 300 pages ?

            Am.


          • Jimmy (---.---.178.30) 31 août 2006 17:56

            Il existe maintenant des convertisseurs PDF -> n’importe quel format (word, .txt etc)


          • (---.---.162.15) 31 août 2006 20:06

            Même pour un pdf contenant des images à traiter en OCR ? J’ai des doutes sur le résultat et la rapidité (ça doit ramer...)

            Am.


          • Duc de Grenouille (---.---.41.33) 31 août 2006 12:27

            19 000 livres numériques gratuits sur le site Projet Gutenberg !

            Oui rien de vraiment nouveau. La BNF propose déjà des ouvrages du domaine public à télécharger et le projet Gutenberg fait cela depuis un bon moment (PDF, HTML,RTF dans plusieurs langues). Mais dès qu’il s’agit de Google, on pointe du doigt le grand méchant loup !

            Cela fait déjà deux ans que je pratique la lecture de livres sur PDA (ou PocketPC) dans le métro. J’ai ainsi lu « A se tordre » d’Alphone Allais, « Les fleurs du Mal » de Baudelaire, « La fée des grèves » de Paul Féval (connu surtout pour « Le Bossu ») ou bien encore la Constitution Européenne....

            Sur le plan purement pratique sur PC, je recommande le freeware YBook (lecteur + générateur d’eBooks, + module de téléchargement vers le projet Gutenberg)) et la beta version de Foxit PDF 2.0 quand on veut lire et annoter un PDF à toutes les sauces (un simple exécutable rapide non intrusif).

            YBook

            http://www.spacejock.com/yBook.html

            Foxit PDF Reader 2.0 Beta

            http://www.foxitsoftware.com/foxitreader/FoxitReader2.0Beta.zip

            Ces possibilités d’annotations - de Foxit Reader ou d’autres logiciels - favoriseront (avec l’usage des ordinateurs en classe) de commenter les textes, d’y amener de la contradiction, ou d’y trouver plus vite des points essentiels pointés et répartis sur des dizaines de pages.... D’avoir donc un regard moins passif...

            Certes la lecture sur ordinateur n’est pas toujours idéale, surtout pour un ouvrage complet mais les initiatives vont bon train en matières d’appareils baladeurs, lecteurs simples ou adaptés à la lecture et la prise de notes :

            Panasonic, Philips, Sony, Sharp ont mis au point différents modèles couleurs ou noir et blanc, à l’état de prototypes ou à la vente. Il y a aussi les Tablet PC et le Origamis / UMPC pour les engins sous Windows XP avec écriture cursive incluse...

            Parmi les appareils à la vocation d’être abordables, légers, peu gourmands en énergie et qui savent annoter on peut, par exemple, citer :

            My Note de Aiptek

            http://www.ubergizmo.com/fr/archives/2006/08/my_note_de_aiptek.php

            L’iLiad de iRex

            http://www.irextechnologies.com/products/solutions

            La librairie numérique peut donc permettre de ressuciter des classiques ou des ouvrages méconnus d’auteurs divers et non édités ou réédités... L’édition numérique moderne saura proposer des auteurs contemporains à faible coûts par le jeu du téléchargement léger : 3 Mo pour 500 pages de lecture ! Un économie est aussi à mettre en place. Mais comme pour la musique qui s’est laissée déborder par le Peer to peer et les téléchargements illégaux, au lieu d’innover en premier avec tout l’argent dont elle disposait, l’édition se montre aussi frileuse avec les nouveaux médias, et pour le moins peu novatrice. Eccueil à éviter et dans lequel les majors du disque se sont engouffrés : proposer des livres numériques trop chers. Quand on additionne le prix des morceaux de musique à 1 Euros pour le célèbre iTunes, on atteint vite le prix d’un CD avec une qualité moindre et d’énormes restrictions en matière de copie. Hors avec le Web, le circuit de diffusion est à faîble coût... Cherchez l’erreur !


            • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 31 août 2006 14:49

              La France est touchée par cette maladie de l’immobilisme et cela autant parmi les syndicats que chez les grands dirigeants d’entreprises. Et lorsque que le virus du modernisme touche le territoire on demande au docteur Etat de vite prendre des mesures, nous l’avons vu avec cette loi déjà obsolète DADVSI, et chez les exploitants viticoles qui après avoir vu leurs vente baisser à l’export par manque de marketing et d’innovations vont demander des aides de l’Etat.

              Le problème, comme celui soulevé par cet article, n’est pas simple à résoudre et parfois la lisibilité du phénomène est très floue mais il faut accepter cette part d’incertitude et inventer de nouveaux modèles culturels et économique, donc innover et pour cela s’en donner les moyens, chose que nous avons beaucoup de mal à faire.

              Personne n’a soulevé le problème posé à la très vieille Encyclopædia Britannica par Wikipedia hors c’est aussi un bastion de la culture britannique qui risque de tomber, vous me direz que l’on s’en fout c’est pas chez nous...

              Il faut que nous acceptions de changer nos mentalités et combattions nos peurs du futur qui nous font nous replier sur nous-même. L’ouverture du marché des Télécom à créé en France un énorme dynamisme, une baisse des tarifs et une profusion d’offres mais il a fallu combattre et faire accepter les réformes aux syndicats et faire tomber le monopole d’un service publique.

              Des pays comme l’Allemagne de Angela Merkel sont arrivé à prendre le virage et redresser en partie leur économie, sommes-nous capable de le faire ?


            • fredleborgne (---.---.143.88) 31 août 2006 13:27

              Je propose tout seul mon livre au téléchargement gratuit sur ce site : www.gm.fredleborgne.fr (sans pub, sans popup, sans vote forcée, sans inscription... et sans perte de temps) J’y affirme une lutte contre les droits d’auteurs qui « paralysent » la culture. Néanmoins, je ne prétends pas pouvoir tenir la concurrence face aux grands classiques. Mais sachant que seuls 20% des « écrivains professionnels » arrivent à vivre de leur art, je préfère ne pas courir dérrière une carotte que je devrai partager avec trop de monde. Néanmoins, je regrette que le métier de l’écriture, si dur, ne permettent pas à beaucoup d’honnêtes travailleurs-créateurs d’en vivre officiellement, et qu’ils soient condamnés à être des « nègres » pour des « stars ». (2000 écrivains professionnels en France) Enfin, un livre selon moi a besoin du support papier pour être complet. Des solutions d’éditions à la demande sur le net commencent à exister. Peut-être celà sauvera quand même les auteurs ? Mais pour redonner le gout de la lecture, il va falloir lutter contre le Zapping.


              • Didier Durand Didier Durand 31 août 2006 14:09

                Je suis par ailleur un fan de « la free culture » pronée par Lawrence Lessig mais notre société n’est pas encore organisée par rapport à ce nouveau modèle.

                Il risque d’y avoir un peu de casse pour atteindre cette transformation !

                didier


              • Guil (---.---.170.165) 31 août 2006 13:35

                Comme précisé dans un commentaire ci-dessus, ça n’a rien de nouveau. Le projet Gutemberg fait ça depuis la préhistoire du net ( http://www.gutenberg.org/ ), la BNF a son projet Gallica depuis plusieurs années ( http://gallica.bnf.fr/ ), même Wikimédia (la fondation qui gère Wikipédia) a son projet Wikisource qui commence à se remplir ( http://fr.wikisource.org/wiki/Accueil ). Et puis il y a beaucoup de bilbiothèques numériques spécialisées dans tel ou tel domaine - on peut déjà trouver une petite liste sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Biblioth%C3%A8que_num%C3%A9rique.

                Bref rien de nouveau, l’annonce de google n’est qu’un coup de pub. Et ça n’a pas tué l’édition. La seule différence c’est que cette boîte aura sans doute beaucoup plus de moyen que les autres projets... Mais au fond, il n’y a pas vraiment concurrence puisque les autres grands projets ne sont pas commerciaux : c’est même plutôt bien qu’un livre soit disponible sur plusieurs bibliothèques numériques différentes.


                • (---.---.162.15) 31 août 2006 14:35

                  Mais pourquoi donc tous ces projets ne travaillent-ils pas ensemble ? Plutôt que de numériser 3 fois le même livre, mieux vaut numériser 3 livres différents disponibles partout. On y comprends rien à tous ces projets, si bien qu’on ne parle que du plus mauvais d’entre eux !

                  Et l’Union Européenne, qu’attend-elle pour soutenir les projets libres ? Elle ne va pas être ridicule au point de créer un projet pour elle toute seule ?

                  Am.


                • vincent (---.---.75.90) 1er septembre 2006 19:59

                  @ IP:xxx.x28.162.15

                  Le fait que les livres soient numérisés par des entreprises indépendantes présente des avantages : puisqu’il y a de la concurrence, google ne sera pas tenté de fournir des pdf verrouillés (sans fonction de recherche, copier coller, impression, etc.), car il risquerait de voir sa clientèle s’évanouir vers d’autres sites plus compréhensifs des besoins du consommateur. Et cela devrait garantir l’intégrité des textes distribués, ce qui résoud le problème décrit ici par gem


                • DT (---.---.75.21) 31 août 2006 13:36

                  Je pratique la lecture de livres numérisés sur le site de la BNF (Gallica). On y trouve la plupart des grands classiques. S’il est vrai que cela peut faire de la concurrence aux éditeurs, il faut dire malgré tout que l’immense intérêt de Gallica est l’accès à des livres introuvables parce que non édités depuis des années.


                  • Didier Durand Didier Durand 31 août 2006 14:11

                    Bonjour,

                    Pour les livres « out of print », il n’y a pas de débat à avoir mais juste à dire merci !

                    on est d’accord sur ce point

                    didier


                  • Stravos (---.---.58.60) 31 août 2006 17:48

                    Trés juste, je me souviens de ma colère lorsque j’ai essayé d’obtenir de la BNF la consultation d’un livre épuisé depuis longtemps : cette peu estimable institution me refusa ce droit, tout simplement ! malgré le prix de l’entrée que j’avais acquitté, et malgré mes impôts qui ont servis entre autres choses à sa construction. Pour la circonstance, elle portait admirablement son nom : bibliothèque Fançois Mitterand, 1er imposteur de France et grand poseur de micros dans votre salon !

                    PS : le bouquin n’avait rien de sulfureux (du moins en France, car au Japon il avait été détourné en 39 45 de son but initial à des fins de propagande), il s’agissait du Hagakure de Josho, sorte de manuel philosophique écrit au 18em siècle et destiné aux Samouraïs, livre dont Mishima fait l’apologie et qui, depuis, a été fort heureusement réédité (quoique la traduction serait discutable...)

                    PS bis : au fait que disent nos canditats-présidents à propos d’un accés vraiment démocratique à la culture ?


                  • mjmb (---.---.168.63) 31 août 2006 14:03

                    Et si l’avenir était l’impression personnalisée de l’ouvrage digitalisé par le néolibraire du coin ?

                    Le document papier conserve de nombreux avantages : il est autonome, il est sa propre mémoire, le temps d’accès ou de balayage page à page reste bien inférieur à celui du document électronique. Les infériorité absolues et définitives sont rares, la capacité de recherche par exemple.

                    Pour l’instant, je ne me vois pas lire la nuit avec un écran 17’’ sur le bide.

                    Et imaginez la lecture de l’Enfer de Dante, quand le portable prends feu ?

                    Traumatisé par la lecture....


                    • mjmb (---.---.48.36) 31 août 2006 14:24

                      Excusez la désinvolture de mes dernières lignes. Je voulais dire qu’un livre électronique suppose tout un environnement qui n’est pas facilement accessible par tous.

                      Avec le livre électronique, le temps du gamin de 9 ans qui piquait Camille Flamarion dans la bibliothèque familiale pour lire la nuit est révolu.


                    • Guil (---.---.170.165) 31 août 2006 14:49

                      Je pense également que l’édition papier a encore de beaux jours devant elle... L’écran, quelque soit sa forme, fait mal aux yeux, ou bien il est trop petit ou trop rigide. J’en veux pour preuve le lamentable échec commercial des e-book, malgré les efforts de quelques industriels à grand renfort de publicité enthousiaste.

                      Même imprimer sur papier libre n’est pas une solution : ça coûte cher en papier et en encre (plus qu’un livre en librairie !), et la lecture n’est toujours pas aussi agréable que dans un bouquin relié.

                      Par contre j’avais entendu parler de projets technologiques pour créer des écran ayant la finesse et quasiment la consistance du papier. Je ne sais pas ou la recherche en est sur ce point, mais si ça se commercialise un jour pour pas cher on pourra imaginer d’avoir un seul livre relié fait de ce genre de feuilles-écran, qu’on « chargera » avec l’oeuvre de son choix en le branchant sur un ordinateur. Ca oui, ça pourrait marcher.


                    • vincent (---.---.75.90) 1er septembre 2006 19:28

                      Moi je pense plutôt que, le temps aidant, le papier va être de plus en plus remplacé par l’électronique. C’est vrai que les personnes qui sont habituées depuis des années au papier ont beaucoup de mal à se mettre à la lecture électronique (et ça se comprend, quand on est habitué...), mais quand les enfants d’aujourd’hui seront adultes, ayant été habitués dès leur plus jeune âge à utiliser des ordinateurs et autres gadgets électroniques, ils n’imprimeront plus tout ce qui leur tombe sous la main avant de le lire. (ça fera toujours quelques arbres d’épargnés...) Bien sûr, le papier ne disparaîtra jamais complètement : on a inventé les briquets et les plaques électriques, et pourtant on peut toujours acheter des allumettes.... Mais je crois quand même que la consommation de papier va fortement baisser d’ici une ou deux générations.

                      Je suis assez jeune (la vingtaine) et je n’imprime pas tout ce que je lis sur internet. J’ai déjà lu l’art de la guerre de Sun Tzu et LSD, my problem child de Albert Hoffman sur internet (ces oeuvres sont disponibles depuis longtemps, sous forme de bête site internet, bien avant qu’on commence à parler de « bibliothèque numérique »)

                      ça me rappelle une étude (je ne retrouve plus la source, désolé...) qui disait que au début de l’introduction d’internet dans les entreprises, ces dernières pensaient faire des économies de papier grâce aux messageries électroniques. Las ! la plupart des personnes de « l’ancienne génération » (rien de péjoratif dans mes propos) impriment leurs e-mails avant de les lire (je suis sûr que vous connaissez tous des gens dans ce cas...). Conséquence : plus de dépenses en papier et en encre dans les entreprises que pendant l’ère pré-internet. Mais tout ça va changer (on ne sera peut être pas tous là pour le voir)


                    • demian au sud-est-nord-ouest (---.---.227.180) 31 août 2006 14:15

                      tant que mon ordinateur ne tiendra pas dans ma poche , ne comptez pas sur moi pour ce systheme smiley et pour plier une page quand vous n avez pas de marque page vous faites comment ???????????


                      • Didier Durand Didier Durand 31 août 2006 14:56

                        Je ne crois pas que l’enjeu de cette distribution de livres en pdf soit la lecture sur écran : c’est surtout l’accès à des livres rares pour impression puis lecture sur papier.

                        C’est la dispersion de ces informations et l’accès universel plutôt que le moyen d’y accéder (écran) qui sont pour moi le vrai sujet.

                        D’accord avec moi ?

                        didier


                      • (---.---.162.15) 31 août 2006 16:11

                        Je ne suis pas d’accord. Je pense que très peu d’ouvrages seront imprimés, la lecture se fera principalement sur écran.

                        Am.


                      • kozé (---.---.10.110) 31 août 2006 16:43

                        Entierement d’accord avec toi ; passé le 1er effet de surprise, on s’apercevra qu’il est extremement galère d’imprimer 300 pages en PDF... et de les lire dans le bon ordre ensuite. D’ou la solution de facilité de lecture à l’écran.

                        C’est aussi pour ça que ce système de telechargement ne fera pas une ombre considérable au monde de l’édition traditionnelle à mon avis ; le format n’est pas aussi aisé à stocker et à utiliser que le mp3 par exemple.


                      • L'enfoiré L’enfoiré 31 août 2006 16:05

                        Salut Didier,

                        Très bon rappel à l’ordre du marché. Celui n’est pas prêt pour absorber ce « manque à gagner » que le free a lancé sans complexe. L’autre article sur les « Copyright remis en question » pousse également dans les cordes ce « monde détesté » de la distribution de livres. Vaste débat de société qui a vu le jour dans l’informatique avec les freewares qui osaient faire la même chose que des programmes propriétaires distribués très chers. Où va-t-on arrêter ? C’est ça la question. Tout a un prix. Comment continuer à vivre dans un monde dans lequel tout est gratuit. Le pli est pris, on ne veut plus payer pour mais dans le même temps, on veut garder son salaire, ses avantages... « A quoi ça sert puisque tout est gratuit ? » oseraient avancer certains. Je ne suis pas du tout contre le fait de pouvoir disposer du savoir de tous. Cela fait progresser le monde de savoir un maximum sur un sujet. Mais, ce maudit pognon est toujours d’actu. A+


                        • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 31 août 2006 16:55

                          Bonjour,

                          Je suis un fervent défenseur du Libre, j’ai d’ailleurs basé mon activité sur les produits OpenSource et sous licence GPL en entreprise, ce qui prouve que les logiciels « Libres » créent de l’emploi, il y a énormément de services à développer autour. C’est un nouveau modèle économique et culturel qui trouve normalement sa place dans notre système économique et qui fait avancer les logiciels propriétaires en les obligeant à être plus stables, plus sécurisés, et parfois moins cher. Cela ne va pas mettre Microsoft et les autres en faillite.

                          Le gratuit n’est pas un but en soit comme certains veulent le faire croire, à titre d’exemple beaucoup d’adeptes du P2P étaient prêt a accepter la licence globale, ce que la SACEM pratique déjà depuis longtemps. La technologie Internet et la dématérialisation permet simplement une réduction importante des coûts de diffusion des oeuvres musicales et cinématographiques, il faut simplement que tout le monde puisse profiter de ces économies tout en préservant les ayants droits et non rechercher coûte que coûte a sanctuariser les oeuvres dans des carcans juridiques qui à terme seront préjudiciables aux auteurs et aux oeuvres elle-même.

                          Par exemple si je télécharge une ouvre sur un P2P et que je souhaite faire un cadeau à quelqu’un pour son anniversaire je vais lui acheter le CD ou sa version Collector mais pas un fichier mp3.

                          Des expérience se font actuellement aux US sur un modèle basé sur la publicité pour la rémunération des ayants droits et la distribution gratuite vers les utilisateurs via des sites P2P, explorons cette voie au lieu de créer des lois inapplicables et liberticides.


                        • Didier Durand Didier Durand 31 août 2006 17:58

                          Je suis aussi un grand fan du Libre (j’ai remplacé un mainframe IBM par Linux chez mon employeur).

                          Je pense qu’il créé des emplois : no question.

                          La seule vraie question est : est-ce qu’il en créé plus qu’il n’en détruit ? Le phénomène est trop jeune pour avoir une réponse réelle. En plus, Libre ou pas, l’informatique bouge tellement vite que les hommes qui la font savent s’adapter aux nouvelles situations comme le Libre

                          Dans le monde séculaire de la culture traditionnelle, je vois plus de dégâts « sérieux » possibles.

                          Mais, ce ne sont que des conjectures personnelles car je n’ai (malheuresement aucun chiffre !)

                          Sommes-nous au moins d’accord que le Libre appliqué à des 2 mondes différents va certainement produire des résultats différents ?

                          didier


                        • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 31 août 2006 19:58

                          @Didier

                          Lorsque dans les années 70 l’informatique a pénétré les entreprises (comptabilité, secrétariat) elle a effectivement dans l’immédiat supprimé des emplois, fallait-il faire barrage à l’informatique et créer des loi pour en limiter les effets, bien-sûr que non.

                          De nouveaux emplois se sont créés dans d’autres secteurs, maintenance, SAV, centres d’appels, services d’assistances, etc. Le gros problème est d’anticiper et prévoir des politiques d’orientation de l’éducation et de formation et c’est là que le bât blesse car dans ces deux domaines cela a été un échec, manifestation contre la loi d’orientation, etc.

                          Mais je reste optimiste pour l’avenir tant que nous ne laissons pas les politiques gérer ces problèmes. Dans le secteur privé lorsque qu’il s’agit de gagner de l’argent ou tout simplement ne pas en perdre, on trouve rapidement les solutions contrairement à nos politiques pour qui tout devient rapidement un enjeu électoral, voire idéologique.


                        • (---.---.4.146) 31 août 2006 23:24

                          Pas tout à fait un nouveau modèle économique. Un modèle réadapté. Je crois que c’est Henry Ford qui a développé l’idée mais à vérifier. On génère un produit ou un service peu cher voir gratuit. On le rend indispensable à tout le monde car accessible et on gagne de l’argent avec les produits ou services autour.

                          Le logiciel libre est un exemple de cette technique. Comme la vente d’imprimante couleur (pas cher) où on gagne de l’argent sur les produits périphériques (encre et papier).


                        • (---.---.162.15) 31 août 2006 23:48

                          La comparaison avec les imprimantes est très mal venue. Il y a là un véritable racket du consommateur qu’aucune autorité ne s’occupe à réguler.

                          Am.


                        • vincent (---.---.75.90) 1er septembre 2006 19:31

                          @ l’enfoiré (et à tous, je vais sûrement en faire sursauter plus d’un)

                          On est à l’aube de se rendre compte que le modèle capitaliste n’est pas parfait, et qu’il y avait sûrement quelques bonnes idées dans le communisme...


                        • Didier Durand Didier Durand 31 août 2006 16:26

                          Hello,

                          La société du 21ème semble effectivement être à un virage dans son organisation civile et économique : c’est sûr !

                          Tout cela à cause de la « fuidification des rouages » apportée par Internet.

                          C’est passionnant mais aussi inquiétant.

                          PS : le dernier billet de mon blog perso donne la vision d’un universitaire français sur le sujet à lire à

                          http://media-tech.blogspot.com/2006/08/haro-sur-google-le-point-de-vue.html

                          a+

                          didier

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