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Très haut-débit : Pierre Danon contre le « dogme de la fibre optique jusqu’au paillasson »

Les nouveaux usages numériques, promis par la qualité croissante de nos réseaux, commencent à ressentir les limites des choix technologiques faits ici et là. La TV HD, largement démocratisée, peine déjà à suivre la mesure. Les nouveaux usages, depuis la télémédecine jusqu’à la télé en trois dimensions (TV 3D) ou le télétravail, nécessiteront toujours plus d’investissement.

Mais quelle technologie choisir alors que la France est, toujours, parmi les derniers de la classe en termes de pénétration du très haut débit.

Médiatiquement, c’est clairement la « fibre optique », comprendre la technologie FTTH qui permet de faire arriver la fibre jusqu’au domicile des abonnés, qui tient la corde. Dans les chiffres, c’est la technologie dite du « câble » ou FTTLA (la fibre arrive au pied de l’immeuble). En France, les derniers chiffres connus font état au troisième trimestre de 600 000 abonnés au très haut débit, dont 425 000 par cet accès (175 00 par FTTH). Comment expliquer cette distorsion ?

Pierre Danon, aux commandes de plusieurs opérateurs européens, dont Volia à Kiev, évoque un « dogme de la fibre optique jusqu’au paillasson ». Egalement vice-chairman de TDC à Copenhague, il souligne que, là-bas, l’opérateur a pu en optant pour une fibre poussée en profondeur, mais sans aller jusqu’au paillasson, offrir de 30 à 50 Mbits à plus de 50% de la population. En France, ajoute Pierre Danon, ce dogme du paillasson a un prix : 30 milliards d’euros, « qu’on n’a pas », car « cet investissement n’est pour l’instant pas rentable ». Fort heureusement, l’Arcep fait évoluer la réglementation avec une technologie de complément qu’on appelle VDSL.
 

Pierre Danon : grand entretien sur les télécommunications from IDPI on Vimeo.

 

Autre problème, le (mauvais) partage territorial de la fibre optique, qui pour le moment, à l’instar du déploiement des dernières technologies mobiles, ne se fait qu’en ville. La comparaison de ces deux cartes (le FTTH développé par le privé et par le public) laisse songeur pour les habitants des régions, sans parler de ceux des îles qui ne sont pas prêts d’en voir le début.

Quel que soit le mode de déploiement des technologies de connexion à l'Internet, il faut se demander comment seront impactées les populations. Des modèles différents engendrent des coûts - et donc des ciblages par les opérateurs ou la puissance publique - différents.

Christian.
 


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6 réactions à cet article    


  • geo63 20 mars 2012 10:47

    Bonjour,

    Je veux bien croire qu’il existe un dogme de la fibre optique, mais SVP il aurait fallu préciser en quelques lignes les autres possibilités pour les ignares dont je suis, c’est quoi le VDSL par exemple.
    Bien sûr je vais aller chercher sur le web...

    Cordialement


    • wesson wesson 20 mars 2012 20:18

      Bonjour l’auteur, 

      puisque vous êtes cadre chez un opérateur et que vous parlez de la fibre optique, j’ai un cas assez croquignol à soumettre à vos lecteurs, qui bien qu’il soit assez personnel me permet de conclure que en France, la fibre optique ce n’est pas pour demain. 

      Je travaille dans un bâtiment à vocation commerciale tertiaire (bureaux) et mon entreprise, une TPE est dans le domaine de l’informatique. La fibre optique France Telecom (ou orange, je ne sais pas) arrive à en gros 80 mètres de notre bâtiment. 

      Hors, FT propose des abonnements « pro » et peut planifier l’installation des derniers mètres manquant... mais uniquement si il s’agit de logement privatif. Dans notre cas, comme l’immeuble est commercial, ils ne peuvent pas venir le câbler, malgré l’accord du syndic !

      Donc, FT propose des abonnements fibre pro, à destination des professionnels, mais ils faut qu’ils ne soient pas dans des immeubles pro, mais chez eux. Super la logique !

      Le fin mot de l’histoire, c’est que ces abonnements fibre « pro » qui ne sont pas cher du tout, sont en fait destiné aux professions libérales, tels que docteurs, kiné, dentistes etc etc, qui exercent en grande majorité à domicile et qui plus est n’ont pas réellement besoin d’une telle bande passante.
      S’agit-il en fait d’une subvention déguisée à une clientèle électorale ?

      Et pour les PME comme la notre pourtant directement concerné, il est obligatoire de passer par un opérateur purement privé, pour un prix entre 20 et 100 fois supérieur à celui que propose France Telecom. Résultat : on reste avec notre bon vieux ADSL de merde qui coupe tout le temps et qui rame à fond !


      • Magnon 20 mars 2012 21:22

        Vous oubliez complétement le FTTLA de Numéricable, qui a semble t’il entièrement numérisé son réseau.
        Sauf qu’il souffre de la mauvaise image acquise avant sa numérisation, et qu’il est en concurrence avec les réseaux ADSL, techniquement moins performant, mais beaucoup plus agiles commercialement et surtout techniquement suffisant !
        Dans mon immeuble, j’aurais pu choisir Numéricable, mais finalement j’ai persevéré avec Club-Internet absorbé par Neuf, lui même absorbé par SFR !


        • Hijack Hijack 21 mars 2012 01:14

          Perso et à titre privé, depuis que je suis passé à la fibre optique, tout va bien dans mon tripleplay !


          • simir simir 21 mars 2012 10:16

            C’est fini le temps de l’administration des PTT

            C’était le temps ou nous sommes passés du 22 à Asnières au téléphone le plus moderne du monde.
            En effet en 1990 tous nos équipements de commutation et de transmission étaient numérisés.
            A cette époque il y avait encore de l’électromécanique en Allemagne et au Japon avec une technicité d’avant guerre (centraux Rotary).
            Maintenant France Télécom ne veut pas investir dans la fibre optique jusque chez l’abonné de peur que d’autres opérateurs s’en servent.
            Mais le pourraient ils vraiment ? Ou en est la dette qui a été un moment de 75 milliards d’€ suite au rachat d’Orange surfacturé, au rachat des canards boiteux Argentine télécom, d’opérateurs étasuniens, polonais et allemands dont j’ai oublié le nom ?
            Sans retour au service public la fibre on l’attendra longtemps ou alors c’est le contribuable qui paiera comme pour les zones blanches en téléphonie mobile ( 15 stations de base payées par le CG dans mon département ) alors que le réseau R 2000 des PTT le couvrait presque intégralement. 
            Certes c’était cher pour l’usager mais la technologie n’était pas la même en matière d’équipements et aussi de par les locaux necessaires (pas d’outdoor notament)

            • Jyrair Jyrair 18 avril 2012 16:04

              Comme le dit très bien Pierre Danon, le gouvernement a privilégié l’annonce (Fibre jusqu’au paillasson), plutôt que des résultats concrets comme la garantie d’un débit correct pour toute la population (Fibre au cœur du réseau progressivement étendue sur le reste du parcours).

              Cependant, au delà de ce choix, le gros du problème est que l’accès à internet n’est toujours pas considéré comme un service d’intérêt public (comme la poste par exemple). Les cablopérateurs tirent donc des cables uniquement sur les grandes villes (là où le retour sur investissement est le plus rapide) et laissent à l’Etat le soin de financer les zones moins intéressantes car moins denses.

              A mon sens, et pour reprendre la comparaison avec les services postaux et ce qui s’est fait avec l’ouverture à la concurrence du transport de courrier, l’Etat devrait obliger les cablopérateurs à signer une délégation de service public les contraignants à déployer X % de leur réseau dans des zones à faible densité de population. Cela garantirait la continuité territoriale, concept quelque peu oublié ces derniers temps...

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