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Théorie de la résonance générale

La grande révolution paradigmatique promise au tournant du millénaire se fait attendre. Le far west cosmologique actuel sur la nature et les propriétés des trous noirs montre suffisamment que la physique n’a pas abouti dans sa quête d’une « théorie de tout ». On ne sait toujours pas à quel saint se vouer et les « grandes synthèses » des uns ou des autres ne nous permettent toujours pas de comprendre l’Univers dans la plus remarquable de ses propriétés : son unité. Un physicien d’Hawaï, Nassim Haramein, a récemment proposé une audacieuse théorie unificatrice dont l’ambition va bien au-delà de la seule physique même si, à ma connaissance, elle ne comporte pas encore de volets proprement biologique et psychologique. Cela m’a décidé à livrer une pure conjecture qui, si elle prenait forme, pourrait contribuer à une vision unifiée de l’Univers qui aurait pour point de départ la psychologie et non la physique. Dans ce qui suit seront ainsi esquissées les prémisses de ce qui se voudrait une « théorie de tout » basée sur la notion transversale d’organisation. Au niveau psychologique, celle-ci se manifeste comme le cycle de l’habitude, c’est-à-dire, une causalité circulaire unissant la perception et l’action. Indépendamment de cette fonctionnalité particulière, la structure cyclique sous-jacente est directement généralisable à la biologie, la chimie et la physique en raison de sa nature d’oscillateur qui, nécessairement l’inscrit dans une dynamique d’accrochage tous azimuts avec ses « semblables. » Il s’ensuit une vision de l’univers comme un vaste tohu bohu de cycles en interaction permanente et donc nécessairement pris dans cette dynamique universelle que constitue l’accrochage des phases et des fréquences. On peut dès lors parler d’une résonance générale.

L’holographie est une invention récente mais bien avant qu’elle n’apparaisse, de nombreuses traditions ancestrales, religieuses et/ou philosophiques ont fleureté avec l’idée d’un jeu de miroir entre la partie et le Tout, en considérant l’Homme comme un microcosme, c’est-à-dire, un cosmos en minuscule, un reflet de l’Univers. N’est-il pas écrit dans la Genèse qu’il serait « à l’image et à la ressemblance » de Dieu ?

De telles conceptions holistiques et (proto)holographiques ne peuvent plus être considérées comme désuètes depuis que les expériences du français Alain Aspect réalisées sur le spin des électrons ont établi en 1982 la non localité, c’est-à-dire, le fait que, par exemple, une expérience réalisée à Paris change instantanément (sic) les résultats d’une même expérience de physique quantique réalisée à Tokyo, ce qui laisse supposer l’existence d’une unité sous-jacente du « réel » au sein de laquelle rien ne serait séparé du reste de sorte que toute chose serait une partie en correspondance intime avec un Tout... qu’elle reflèterait.

Toute chose dans la nature, une feuille, une goutte d'eau, un cristal, une durée, est reliée au tout et participe de la perfection du tout. Chaque particule est un microcosme, et restitue fidèlement le portrait du monde. Ralph W. Emerson (tr. auct.)

 De fait, à partir des années 80, les physiciens ont œuvré à ce qu’ils ont appelé des « théories de tout [1] ». Cette appellation était avant tout provocatrice car elle désigne « seulement » une visée d’unification des quatre forces fondamentales (gravité, interaction faible, interaction forte, électromagnétisme). Cependant, la physique ayant toujours été perçue comme la reine des sciences sur laquelle tout est basé, on peut légitimement soupçonner des arrière-pensées hégémoniques ou, disons, une épistémologie impérialiste.

Quoi qu’il en soit, aucune de ces théories ne s’est sérieusement intéressée aux spécificités de la biologie ou de la psychologie. C’est donc seulement par des extrapolations plus ou moins périlleuses que certains chercheurs en quête d’une véritable théorie de tout tentent des transferts conceptuels de la physique quantique vers la réalité macrophysique dans laquelle nous vivons, quitte à verser parfois cette dernière intégralement dans le domaine de l’illusion, c’est-à-dire, de l’apparence. [2]

La motivation de ces chercheurs est venue, au moins pour partie, de ce que la conscience s’est depuis longtemps invitée au cœur de l’expérimentation physique avec la question de l’observateur et de son incidence sur l’état ondulatoire ou corpusculaire des particules élémentaires. C’est donc avec le plus grand sérieux et, parfois beaucoup d’extravagance, que des physiciens se sont penchés sur elle afin de tenter de la comprendre avec les outils conceptuels de la théorie quantique, notamment sous l’angle de l’holographie.

Malheureusement, alors même que depuis quelques décennies déjà on nous assure qu’une révolution paradigmatique majeure est imminente, la réponse à la question de savoir ce qu’est la conscience et comment elle est reliée au champ physique se fait gentiment attendre... Comme sœur Anne nous ne voyons rien venir mais nous guettons toujours une théorie qui permettrait d’appréhender l’univers de manière holistique plutôt que d’avoir à le morceler à la manière de Descartes.

Il se pourrait toutefois que l’insuccès actuel soit sans importance car même inaboutie cette ambition unificatrice pourrait être heuristique simplement en rendant légitime et même nécessaire d’un point de vue scientifique de considérer l’Homme comme un microcosme ou un reflet de l’Univers : en effet, il ne serait pas alors complètement extravagant d’envisager que ce que nous savons de la réalité du premier puisse aider à penser celle du second.

Jusqu’à présent, c’est l’inverse qui a prévalu. Songeons par exemple aux visions mécaniques de l’Homme et de l’animal qui ont accompagné les conceptions horlogères du cosmos. Une similitude peut toutefois se parcourir dans les deux sens. Dès lors, rien n’interdit de partir de l’homme pour aller vers le cosmos. A tout le moins, il pourrait y avoir là un principe susceptible de guider l’intuition des chercheurs vers les hypothèses les plus puissantes puisqu’elles auraient alors à embrasser d’emblée le physique, le biologique et le psychologique dans un même regard.

Quoi qu’il en soit, il est clair que si une « grande synthèse » doit un jour s’imposer comme telle, c’est qu’elle aura satisfait au cahier des charges de la biologie et de la psychologie. Mais pour faire de ce dernier un point de départ, encore faudrait-il savoir en quoi il consiste exactement. Ces deux sciences sont-elles seulement en position de le formuler ?

On pourrait en douter au vu, d’une part, du réductionnisme qu’a imposé une biologie devenue « science et technique » du gène et d’autre part, du morcellement grandissant d’une psychologie qui, ayant dès l’origine perdu son rasoir d’Occam, s’adonne à la « multiplication des êtres sans nécessité » au point de devenir une Babel jargonnante qui parasite les hommes bien davantage qu’elle ne les sert.

Heureusement, il y a toujours eu des chercheurs suffisamment indépendant des modes intellectuelles du moment pour s’interroger sur les invariants fondamentaux et prendre le risque de la réflexion théorique plutôt que de panurgiquement contribuer à l’accumulation démesurée de données empiriques de plus en plus insignifiantes.

Si nous nous tournons vers ces auteurs, nous constatons que bon nombre d’entre eux — au rang desquels James Mark Baldwin, Jakob von Uexküll, Jean Piaget, Francisco Varela — ont convergé vers une conception cyclique de la psychologie ou, plus exactement, de l’organisation du vivant appréhendé dans sa dimension psychologique. Cette organisation leur est apparue comme pouvant être modélisée par l’unité de la perception et de l’action au sein d’une causalité circulaire, c’est-à-dire, d’une structure cyclique qui, comme « toute chose tend à persévérer dans son être » [3] en s’efforçant de « maintenir, répéter, reproduire sa propre stimulation. » [4]

Figure 1 L’unité d’organisation comme cycle perception-action

 Dès que l’on porte attention à cet invariant que constitue la nature cyclique de toute organisation, [5] on est amené à considérer chaque organisme comme une population ou un écosystème plus ou moins cohérent de cycles en interaction permanente avec les autres cycles constitutifs de l’organisme mais aussi avec ceux présents dans l’environnement...

  • ...physique (comme par exemple le cycle circadien qui amène la succession des jours et des nuits) ou
  • ...social (à savoir les autres organismes, congénères ou non, qui sont eux-mêmes des populations de cycles)

Cette incessante dynamique de reproduction inhérente à tout processus cyclique est ce qui permet au biologiste Richard Dawkins d’affirmer que le vivant obéit à la « loi du stable » qui — absolument fondamentale en mathématique et en physique — prend, au niveau biologique, la forme du principe darwinien de survivance du plus apte. [6] En effet, ce dernier renvoie au caractère différentiel de la reproduction (la sélection) présente à tous les niveaux d’organisation du vivant, et notamment au niveau individuel, celui de l’organisme, qui se trouve à tout instant dans la nécessité de maintenir sa structure en dépit du flux permanent (turn over) de ses constituants élémentaires.

Bref, on peut penser un organisme comme s’entretenant via un certain nombre d’activités qui... :

  1. sont des habitudes visant à assurer sa survie, c’est-à-dire, à entretenir (reproduire dans le temps) son organisation
  2. sont cycliques car régulièrement répétées ou reproduites avec un tempo qui va de la poignée de secondes (une respiration) à l’année, voire l’ère, en passant par le jour, la semaine, etc.,
  3. nous orientent de manière répétée vers les mêmes aspects de l’environnement grâce auxquels nous pouvons satisfaire nos besoins.

Nous avons ainsi, tel des animaux de laboratoire, des « circuits », c’est-à-dire, des « entourages » professionnels, familiaux, amicaux, etc. au sein lesquels nous ne cessons de « circuler », donc de revenir, et qui constituent notre Umwelt (monde autour).

Postuler que la réalité fondamentale est celle de cycles sous-jacents à la distinction sujet-objet amène nécessairement à l’idée que la réalité qui oppose le sujet et l’objet à laquelle nous croyons nous adresser est une construction. Loin de s’imposer à nous directement, la réalité serait conçue à partir de notre propre écosystème de schèmes, par la synchronisation de nos cycles perception-action sur l’objet qui nous apparaît réel et non pas fantomatique en raison même de cette synchronisation. Cette vision concerne aussi bien les réalités physiques [7] que la fameuse notion de « construction sociale de la réalité ».

Faute de pouvoir en dire plus ici, retenons simplement que, toutes choses égales par ailleurs, cette vision « cycliste » nous invite au même exercice mental que celui qu’a entraîné la découverte de la dualité onde-particule. Il s’agit de renoncer au monde tangible, objectif et donc réaliste auquel nous sommes attachés tant il nous sécurise pour accepter de concevoir et de s’adresser à la réalité ondulatoire, vibratoire ou cyclique dont chacun est issu, dont chacun est tissé et dont nous sommes donc complètement partie prenante.

 C’est à cela que contribue la psychologie synthétique, approche directement inspirée des penseurs précédemment cités et conçue avant tout comme une psychologie de l’habitude, c’est-à-dire, une psychologie qui, d’emblée, donne toute sa place à l’organisation cyclique du fonctionnement mental et comportemental.

L’intérêt d’une telle perspective est, je crois, assez évident : dès que nous concevons un être vivant et en particulier humain comme un écosystème d’habitudes en constante interaction les unes avec les autres, nous nous trouvons projetés au beau milieu d’un continuum qui, du subatomique au cosmologique, présente partout la même dynamique d’accrochage en phase et en fréquence, c’est-à-dire, cette dynamique absolument générale de résonance dont l’omniprésence ou l’universalité est le signe d’une réalité dont il convient de faire sens, ne serait-ce que sous le rapport de l’unité ainsi manifestée.

C’est précisément l’objectif de la théorie de la résonance générale dont je forme ici le projet en postulant qu’à tous les niveaux d’observation et/ou d’organisation la réalité fondamentale serait celle de cycles en interaction les uns avec les autres dont l’entrée en résonance ferait émerger et proprement « exister » la réalité objective à laquelle nous pensons nous adresser.

Comme évoqué plus haut, le premier corollaire à en découler est que tout être vivant peut être considéré comme une population ou, plus exactement, un écosystème de cycles.

C’est à partir de cette ontologie archiminimaliste que je souhaiterais jeter un minuscule clin d’œil à l’exubérante, la munificente physique quantique, via les hypothèses extraordinaires de Nassim Haramein car ces dernières offrent des perspectives très excitantes pour qui postule l’omniprésence des cycles et des résonances. Bien qu’il s’y attarde peu dans ses publications, tout ce dont il traite semble, en effet, pouvoir être appréhendé en termes de cycles, de vibrations, d’ondes, d’oscillateurs et donc de résonance. [8]

Il est clair que ceci est aussi vrai des autres théories candidates à l’explication du tout, notamment la théorie des cordes mais il me semble que Nassim Haramein est allé plus loin dans cette direction. Dès lors, peu importe que certaines de ses audacieuses perspectives puissent être, à l’avenir, réfutées ici ou là : la cohérence et la largeur de vue de son modèle m’ont convaincu que le moment était venu de tenter une jonction entre physique et psychologie... à partir de cette dernière !

Dans ce qui suit, je vais seulement donner un minuscule aperçu de ce que j’ai compris de la théorie de Nassim Haramein (NH) [9] en pointant ce qui va, je crois, dans le sens d’une universalité des phénomènes de résonance.

La première chose qui m’a interpellé, c’est l’insistance de NH sur la généralité du phénomène de rotation, giration ou orbite dans le monde physique qui concerne tout ce qui va des électrons aux galaxies en passant par les planètes. Autant le « tout coule » d’Héraclite nous a dépris des ontologies statiques, immuables, éternelles pour penser les choses en termes de processus incessants, d’équilibres dynamiques entre construction et déconstruction, autant le « tout tourne » de NH devrait nous aider à nous déprendre de la linéarité pour nous installer définitivement dans la pensée cyclique.

Si NH parle de cela, c’est, bien sûr, qu’il dispose d’une autre explication que la seule invocation d’une impulsion initiale due au Big Bang et d’un milieu supposément sans viscosité, ce qui est loin d’être le cas [10]. Je ne vais pas tenter de restituer son raisonnement car faute d’en maîtriser tous les aspects, je ne ferais que du mauvais journalisme scientifique. Disons simplement que NH évoque ici les gradients de densité d’énergie du vide — à partir duquel les particules atomiques tireraient l’essentiel de leur masse [11] ; ce sur quoi nous reviendrons très vite. Comme dans les phénomènes météorologiques (tornades, cyclones) où existent des gradients de pressions, les gradients de densité d’énergie du vide seraient responsables de l’universalité des dynamiques tourbillonnaires en faisant intervenir des couples de torsions et des effets Coriolis.

Ce qui me semble spécialement important ici est que, selon NH, la problématique du gradient de densité d’énergie s’articulerait sur une topologie de l’espace-temps en double tore correspondant aux dynamiques d’expansion / contraction à l’œuvre dans les structures trou blanc / trou noir qu’à la suite de John A Wheeler, il pense présentes à toutes les échelles de l’espace-temps.

Figure 2. La dynamique expansion / contraction du double tore de NH

Cette perspective me paraît assez excitante car un tore peut se comprendre comme le croisement de deux cycles situés sur deux dimensions différentes, de sorte que si on simplifie en projetant le tout sur un plan, la dynamique du double tore se trouve clairement apparentée à celle manifestée par l’interaction entre ces deux oscillateurs bio-psycho-sociologiques que sont les cycles perception-action (cf. ci-dessous la figure 3 illustrant la contagion du cri chez le bébé) et ce, tant sous le rapport de l’accrochage (coordination ou imitation entre cycle intra ou intersubjectifs) que celui de l’expansion / contraction tellement importante pour comprendre la complexité et la créativité du vivant. [12]

Figure 3. Deux "oscillateurs comportementaux" accrochés

Bref, d’entrée de jeu, NH situe sa conception dans un cadre où les cycles sont non seulement omniprésents mais complètement au cœur de la dynamique physique du quantique au cosmologique de sorte que l’hypothèse d’une résonance générale s’en trouve d’emblée confortée dans sa plausibilité.

Le fait de suivre NH dans son cheminement de pensée est déjà en soi assez déroutant mais ce qui m’a vraiment donné le vertige c’est quand j’ai dû faire un petit pas de côté pour jeter un coup d’œil sur le vide et tenter de comprendre la notion de densité énergétique sur laquelle NH s’appuie sans l’expliciter particulièrement vu qu’il s’agit d’une notion assez bien établie même si largement méconnue du grand public.

J’ai ainsi découvert que si le vide constitue bien le degré zéro (ground state) de l’univers manifesté, c’est-à-dire, physique [13], étant donné que, par définition, on est supposé rien y trouver, la mécanique quantique, en raison du principe d’incertitude d’Heisenberg, oblige à le considérer comme ne pouvant alors être vide de toute énergie et comme ressemblant plutôt à une « mer » quantique dense en ondes électromagnétiques de toutes les fréquences possibles et imaginables. La dualité onde-particule étant ce qu’elle est, incontournable, ce vide rempli d’ondes pourrait aussi être vu comme une mer infiniment profonde recelant autant qu’on voudra de particules fondamentales virtuelles que la moindre sollicitation extérieure (un bombardement d’énergie) ou la moindre fluctuation quantique sera susceptible d’amener à se manifester sous la forme d’une paire particule-antiparticule qui, à peine émergée, replongera très vite dans cet étrange milieu, cet « éther dynamique » qu’est, en définitive, le vide [14].

Ce dernier serait ainsi « plein » de l’énergie dite « du point zéro  » (zero point energy ou ZPE) car elle persiste alors que toute autre forme d’énergie a été enlevée en amenant le système considéré au zéro absolu. Dans cet état, s’il n’y avait cette énergie du point zéro, une contradiction avec le principe d’Heisenberg apparaîtrait puisque toute particule aurait une position connue et un mouvement nul et il n’y aurait donc plus d’incertitude sur l’une ou l’autre. C’est cette énergie qui fait qu’à la pression atmosphérique l’hélium reste liquide au zéro absolu au lieu de se figer. C’est elle aussi qui explique l’effet Casimir qui apparaît entre deux plaques métalliques qui, placées dans le vide à très faible distance se trouvent attirées l’une vers l’autre pour la bonne raison que l’espace situé entre elles ne peut plus être occupé que par des vibrations dont la longueur d’onde est un multiple ou une fraction entière de la distance qui les séparent. La densité énergétique du vide entre les plaques métalliques devenant ainsi plus faible que dans l’espace extérieur, il s’ensuit que ces dernières se trouvent poussées l’une vers l’autre.

Cette énergie du point zéro est quantifiable et vaut ½ hυ [15] pour chacun des modes ondulatoires présents et comme ils sont innombrables, malgré la taille ridicule de la constante de Planck h [16], on atteint une densité énergétique du vide (ou densité de Planck) absolument pharamineuse puisqu’évaluée à 5.157 1093 g/cm3[17]

Imaginer le vide comme un océan infini d’oscillations doté d’une telle densité énergétique apparaît à la limite du fantastique et reste encore sujet à controverse même si d’immenses pointures de la physique quantique ont corroboré cette perspective.

Il est clair qu’un mètre cube de vide pesant davantage que 1054 galaxies, ça a de quoi chavirer même les esprits les plus confiants dans la science physique.

Mais comme disait John Wheeler, un des principaux promoteurs de cette vision hallucinante : « si vous n’êtes pas complètement déboussolé par la mécanique quantique, c’est que vous ne la comprenez pas ».

C’est d’ailleurs cet auteur majeur qui, cerise sur le gâteau, a suggéré qu’au niveau infinitésimal de l’échelle de Planck [18] l’espace-temps tel que le concevons perdrait toute signification et serait à concevoir comme tellement mouvant, enchevêtré, turbulent et donc instable dans ses différents paramètres qu’il conviendrait plutôt de l’imaginer comme une mousse quantique au sein de laquelle l’existence de minuscules et fugaces « trous de vers  » (raccourcis hyperspatiaux) deviendrait la norme.

C’est dans cette jungle conceptuelle que NH est venu tenter de remettre de l’ordre à partir d’hypothèses originales et de calculs d’une grande simplicité qui offrent des perspectives que je restitue ici seulement pour information car elles se situent bien au-delà du présent cadre de réflexion et, surtout, elles sont proprement sidérantes.

En effet, NH observe que l’énergie du vide contenue dans le volume d’un proton correspondrait grosso modo à la masse de la matière visible de l’Univers (sic) soit une valeur de l’ordre de 1055 g. Il semble donc se dessiner d’emblée une forme d’unité entre la partie et le tout que NH revendique sous le rapport d’une perspective holographique à laquelle nous allons venir.

NH observe ensuite qu’une infime partie de cette masse gigantesque suffirait à faire du proton un trou noir dont la force gravitationnelle serait égale à la fameuse interaction forte. Pour exister en tant que trou noir, le proton nécessiterait « seulement » une masse de l’ordre de 1014 grammes. [19] Toutefois, sa masse officielle est phénoménalement moindre puisqu’elle mesure à peine 1.672622×10-24 g.

Cette dualité de valeurs n’est pas un problème pour NH qui s’appuie sur le principe holographique préalablement proposé par le prix Nobel de Physique Gérard t’Hooft pour défendre — contre l’avis de Hawking qui a, depuis changé d’avis — l’idée d’une non disparition de l’information (entropique) lorsque la matière entre dans un trou noir, alors qu’en principe, plus rien n’en sort.

Selon NH s’inspirant directement de t’Hooft, l’information resterait à la surface du (proton) trou noir, sur l’horizon des évènements, « pixélisée » dans des unités de Planck sphériques (PSU) qui seraient autant d’oscillateurs de taille minimale pour l’énergie du vide. Toute l’information contenue dans les PSU à l’intérieur du (proton) trou noir se trouverait conservée via une projection holographique sur les PSU de la surface et serait ainsi en lien ou en intrication avec tous les autres (protons) trous noirs de l’Univers grâce aux trous de vers présents dans la mousse spatio-temporelle que constitue le vide à l’échelle de Planck.

Il y a au cœur du principe holographique un rapport surface / volume qui, suivant le sens dans lequel il est pris, expliquerait que le proton puisse présenter tout à la fois (a) une masse gravitationnelle holographique énorme rendant compte de l’interaction forte (qui fait tenir les protons ensemble) et (b) une masse standard beaucoup plus faible et incapable de susciter une attraction gravitationnelle significative.

La première masse résulterait de la division de la masse-énergie du vide contenue dans le volume du proton par le nombre de « pixels » ou PSU à sa surface. Pour obtenir la seconde, il suffit de faire l’inverse, c’est-à-dire, de diviser la quantité de masse-énergie des PSU de la surface du proton par le nombre de PSU à l’intérieur du proton (cf. figure 4 ci-dessous).

Le simple fait de retrouver la masse standard du proton à partir de rapports géométriques est en soi prodigieux. Tout comme le fait d’avoir sa prédiction théorique du rayon de charge du proton corroborée par la mesure expérimentale réalisée récemment et qui chamboule complètement le landernau physique. Les publications de NH font état de bien d’autres perspectives tout aussi troublantes mais je ne peux raisonnablement aller plus avant car il est temps de conclure.

Conclusion

Nous vivons dans un univers où les cycles sont denses jusques et y compris dans le chaos [20]. Il y en a partout de l’infinitésimal au cosmologique. Toute chose — tout être, même l’humain — peut être vue comme un cycle (une persévérance dans l’être par la reproduction de soi) émergeant de la coordination, c’est-à-dire, du jeu permanent de résonance entre un nombre indéfini de cycles opérant en-deçà de la distinction sujet-objet et nous assurant de la même « conti-unité » que connaît le tourbillon avec l’eau ou l’air au sein duquel il émerge.

 « Tout est dans tout et réciproquement » cesse alors d’être une boutade et nous met au contraire en position de commencer à comprendre l’Univers dans sa totalité et son unité.

Bien sûr, l’hypothèse d’une résonance générale comme dynamique fondamentale de construction de la réalité n’est encore qu’une hypothèse. II s’agit de la faire fonctionner et c’est précisément ce que fait Nassim Haramein lorsqu’il pointe une dynamique en double tore sous-jacente aux processus d’organisation de la matière à toutes les échelles de l’Univers visible.

Ce n’est qu’un début. Nous commençons un voyage où quasiment tout est inconnu. Songeons simplement à la physique en-dessous de l’échelle de Planck, celle d’où émerge la mousse spatio-temporelle du vide à partir de laquelle nous tentons actuellement de penser l’émergence de la matière. De cette physique, les physiciens savent qu’ils n’ont rien à dire. Alors, qu’il soit permis aux psychologues de postuler que là aussi, comme partout, il n’y aurait que les cycles d’une énergie omniprésente dont les organismes vivants sont une actualisation et dont la conscience et l’amour pourraient bien être la manifestation nécessaire et, peut-être, ultime.

Le voyage consistera à aller, en toute modestie, du tohu bohu initial, du chaos des cycles physiques jusqu’aux cycles de la vie et de l’esprit sans exclure aucune dimension et donc, en admettant d’emblée la possibilité d’une « verticale » ou d’une transcendance, étant donné que nous avons toutes raisons de penser, ou plutôt de croire, être à son image et sa ressemblance.

Notre fil d’Ariane sera, bien sûr, le cycle, la clé invariante, le passe qui ouvre toutes les portes. Nous aurons à le comprendre dans toutes ses dimensions et, en particulier, la plus essentielle, celle sans laquelle rien ne serait : l’énergie.

Ceux qui souhaiteraient m’accompagner dans cette recherche sont les bienvenus.



[1] J’ai conservé le sens de l’expression anglaise « theory of everything » perdu par la traduction française « théorie du tout » qui semble prévaloir actuellement, peut-être à bon droit.

[2] A titre d’exemple citons l’universitaire Jacqueline Bousquet qui, dans une de ses vidéos, déclare (à 1’25") : « Je vais vous démontrer mathématiquement, physiquement et par la grande tradition que ce monde dans lequel nous vivons n’a aucune réalité, c’est-à-dire, que nous le rêvons, c’est une production mentale et comme que tel, il n’a aucune réalité. »

[3] Spinoza, Ethique III, 7

[4] Baldwin (1906/1895) Mental Development, p. 333

[5] Dès lors que toute organisation quelle qu’elle soit se doit de boucler causalement sur elle-même pour assurer son maintien (cf. par exemple l’autopoïèse de Maturana & Varela (1980) ou la clôture sous causalité efficiente de Rosen (1981)).

[6] Selon Dawkins (1978) Le gène égoïste.

[8] Nassim Haramein a d’ailleurs appelé sa fondation la Resonance Project Foundation.

[9] Le lecteur intéressé est invité à prendre connaissance de l’article du numéro nov-déc. 2013 de Nexus, de ce post ou de celui-ci et surtout de l’article récemment publié par NH.

[10] Par l’attraction qu’elle exerce sur les masses liquides des océans, la Lune influe sur la rotation terrestre, elle engendre des marées, dissipe de l’énergie cinétique et contribue à ralentir le mouvement de rotation de sorte que les jours s’allongent progressivement.

[11] Nous savons tous depuis le lycée qu’un proton est composé de trois quarks mais ce que l’on ne nous dit pas c’est que ces trois quarks ne représentent environ qu’un pour cent de la masse du proton. D’où vient alors cette dernière ? Telle est la question !

[12] Selon Varela et le courant de la Vie Artificielle, le vivant (qui incarne avant tout une visée de reproduction) se situerait constamment « au bord du chaos » (« entre le cristal et la fumée » disait aussi Henri Atlan), c’est-à-dire, à la lisière des dynamiques en étirement / repliement qui caractérisent le chaos.

[13] L’étymologie de physique renvoie au grec phuein qui veut dire, ce qui pousse, se déploie, se manifeste, alors que le vide, lui, comme l’Etre selon Heidegger, se retire (vu que la Nature a horreur du vide... :-) )

[14] La version initiale de cette conception « marine » a été proposée par Dirac.

[15]h est la constante de Planck et υ la fréquence d’oscillation.

[16] La constante de Planck h ≈ 6,62606957×10-34 J⋅s

[17] Voir les références 25 à 29 indiquées par NH ici.

[18] Dont l’unité est la longueur de PlanckP qui vaut 1.616199(97) × 10−33 centimètres

[19] En 2010, dans le chapitre consacré à une loi d’échelle des objets célestes, il indiquait la valeur de 8.898 1014 g comme masse gravitationnelle holographique pour le proton « trou noir » dit « proton de Schwarzschild ». Or cette valeur est basée sur un rayon du proton estimé à 1.321 10-13 cm. Depuis lors, les choses ont changé. Le rayon dit de charge du proton est devenu incertain et la dernière valeur mesurée par l’équipe de Scherrer est actuellement de 0.84087(39) 10-13 cm.

[20] Voir le beau livre de Bergé P., Pomeau Y. & Vidal Ch. (1988) L'ordre dans le chaos. Hermann. Paris.

 


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68 réactions à cet article    


  • howahkan howahkan Hotah 1er avril 2014 11:14

    Pendant qu’on perd notre temps à essayer d’expliquer avec des théories et pas des faits pourquoi et en quoi est fait la paroi du bocal, on oublie que l’intérêt d’être du bocal c’est d’être un contenant et d’y vivre dans le « vide » ou contenu ainsi créé , et cela peu importe comment il est fait, de toutes façons on y est pour absolument rien du tout...

    ceci implique le lien avec L’Origine...que nous avons définitivement perdu pour le moment et ce depuis 5 à 10 000 ans ( voir beaucoup + )..


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er avril 2014 11:17

      Le lien avec l’Origine on le perd dès qu’on fait des coupures comme la distinction entre faits et théories. Rien de plus convenu que ce distinguo.

      Par contre, si vous voulez tourner en rond dans le bocal, c’est idéal smiley


    • howahkan howahkan Hotah 1er avril 2014 12:27

      Le lien avec l’Origine on le perd dès qu’on fait des coupures comme la distinction entre faits et théories. Rien de plus convenu que ce distinguo.

      vous avez donc vécu le lien avec l’origine, pouvez vous en parler ?
      Une théorie ne sera jamais un fait, sinon elle n’est plus une théorie....comme de croire ne sera jamais savoir, mais au point ou on est est le mensonge devient vérité et le rêve du vécu, pourquoi pas ? on dirait un peu le même but que la théorie du genre...ça explique le desastre sur cette planete..pour moi ,car mélanger fait donc vrai avec théorie donc pas un fait.....implique de se tromper constamment...voir trop souvent au mieux....


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er avril 2014 12:44

      « ...car mélanger fait donc vrai... »

      Euh, vous rigolez ?
      Vous associez le fait au vrai ?
      Amusant.

      Il y a déjà quelques siècles, Giambattista Vico affirmait « Verum Ipsum Factum », à savoir « le vrai est cela même qui est fait » à entendre au sens de fabriqué, produit.
      Et oui, un fait est un produit, il est fabriqué, jusqu’à un certain point il est donc toujours un peu (contre)fait.

      Libre à vous d’appeler cela le vrai mais, pour sûr, à partir de là, vous ne retrouverez pas l’Origine smiley


    • howahkan howahkan Hotah 1er avril 2014 14:10

      J’ai bien reçu votre mépris......


    • philippe913 1er avril 2014 14:38

      C’est pour toutes les fois où tu envoies le tien à tout vent.


    • howahkan howahkan Hotah 1er avril 2014 17:45

      Pourquoi pas en effet.....
      merci et salutations


    • howahkan howahkan Hotah 1er avril 2014 17:47

      @ parkway smiley...........


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 2 avril 2014 03:25

      @ gros macho

      La psychologie en tant que science est malade de l’expérimentation. Il n’y a plus que ça et l’élaboration théorique est misérable. Dès lors, on va regarder du côté des philosophes et là, c’est l’abomination de la désolation.
      Donc bien d’accord qu’il faut se garder du fast-thinking philosophique mais pas pour replonger trivialement dans l’accumulation indéfinie de données factuelles de plus en plus insignifiantes.
      Il nous faut de la théorie, de la bonne, qui organise le champ plutôt que de contribuer à la confusion.
      Comme disait Lewin, « il n’est rien de plus pratique qu’une bonne théorie » !


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 2 avril 2014 03:26

      @ howahkan Hotah

      « Nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont mais telles que nous sommes » Talmud


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er avril 2014 11:14

      Dans mon souci de faire court j’ai omis de pointer le très important courant de recherche neuroscientifique relatif aux neurones miroirs. Il y est fréquement fait référence à l’idée d’une forme de résonance mais il s’agit encore seulement d’une métaphore. 

      Pour que cette notion renvoie à une réalité, il faudrait préalablement admettre l’existence d’une organisation-oscillateur dont les neurones miroirs seraient partie intégrante. 

      C’est précisément l’hypothèse que j’ai faite en 2005 en postulant que le phénoménologie des neurones miroirs est inhérente à la dynamique de couplage intersubjectif (imitation) entre des cycles perception-action en interaction. Mais à ma connaissance je reste le seul à défendre cette perspective dont on peut faire remonter l’origine aux pères fondateurs de la psychologie scientifique.


      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er avril 2014 11:24

        Je ne sais si c’est le bon moyen mais j’indique à la rédaction que c’est l’image qui est en haut de l’article qui était destinée à être reproduite sur la page d’accueil d’Agoravox pas la seconde car hors contexte elle n’est ni très explicite ni très attirante. Serait-il encore possible de modifier cela ? Merci d’avance.


        • Hervé Hum Hervé Hum 1er avril 2014 14:11

          Bonjour,

          Le principe cyclique se retrouve aussi dans la mécanique des nombres. En effet, j’aii montré dans l’article « la genèse des nombres premiers » que ceux ci sont incrémentés en fonction de leurs rotations autour de la droite des nombres entiers. Ce qui implique une vision lègèrement différente de la relation entre les opérations d’addition et soustractions d’une part et celles de division et de multiplication d’autres part. Donc, allant dans le sens d’un tel univers. Relation d’ailleurs ayant un fort impact sur le coté philosophique et non sur les mathématiques elles mêmes.

          Concernant la géométrie de l’Univers, mon esprit se refuse à imaginer des multivers et autres théories exotiques, tout simplement parce que je ne peux imaginer un autre Univers faisant sens. De fait, je remarque que la science part de la dimension 0 pour arriver vers la 3ème dimension et pour finir avec la quatrième dimension qu’est le temps. Sauf que nous avons choisi ce sens car fondamentalement, ce qui nous est inaccessible ce n’est pas l’espace temps, mais bien l’absence d’espace temps. De fait, la dimension 0, 1 et 2 sont bien plus mystérieuse que la 3ème dimension, pour la simple raison qu’on ne peut donner une explication et un entendement au fait que la dimension d’espace puisse se réduire à une dimension inférieure car dès lors se pose la question de la centralité ou localité face à celle de la non localité ou de continuité. En d’autres termes, la réalité est une contraction ou plongeons de l’espace, donc du vide, en ses dimensions inférieures que sont la surface, la droite et le point. En effet, la matière n’est pas indispensable à la 3ème dimension d’espace, mais l’est pour formaliser celle des dimensions inférieures.

          Je ferais une dernière remarque, c’est que la plus grande démonstration que la mécanique quantique à faites sur la nature de l’Univers porte sur la dualité ou polarité.

          j’aurai bien d’autres remarques à formuler, mais bon, faudrait surtout que j’écrive un article exposant mes idées sur le sujet. Mais il me semble que ce qui fait le plus défaut à la science et dont même NH semble avoir des difficultés (mais faute de l’avoir bien lu je ne peux l’affirmer) c’est sur le sens à donner à tout cela. Et là, c’est bien de philosophie ou psychologie dont on parles.


          • Hervé Hum Hervé Hum 1er avril 2014 14:16

            Une dernière remarque pour la route, le proverbe dit que la nature à horreur du vide, oui, mais du sens. La nature à horreur du vide de sens, car c’est la seule chose qui peut anéantir la vie dans l’Univers.


          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er avril 2014 15:08

            J’aime bien l’idée d’une mécanique des nombres et j’aimerais bien la maîtriser.

            En tout cas, j’en joue car j’ai étudié (bidouillé) « expérimentalement » les accrochages d’oscillateurs avec des oscillateurs mathématiques, cad, des points de l’ensemble de Mandelbrot que je couple plus ou moins fortement pour voir comment ils s’influencent et « s’accrochent ».

            J’obtiens des figures très intéressantes et je soupçonne fort qu’il y ait des accrochages de cycles partout mais je n’ai pas la moindre idée de comment décomposer ça en cycles identifiables.

            Il me faudrait une « Pascaline » pour voir de mes yeux les roues s’entraîner les unes aux autres...

            Je serais bien intéressé par votre article.

            Pour ce qui est de la question du sens, je ne vois pas de difficultés. Viser une théorie de tout, c’est viser la connaissance qui permet de réunir ce qui nous apparaît morcelé de prime abord, c’est retrouver l’Unité ou l’Origine comme dirait l’autre.

            Nous avons tous en nous une attirance plus ou moins marquée pour une vérité qui transcende le chaos du monde phénoménal et nous donne une conscience intégrée de nous-même et de l’Univers.

            C’est vers quoi NH va.
            Je fais de même, en partant de la psychologie car l’Homme est au coeur de tout, cad qu’il est tout à la fois la mesure de toute chose (manifestée) et à mi-chemin de l’alpha et de l’oméga.
            Il est donc aussi éloigné que possible de l’origine et en même temps, tourné vers elle, quoi qu’il fasse...
            Bon, j’arrête avant de passer de la philosophie à l’ésotérisme smiley


          • Hervé Hum Hervé Hum 1er avril 2014 22:00

            L’article en question je l’ai écrit sur agoravox, cela dit, les lecteurs se sont plaint à juste titre de ma manière de parler, de mon « formalisme ». Il faut dire que j’ai un niveau faible en mathématique, par contre, le mécanisme que je décrit était à priori non connu, mais de toute façon je me préoccupe uniquement de la genèse des nombres et non de leur développement. Mais je démontre de manière irréfutable que l’ordre d’incrémentation des nombres premiers fonctionne sur le principe de la rotation autour d’un axe composé par les nombres naturels entiers. Seulement, ce mode interdit de donner un théorème permettant de factoriser un nombre 1er avant de l’avoir atteint. Le seul avantage, c’est qu’on peut trouver tous les nombres 1er en ne considérant que les nombres premiers, c’est à dire en oubliant les nombres multiples comme grille d’ératostène. Les nombres 1er n’ont rien de mystérieux, seulement une complexité évoluant vers l’infini en même temps que les nombres 1er. Il y a d’autres remarques, dont une en particulier qui pose l’égalité suivante 1 x 1n = 1+ 1n. Vrai uniquement pour 1. Je doute que les puristes en math soient d’accord, mais je suis convaincu que la nature fonctionne suivant ce principe, entre autres. Car 1 x 1n fonctionne sur le mode itératif, comme le double tore à l’inverse de 1 + 1n qui fonctionne comme la flèche du temps.

            Que pensez vous de cette définition de la conscience, soit « le sens de l’action en conséquence de la connaissance ». Cette définition à ceci de particulière qu’elle fonctionne comme une itération, donc, admet un commencement sans pouvoir en donner un début temporel, mais seulement un début lié au sens, admettant donc une temporalité. Or, itération et double tore sont la même chose où le début est le sens et non une date du calendrier solaire ! Parler de 13 milliards d’années pour dater la naissance supposé de l’Univers, est parler de l’infini. Pour savoir où commence l’infini et se termine le fini relatif, il suffit de voir jusqu’où sa conscience imaginative l’emmène dans le futur. Au delà commence l’infini relatif. Chercher l’infini absolu a t’il un sens ? Gageons que ce soit le même que l’infini relatif. L’Univers est constitué d’atomes, ces derniers seraient donc des infinis relativement absolu ... Et nous des infinis absolument relatif, parce que miroir de cet infini. Autrement dit, ce que nous nommons la matière, est la réalité, et ce qui n’est qu’une illusion à son regard, c’est notre propre existence. C’est elle qui nous fait exister. Ce que nous manipulons, c’est uniquement le reflet qu’elle nous renvoie d’elle même.


          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 2 avril 2014 03:20

            Si vous me dites que tout est itératif, je vous suis, même si je ne comprends pas le sens de votre argument avec 1*1n.
            Pour ce qui est de la conscience, elle est bien à comprendre dans le contexte du cycle (perception-action) mais vous allez trop vite ensuite vers l’infini et je n’arrive pas à vous suivre.
            Que ne faites-vous des articles pour mettre à plat vos idées afin de voir comment elles résistent à l’épreuve du lectorat ?


          • Hervé Hum Hervé Hum 2 avril 2014 13:54

            Bonjour Luc Laurent Salvador,

            vous avez raison, mieux vaudrait écrire un ou des articles.
             
            Pour ce qui est de l’infini, cela correspond à la question que je posais à un prof de philo rencontré par hasard, à qui je demandais ce que représentait pour lui un million d’année d’évolution humaine, et comme il était incapable d’imaginer ce que serait la civilisation humaine dans un million d’années, celui ci me répondit que cela correspondait pour lui à l’infini. Autrement dit, l’infini commence là où s’arrête notre capacité imaginative. Un infini relatif donc. Mais lorsqu’on pose la question de l’infini absolu, c’est au delà de notre sens commun. Nous avons certes la capacité de conceptualiser une division infini de l’infini, mais cela n’a aucun sens puisque nous sortons de notre propre cadre expérimental, or, nous sommes des êtres qui existons par le sens que nous nous donnons. Supprimer le sens est pour nous un suicide.

            Alors, on peut certes imaginer des multivers, des mondes fantastiques, exotiques, mais dès lors que l’on reste centré sur la réalité telle qu’on la vit, c’est à dire de suivre sa temporalité, notre capacité imaginative se retrouve limitée par notre nature d’être et je défi quiconque de pouvoir imaginer la civilisation humaine dans un milliard d’année soit mille million d’années ou un million de milliers d’années !!!

            En fait, la plupart sinon la quasi totalité des réponses est qu’il ne reste plus rien de notre civilisation !


          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 2 avril 2014 16:54

            Oui, nous sommes d’accord, il ne restera rien de notre civilisation. Dès lors pourquoi s’en préoccuper ?
            Restons attachés aux invariants !
            A ce qui se perpétuera ou mieux, renaîtra !
            La vie, l’esprit, les dynamiques créatrices, le Ciel...


          • Zip_N Zip_N 1er avril 2014 14:51

            Si le point de départ c’est la psychologie et non la physique, alors nous serions dans un organisme par guidage « de l’inné à l acquis, psychologie de but, c’est un scénario parmi les autres. La psychologie étant neuronale et électrique, une répercussion analogique constitué de mouvements physique, est forcément lié avec une théorie du tout. Ce scénario pourrait tenir la route. Le paradoxe c’est qu’il y a pas vraiment de point de départ. »Rien ne se créer, rien ne se perd, tout se transforme" (tout se génère, évolue, change). Attention, si vous nommez psychologie comme point de départ vous tombez dans le paradoxe. Le psychologique supporte la matière, et la matière tiens en équilibre le psychologique. Pour comprendre un système il faut s’en extraire, c’est pas moi qui l’ai inventé.


            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er avril 2014 15:50

              Nul paradoxe à partir de l’humain, de la psychologie, vu que c’est ce que nous connaissons le mieux (nous en avons l’habitude smiley et que nous découvrons le monde à partir de ce que nous connaissons (d’où l’idée constructiviste que l’Homme est la mesure de toute chose (qui ne nie pas pour autant la possibilité d’une transcendance)).

              Vous n’avez aucun moyen de vous extraire du système dont vous faites partie. Vous devez faire avec.
              Il faut être philosophe pour croire qu’on peut se placer dans « l’oeil de Dieu » pour contempler le monde. Nous ne le pouvons pas. Notre regard est « situé », « incarné » (embodied).


            • Zip_N Zip_N 2 avril 2014 13:42

              Ok alors non je suis pas d’accord avec vous., parlant de psychologie il s’agit pas de moyen mais d’influence, de volonté. Rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme, vous comprenez cette phrase ? ou vous essayez de me faire croire que c’est l’humain qui à créer l’univers ? comme vous voyez l’humain en dessus de tout.
              Je comprend pas ou vous voulez aller. Quand votre théorie est finie, allez en parler aux experts, à celui qui à écrit le livre, ça vaudra mieux pour vous ! pas vous réjouir trop vite.

              Je crois que vous avez pas compris la dépendance ou l’indépendance d’un système et la manière et la possibilité d’y arriver. C’est faites ce que je dis mais pas ce que je fais, à votre niveau, je doute que cela soit inconscient, sans le vouloir.


            • Zip_N Zip_N 2 avril 2014 13:44

              Luc-Laurent, vous croyez que cette phrase de Lavoisier s’applique que pour les autres mais pas pour vous ? Non mais sans blague ??


            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 2 avril 2014 16:49

              @ Zip_N
              Je ne comprends pas où vous voulez en venir vous-même.
              Bien sûr que je connais la phrase de Lavoisier et je suis fondamentalement d’accord avec cette phrase.
              C’est précisément pourquoi je ne vois pas en quoi ma démarche consistant à tenter de penser le tout (l’Univers) en forgeant nos représentations à partir de la partie (l’Humain) serait le moins du monde contradictoire avec le principe de Lavoisier.
              Pourriez-vous m’éclairer ? Merci d’avance


            • Zip_N Zip_N 2 avril 2014 23:09


              Luc-Laurent vous dites : « Cela m’a décidé à livrer une pure conjecture qui, si elle prenait forme, pourrait contribuer à une vision unifiée de l’Univers qui aurait pour point de départ, la psychologie et non la physique. »

              La physique c’est les (forces de) mouvements, échange, d’énergie et de matière, vous voulez m’expliquer qu’il y aurait un point de départ sans mouvement ? La psychologie énergie-matière ?? et le reste ensuite ? Fixer un point de départ signifie ignorer Lavoisier.


            • Zip_N Zip_N 2 avril 2014 23:16

              Avec quoi vous la réalisé et la généré la psychologie ? du vent sous vide d’air ??


            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 3 avril 2014 04:19

              @ Zip_N

              Tranquillisez-vous, je ne souhaite pas vous enlever vos certitudes.
              Partir de la psychologie ne veut pas dire faire comme si le reste n’existait pas et/ou en faire le point zero de l’Univers quoique d’aucuns y mettraient bien la conscience divine.
              Je n’aurai pas cette audace.
              Donc je ne cherche pas à faire découler la physique de la psychologie, seulement renverser l’habitude réductionniste qui porte à penser la psychologie à partir de modèles physiques.
              Je ne propose pas une révolution, seulement une pondération, un changement de hiérarchie consistant à mettre les accrochages de cycles au coeur des préoccupations et des modèles.
              Je pense qu’il s’agit du plus important des universaux de... l’univers.
              Comme je l’ai indiqué, on peut postuler que tout est cycle, tout résulte de dynamiques de couplage entre cycles, à tous les niveaux.
              ça c’est une idée issue du champ psychologique même s’il faut reconnaître que ce dernier est déjà fort inspiré du champ physique.
              Bref, nous ne faisons que circuler de l’un à l’autre.
              Mais à un moment donné, il est bon de pouvoir pointer que les échanges ne se font pas toujours dans le même sens.


            • Zip_N Zip_N 5 avril 2014 11:05

              Tranquilisez vous ? mais vous êtes un pychologue ? vous vous prenez pour qui ?
              de toute facon si vous auriez souhaité le contraire vous auriez pas demandé mon avis, donc arrêtez ce petit jeu avec moi. Heurseusement que la psychologie ne veut pas dire faire comme si le reste n’existait pas, jusqu’ la vous ne m’apprenez rien.
              « en faire le point zero de l’Univers quoique d’aucuns y mettraient bien la conscience divine », d’aucuns qui ? quoi ? de quoi vous parlez ? pour tous les autres ? c’est pas parce qu’il y a 2 personnes qui disent quelque chose que je vais le croire, donc le livre et vous ça fait que 2.


            • Zip_N Zip_N 5 avril 2014 11:58

              Luc-Laurent vous dites : « Vous n’avez aucun moyen de vous extraire du système dont vous faites partie. » Je suis pas sur que vous comprenez la valeur d’un système. On peut s en extraire, vous certainement pas mais il faut pas en faire une généralité. C’est pas parce que vous n’arrivez pas à vous extraire d’un système, que moi je ne peux pas y arriver ! Comprenez que se soit possible !

              Il y a des systèmes (technique) religieux, politiques, scientifiques, mathématique,
              linguistique, monnétaire... et d’autres secondaires.. , les possibilités sont multiples.


            • popov 1er avril 2014 15:08
              @l’auteur

              Article rafraichissant et bien écrit. J’ai bien aimé le rapprochement entre les résonances et les habitudes.

              Une question. Un oscillateur harmonique isolé oscille à une fréquence qui lui est propre. Quand deux oscillateurs identiques sont couplés, cette fréquence propre se dédouble : le système a maintenant deux fréquences propres proches et leur superposition produit un phénomène de battement. Tout se passe comme si les deux oscillateurs vibraient à une fréquence qui est la demi somme des deux fréquences propres mais avec une amplitude modulée à une basse fréquence qui est la demi différence des deux fréquences propres. Quand l’amplitude d’un des oscillateurs est maximum, celle de l’autre est minimum. L’énergie passe donc de l’un à l’autre à cette basse fréquence. Est-ce qu’on observe le même phénomène avec deux bébés dont les pleurs s’entretiennent mutuellement ?

              Et une boutade pour teminer (une histoire vécue, en fait). C’est le sergent qui vient d’expliquer le fonctionnement des armes automatiques et qui pose la question à un de ses troufions : comment s’appelle la force qui réarme automatiquement la mitraillette après chaque tir ? Et le gars répond : la force de l’habitude ?

              • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er avril 2014 15:29

                Merci pour le compliment ! J’ai fait de mon mieux mais je trouve que mon style n’est pas facile.

                Pour répondre à votre question concernant les bébés, je pense que la réponse est non car l’activité de cri est comme la roue d’un moulin, avec une multitude « d’entrée » qui contribuent à la faire tourner sans qu’il y ait une phase unique qui pourrait amener le phénomène de battement que vous évoquez.

                Même dans le cas des lucioles dont le cycle a une phase bien marquée par le flash on observe très vite une convergence vers exactement la même période de sorte qu’elles se mettent à flasher à l’unisson (si je puis dire).

                Si l’idée vous intéresse voyez ma série (encore inachevée sur la psychologie synthétique) ou la bonne vieille com de 1997 où j’évoque tout ça de manière très résumée.

                Un troufion psychologue ? smiley


              • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er avril 2014 15:42

                Heureux que mon article vous invite à croire au bien !

                Plutôt que de vitesse, il conviendrait plutôt de parler de force car vu les tailles minuscules en jeu, je doute qu’il y ait l’espace pour les laisser se déplacer. On a dû mesure la force d’attraction de l’une vers l’autre.

                Beaucoup de personnes sont excitées à l’idée de capter l’énergie du vide. Il y a pas mal de recherche à ce sujet.
                Les déplacements sont un point d’une grande importance, vous posez-là une très bonne question.
                L’idée est que la masse de nos atomes venant pour une part essentielle du vide qui les entoure, si on trouve un moyen d’agir sur les processus à l’oeuvre à ce niveau on pourrait envisager d’avoir des « vaisseaux » qui, étant « privés » de leur masse inertielle, pourrait connaître des accélérations phénoménales et donc des vitesses à l’avenant.

                Pour le moment c’est de la science fiction mais le principe n’a rien d’insensé sur le papier.


              • herbe herbe 1er avril 2014 20:46

                Ca y est ça me revient, j’avais vu passer ça sur NH :

                Pas encore pu me faire une idée plus précise mais il semble être un scientifique iconoclaste !

                • herbe herbe 1er avril 2014 20:53

                  Donc prudence et esprit critique plus que jamais nécessaire comme le rappelle ce commentaire par exemple :


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 2 avril 2014 02:13

                  Merci Herbe pour ces liens. Je visionnerai ça dès que possible.
                  Pour le fil qui invite à la prudence, je connaissais vu que j’ai écris dedans.
                  J’ai bien noté que Gollum par exemple voit NH comme un escroc et il n’est pas le seul.

                  Cette réaction est compréhensible car NH ne fait rien pour se tenir à l’écart d’une lumière New Age dans laquelle baigne son discours mais dont ses publications scientifiques sont pourtant complètement dénuées.
                  C’est à ce niveau scientifique, assez technique que je m’intéresse et là, NH m’apparaît très puissant et ce que je découvre est fascinant, même si ce n’est pas lui qui a tout inventé.
                  L’énergie du vide est une notion assez renversante et c’est depuis Planck qu’on est là-dessus.
                  NH met de l’ordre dans tout ça. Il offre une perspective cohérente.
                  Qu’il soit ensuite porté à généraliser ses perspectives bien au-delà de ce qu’on peut dire scientifiquement, c’est plus qu’humain, c’est inévitable.
                  Je ne connais aucun scientifique de renom qui ne se soit pas laissé aller au lyrisme d’une manière ou d’une autre.
                  Bref, prudent oui, il faut l’être, pour ne pas jeter le bébé en jugeant que l’eau dans laquelle il baigne est trop new age


                • Gollum Gollum 3 avril 2014 09:37

                  Bref, prudent oui, il faut l’être, pour ne pas jeter le bébé en jugeant que l’eau dans laquelle il baigne est trop new âge


                  J’ai bien noté votre opinion sur NH. Mais j’avoue m’être fié à un certain feeeling vu que ses conférences durent un temps assez considérable, qu’il ne semble pas y avoir d’accès en français par des personnes compétentes, et qu’en effet le premier contact est assez rédhibitoire. L’opinion négative de JP Petit a fini de me conforter dans cette image négative. Mais je suis toujours prêt à changer d’avis.. Être scientifique ne me semble plus suffisant à notre époque pour être un gage de sérieux, j’ai vu trop de « scientifiques » délirer..

                  A l’inverse beaucoup de personnes qui n’ont pas cette qualification me semblent plus intéressantes que bien des scientifiques.. J’ai souvent cité Abellio par exemple dont la pensée, non scientifique, est pourtant extrêmement rigoureuse, à condition d’en accepter les postulats.

                  Sinon je suis d’accord avec l’ensemble de votre texte. Mais vous ne faites que retrouver les fondamentaux de tout ésotérisme : l’aspect cyclique des choses est une constante de tout ésotérisme que ce soit la doctrine des cycles indiens ou l’astrologie.

                  Retrouver l’aspect qualitatif des nombres en est un autre. Par exemple le nombre 4 est éminemment génétique en ce sens qu’il est toujours à la base de toute structure qui engendre un champ. Le 7 symbolisant lui la totalité de ce champ.

                  La science ne connaît que l’aspect quantitatif des nombres. Elle ignore aussi le lien entre signification, c’est-à-dire le sens d’un mot composé de lettres, avec les nombres, lien que fait la Kabbale et qu’un chercheur dénué de parti pris peut aisément constater au bout de quelques heures.. 

                  La science est très en retard sur nombre de disciplines traditionnelles et elle n’est pas prête de rattraper ce retard, c’est ce que je ne cesse de dire à Dugué, et à vous.. Lui s’en fout, ou du moins croit que la science va muter, vous je ne sais pas…

                  Elle n’est pas prête de rattraper ce retard, car si le psychique et le spirituel précède la matière, alors tout un aspect du monde sera de nature psychique et ne pourra jamais être appréhendé par la science qui ne fait fonctionner que l’hémisphère gauche du cerveau. La notion de preuve expérimentale obligatoire vole aussi en éclat.. Comment « prouver » le spirituel ? Le spirituel ne se prouve pas. Faut-il pour autant y renoncer ?

                  La science sera donc obligée tôt ou tard de muter, à céder la place à quelque chose d’autre, de nature mixte. Mais cela sera pour après l’Apocalypse maintenant très proche.

                  Et autant la science aura été destructrice de par son côté borgne, autant la nouvelle connaissance sera féconde et coïncidera avec la sagesse.

                  Enfin, une dernière chose qui ne va pas plaire aux démocrates : la science est pour tous, quantitative et démotique. La sagesse (ou gnose) est pour une élite, elle est qualitative, et ne pourra être l’apanage que d’une élite spirituelle et d’une prêtrise (au sens vrai du mot et non pas au sens habituel). Raison de sa survenue post-apocalyptique.

                  Mais les choses germent en profondeur.

                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 3 avril 2014 17:47

                  @ Gollum,

                  Fondamentalement nous sommes d’accord. La science est problématique à plus d’un titre. Dans ses principes, sa méthode et surtout, sa réalité sociale, cad, le fait que ses productions sont excessivement dépendantes du contexte socio-économico-culturel alors qu’elle aurait prétention à se tenir complètement à l’écart de tout ça.

                  Partant, oui, elle peut souvent être d’une lenteur incroyable, d’une diabolique persévérance dans l’erreur et d’une médiocrité intellectuelle sidérante pour qui entretient encore la vision idéalisée, image d’Epinal du scientifique comme savant alors qu’il est de plus en plus ignorant du champ dans lequel il exerce afin de développer une expertise du minuscule pré carré dont il s’est fait une spécialité et sur lequel il a prétention à faire autorité.

                  Bref, de bout en bout, la science est une affaire humaine, trop humaine.
                  Pour qui a autre chose à faire que de jouer des coudes dans cet espace désespéremment mondain, pour qui donc importe avant tout d’avoir le sentiment de « toucher au réel », il est clair qu’une part essentielle de la réflexion se situera bien en-deça et bien au-delà du seul domaine balisé par des données et des conceptions scientifiques.

                  En tout cas, c’est ce que je fais sans arrière pensée et sans hésitation. Je me contrefous des « normes » intellectuelles, du « publish or perish » comme des us et coutumes du« vivre ensemble » scientifique.

                  Je cherche ce qui résiste, ce qui me résiste et qui, par conséquent, me paraît plutôt solide, possiblement représentatif de quelque vérité qu’il serait intéressant d’approcher.

                  Autrement dit, je fais feu de tous bois et je n’ai à peu près aucune aversion a priori, cad que je me tiens vraiment dans le Monde 3 de Popper où même le dernier des imbéciles pourrait émettre une hypothèse qui mériterait d’être examinée pour sa propre valeur et non pas sur la base de ce que l’on peut penser de son auteur.

                  Les aspects new age que j’ai noté chez Haramein, je les lis comme des licences poétiques qu’il est libre de s’accorder et vis-à-vis desquelles je reste réservé sans que, pour autant, cela influe sur mon jugement de ses hypothèses physiques.

                  Il est très clair ce que l’on pourrait appeler l’extravagance ne me dérange pas, vu que j’ai bien conscience de développer moi-même des conceptions qui pourront apparaître extravagante à d’aucuns.

                  Encore une fois, la seule chose qui compte c’est la force, la cohérence de la vision proposée. Celle de Nassim Haramein n’en manque pas.

                  J’y ai donc vu une occasion toute trouvée de faire mon « coming out » extravagant de « théoricien de tout » made in psychology smiley

                  Je suis ravi que tout cela vous parle mais je n’en suis pas surpris puisqu’en effet « l’éternel retour » n’a pas attendu les cycles perception-action pour venir à la conscience humaine.

                  Malgré tout, l’efficience de l’Histoire dont parlait Gadamer fait qu’au fil du temps nous pouvons donner un sens toujours plus large et plus dense à cette idée jusqu’à englober, comme j’ai suggéré de le faire ici, la physique à l’échelle de Planck.

                  Penser que la réalité fondamentale est celle de cycles sous-jacent à tout ce qui est, ce n’est plus complètement banal lorsqu’on peut vraiment tout englober dans cette vision.

                  Maintenant, encore une fois, ce n’est qu’une (sérieuse) hypothèse de travail. Mais quel plaisir de la voir aussi bien fonctionner ici et là !!!

                  Ma satisfaction vient de là. Peu m’importe de ne pas être complètement sur les sentiers battus de la science. Les chemins de traverse sont bien plus enthousiasmants !


                • trevize trevize 1er avril 2014 22:27


                  Merci à l’auteur !

                  La malédiction babelienne ne touche malheureusement pas que la psychologie, mais la science dans son ensemble... trop de cloisonnements, l’accent est trop mis sur la différenciation, trop peu d’approches transdisciplinaire. Nous cherchons trop les différences, et trop peu les points communs.

                  Pourtant, la nature dynamique et cyclique de l’univers qui nous entoure est une évidence, tout comme le noyau commun de toute chose : de l’atome à la planète, en passant par la roche, l’océan, l’être vivant, et l’ordinateur, chaque chose est un contenant, une barrière qui absorbe des éléments (perception) et en rejette d’autres (action), visant à maintenir un équilibre intérieur face à l’extérieur. Qu’y-a-t-il derrière cette barrière ? Un autre univers, un autre système, composé de ses éléments interagissant entre eux pour maintenir leur équilibre propre, et celui du système qui les englobe. Et ainsi de suite...

                  Puisque « tout est dans tout », il n’y a pas vraiment de centre, et on peut donc choisir librement le point de départ de son raisonnement. Choisir l’humain est tout à fait justifié, puisque comme vous le dites, c’est ce qu’on connaît le mieux. On peut aussi recourir massivement à l’analogie sans vergogne : un flux d’électrons dans un fil, ou d’eau dans un canal, sont deux notions proches, et on peut comparer un état ou même la planète à un organisme, sans avoir à produire une ribambelle de justifications.

                  « Ceux qui souhaiteraient m’accompagner dans cette recherche sont les bienvenus. »

                  J’en suis ! Où faut-il signer ?


                  • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 2 avril 2014 02:43

                    « Nous cherchons trop les différences, et trop peu les points communs. »

                    Bien vu, c’est exactement ça. Les scientifques font dans le « narcissisme des petites différences » pour se créer une identité de chercheur avec chacun son pré carré bien spécialisé et toute vue d’ensemble est perdue.

                    ça fait plaisir de se sentir compris. Il semblerait que ce que je pointe vous est déjà évident. Nous sommes « en phase ». Donc bienvenue dans l’attracteur du cycle, il n’y a pas à signer, vous y êtes déjà !

                    Je ne sais pas si c’est un trou noir conceptuel dont on ne peut s’échapper (pour moi, je le sais, c’est le cas, je n’en sortirai pas de mon vivant smiley) mais, quoi qu’il en soit, à l’intérieur (comme à l’intérieur du trou noir Univers dans lequel nous serions) chacun est libre de se positionner comme il l’entend.

                    Disons que je vois ça comme une auberge espagnole où chacun est libre d’apporter ses idées, ses questions, ses réponses, pourvu qu’elles gravitent bien toutes autour du concept de l’organisation comme cycle.

                    L’idée c’est de faire fonctionner l’hypothèse tous azimuts.

                    Très concrètement, tel que je le vois, ce fil pourrait être un réceptacle à idées « brut de coffrage », le raffinage pouvant s’opérer sur un wiki réseau social comme ceux que j’ai ébauchés sur wikifoundry. Oui, je vais ouvrir un wiki « théorie de la résonance générale » consacré à l’universalité des phénomènes de résonance, du physique au psychologique et retour.

                    Donc déjà merci d’être là, et merci d’avance pour toutes vos contributions, de la plus petite remarque à la thèse de doctorat... si le coeur vous en dit smiley


                  • ResPublica 14 avril 2014 23:20

                    Le cœur m’en dit aussi.

                    J’allais m’embarquer dans la rédaction d’un long commentaire étayé d’expériences personnelles, d’argumentations qui eussent apporté leur lot de pours et de contres, mais j’ai finalement décidé de m’abstenir.

                    Je n’en dis pas plus, car l’auteur sait déjà que l’essentiel de ma pensée qui provient de mon cœur passe par le vide (qui n’est pas vide, mais vecteur d’information), et que nous sommes connectés, ce qui a infiniment plus d’importance que le fait que nous soyons d’accord ou pas.

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