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Accueil du site > Actualités > Technologies > Une nouvelle théorie scientifique de l’évolution de la lignée (...)

Une nouvelle théorie scientifique de l’évolution de la lignée humaine

Si la voie explorée par Anne Dambricourt Malassé, pour expliquer l’évolution des espèces, semble séduire le grand public, elle suscite en revanche la méfiance de scientifiques, réfractaires à une théorie qui remet en cause l’hypothèse néo-darwinienne de l’origine de la bipédie permanente, et de son évolution, qui a donné notre mode de locomotion.

Pour la paléoanthropologue, le processus d’hominisation se situe d’abord "à l’intérieur, dans l’histoire de notre génome" et n’est pas induit -comme dans l’hypothèse de l’adaptation à la savane- par le climat.
L’objet du litige est un os situé à la base du crâne, en arrière des fosses nasales : l’os sphénoïde. Un petit os, dont, hier encore, le commun des mortels non scientifique ignorait vraisemblablement jusqu’à l’existence... Explications d’Anne Dambricourt Malassé.

 

Véronique Anger : Votre hypothèse de l’évolution humaine attribue un rôle fondamental au phénomène de flexion de l’os sphénoïde dans l’évolution humaine avec, par voie de conséquence, un rôle moins important attribué au milieu et au hasard. Pouvez-vous expliquer -avec des mots simples- ce que cela signifie ?
Anne Dambricourt Malassé :
Il ne s’agit pas d’hypothèses, mais de découvertes (qui remontent à ma thèse de 1987) publiées à l’Académie des sciences en 1988 et, à nouveau, dans la revue de l’Académie des sciences Paléovol (2006) après publication dans des revues spécialisées.
Je n’ai pas travaillé sur le sphénoïde, et il ne peut pas être étudié seul, il implique tous les os autour de lui, y compris la colonne cervicale, et surtout les membranes qui descendent jusqu’au sacrum. Je travaille depuis plus de vingt ans sur la sphère basi-cranio-faciale, la mandibule, puis la base. (Tous les os de la base du crâne sont considérés). Je suis remontée alors au sphénoïde en découvrant son rôle central. Ceci est connu des ostéopathes et kinésithérapeutes.
Je suis remontée à l’origine de ses changements de forme. Il est plat chez tous les embryons de mammifères. Chez nous également, mais il tourne sur lui-même au terme de la période embryonnaire (sept semaines après la fécondation chez l’homme). Cela s’explique par des contraintes locales dues à l’enroulement du tube neural sus-jacent (le futur cerveau).
Ce mouvement de rotation du sphénoïde(1) s’observe chez les premiers primates, il y a environ cinquante cinq millions d’années. Il est de faible amplitude. Le processus embryonnaire est mémorisé dans l’ADN évidemment, il est transmis par la mémoire génétique du développement. Par ailleurs, l’évolution est irréversible (loi dite de Dollo(2)). Dans ce cas particulier, l’évolution ne peut se traduire que par une augmentation de la rotation du couple " tube neural sphénoïde ". L’évolution, dans ce cas de figure, est nécessairement celle de l’information génétique correspondant à l’amplitude de rotation. L’os ne peut donc en aucun cas demeurer plat (ce qui donnerait alors des monstres avortés).
En revanche, si l’amplitude ne change pas, il n’y a pas d’évolution. Ce sont des espèces qui dérivent les unes des autres avec cette même embryogenèse. C’est d’ailleurs ce que l’on constate : les espèces actuelles de prosimiens (comme les lémurs de Madagascar) ont la même amplitude que les espèces fossiles. Après vingt millions d’années -au cours de cette période, aucun changement d’amplitude, aucune corrélation n’ont été observés- apparaissent des espèces possédant une base plus raccourcie, plus fléchie. Ce sont les singes (les macaques, par exemple). Puisque l’évolution existe irréversiblement, cette information va encore évoluer. Il arrive nécessairement un seuil où le phénomène de rotation correspond à un tel raccourcissement de la base -c’est-à-dire à un tel degré de rotation ou de gain de verticalité (qui se distribue de la face au sacrum)- que celle-ci est visible après la naissance et impose au corps de l’enfant, une locomotion au sol, autour d’un axe du corps " verticalisé ". Ainsi apparaissent les premiers hominidés ou bipèdes permanents (de l’enfant à l’adulte).
On pensait que la cause de cette locomotion était post-natale et, encore récemment, on croyait qu’elle était due au développement fœtal du cerveau. Il faut chercher une cause plus précoce encore, un processus qui participe du développement des organes et du squelette comme de la complexité croissante du cerveau, elle est embryonnaire.
Le milieu n’est donc pas à l’origine de cette dynamique interne propre aux tissus embryonnaires, ni à la répétition de cette évolution. L’embryon du chimpanzé ne passe évidemment pas par un stade de prosimien puis de singe. On constate une réorganisation interne selon des contraintes, ou logiques, internes. Tous ces termes sont couramment utilisés en biologie intégrative, discipline familière des systèmes dynamiques intégrés auto-organisés.
Pour résumer, depuis le début de ma recherche (1987-1988) il a toujours été question d’unité céphalo-caudale (tête bassin) de l’embryon et des gènes précoces du développement. J’ai pu observer que cette dynamique de rotation évoluait toujours dans le même sens, et j’en ai conclu à l’existence d’un processus de mémorisation des mutations et de réactualisation. Ces mutations sont donc engrammées(3) ou intégrées (et non pas programmées). Le milieu est important bien sûr, mais il n’est pas à l’origine de la complexité croissante du système nerveux central, ni de nos capacités de réflexion consciente. Encore moins, à l’origine de la réitération d’un mécanisme embryonnaire qui intègre les effets passés.
L’origine du déclenchement de cette évolution interne est à mon sens le hasard, le second principe de la thermodynamique(4), c’est-à-dire le désordre spontané qui menace tout état d’équilibre. Face à l’entropie, les systèmes ont des mécanismes de réparation, acquis par "apprentissage " (autopoïèse). Ceux qui ont cette mémoire évoluent et se reproduisent. Les autres disparaissent. La mémorisation et l’origine de l’information sont encore inconnues.
Les branches les plus avancées en chimie ont intégré la mécanique quantique, qui permet de prendre en considération des potentialités d’informations non actualisées (dites " virtuelles ") et canalisent les potentialités futures à chaque actualisation.
Ces découvertes ont des implications médicales importantes en orthopédie dento-maxillo-faciale. D’ailleurs, j’ai essayé de financer ma recherche -qui a un coût élevé (des téléradiographies dans les trois plans)- en sensibilisant la communauté à ces questions de santé publique. C’est l’origine de la publication d’un article de neuf pages, en 1996, dans une revue de grande vulgarisation (La Recherche) et à l’origine du documentaire de Thomas Johnson, diffusé le 29 octobre dernier, sur Arte :" Homo sapiens : une nouvelle histoire"(5).

 

VA : Il est toujours difficile pour le néophyte de s’y retrouver dans une bataille d’experts ! Êtes-vous en mesure aujourd’hui de démontrer scientifiquement la réalité de votre théorie ? Avez-vous progressé dans vos recherches ?
ADM :
La question de l’interprétation a toujours été scientifique. Comme je vous le disais, elle est publiée dans Les actes de l’Académie des sciences. Il s’agit de trois découvertes majeures :
- La relation entre la face et le sphénoïde (encore niée en 1990)
- L’origine embryonnaire de sa rotation
- Enfin, le caractère reproductible de son évolution.
Il appartient donc aux contradicteurs de démontrer que ce constat est inexact en reprenant l’intégralité des fossiles et, ensuite, en démontrant comment le climat contrôle le développement de l’embryon.
Jusqu’à présent, ce n’est pas ce que conclut la génétique du développement. Par ailleurs, très peu de chercheurs se sont penchés sur le sujet, car il est particulièrement onéreux, complexe et peu valorisant pour quelqu’un désireux de publier vite et facilement. De plus, il inquiète, car il touche à des mécanismes d’organisation interne logiques.
La paléontologie est encore trop éloignée de la science de la complexité, des systèmes dynamiques déterministes, de leur modélisation. Dans ce contexte, toute logique interne est impensable, faute de quoi elle connote immédiatement le vitalisme, la recherche d’un plan divin, d’un programme intelligent, etc.
Quant à la sélection naturelle, elle est évidente quand on traite d’embryogenèse. Plus de cinquante pour cent des fécondations avortent spontanément chez la femme. Les malformations que j’ai étudiées aident également à comprendre la logique de construction naturelle du crâne, alors que l’embryogenèse ne s’est pas développée.

 

VA : Si votre théorie semble séduire une partie du grand public, en revanche, elle suscite la controverse -voire une certaine agressivité- de la part de certains de vos confrères réfractaires à une explication contredisant l’hypothèse néo-darwinienne de l’adaptation au milieu...
ADM :On cherche des présupposés religieux (nécessairement coupables) dans ma théorie, sans même s’être documenté sur ma position à cet égard. Pourtant, j’ai écrit et décrit depuis longtemps quel avait été mon ressentiment à l’égard de ma propre religion, le catholicisme. J’étais agnostique en 1987. Je ne risquais donc pas de chercher un quelconque plan divin... Que j’aie pu découvrir une logique interne, un processus, cela n’a en aucune manière touché ma conscience à propos de l’évidence d’un plan divin ou d’un Créateur. D’ailleurs, cela ne m’intéressait pas.
En 1988, au moment où je me suis exprimée sur ma conception de la révélation du sens de sa vie propre -à savoir qu’elle se vit de personne à personne- j’ai vécu un drame personnel. Je suis devenue plus hostile encore à ma religion. J’étais toujours profondément athée, ce qui me permet de prendre du recul vis-à-vis de ces procès d’intention sans fondement.
Pour autant, être athée ne signifie pas renoncer à ce fil conducteur qui est le mien : le sens de ma vie se trouve dans l’altérité, et non dans l’objectivité. Il se révèle dans les expériences personnelles, et d’Être à Être. Je pense que la source de conflit naît souvent d’une incapacité d’écoute et de compréhension, associée à un ego surdimensionné.
Découvrir me passionne. Découvrir que je m’inscris dans une logique interne ou un processus de complexité croissante n’a rien changé à mon athéisme, la réalité d’une transcendance dans ma vie personnelle n’a de sens que dans l’instant présent. A contrario des courants émergents aux États-Unis, je ne cherche pas à éliminer le mystère des origines, je ne connais pas l’origine du changement de la mémoire génétique entre un grand singe et un australopithèque. Il faut intégrer la mécanique quantique, cela ne fait plus de doute pour les spécialistes de cette science. Et c’est au cœur de cette même science que le mystère demeure authentiquement en tant que mystère. Bernard d’Espagnat le décrit très bien : le réel qui nous contient est voilé à notre regard à partir d’un certain niveau d’approche. Je veux dire par là que nous ne saurons jamais ce qui s’est passé il y a cinq millions d’années, et qu’il est impossible d’évacuer le mystère. Ce n’est pas la preuve que Dieu existe, non. C’est le constat qu’on ne peut exclure le mystère de nos origines et, si le mystère se vit dans l’instant présent, c’est une ouverture d’esprit qui ne peut plus être nommée " d’âge infantile de l’humanité".
Entendons bien que dans notre singularité à tendre vers la nécessité d’une signification de notre être, il demeure dans les origines de cette aptitude, un mystère. C’est une conscience réfléchie qui est concernée, elle émerge d’une logique interne qui se traduit par la verticalisation de l’axe embryonnaire, un processus qui se démarque de toutes les autres lignées mammaliennes, et dont l’équilibre locomoteur demande le développement des capacités de réflexions. Il est impossible de dire la nécessité d’une verticalisation en termes d’adaptation écologique, c’est une évolution qui se déroule avec ses contraintes internes, et la nécessité d’en tenir compte aussi.

 

VA : A propos de dessein intelligent(6), une partie de la communauté scientifique vous reproche de faire le jeu des néo-créationnistes qui auraient -selon elle- trouvé dans votre hypothèse de puissants arguments en leur faveur. Dans une interview au journal Le Monde(7) (daté 29/10/05) vous avez déclaré : "Il n’y a jamais eu de relation entre la religion et les trois découvertes scientifiques en présence que je développe depuis 1987." et "Je ne suis pas croyante à cause de cette découverte ou avant cette découverte. C’est historiquement profondément faux puisque j’étais distante de toute religion. Je considère qu’il demeure un mystère pour la conscience face à ses origines.".ADM : La plupart des propos publiés dans Le Monde puis, ces jours-ci, dans Le nouvel observateur, reflètent bien la méconnaissance des articles scientifiques. Si je ne fais pas le jeu de l’athéisme, je ne peux que faire le jeu du créationnisme... Ce mode de raisonnement est classique.
En réalité, pour des motifs idéologiques déjà montrés, mon livre La légende maudite du vingtième siècle, mon article publié en 1996 et, à présent, le documentaire d’Arte, sont devenus la cible d’une campagne de discrédit, sans argument objectif, et faisant intervenir toujours les mêmes détracteurs. Le sous-titre "L’erreur darwinienne" ainsi que la couverture ont choqué. Ce sont des contraintes éditoriales classiques, que je ne contrôle pas. En 2006, on est encore face à du " prêt à penser ", chacun dans son rôle et son style, avec toujours les mêmes médias jouant le rôle de caisse de résonance (Science et Vie, Pour la Science…).

 

VA : À propos de l’évolution humaine, Pierre Teilhard de Chardin(8) pensait que "L’humanité se rassemble pour rejoindre Dieu, en cet hypothétique point oméga qui représenterait de facto, et sans tristesse aucune, la fin des temps.". Pensez-vous, comme cet homme que vous admirez, que l’Homme est déterminé et que sa finalité est de rejoindre Dieu ?
ADM : Vous n’êtes pas sans savoir que Teilhard était reconnu de son vivant par la communauté internationale comme l’un des grands théoriciens de l’évolution des mammifères, et qu’il aurait dû enseigner au Collège de France si son Ordre ne le lui avait déconseillé, au grand dam de la communauté scientifique. C’est, entre autres, pour remédier à ce vide aux effets conséquents pour ma génération (et pour les générations futures, si rien ne change) que le Muséum a accueilli la base de son enseignement.
Cela ne m’intéresse pas d’utiliser la théorie de l’évolution pour tenter de prouver la mort de Dieu ou sa naissance... Mon questionnement est devenu plus philosophique et, plus encore, éthique. Je ne suis pas déiste, a contrario de Darwin (on oublie de le rappeler), et encore moins à la recherche d’une gnose. Je veux comprendre, apprendre, et vivre à travers la découverte, ce qui reste inconnu de ma propre nature. La capacité gratuite de la découverte est déjà pour moi quelque chose d’extraordinaire à vivre : un immense sentiment de liberté.
Au fil du temps, la dialectique scientifique de Teilhard m’a paru sensée et remarquablement structurée. Ainsi, en 1989 (alors que j’étais véritablement athée) j’ai accepté à 29 ans la fonction de secrétaire générale de la Fondation Pierre Teilhard de Chardin qui est hébergée au Muséum et, par là-même, sous la tutelle de l’État. Elle respecte la laïcité. Cette proposition émane du Professeur Jean Piveteau (décédé depuis) alors seul spécialiste en paléontologie humaine à siéger à l’Académie des sciences et président d’honneur de la Fondation. L’actuel Président est Henry de Lumley, dernier professeur à avoir été le directeur du Muséum.
La vocation de la fondation n’est pas de développer une anthropologie, voire une anthropogenèse judéo-chrétienne. Sa vocation est de bien faire comprendre la pensée de Teilhard et, par conséquent, de sérier les niveaux de sa réflexion. Concernant la christologie de Teilhard, je suis bien incompétente pour vous répondre. La christologie relève des spécialistes de la Compagnie de Jésus(9) tels que le Père Gustave Martelet sj. Et, s’il faut analyser sa pensée de ce point de vue, c’est aux pères jésuites compétents, comme le Père François Euvé, de vous renseigner.
Personnellement, c’est seulement au titre de docteur du Muséum en paléontologie humaine que je peux analyser Teilhard " paléontologue théoricien de l’évolution ", qui est aussi l’auteur d’une science que nous pratiquons depuis, en paléontologie, la Géobiologie, qui conduit à explorer le terrain et à réfléchir sur des distances continentales et intercontinentales. Personnellement, je me rends en Asie centrale et en Inde depuis 1996.

 

VA : Si l’avenir vous donne raison, votre hypothèse sera vraisemblablement reconnue comme l’une des plus importantes découvertes de l’histoire de la paléontologie. N’étant pas moi-même une scientifique, je ne suis évidemment pas en mesure de porter un jugement éclairé quant à la justesse de votre théorie. Je me bornerai donc à constater qu’au XXIe siècle, la plupart des esprits -y compris l’élite intellectuelle- ne sont pas plus enclins à admettre une nouvelle vision de l’évolution qu’ils n’étaient, à l’époque de Darwin, disposés à admettre que l’homme descendait du singe... cette théorie étant alors considérée comme totalement fantaisiste et scandaleuse.
Il est amusant d’observer, à près d’un siècle et demi d’intervalle, comment la "religion" (de la science ou de Dieu) persiste à passionner tout débat lié à une interprétation nouvelle de l’évolution humaine...

ADM : Je suis bien de votre avis ! Cela dit, je pense que, petit à petit, les découvertes en présence seront mieux et plus largement diffusées.
Le ton s’est aggravé par rapport à 1996 et 1997. Les détracteurs me prêtent des sympathies avec des thèses pourtant incompatibles avec mes articles scientifiques. Il n’est écrit nulle part dans mes publications que l’apparition de notre anatomie est programmée depuis soixante millions d’années. En outre, je n’ai jamais adhéré à " l’intelligent design " fort débattu aux États-Unis actuellement. C’est incompatible avec mon engagement à la Fondation Teilhard de Chardin. Aussi observe-t-on des inventions et des déformations des faits historiques. Ce fut le cas à propos du documentaire diffusé par Arte. La chaîne a été honnête ; elle n’a rien caché. De plus, ce film n’a jamais été soutenu par l’association UIP, qui n’a jamais été la courroie de transmission du Discovery Institute (Intelligent design). Il s’agit là d’une calomnie lisible dans la Lettre ouverte de Thomas Johnson, le réalisateur, accessible sur Hominidés.com due à un groupe de scientifiques du Muséum, survenue après projection de ce documentaire au sein du Grand Etablissement(10) avec la co-production Discovery Network Communication (Discovery Channel).
Enfin, il n’a jamais existé de pétition de soutien à l’Intelligent design ; et je n’ai jamais signé de pétition de cette nature.
La réalité historique est celle-ci : il y a quelques années, un journaliste américain affirmait que la sélection naturelle et le hasard des mutations génétiques étaient les seuls processus évolutifs naturels. Je fais partie de 400 chercheurs qui ont accepté à l’époque, de dire que cette affirmation était inexacte.
Cela représente quatre fois plus de signatures que celles recueillies pour la pétition appelant à la vigilance, publiée dans Le nouvel observateur. J’aurais aussi bien pu la signer et j’y lis des noms qui auraient aussi bien pu se joindre aux 400 signatures. L’UIP devient le danger ; je deviens le fer de lance de cette psychose... C’est un montage.

 

VA : Pourquoi ne parvenons-nous pas à étudier cette piste comme une théorie scientifique recevable ?
ADM :
Il est impossible de démontrer que les trois découvertes n’existent pas. Elles sont publiées et reconnues. Apparemment, le courant de l’Intelligent design les aurait reprises à son compte. Un des ténors de ce courant, William Dembski, considère que mes découvertes permettent d’étayer cette interprétation. Je lui ai fait savoir que telles n’étaient pas mes conclusions. Je lui ai également demandé de ne plus faire apparaître mon nom.
Il est évident que cette découverte dérange l’athéisme militant et que je ne peux pas empêcher non plus des scientifiques de chercher une interprétation. C’est le risque de la science. Nonobstant, je ne vais pas taire ces découvertes, qui ont des implications éthiques et médicales, au motif qu’elles contrarient l’athéisme ou qu’elles peuvent être interprétées dans un sens déiste, théiste, gnostique ou transcendantal. Aux scientifiques de se montrer honnêtes. À moi d’affirmer mon autonomie et de sérier les différents niveaux de la polémique.
A la différence des États-Unis, en France, il est de plus en plus difficile de débattre. En 1996, alors que j’étais informée de la mise en route de la première cabale et que Le nouvel observateur sortait déjà un article sans fondement pour affirmer un présupposé judéo-chrétien dans ma recherche, un éditeur français m’a demandé si j’acceptais de préfacer Le darwinisme en question, le livre de l’avocat américain Phillip E. Johnson, traitant de la récupération idéologique de la théorie de Darwin, le néo-darwinisme, pour servir la cause de l’athéisme en quête d’arguments scientifiques. En lisant le manuscrit, j’ai retrouvé la même " philosophie de combat " (Guillaume Lecointre, voir " Darwin contre la Science ", numéro hors série du Nouvel observateur) que celle que je vivais en France. J’ai donc préfacé le livre, en mettant le lecteur en garde contre la dimension binaire et exclusive du débat, que ce soit aux États-Unis ou en France. Je rappelais toutefois qu’avec Teilhard de Chardin, l’alternative était offerte de laisser chacun continuer sa propre réflexion par-delà les théories scientifiques construites sur l’étude des faits et des phénomènes.

 

VA : N’était-ce pas un peu tenter le diable, si je peux me permettre l’expression... d’accoler votre nom à l’ouvrage d’un auteur réputé pour ses idées soutenant le créationnisme ?
ADM :
Vous avez certainement raison, hors contexte, c’est incompréhensible. Il faut laisser le temps faire son travail, on ne connaissait pas les conditions historiques de ce choix. Il est nécessaire de les faire entendre maintenant. C’est une façon d’éveiller les consciences, au contraire, sur une diabolisation de tout ce qui ne va pas dans le sens des attentes néo-darwiniennes,de faire prendre conscience de la réalité de cette " philosophie de combat ", car elle ne cache pas qu’elle vise la foi judéo-chrétienne.
L’approche de Phillip Johnson est une analyse critique, non pas de l’aspect scientifique, puisque ce n’est pas son domaine, mais de l’aspect idéologique du néo-darwinisme, à travers la façon dont les faits sont présentés ou tenus de côté, voire à travers des lacunes. Il en conclut que le néo-darwinisme n’est pas convainquant, et que pour un croyant (ce qui est le cas de trois ou quatre milliards de monothéistes) l’existence d’un Créateur pour expliquer l’ordre du monde reste acceptable.
Naturellement, il ne prétend pas que le monde s’est créé en sept jours... Le vrai débat ne se situe pas là. Il consiste à savoir si, oui ou non, la théorie de l’évolution détruit les fondements de la foi judéo-chrétienne fondée au moins sur l’attente. Lui répond que non, car le néo-darwinisme n’est pas crédible. Personnellement, je réponds également non, mais sur des considérations autres, lesquelles, précisément, ne sont pas assez connues aux États-Unis. Je pense en particulier, donc, à la synthèse scientifique de Teilhard et à la place qu’il accorde à la gratuité de l’amour, à la liberté de donner sa confiance à l’amour comme transcendance du sens : se savoir né, parce qu’aimé. (" Tu es, Seigneur, notre Père, notre Rédempteur : tel est ton nom depuis toujours... Ah ! si tu déchirais les cieux, si tu descendais.. " Isaïe 63, 16b, 19a. In " Teilhard aujourd’hui ". N° 16 - décembre 2005).

VA : Mais comment expliquez-vous un tel "blocage psychologique", en particulier de la part de vos pairs ? Je pense à Yves Coppens ou au paléontologue argentin Fernando Ramirez-Rozzi, qui émettent les plus grandes réserves. "Pour une raison mystérieuse, (Mme Dambricourt) a voulu faire de cet os la pièce centrale de toute l’anatomie humaine. Or, on sait depuis longtemps que définir l’homme à partir d’un seul caractère est absurde." a déclaré Ramirez-Rozzi au journal Le Monde (29/10/05) qui cite d’ailleurs au nombre des "ennemis" de votre théorie le paléontologue Jean-Jacques Jaeger ou l’anthropologue André Langaney. Toujours dans Le Monde, Pascal Picq semble reconnaître pour sa part qu’il est intéressant d’avoir soulevé la question de la flexion de l’os sphénoïde chez les hominidés, tout en précisant qu’il n’est pas d’accord avec votre interprétation.
ADM : Pascal Picq est devenu bien plus prudent après avoir affirmé qu’il n’existait pas de découvertes et que ma recherche était obsolète. Je constate que les explications destinées à lui faire comprendre que je ne cherchais pas à démontrer un programme dans l’évolution ont fini par porter leurs fruits.
Yves Coppens est bien plus proche de ces idées de mutations intégrées et actualisées qu’il n’y paraît dans le documentaire. Il reconnaît, au demeurant, la complexité croissante, et il est bien le seul à avoir eu le courage de rappeler que Teilhard était un des grands penseurs de la théorie de l’évolution. Yves Coppens lui a d’ailleurs rendu un long hommage lors de son cours de clôture au Collège de France, en juin 2005.
La différence entre nous, c’est que lui est convaincu que, sans la savane, la bipédie ne serait pas apparue. Je pense, pour ma part, que sans la forêt les grands singes auraient disparu, et cette potentialité évolutive avec eux. Conséquence, il n’y aurait pas eu d’hominidés, d’êtres en bipédie permanente suite à une nouvelle évolution du développement de l’embryon et, par conséquent, à une nouvelle rotation du sphénoïde. C’est la forêt qui a sauvé la bipédie permanente d’origine embryonnaire et phylogénétique. Il s’agit donc d’une sélection naturelle positive.
Quant à Fernando Ramirez, il s’agit d’un de nos anciens étudiants. C’est un admirateur de Richard Dawkins. Je me souviens qu’il parlait de son livre L’horloger aveugle avec enthousiasme. Ramirez étudie des dents fossiles. De toute évidence, il se place déjà dans une certitude : "L’évolution est régie par les lois du hasard et des nécessités alimentaires".
De telles certitudes constituent un présupposé, en sorte que tout ce qui vient heurter ses intimes convictions devient, par essence, "du délire" pour le citer à mon propos. Un esprit scientifique devrait faire preuve d’humilité et savoir se laisser surprendre par l’inattendu.

 

VA : Science et religion seront-ils indéfiniment frères ennemis ?

ADM  : Je suis chercheur avant tout, c’est-à-dire, libre de réfléchir aux implications et à la signification de ce que j’ai découvert, et à ce que cela signifie dans ma vie, enrichie de tout ce qui n’est pas scientifique ou objectif, comme l’expérience de la relation d’être à être. La découverte d’une logique interne me donne toute liberté de m’interroger, hors du cadre de la science, du point de vue philosophique et éthique, sur la finalité de ce processus.
Chacun a son idée sur le sens de sa vie. On ne veut pas se sentir réduit à une " logique interne " si elle devait concerner l’intégralité de nos capacités. Nous avons besoin de liberté, d’inconnu, d’espace pour la créativité. Ce qu’il faut comprendre dans notre histoire interne, c’est précisément cette différence entre le niveau macro-évolutif qui n’est pas touché par l’entropie (la dégradation) et le niveau singulier, qui est mortel, qui souffre dans son corps et son esprit. C’est cela qui est important.
Le néo-darwinisme affirme -désormais à l’encontre des faits- que c’est ainsi que notre histoire s’est construite. Or, cela est inexact. Cette découverte (enfin entendue du grand public) le prouve. Elle est encore loin d’être comprise.
Concernant la foi, elle ne peut pas être l’otage de la vision néo-darwinienne à travers des critiques contre l’Intelligent design, puisque ce mouvement ne fait pas appel à la foi en la révélation des origines de l’amour.
Et elle ne le sera pas non plus de mes observations puisque, comme je vous l’expliquais et -à la différence de l’Intelligent design- le mystère des origines demeure déjà avec le changement de mémoire génétique de deux embryogenèses. Plus nous descendrons dans les profondeurs de la mémoire génétique, plus nous retrouverons le "Réel voilé", tel que l’explique si bien le Professeur Bernard d’Espagnat.

 

(1) "Le sphénoïde n’évolue pas en lui-même bien sûr. Ses changements sont une conséquence de l’évolution de l’information qui code son développement dès la fécondation. C’est donc l’information génétique qui évolue et on constate dans le cas de notre lignée qu’elle évolue sur plusieurs millions d’années entre deux transformations anatomiques. Je ne suis pas en mesure de dire comment cela est possible, puisque c’est en dehors du champ des compétences des paléontologues. Quant aux biologistes, ils étudient des périodes de temps trop courtes pour constater ce type de processus. Il faut donc poser la question à des spécialistes en chimie quantique et commencer à traduire les changements de forme par des équations, pour écrire une théorie au sens mathématique. Les faits en eux-mêmes montrent qu’il existe dès la formation du patrimoine héréditaire des processus de mise en mémoire de l’information, de sorte que tout changement anatomique ne vient pas exclusivement de l’environnement. Cela peut provenir aussi d’une mémoire contenue dans le patrimoine héréditaire. Ce sont les bases d’un consensus objectif qui se dessinent, sans référence religieuse précisément.". Source : "Les arguments d’Anne Dambricourt-Malassé" (propos d’ADM recueillis dans Le Monde.fr du 29.10.05)
(2) Loi, en biologie, dite loi de Dollo, qui pose l’irréversibilité de l’adaptation à base générale de Dollo. plus d’infos sur :
http://archquo.nouvelobs.com/...
(3) C’est-à-dire : stockage de l’information
(4) Voir : http://www.sciences.univ-nantes.fr/physique/perso/blanquet/synophys/42tropi/42tropi.htm
(5) L’émission "Homo sapiens, une nouvelle histoire de l’Homme" diffusée le 30 octobre 2005 sur Arte a suscité la polémique chez les scientifiques (avec les interventions de Philippe Tobias, Didier Marchand, Jean Chaline... Pour ceux qui s’intéressent aux lois de fractalisation de la complexité, lire l’excellent livre de Jean Chaline (en collaboration avec Christian Nottale et Pierre Grou) Les arbres de l’évolution)
(6) "intelligent design" ou "dessein intelligent". Le dessein intelligent tente de réconcilier science et religion. Voir aussi : http://www.designinference.com/
(7) "Un film soupçonné de néo-créationnisme fait débat" (Le Monde.fr du 29/10/05)
(8) Jésuite, chercheur, théologien et philosophe, Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) est connu pour ne pas voir d’opposition entre la foi catholique et la science
(9) Qu’on nomme aussi "Jésuites"
(10) Les "grands établissements" sont des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel régis par les dispositions du livre VII du code de l’éducation site en ligne : http://www.wikipedia.org/wiki/Grand_établissement

 

Pour en savoir plus sur la théorie scientifique d’Anne Dambricourt Malassé :
Sur le site de l’Académie des Sciences - Rubrique Conférences
Voir p : 24. Partie "Les premiers hominidés" : "Evolution du chondrocrâne et de la face des grands anthropoïdes miocènes jusqu’à l’Homo sapiens. Continuités et discontinuités"
Voir aussi p : 14. Partie "La question de la diversité des hominidés" : "Développement embryonnaire et évolution"
"Un texte fondamental de la pensée d’Anne Dambricourt Malassé. Paysages mentaux des racines évolutives humaines"

Muséum d’Histoire naturelle
Le site Hominidés.com les évolutions de l’Homme
Et pour ceux qui s’intéressent à Teilhard de Chardin, nous vous invitons à lire sa Messe sur le monde rédigée en 1923 alors que le père jésuite se trouve au milieu du désert.

 

*Anne Dambricourt Malassé est paléoanthropologue, chargée de recherche au CNRS et docteur en paléontologie humaine du Muséum national d’histoire naturelle. Par ailleurs, elle est secrétaire générale de la Fondation Pierre Teilhard de Chardin. Elle a également publié La légende maudite du vingtième siècle (Editions La Nuée Bleue. Octobre 2000). Biographie


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55 réactions à cet article    


  • Méric de Saint-Cyr Marc-Cyr-Joseph 13 janvier 2006 14:07

    <>

    Les contraintes éditorialistes sont souvent stupides, à trop vouloir être racolleuses.

    En effet la théorie exposée ici ne contredit en rien les principes darwiniens, elle peut soit les compléter soit les affiner, mais certainement pas les « annuler ». Alors ces journalistes qui aiment faire des titres ronflants comme « Darwin s’est encore trompé », ce n’est que du mauvais populisme anti-scientifique.

    néanmoins, ce qui me dérange dans l’article ci-dessus, c’est qu’au prétexte de se dire « neutre, scientifique et sans état d’âme », ça parle beaucoup de relgion, et finalement tout cela dérive vers le philosophique et s’éloigne du sujet intéressant, le sphénoïde.

    Une autre chose me gêne, c’est qu’on demande à la dame d’expliquer « simplement » les choses, mais finalement est-ce que le commun des mortels aura compris quoi que ce soit ? L’homme de la rue ne sait pas ce que c’est le sphénoïde et qui va passer du temps à chercher sur un atlas anatomique où ça se trouve ? Bref, une ou deux illustrations n’auraient pas été de trop, me semble-t-il...


    • Perlin (---.---.202.39) 24 janvier 2006 05:40

      Bref, une ou deux illustrations n’auraient pas été de trop, me semble-t-il...

      C’est exactement ce que je me suis dit en lisant la première partie de l’article !


    • Méric de Saint-Cyr Marc-Cyr-Joseph 13 janvier 2006 14:13

      <>

      Une question simple : En quoi la rotation du sphénoïde serait-elle précurseur de la bipédie ?

      Reformulée autrement : La bipédie ne pourrait-elle pas être la cause de la rotation (acquise) du sphénoïde ?

      En somme, a-t-on affaire à un problème tautologique : l’œuf ou la poule ?


      • Alexandre Santos (---.---.183.51) 13 janvier 2006 15:16

        “La bipédie ne pourrait-elle pas être la cause de la rotation (acquise) du sphénoïde ?”

        C’est une question tout à fait valable.

        Et la volonté expresse (et non argumentée dans ce texte) d’exclure une influence de l’environnement sur les changements du dévelopment embryonaires est étonnante. Il faudrait quelque chose de plus solide pour le justifier.

        Par ailleurs des arguments du type l’évolution est irréversible, donc... me semblent plutôt suspects. Il faudrait déjà prouver que l’évolution est irréversible (et ce qu’on entend precisément par là), avant d’utiliser ce genre de raisonnements.

        De toute façon prétendre qu’une fois que l’os du sphénoide a commencé à acquérir une forme ronde, il serait impossible de revenir à la forme plate est incorrect. L’évolution a donné beaucoup d’exemples de d’évolutions dans un sens et son opposé de certains traits. Les parasites sont d’excellents exemples d’animaux qui ont subi une profonde simplification/réversion de la structure de leur corps et de leurs capacités métaboliques suite à l’adoption de leur mode de vie parasitique.

        C’est impossible d’évaluer la pertinence des théories de Malassé à partir de ce texte, probablement simplifié pour sa vulgarisation. Si quelqu’un a eu l’oportunité de lire ses articles, ce serait intéressant d’avoir des commentaires.

        Peut-être aurait-il mieux valu faire deux articles, un article de vulgarisation pure qui explique la théorie en termes simples mais rigoureux, et un autre sur la polémique que cette théorie engendre.

        Un autre problème est l’absence de débat contradictoire. On n’a pas la vue des experts qui sont scéptiques. Mais peut être que l’un d’entre eux aura l’occasion de se manifester ici pour le bénéfice de tous.


        • HK (---.---.242.109) 13 janvier 2006 15:56

          Bonjour,

          L’article et les remarques qu’il suscite sont très intéressants et me donnent envie d’apporter mon petit point de vue. Je ne suis ni spécialiste de cette question ni un scientifique, juste citoyen Agoravox. Toutefois j’ai eu l’occasion de regarder le documentaire sur ARTE dont il est question dans l’article et je l’ai trouvé bien vulgarisé. J’ai appris des choses et le docu ne m’a pas endoctriné, il a juste enrichi mes connaissances. Il est vrai que cette théorie de l’os sphénoïde est souvent associée à « l’intelligent design ». J’ai du mal à tracer l’origine de cette association. La chercheuse qui la soutient a-t-elle, par ailleurs, exprimé (intentionnellement ou malencontreusement) son penchant pour « l’intelligent design » ? Il serait avantageux de débarrasser cette théorie de sa gangue religieuse ou philosophique pour simplement la confronter ou l’intégrer au sein du corpus des autres théories pertinentes. Pour ma part, l’évolution du vivant me semble suffisament complexe pour ne pas être résumée à une seule théorie. Je pense que chaque théorie détient une part de vérité sans en être forcément toute la vérité. Et c’est comme cela que la connaissance avance. Aujourd’hui une théorie est pertinente en fonction de nos capacités d’observation et d’analyse du moment. Mais si demain nous découvrons d’autres outils d’analyse plus performants alors on s’apercevra que la théorie dominannte n’est plus vraie à 100% mais disons seulement à 50% ! Une théorie doit pouvoir aussi s’affiner avec l’état du progrès.

          Par exemple, la théorie de Darwin a été contestée en son temps. Puis a été acceptée par certains et pas par d’autres. Elle a aussi été opposée à celle de Lamarck. Mais en même temps elle a (et « est » encore dans certains pays) contestée parce qu’elle était en opposition avec d’autres manières d’étudier le phénomène « vie » notamment à travers le prisme religieux. Donc une théorie se fraie son bonhomme de chemin à travers le temps et au gré de nos progrès. Parfois elle peut aussi « fusionner » avec d’autres théories : elle s’affine, s’affaiblit ou s’enrichit. Bon c’était mon petit grain de sel du vendredi. Bonne journée à tous. HK


        • (---.---.0.86) 13 janvier 2006 16:35

          En quoi cette explication remet en cause la théorie de Darwin ?

          La théorie actuelle de Darwin explique l’évolution, y compris celle de l’espèce humaine, par de multitudes mutations (hasard) sélectionnées ou non en fonction des contraintes (nécessité) liées aux conditions de vie, au climat, aux catastrophes, etc...

          Dans le cas d’espèce de cet article, les mutations d’un os ont donc été au fil du temps et des contraintes (passage d’un milieu forestier à la savane, ...) retenues par la nature probablement parce que plus efficaces. Est-ce une contradiction avec la théorie de Darwin ?


          • Pierre (---.---.188.2) 13 janvier 2006 16:56

            Je vais donner une interprétation personnelle.

            La théorie d’une logique interne, ne contredit pas directement la sélection naturelle et les mutations hasardeuses. Les 2 peuvent être contingentes, par contre je pense que cela contredit l’hypothèse selon laquelle le principe de sélection serait la principale raison de l’évolution.

            Pourquoi ? Parce que le fait que l’on peut observer une logique interne, et cela MALGRE les aléas de l’environement, indique que cette logique interne est non seulement indépendante de l’environement mais aussi qu’elle est une cause supérieure à celle de la sélection.


          • Véronique ANGER-de FRIBERG (---.---.69.186) 13 janvier 2006 17:14

            Je souhaiterais préciser, en réponse au 1er commentaire : « Les contraintes éditorialistes sont souvent stupides, à trop vouloir être racolleuses. » et « Alors ces journalistes qui aiment faire des titres ronflants comme »Darwin s’est encore trompé« , ce n’est que du mauvais populisme anti-scientifique » Je n’ai aucune contrainte éditorialiste étant seule maître à bord. Je ne vois pas non plus où est le titre ronflant, ni le racolage... d’autant que je n’ai rien à vendre non plus puisque le principe de mes publications est : la gratuité sans publicité payante ni sponsoring(je sais que c’est un concept difficile à intégrer...).

            Il s’agit en effet d’un article de vulgarisation. Le but étant d’essayer à la fois de comprendre la théorie d’ADM et le « pourquoi » de cette espèce de foire d’empoigne parmi les scientifiques dès que son nom est prononcé.

            Le commentaire observant : « C’est impossible d’évaluer la pertinence des théories de Malassé(...) Si quelqu’un a eu l’oportunité de lire ses articles, ce serait intéressant d’avoir des commentaires. » Vous avez plusieurs liens en fin d’article qui vous renvoient vers différents textes écrits par ADM, qui explique plus en détail sa théorie. Cet interview ayant pour but de poser le problème, d’essayer de s’y retrouver un peu, et de renvoyer les plus curieux vers des liens complétant parfaitement le texte. Mais on aurait pu écrire un livre effectivement tant il y a matière à dire...

            Enfin, concernant les questions plus précises liées à la découverte d’ADM, je vais proposer à Anne DM de se joindre à cette « conversation » en répondant à quelques unes de vos questions puisque je ne suis que le « passeur » de savoirs...

            Merci de l’intérêt que vous avez porté à ce texte.


          • (---.---.0.86) 13 janvier 2006 17:33

            Si je comprends bien, c’est la logique interne qui induirait la modification de l’os qui entraine ensuite la bipédie. Donc en résumé, cette logique interne est la source de l’apparition de l’homme.

            Mais avec Darwin on n’a pas besoin de cette hypothèse supplémentaire de logique interne et sa théorie de l’évolution s’appuie sur des données observables. C’est vraiment dommage pour les créationnistes.


          • kognus (---.---.225.22) 14 janvier 2006 16:55

            Et merci à vous pour cet article intéressant, en marge de la « presse officielle ».


          • Zamenhof (---.---.79.247) 19 juillet 2006 14:44

            « retenues par la nature probablement parce que plus efficaces »

            Voulez-vous dire qu’une intelligence nommée « nature » a sur sa table à dessin constaté, que « tiens ça serait mieux ça ! pour l’instant ça n’apporte rien, mais un jour on verra que ça sert » ?

            Je regrette, c’EST ce que vous venez de dire.


          • Véronique ANGER-de FRIBERG (---.---.69.186) 13 janvier 2006 17:23

            Qui veut prouver quoi ? Vous avez un avis tranché sur la question : « une proche du Discovery Institute américain qui promeut l’idée du Design intelligent (anti-darwin), même si elle essaye de nous embrumer... etc » vous êtes donc bcp mieux (dés)informé(?) que moi... Je n’ai trouvé aucune trace de créationnisme ou de lien particulier avec Bush dans son discours et je suis surprise de lire cela. Ce qui m’a semblé intéressant, c’est de donner la parole -sans la déformer- à une scientifique qui, le moins que l’on puisse dire, ne fait pas l’unanimité. Je suis toujours extrêmement intriguée lorsqu’une personne suscite -par ses travaux- des réactions aussi violentes, voire irrationnelles.


          • Pierre (---.---.188.2) 13 janvier 2006 17:32

            Voilà l’éternel argument « moi je connais la vérité, les autres non ». Ou alors vous n’avez pas vraiment lu l’interview.

            D’autre part la question n’est pas de savoir si la théorie de Darwin « marche ».


          • Mornevert (---.---.67.248) 13 janvier 2006 18:34

            Voilà le genre de commentaire qui me fascine... Cette dame à l’origine du « nouveau concept » est une proche du Discovery Institute américain qui promeut l’idée du Design intelligent (anti-darwin), même si elle essaye de nous embrumer... J’ai bien lu et relu le texte de Véronique, et ni ai vu que des oppositions à ses fumeuses théories, des explications claires dites par cette scientifique... Il faut croire que vous êtes mieux renseigné qu’elle-même... Sûrement un acteur inconnu du museum d’histoire naturel ? L’on pourrait croire, là... à une nouvelle tentative de désinformation de votre part ? on tentez-vous de nous « embrumer » en vous referrant à une polémique passée ? ou faut-il encore, comme sous Galilée, Darwin, refuser ce « Il ne s’agit pas d’hypothèses, mais de découvertes (qui remontent à ma thèse de 1987) publiées à l’Académie des sciences en 1988 et, à nouveau, dans la revue de l’Académie des sciences Paléovol (2006) après publication dans des revues spécialisées. » Allez... partons à la chasse aux sorcières... Cela me rappelle un certain Mister Bush...


          • Mornevert (---.---.67.248) 13 janvier 2006 18:41

            tiens... encore un commentaire comme le précédent... Lisez mieux le texte : " Enfin, il n’a jamais existé de pétition de soutien à l’Intelligent design ; et je n’ai jamais signé de pétition de cette nature. La réalité historique est celle-ci : il y a quelques années, un journaliste américain affirmait que la sélection naturelle et le hasard des mutations génétiques étaient les seuls processus évolutifs naturels. Je fais partie de 400 chercheurs qui ont accepté à l’époque, de dire que cette affirmation était inexacte. " Mais c’est vrai... c’était « écrit » dans Le Monde.


          • (---.---.0.86) 13 janvier 2006 18:41

            La page sur le site www.discovery.org n’est plus accessible. Aurait-elle été supprimée ?


          • (---.---.92.187) 13 janvier 2006 20:38

            La page a en effet été déplacée. Elle est maintenant accessible à partir de l’addresse :

            http://www.discovery.org/scripts/viewDB/index.php?command=view&id=2732&program=News&callingPage=discoMainPage

            ou directement (attention, fichier PDF, à ouvrir avec acrobat reader par exemple) :

            http://www.discovery.org/scripts/viewDB/filesDB-download.php?command=download&id=660

            Anne Dambricourt-Malassé y apparaît bien (Page 3).


          • Véronique Anger-de Friberg Véronique Anger-de Friberg 13 janvier 2006 23:20

            « Désolé que cette polémique déjà enterrée par les scientifiques refasse surface ici... »

            Si elle est enterrée, lisez donc le hors série du Nouvel Obs « La Bible contre Darwin » et vous y retrouverez les mêmes attaques contre ADM. La polémique n’a fait qu’enfler au contraire. J’aimerais savoir dans quel but certains scientifiques cherchent à museler ADM ? Serait-elle si dangeureuse ? Pourquoi ne pas démontrer, arguments scientifiques à l’appui, qu’elle se trompe ; ou déclarer ne pas être d’accord avec ses conclusions tout simplement, au lieu de ressasser toujours le même discours (ADM ayant répondu maintes fois sur les différents points). Le but de cet interview n’est pas de trancher : ADM a-t-elle tort ou a-t-elle raison ? La question est de savoir pourquoi les scientifiques et media qui l’attaquent régulièrement ne lui offrent pas de droit de réponse.


          • (---.---.145.146) 15 janvier 2006 09:39

            Amen .......


          • (---.---.145.146) 15 janvier 2006 10:14

            Oui, OK cf. extrait

            John Cogdell Professor of Electrical & Computer Engineering University of Texas (Austin)

            Leon Combs Professor & Chair, Chemistry & Biochemistry Kennesaw State University Nicholas Comninellis Associate Professor of Community and Family Medicine University of Missouri-Kansas City

            Michael Covington Associate Director, Artificial Intelligence Center University of Georgia Stephen Crouse Professor of Kinesiology Texas A&M

            Cham Dallas Professor, Pharmaceutics & Biomedical Science University of Georgia

            Anne Dambricourt-Malasse Paleoanthropologist Institut de Paléontologie Humaine, Prehistory Lab

            Melody Davis Ph.D. Chemistry Princeton University


          • (---.---.74.45) 16 janvier 2006 14:16

            « Il n’est écrit nulle part dans mes publications que l’apparition de notre anatomie est programmée depuis soixante millions d’années. En outre, je n’ai jamais adhéré à » l’intelligent design " fort débattu aux États-Unis actuellement. C’est incompatible avec mon engagement à la Fondation Teilhard de Chardin. Aussi observe-t-on des inventions et des déformations des faits historiques. Ce fut le cas à propos du documentaire diffusé par Arte. La chaîne a été honnête ; elle n’a rien caché. De plus, ce film n’a jamais été soutenu par l’association UIP, qui n’a jamais été la courroie de transmission du Discovery Institute (Intelligent design). Il s’agit là d’une calomnie lisible dans la Lettre ouverte de Thomas Johnson, le réalisateur, accessible sur Hominidés.com due à un groupe de scientifiques du Muséum, survenue après projection de ce documentaire au sein du Grand Etablissement(10) avec la co-production Discovery Network Communication (Discovery Channel). Enfin, il n’a jamais existé de pétition de soutien à l’Intelligent design ; et je n’ai jamais signé de pétition de cette nature. La réalité historique est celle-ci : il y a quelques années, un journaliste américain affirmait que la sélection naturelle et le hasard des mutations génétiques étaient les seuls processus évolutifs naturels. Je fais partie de 400 chercheurs qui ont accepté à l’époque, de dire que cette affirmation était inexacte. Cela représente quatre fois plus de signatures que celles recueillies pour la pétition appelant à la vigilance, publiée dans Le nouvel observateur. J’aurais aussi bien pu la signer et j’y lis des noms qui auraient aussi bien pu se joindre aux 400 signatures. L’UIP devient le danger ; je deviens le fer de lance de cette psychose... C’est un montage."


          • Perlin (---.---.202.39) 24 janvier 2006 06:10

            J’ai eu exactement la même réaction que vous en lisant le commentaire épidermique de Tristan Mendes France. Pourquoi ce parti pris ? Sur quelles bases met-il en doute les intentions et les non-intentions déclarées de Mme Dambricourt ? Pourquoi semble-t-il vouloir que Darwin « marche » ? Irrationnel... oui c’est sans doute le mot qui convient


          • Thucydide Thucydide 13 janvier 2006 17:29

            Ce que j’ai lu ici m’incite à dire que les travaux exposés ici confortent la théorie de Darwin (effectivement, elle tient toujours, plus que jamais). Ce n’est pas la savane qui induit la modification du sphénoïde ou de quelque partie du squelette que ce soit, mais c’est elle qui favorise les individus qui, au cours de leur développement, présentent cette singularité, de plus en plus marquée. La première proposition, c’est du lamarckisme, la deuxième, du darwinisme.

            Quant à avoir besoin de faire intervenir un « dessein intelligent » : l’évolution procède de manière imprévisible. On peut croire, en observant un résultat final (l’homme) qu’il y a un dessein là-dessous, mais scientifiquement parlant, il n’y a pas la moindre justification pour le croire. (Philosophiquement, on croit ce qu’on veut.)

            C’est comme si, après avoir jeté les dés une centaine de fois, noté la centaine de combinaisons obtenue, fait le calcul que la probabilité d’avoir obtenu précisément cette centaine de combinaison était au départ extrêmement faible, on en déduisait qu’un dessein intelligent avait décidé que ce serait cette centaine de combinaisons qui sortirait et pas une autre. C’est ainsi qu’il se trouvera toujours des crédules pour croire, en cas de coïncidence un peu fortuite, que c’est Dieu qui a guidé leur main, ou leurs pas, etc.

            Un dernier point : on fait tout un foin autour de la bipédie des humains, comme si c’était une amélioration quasi divine de la condition humaine. On oublie seulement que la bipédie est répandue chez les animaux. Dans le cas des mammifères, beaucoup de kangourous, gerboises, lièvres-sauteurs, etc. Mais bien avant ça, les dinosaures l’ont développée il y a plus de 200 millions d’années. Ils ne sont jamais arrivés à l’intelligence, parce qu’il leur manquait des « pré-requis » tels que la vision binoculaire, un pouce opposable, un comportement social, un encéphale déjà développé. Toutes ces qualités étaient développées par les singes avant qu’ils ne se mettent debout, ça a préparé le terrain pour le singe nu (Homo sapiens). Quant aux dinosaures, leurs descendants oiseaux ont obtenu une partie de ces « pré-requis » et auraient pu développer l’intelligence si leur membre antérieur n’était pas trop spécialisé en vue du vol. Certains d’entre eux -les perroquets- utilisent une des pattes arrière comme une main, et font, comme par hasard, partie des plus intelligents oiseaux. Mais l’évolution, qui est imprévisible, ne leur a pas donné l’intelligence industrielle des singes nus.


            • Pierre (---.---.188.2) 13 janvier 2006 17:48

              La théorie fait décidement preuve d’une étonnante capacité ... d’adaptation.

              Il y a 2 façon de voir les choses, celle que j’ai décrite (un peu plus haut dans la liste des commentaires) qui va dans le sens d’une contradiction de la théorie d’Anne d’Ambricourt avec le darwinisme, et la votre qui conclu le contraire.

              Je ne conclurai pas sur laquelle est la meilleure, les 2 ayant du sens. Mais c’est bien là qu’est le problème du darwinisme.

              En faisant du hasard, le responsable de l’évolution, on a crée une sorte de théorie mystique qui fait arriver les choses comme par magie. Et il se trouve qu’avec la magie on peut tout expliquer, on peut même expliquer des phénomènes surnaturels.

              On peut donc conclure comme certains ici que le darwinisme « marche », mais ça n’en est pas moins une théorie construite sur des sables mouvants.


            • Sylvain Reboul (---.---.188.105) 13 janvier 2006 18:38

              L’auteure de cette Interview pose des affirmations pour le moins vagues, logiquement imprudentes et souvent ambiguës :

              1) Laisser entendre que le principe de finalité est « admis », voire reconnu en mécanique quantique, c’est aller (trop) vite en besogne : la mécanique quantique soulève le problème, sans encore l’avoir tout à fait résolu, du statut de la temporalité dans un champs de phénomènes qui n’est justement pas celui des processus biologiques. On ne voit donc pas comment l’auteure peut passer logiquement de la temporalité ou de son absence éventuelle sous une forme linéaire en mécanique quantique à la temporalité en paléontologie.

              2) Cela d’autant plus qu’elle présente l’évolution comme un progrès linéaire quasi nécessaire ; ce qui n’est qu’une représentation rétroactive, simplificatrice et pour tout dire réductrice des choses, ce qui n’est pas prouvé car les monstres non viables sont en effet eliminés avant l’âge de la reproduction : l’évolution apparaît aujourd’hui comme disparate multi-caractères, parfois régressive (en treme de complexité) et sa logique est loin d’être aussi pure qu’elle ne l’affirme. Les chimpanzés que je sache n’ont pas précédé les homos. Elle oublie dans son exposé les découvertes majeures que sont :

              - la sélection sexuelle qui produit une pression sélective en effet orientée et, en ce qui concerne le genre homo la sélection sexo-culturelle elle même finalisée par cette même culture (les valeurs sociétales)

              - l’existence de gènes architectes qui en mutant peuvent provoquer des modifications de caractéristiques différentes, fonctionnellement cohérentes ou non (et dans ce dernier cas elles sont éliminées par la sélection naturelle + sexuelle+ culturelle et la culture commence probablement avec les singes anthropoïdes préhomos comme on le voit chez les primates actuels), sans faire intervenir une logique univoque et encore moins un programme génétique préétabli ou préorienté.

              3) Enfin elle dit se refuser à toute récupération religieuse de sa thèse (finalisme biologique phylogénétique interne) mais elle n’hésite pas à flirter, c’est le moins que l’on puisse, dire avec le sens chrétien de la vie.

              Citation : « Le vrai débat.. consiste à savoir si, oui ou non, la théorie de l’évolution détruit les fondements de la foi judéo-chrétienne fondée au moins sur l’attente. Personnellement, je réponds également non, mais sur des considérations autres, lesquelles, précisément, ne sont pas assez connues aux États-Unis. Je pense en particulier, donc, à la synthèse scientifique de Teilhard et à la place qu’il accorde à la gratuité de l’amour, à la liberté de donner sa confiance à l’amour comme transcendance du sens : se savoir né, parce qu’aimé. ( » Tu es, Seigneur, notre Père, notre Rédempteur : tel est ton nom depuis toujours... Ah ! si tu déchirais les cieux, si tu descendais.. « Isaïe 63, 16b, 19a. In » Teilhard aujourd’hui « . N°16 - décembre 2005). »

              Là, je regrette, on est en plein préjugé religieux, ou en pleine profession de foi (ce qui pour moi est la même chose) et je ne vois pas ce qui l’autorise à passer d’une finalité interne (programme génétique de l’évolution), scientifiquement discutable, à une finalité externe transcendante qui est scientifiquement inadmissible, car scientifiquement ni vérifiable, ni réfutable, hors champs donc de la pratique et du discours scientifiques en cela qu’elle ne permet aucune observation nouvelle, ni aucune expérimentation en expérience réelle ou simulée..

              Conclusion : Elle donne l’impression de dénier sa foi (nouvelle ?) pour mieux la faire passer en douce au prétexte qu’elle est une scientifique qui aurait découvert le sens préétabli de l’évolution. Bien qu’elle affirme être utilisée malgré elle, ceux qui se réclament de sa position en faveur de l’ID ne se sont pas trompés : elle appartient bien à leur courant qui voudrait réconcilier la vérité scientifique avec la prétendue vérité religieuse.

              Vérité, sciences et philosophie

              L’illusion religieuse


              • (---.---.74.45) 16 janvier 2006 14:42

                La place laissée à l’altérité est en dehors du champ de la démonstration scientifique, le champ de l’objectivité.

                Et la foi, de par le témoignage qu’elle représente, personnel et unique, échappe à toute investigation scientifique.

                Lisez mieux, je place ma foi dans l’altérité et non pas dans cette recherche scientifique, moins encore dans cette découverte. Elle ne vous empêchera pas de mourir, rassurez-vous !


              • Sylvain Reboul (---.---.188.218) 19 janvier 2006 10:25

                Nous sommes donc tout à fait d’accord pour estimer que la foi n’a pas à s’immiscer dans un texte qui se prétend scientifique et que les sciences ne peuvent ni confirmer, ni infirmer, un contenu de foi quelconque, lequel échappe par définition au champs de la vérité objectivement universalisable . C’est une croyance subjective souvent collective et rien de plus dont le sens et la valeur, toujours dicutables, sont éthiques et non pas de connaissance.

                Vérité, philosophie et sciences


              • clr (---.---.63.143) 15 janvier 2006 01:09

                A lire l’excellent Hors-Serie numero 61 du Nouvel Observateur qui permet de lire et de comprendre les arguments qui devraient faire en sorte que cette theorie de l« intelligent design » reste confinee aux sacristies. Le sphenoide n’etant qu’un des avatars de ces nouveaux croises qui ont decide que la falsification de la science doit etre imposee au plus grand nombre. La theorie de l’evolution englobe l’ensemble du regne animal et vegetal depuis 3 milliards d’annees, le sphenoide represente la minuscule volonte de mettre Dieu derriere le dessein de l’Homo Sapiens. Cela vaut-il la peine de passer ne serait-ce qu’une seule seconde dessus ?


                • (---.---.145.146) 15 janvier 2006 10:33

                  Je suis d’accord avec la plupart des intervenants. Cette hypothèse peu scientifique ne remet pas en cause la théorie de l’évolution.

                  Toutefois, ce n’est pas parce que la théorie néo-darwinienne explique l’évolution des espèces que Dieu n’existe pas.

                  Par contre, ce qui est dangereux, c’est de vouloir à tout pris prouver l’existence de Dieu en dénigrant une construction sientifique. L’histoire a vraiment tendance à se répéter, si on se rappelle l’histoire de Galilée


                  • SS (---.---.47.238) 16 janvier 2006 06:33

                    «  »ID« (Intelligent Design) » a des racines chez _Chardin et _Ducasse. Apropos _Galileo Galilei le Ignatio de Loyola etudiant Ducasse pretend que le Cardinal Bellarmin a contre Galileo raison. Ducasse pretend que deja en moyen age le calcul infinitesimal de Newton et McLaughlin etait decouvert._Chardin et _Ducasse ont fait une pejoratif de _Darwin et _Frazer(« The Golden Bow »). Les betes(accent circon...) _Chardin et _Ducasse poussent _Linnee.


                    • SS (---.---.47.238) 16 janvier 2006 06:52

                      La conclusion:Ca fait du bois parce qu’on dit il s’agit seulement d’un combat autour du Darwinisme.Mais.En realite le Jesuite _Weyerstrass perd.Et _Gauss gagne.


                      • (---.---.6.109) 16 janvier 2006 16:55

                        article repris sur YAHOO sans les commentaires


                          • Daniel Gélin (---.---.188.124) 16 janvier 2006 22:43

                            je pense que beaucoup d’hominidés se prennent la tête...alors que pendant ce temps d’autres à l’abris du tapage en profitent, loin des journalistes pour massacrer et génocider leurs semblables. oui nous mourrons tous. je pense que l’homme, de par son intelligence pourrait échapper à la loi de l’entropie de la sélection naturelle si... mais au fait je vais le dire autrement : je suis « agriculteur » je produis des nourritures sur lesquelles sont faites des bénéfices, des impôts...pour payer des « scientifiques » qui emplissent des manuels pendant que je suis « cloîtré » aux travaux manuel sans vraiment profiter de ce bouillon culturel. n’allez pas croire que je sois ignare, mais il y a beaucoup d’ignorance basique dans les discours scientifiques des non-incarnés dans la sueur quotidienne. je ne crois pas que la voiture sois le résultat du hasard évolutionniste.. si on compare à une moissonneuse batteuse, il n’y a guère de différence : il y a des pneus, moteur, courroies, ressorts, tendeurs boulons....mais la mois bat n’est pas une évolution de la voiture. si la mécanique n’est pas venue par hasard, elle qui est pourtant simple, j’ai plus de mal à croire que la vie soit venue par hasard. le passage du singe ( excusez le langage simple) à l’homme, comment a t’il pu se faire puisque ce sont deux races qui n’ont pas pu « copuler » de manière fertiles ensemble : exemple : une erreur génétique améliorante donne un petit homme...en afrique en l’an 0 de l’humanité...sans femelle femme...il va crever sans descendance. même si 20 000 ans plus tard une erreur génétique semblable donne une « ève » en Asie...elle en sera pour ses frais. ne pouvant se reproduire avec les ancètres singes... une erreur génétique améliorante de cette ampleur ne se trouve pas à chaque coin de rue... voilà une caricature du hasard. une autre idée a été émise et je vais essayer de la citer de mémoire. les vrais jumeaux ont la particularité d’être 2 garçons ou deux filles . il y a exceptionnelement des vrais jumeaux qui sont : l’un un garçon et l’autre fille ( la persone qui a donné cette hypothèse en a rencontré 3 paires vivants dans le monde seulement...) car à un moment du développement de l’embryon où il y aurait eut 2 « X », l’un a perdu une « barre » et est devenu un « Y » et nous voilà en présence d’un garçon et d’une fille. bon mais voilà le hasard issu de 2 coïncidences rares...et rare multiplié par rare à ce point est statistiquement impossible) 1 l’erreur génétique améliorante 2 les vrais jumeaux frères et soeur. donc le matériel génétique du singe a bien permis d’engendrer l’homme avec autant de ressemblance que tout à l’heure la voiture et la mois bat. mais dans la voiture et la mois bat, il y a un dessein dans la tête de l’homme. j’ai du mal à imaginer que la vie soit venue par hasard sans dessein de ? ( vous l’appelez comme vous voulez, moi je l’appelle Dieu parce qu’il m’a été donné de faire sa rencontre...la recherche la plus frétillante qu’il nous a été donnée de faire c’est de trouver Dieu...je ne parle pas de croire sans voir, mais de « rencontrer » Dieu personnellement...et qui cherche trouve...sans longues études et diplôme stérile s’il n’aident pas à l’altérité...)bon et ce passage d’une espèe à une autre dans la succession des singes et avant eux toute la lignée du vivant à chaque bond d’une espèce à l’autre( la bagnole et la mois bat n’en font pas partie car il n’ont pas la faculté de se multiplier ...) a progressé par bond radical à chaque fois sans bouée de secours avec l’ancètre qui, étant d’une autre espèce, ne peut pas se reproduire avec lui...moi, cette présentation me suffit pour me mettre en route et accélérer mon altérité car je franchirais la mort grâce à elle. la sélection naturelle n’a plus de prise sur moi car je suis assuré de franchir le « col » de la nouvelle naissance à la joie...pas rêveuse. vite l’altérité, ou t’es déjà mort. je sais qu’il y a des membres de mon espèce qui meurent de façon attroce à cause des guerres mortelles envers des « créationnistes » qui ont du mal à coopérer avec les guerres ...ils sont plutôt du bord de soigner les exclus et cela gène ... bon, bonne année à tous les hommes qui devraient faire la paix...qui vont aller chercher la paix dans le : NON à la violence. l’homme, même en philosophie c’est quelque chose qui mérite le respect, qui est sacré...cela même les communistes athées le conçoivent... ma conclusion : je ne descend pas du singe : j’en monte ! si j’en descendais je serais plus bête que lui salut et que la paix s’empare de vous pour vous donner votre sérénité .. Daniel


                            • Sylvain Reboul (---.---.188.218) 19 janvier 2006 10:50

                              « a progressé par bond radical à chaque fois sans bouée de secours avec l’ancètre qui, étant d’une autre espèce, ne peut pas se reproduire avec lui...moi, cette présentation me suffit pour me mettre en route et accélérer mon altérité car je franchirais la mort grâce à elle. »

                              C’est là l’erreur initiale de la pseudo-critique de la théorie de l’évolution, : nul scientifique n’affirme que le rupture génétique (spéciation) a été instantanée de telle sorte qu’elle aurait interdit d’emblée l’interfécondation entre « nos » (au pluriel) ancêtres et nous..

                              La biologie génétique ne se confond pas avec nos classifications taxinomiques très réductrices qui, c’est le moins que l’on puisse dire, sont en réalité poreuses, comme l’indiquent nombre d’observations et expérimentations d’hybridationb.

                              Derrière votre position et même -et je vous en remercie de le dire clairement- en son coeur ; se loge toujours la recherche d’une pure et radicale origine qui n’a d’autre fonction que de souver le désir subjectif de l’immortalité (humain, trop humain) du naufrage objectif...

                              L’illusion religieuse


                            • Yves (---.---.137.164) 17 janvier 2006 07:18

                              Anne Dambricourt a démontré les 3 faits suivants : 1.la relation entre la face et le sphénoïde ; 2.l’origine embryonnaire de sa rotation ; 3.le caractère reproductible de son évolution. Dont acte. Tout le reste est bavardage. Yves


                              • (---.---.188.124) 17 janvier 2006 11:22

                                Anne Dambricourt a démontré les 3 faits suivants : 1.la relation entre la face et le sphénoïde ; 2.l’origine embryonnaire de sa rotation ; 3.le caractère reproductible de son évolution. Dont acte. Tout le reste est bavardage. Yves

                                « sphénoïde » est un mot « ésotérique » réservé à la compréhension de moins d’une persone pour mille ? allez dans la rue ou dans un super marché faire un sondage...et ceux qui pensent avoir compris, en quoi cela a changé leur attitude de vie ?

                                cela est bavardage jusqu’à ce que je puisse en dégager un mobile qui mobilise en mieux mon altérité...je ne vois pas en quoi cette connaissance peut y contribuer pour moi aujourd’hui...

                                l’altérité seule est ACTE, et c’est mieux que l’évolution car c’est révolution, inventivité, respect, vérité, justice... Daniel Gélin


                                • (---.---.74.45) 17 janvier 2006 18:19

                                  Notre évolution a besoin aussi de l’altérité, et surtout de l’altérité, tout ce qui a trait au don de sa personne, de son temps, de son travail à l’écoute de l’autre. C’est vrai, personne n’a pas besoin du sphénoïde pour rencontrer le sens de sa vie, mais il est nécessaire d’en comprendre les troubles au cours de la croissance, car cela se traduit par de nombreux enfants qui ont des problèmes d’équilibre de l’occlusion (le contact entre les arcades) et la posture, nombreux sont les parents qui le vivent, cela a un coût, et il n’existe pas encore de programme de recherche épidémiologique, avec une volonté politique (Santé publique). En 1999, le Conseil général du Val Marne, et Philippe Andrieux, directeur du Laboratoire départemental d’Archéologie, ont organisé et financé un colloque pluridisciplinaire « L’identité humaine en question ». Les responsables m’avaient proposé de participer à son organisation scientifique, dirigée par Djillali Hadjouis. Le but est de replacer ces problèmes de santé publique dans un contexte où l’on découvre le sphénoïde et la fragilité qu’il illustre en amont de son développement. On essaye de vulgariser, de diffuser, de rendre accessible, de modéliser... de touver des fonds publics, mais manifestement cette prise de conscience face à ces questions bien concrètes, n’intéressent pas les idéologies qui ont besoin de la science pour asseoir leur crédibilité (l’homme est apparu par accident et ne représente rien qui puisse se rattacher à des processus universels de complexité croissante) ;

                                  Quand l’idéologie l’emporte sur la réalité incarnée de la souffrance, humaine ou animale, ses portes paroles se discréditent. L’altérité est essentielle pour maintenir un esprit de pacification et d’écoute et à ce prix, la science, même compliquée, a un rôle à jouer. Il me semble.


                                  • Daniel Gélin (---.---.188.124) 18 janvier 2006 15:52

                                    alors là, ça commence à m’intéresser, mais je vais essayer de comprendre de quoi il s’agit...s’il y a des conséquences sur des personnes et qu’il y a des thérapies en cour...merci de m’ouvrir l’esprit

                                    Daniel


                                  • ANGER-de FRIBERG Véronique (---.---.197.35) 17 janvier 2006 18:26

                                    Je souhaitais préciser, pour ceux qui souhaitent se documenter plus en détail, que la liste des publications d’ADM figure dans son curriculum vitae (en ligne seulement depuis cet après-midi) : http://carpediemcom.free.fr/bioADM.htm En vous remerciant pour votre attention.

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