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Accueil du site > Actualités > Technologies > Une révolution politique après la révolution technologique ?

Une révolution politique après la révolution technologique ?

Les révolutions technologiques ont souvent précédé les révolutions politiques. En bousculant les rapports de pouvoir entre les hommes, les innovations technologiques mettent à mal le système politique qui, parfois, ne s’en remet pas. Nos hommes politiques ne semblent d’ailleurs pas s’y tromper, et craignent beaucoup l’arrivée d’Internet et tout ce qu’il crée comme bouleversements sociaux.

Certains historiens considèrent que c’est l’évolution des techniques du XVIIIe siècle qui a conduit à la Révolution française. Ces évolutions auraient modifié les rapports sociaux de l’Ancien régime et ce faisant, auraient rendu la société instable. Le système politique étant devenu inadapté, il s’est effondré sous son poids, et le renverser fut une formalité. Les modifications politiques qui sont survenues ont alors permis à la Révolution industrielle de prendre son essor.

La société qui s’est reconstruite ensuite était une société adaptée aux nouvelles réalités du monde, et même si elle mit longtemps à se stabiliser définitivement, elle semble aujourd’hui inébranlable. Dans des pays comme l’Angleterre, au contraire, le système politique a su évoluer lentement, avec son temps. Cela a évité une révolution qui eût été fort sanglante.

Il est très intéressant de constater que nous sommes à un moment similaire de notre histoire. A une différence près. Les changements ont été si radicaux qu’une évolution lente, certes souhaitable, va être difficile.

Pendant des siècles, nous avons vécu dans une société "capitaliste" (que je n’emploierai pas au sens péjoratif). Le fait de posséder une grosse somme d’argent et des moyens de production "lourds" était une garantie de succès. En apparence, ce n’est pas près de changer. La société n’a jamais été aussi concentrée en si peu de mains qui possèdent justement la plupart des moyens de production. (cf. fusions/acquisitions...).

L’informatique est venue changer cette donne. Contrairement à la physique, science de la matière, l’informatique, science de l’information, traite de l’immatériel. Une fois un outil informatique créé, il peut être reproduit à l’infini. Pour capitaliser sur un outil informatique, il faut donc créer des outils artificiels (brevets, copyright), sinon seule la première copie d’un programme (ou de données) aura une valeur marchande en tant que telle. Or, ces outils artificiels sont vus comme une entrave par les citoyens, comme nous le constatons avec les problèmes liés au peer to peer ou aux brevets sur le logiciel ou sur le vivant.

Il est à ce titre assez remarquable que non seulement les citoyens voient ces moyens (copyrights, brevets) comme des entraves non souhaitées, mais qu’ils soient en train de réussir à se prendre en main. Des outils comme le peer to peer, le logiciel libre ou les licences Creative Commons sont en train de dévier vers une course non prévue : ils ont créé un modèle économique et un écosystème de production viable autour d’eux. Selon tous les manuels d’économie, l’éclosion d’une économie autour du logiciel libre devrait paraître incongrue. Et pourtant, force est de constater que cela fonctionne !

Parallèlement, de nombreux problèmes, qui autrefois se traitaient de manière physique (secrétariat papier, distribution de CD, distribution de journaux), deviennent des problèmes que l’on peut traiter de manière immatérielle. L’informatique a permis cette révolution. Mais si l’on admet que ce qui est de nature physique se capitalise facilement, et que ce qui est de nature immatérielle se capitalise difficilement (car l’information est un bien liquide et peu contrôlable), alors nous avons détruit la possibilité d’amasser du capital sur toutes ces activités que nous avons rendues immatérielles. Comme de nombreux économistes l’ont déjà remarqué (à commencer par Karl Marx), à partir du moment où tout le monde possède une machine, celle-ci cesse de devenir une richesse pour son propriétaire. C’est tout au plus une barrière à l’entrée pour des concurrents potentiels. Or, vu que dans le cas de l’informatique, la reproduction ne coûte rien, la barrière à l’entrée n’existe pas réellement. Certes, il y a le prix du hardware et quelques jours/homme de développement. Mais c’est dérisoire par rapport à ce que coûtait la construction d’une usine pour un capitaliste du XIXe siècle. Dans un raisonnement purement "capitaliste" (c’est-à-dire motivé par l’accumulation du capital et non par le bénéfice d’exploitation immédiat), l’informatique a donc peu d’intérêt. Sauf qu’elle permet de tels gains de productivité qu’aucune entreprise ne peut s’en passer.

Nos décideurs se retrouvent ainsi dans la peau d’un héroïnomane dépendant. Il savent que la drogue (ici l’informatique) n’est pas la solution à leur problème, mais ils doivent avoir leur dose, sinon la productivité de leur entreprise va décroître (et ils vont couler). Mais dans la plupart des cas, si installer un logiciel et bien gérer son informatique va rendre l’entreprise compétitive (et créer un boost immédiat sur les finances), cet investissement sera très vite obsolète lorsque les concurrents vont faire de même. C’était déjà pareil avec les machines-outils. Sauf que là, comme le logiciel est immatériel, tout le monde est au même niveau très vite. La drogue cesse de procurer du plaisir (des gains financiers), mais le consommateur en est devenu complètement dépendant.

Rapidement, les sociétés qui ne sont plus à même de s’informatiser suffisamment vite meurent, ou se trouve qualifiées de dinosaures. Ces sociétés ont toutes une caractéristique : elles employaient énormément de main-d’oeuvre. Et leurs tueurs sont des sociétés souvent très petites. A titre d’exemple, il vous suffit de comparer Wanadoo (le dinosaure) et Free (le nouveau venu). Ce phénomène ne fait qu’accélérer la transformation.

Au fur et à mesure que la société se transforme, il devient de plus en plus difficile de capitaliser (au sens purement financier du terme). En réalité, seule la capacité à innover en permanence devient réellement déterminante. Et cette capacité dépend avant tout des hommes : les DRH parlent alors de capital humain. Mais ce capital humain est liquidel car la concurrence peut les débaucher. De plus, les relations employeurs / employés tendaient à vassaliser les employés pour leur laisser le moins de marges de manoeuvre possible. Il faut maintenant faire l’inverse pour réussir : libérer l’employé, lui donner les moyens de sa créativité, et tout faire pour le retenir dans son équipe (s’il est bon).

Mais les structures capitalistiques traditionnelles ne sont pas du tout adaptées à ce mode de fonctionnement. La gestion des ressources humaines des grands comptes considère encore la main-d’oeuvre comme interchangeable : c’est l’apport du taylorisme, et c’est ce qui a fait le succès des entrepreneurs du XXe siècle. Au XXIe siècle, il faut travailler autrement. Et c’est là que les grosses structures sont incapables de s’adapter et investissent à tour de bras dans la technologie pour reculer l’issue inévitable. Mais en investissant ainsi sans se réorganiser, elles ne font qu’accélérer le transfert de richesse.

Cet appauvrissement du monde en capital peut se constater dans le rythme des fusions / acquisitions et de la concurrence dans la vieille économie. Confrontées à des ressources cabalistiques de plus en plus rares, les structures de la vieille économie sont en train de s’affronter à mort. De même qu’une guerre déclenche une course aux armements, cet affrontement déclenche une course à la technologie, qui ne fait qu’accélérer le phénomène. Car à ce jeu, très peu de ces anciennes structures vont survivre.

Certes, il faudra toujours produire certains biens physiques. Mais l’automatisation de la production et la baisse des prix liée à l’augmentation de la productivité vont rendre cette production non stratégique. Seule une hausse des coûts de l’énergie pourrait enrayer ce plan, mais il est fort probable que la société se réorganisera très bien autour d’une consommation énergétique plus faible. (Ne serait-ce que parce que les télécoms vont réduire fortement les besoins en déplacement, et que le télétravail va se généraliser : j’écrirai prochainement une chronique à ce sujet).

Ces modifications dans la structure du pouvoir, que nous vivons actuellement, créent toutes sortes de problèmes : chômage, pauvreté, baisse de l’autorité de gens devenus inutiles. De plus, l’Etat est la première des structures inefficaces, en raison de sa bureaucratie. Il est très touché par ce phénomène. Le pouvoir politique en place est de plus en plus affaibli, car il ne contrôle plus la situation, et les gens l’ont compris.

Parallèlement des idéologies politiques nouvelles émergent sur le réseau. Elles sont encore loin d’être prêtes à prendre le relais de nos institutions, mais de façon parcellaire, le logiciel libre, les licences créative commons, les blogs et tous les outils sociaux en train de naître façonnent l’organisation politique de demain. Je me risquerai à prédire que ce monde-là sera collaboratif, mais l’individu y aura une place renforcée, car les travailleurs ne seront plus interchangeables. Les connaissances et l’éducation seront probablement la première valeur demandée à un individu.

Et tout cela n’a rien à voir avec nos sociétés actuelles. Reste donc à voir comment elles peuvent s’y adapter. Si elles n’y parviennent pas, elles vont devenir tellement inefficaces qu’elles s’étioleront d’elles-mêmes. Il serait donc vivement souhaitable que nos politiques s’intéressent à ce phénomène, pour l’accompagner plutôt que le combattre, afin d’éviter un chaos indescriptible. Car, comme le disait Victor Hugo, on ne lutte pas contre une idée dont le temps est venu.


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178 réactions à cet article    


  • mcdog (---.---.155.204) 9 juin 2006 11:37

    Il s’agit là d’une brillante analyse de notre temps qui est à la fois structurée mais aussi très claire. merci pour cet article qui m’a permis de découvrir un phénomène que je ne considérais pas autant.


    • Erable (---.---.89.169) 9 juin 2006 13:27

      C’est faux : les révolutions scientifiques et technologiques n’amènent pas forcément des révolutions sociales. La Chine a inventé la poudre mais a stagné sur les plans social et politique. Pourquoi ? Parce qu’une bureaucratie au service des classes féodales a réussi à dominer le pays de façon durable. La science et la technologie peuvent être un moyen d’asservissement si elles sont mises au service des exploiteurs.


      • Stéfan Stéfan 9 juin 2006 14:02

        @Erable : l’auteur de l’article n’a pas écrit « forcément », il a écrit « souvent ».

        Relire la première phrase de l’introduction : « Les révolutions technologiques ont souvent précédé les révolutions politiques. ».

        Donc pas la peine de s’énerver.


      • (---.---.141.25) 9 juin 2006 15:50

        ...les révolutions scientifiques et technologiques n’amènent pas forcément des révolutions sociales

        Bien sûr que cela entraine une révolution sociale c’est l’évidence même :

        • la bombe atomique à modifié de manière durable la société
        • la révolution française fait suite à la révolution industrielle qui a fait émerger une classe nouvelle, celle de la bourgeoisie entuendue en tant que puissance de l’argent. (la société française de l’ancien régime ne connaissait que trois classes)

        ...La Chine a inventé la poudre mais a stagné sur les plans social et politique

        ..ben voyons. La morgue crasse des occidentaux ?!?

        Parce qu’une bureaucratie au service des classes féodales a réussi à dominer le pays de façon durable

        Qu’est ce qu’on se marre. Il n’y a pas de bureaucratie dans la féodalité. Ou alors tu entends le terme de féodal dans un sens qui m’échappe.

        La science et la technologie peuvent être un moyen d’asservissement si elles sont mises au service des exploiteurs

        C’est évident, une lapallissade même je dirais, vu que c’est toujours le cas, systématiquement et invariablement.


      • Garib (---.---.106.214) 9 juin 2006 20:09

        Bien sûr que la Chine a eu une bureaucratie au service de la féodalité, comme les énarques français sont une bureaucratie du capitalisme et l’equivalent existe sous d’autres formes dans tous les pays dits « riches ». Le problème est précisément que ces bureaucraties ne cessent de se renforcer depuis les années 1980.

        Et la Chine a en effet longtemps stagné, non pas par manque de puissance scientifique et technologique, mais parce que la bureaucratie a étouffé la société de l’époque, et ça a duré très longtemps.


      • dom (---.---.199.201) 10 juin 2006 14:08

        on peut aussi noter, dans l’exemple de la chine et de la poudre que la vision d’un progrès peut fortement différer selon les peuples et suivant les âges. La poudre chez les chinois a très longtemps été réservée aux feux d’artifices, les chinois trouvant déshonorant de l’utiliser pour le combat. Ce seront les temps modernes et industrieux qui appelleront l’utilisation des fusils, la perte de sagesse vis-à-vis d’une découverte donc, un « progrès ».


      • Daniel Milan (---.---.162.220) 10 juin 2006 14:17

        Je ne savais pas que la poudre chinoise était la meilleure !


      • Erable (---.---.89.169) 9 juin 2006 13:33

        L’article d’Isabelle Debergue :

        http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=9933

        a visiblement fait mal !


        • Garib (---.---.45.188) 9 juin 2006 20:14

          Rien de très étonnant. L’article d’Isabelle Debergue n’est pas de ceux qui cachent la m... sous le tapis, et rien que cela, ça « pose problème »...


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 9 juin 2006 13:35

          Cet article mérite le détour par les questions qu’il soulève. Pourriez-vous indiquer quelques références sur les liens entre Révolution et technique ?

          Dans le sillage de cette piste, on peut aussi associer les Révolutions industrielle et politique de 1848, mais aussi la « révolution nazie » sous l’égide des techniques de diffusion hertziennes, et aussi des techniques utilisées dans le déplacement

          Précision, les sciences physiques traitent aussi de l’information.

          Pour le reste, le fond reste la question de la nature de la révolution sociale induite par les technologies de l’information. D’abord il y aura-t-il une révolution ? Mais ce qui est sûr, c’est que le monde se présente comme un espace où la sélection sera non pas naturelle mais dépendant d’artifices, notamment pour ceux qui auront un déficit de connectivité et seront amenés à dépérir, à l’instar des paysans au siècle dernier


          • Marc P (---.---.131.164) 9 juin 2006 17:47

            Bonjour Bernard,

            Article intéressant certes mais comme qui comme vous m’a immédiatement suggéré que la principal révolution est que sont généré des « in » et des « out »... les in seront plsu faciles à gérer que les out je le crains....

            J’en était resté quant à moi à une révolution technique catalysée et mobilisée par et au service d’une révolution en route... Sans cette contibution des savants, la rév de 1789 aurait pu faire long feu, un peu plus qu’un pétard mouillé...

            c’est ce livre superbe de D Guedj que j’ai en tête....

            http://www.evene.fr/livres/livre/denis-guedj-la-revolution-des-savants-12584.php

            mais la rev industrielle est sans conteste à l’origine de la société et de l’économie actuelles...

            bien à vous....

            Marc P


          • Adolphos (---.---.59.170) 9 juin 2006 17:53

            « Sans cette contibution des savants, la rév de 1789 aurait pu faire long feu, un peu plus qu’un pétard mouillé... »

            Quand on voit le nombre de savant guillotiné, c’est sur que pour la révolution, le savant c’est vachement important..


          • Johan Johan 9 juin 2006 13:40

            Alors comment va t on elaborer un nouveau modele ?

            Je crains que l occident ne perde sa force en abandonnant toute production industrielle, delocalisee dans des pays a main d oeuvre bon marche.

            Les politiques vont ils lacher le morceau aussi facilement, j ai plutot l impression que comme depuis qu ils sont tirailles entre l Europe et le communautarisme, ils vont inventer toutes sortes de moyens de se rendre indispensable (la moitie du PIB de la France est redistribuee par l Etat), le tout de facon suicidaire car absolument intenable.

            Et au plus ce sera intenable, au plus ce sera bien tenu, par la surveillance et l opression.


            • Erable (---.---.89.169) 9 juin 2006 13:57

              Les délocalisations de la recherche, ou les très bas salaires de la main d’oeuvre intellectuelle en Russie par exemple, montrent une réalité contraire aux bavardages de l’article.

              Le travail intellectuel est asservi comme le travail intellectuel par de puissantes machines de pouvoir dont l’appareil répressif se nourrit des apports scientifiques et technologiques que lui fournit une nomenklatura « prestigieuse » exploitant chercheurs, ingénieurs...


            • Adolphos (---.---.59.170) 9 juin 2006 20:42

              « chercheurs, ingénieurs »

              Aucune loi n’interdit chercheurs, ingénieurs de devenir patrons, s’ils en ont les capacités.


            • BarryAllen (---.---.17.100) 9 juin 2006 13:49

              Excellente analyse, pourvu que vous ayez raison (et que la transition se fasse sans trop de heurts).

              Gare aux commentaires des dogmatiques traditionnels du capitaliste !


              • Erable (---.---.89.169) 9 juin 2006 13:53

                Transition vers quoi ? Ce qui se met en place, ce sont des pouvoirs de plus en plus incontrôlés et absolus, les « élites » scientifiques et technologiques aidant !

                C’est vers une DICTATURE PLANETAIRE qu’on va.


              • BarryAllen (---.---.17.100) 9 juin 2006 13:57

                Merci pour ce commentaire nuancé et argumenté qui invite au dialogue.


              • Erable (---.---.89.169) 9 juin 2006 14:00

                « Nuancé » ? Regardons donc le rôle de la science et de la technologie dans les guerres de la dernière décennie !

                Et, pour ce qui est du dialogue, les électroniques des avions de guerre "dialoguent beaucoup...


              • Adolphos (---.---.59.170) 9 juin 2006 14:15

                « Les modifications politiques qui sont survenues ont alors permis à la Révolution industrielle de prendre son essor. »

                C’est la mythologie Marxiste. En fait il n’y a pas de Révolution Industriel en France avant les année 1830. La Révolution de 1789 est un événement largement aléatoire.

                « La société qui s’est reconstruite ensuite était une société adaptée aux nouvelles réalités du monde, et même si elle mit longtemps à se stabiliser définitivement, elle semble aujourd’hui inébranlable. »

                La société française actuel n’est absolument pas adapté aux réalité du monde, bien au contraire !

                « Cet appauvrissement du monde en capital peut se constater dans le rythme des fusions / acquisitions et de la concurrence dans la vieille économie. »

                Comprend pas. Si je possede uns société, et que je m’en paye une autre, le capital est stable, non ? Celui à qui je l’ai payé a bien eu du capital en échange !

                « Mais les structures capitalistiques traditionnelles ne sont pas du tout adaptées à ce mode de fonctionnement. La gestion des ressources humaines des grands comptes considère encore la main-d’oeuvre comme interchangeable »

                Ah, les 35 heures !

                « Et c’est là que les grosses structures sont incapables de s’adapter et investissent à tour de bras dans la technologie pour reculer l’issue inévitable. Mais en investissant ainsi sans se réorganiser, elles ne font qu’accélérer le transfert de richesse. »

                En quoi délocaliser « transfert de la richesse » ??

                « les travailleurs ne seront plus interchangeables. »

                Ils vont devenir fongible, oui.


                • CP (---.---.229.45) 9 juin 2006 14:23

                  Si on fait abstraction de la nature de la société dans laquelle se produit le « progrès scientifique », on tombe dans des raisonnements démagogiques et ultra-conformistes.

                  Avec les oligarchies qui contrôlent actuellement la planète, on peut craindre par exemple que le savoir en matière de clonage humain ne devienne de plus en plus confidentiel et qu’il soit utilisé, non pas dans l’intérêt de tous, mais dans celui des super-riches. Y compris pour affirmer définitivement leur domination et mettre fin par la voie génétique à toute contestation sociale.

                  Le jour où ils sauront comment faire pour que les enfants des riches soient, de naissance, plus grands, plus forts et surtout plus intelligents que les enfants des « non riches », ça en sera fait de toute idée républicaine.


                  • CP (---.---.229.45) 9 juin 2006 14:28

                    Lire également « IBM et l’Holocauste » d’Edwin Black, Robert Laffont 2001, pour voir comment la technologie de pointe d’IBM a aidé le III Reich à exterminer les victimes des persécutions nazies.


                  • couillu (---.---.47.175) 9 juin 2006 19:32

                    Oui mais vu comment on a du mal a comprendre comment fonctionne le cerveau, vu comment on a du mal à cloner des brebis qui restent « normales » tout au long de leur vie, etc...

                    A mon avis le clonage humain est pas pour tout de suite, et la modification génétique pour nous rendre intelligents on va l’attendre encore plus longtemps


                  • Garib (---.---.18.143) 9 juin 2006 20:18

                    A Couillu : Tant mieux si le clonage humain n’est pas pour tout suite, car je n’ai pas l’impression qu’il soit prévu de nous rendre plus intelligents, bien au contraire... Sauf les fistons des oligarchies.


                  • Adolphos (---.---.59.170) 9 juin 2006 20:46

                    « Le jour où ils sauront comment faire pour que les enfants des riches soient, de naissance, plus grands, plus forts et surtout plus intelligents que les enfants des »non riches« , ça en sera fait de toute idée républicaine. »

                    La République, c’est juste le droit de vote, donc pas de probléme.

                    Par ailleur c’est déja le cas, car l’élite reste stable, donc il y a selection naturel, et transmission héréditaire de l’intelligence, comme l’a prouve Bourdieu. Certes les plus intelligent, ceux qui sont dignes d’entrer dans cette élite, le font, et ca ne fait donc qu’agmenter la différence de niveau avec le reste de la population.


                  • Teufel (---.---.198.39) 10 juin 2006 12:10

                    Encore un qui a fait semblant de lire Bourdieu...total contre-sens !!!


                  • Teufel (---.---.198.39) 10 juin 2006 12:15

                    Un article fait à la va vite...des commentaires le plus souvent désolants ! Du plus mauvais AV.,du microtrottoir à la petite semaine...


                  • Garib (---.---.18.215) 12 juin 2006 01:57

                    Le commentaire de Mizo est très pertinent. La science est au service des puissants. Bien sûr, ce qu’on dit peut ne pas plaire...


                  • Actustragicus (---.---.66.121) 9 juin 2006 14:26

                    Votre analyse sur la mise en danger du capitalisme par les « nouvelles technologies » me semble pertinente globalement, mais je ne suis pas tout à fait d’accord sur l’enchaînement de causes que vous avancez, qui est trop simple : une « révolution » technologique n’entraîne pas de « révolution » politique, c’est une illusion sémantique - l’utilisation du même terme semble établir un lien qui n’est que superficiel. Par contre, une avancée technologique peut permettre l’apparition d’une nouvelle activité économique, ou d’un nouveau rapport social, qui, lui, aura des conséquences politiques. Le capitalisme est né de la nécessité de regrouper ses forces pour produire de nouveaux biens de consommation, alliée au libéralisme politique qui a soustrait ce mode d’organisation au contrôle de l’Etat. En gros, pour exploiter une mine de charbon, il faut s’y mettre à plusieurs et donc constituer un capital, la motivation étant le partage des bénéfices. (La question en suspens étant de savoir si cette organisation collective doit ou peut se faire sous le seul contrôle de ses associés, ou bien de la société entière -autrement dit, en fonctionnement privé ou public-. Dans un premier temps, cette question n’a pas été essentielle, car aucun inconvénient politique ne semblait pouvoir sortir d’une simple association d’intérêts. Mais la concentration capitalistique que permettait le système finissant par donner d’énormes pouvoirs d’influence aux maîtres d’oeuvre, il a bien fallu se rendre compte que la sphère d’action du système capitaliste allait bien au-delà de la simple production économique, d’où son implication dans la sphère politique.) Mais je reviens au point qui nous occupe : le capitalisme est né de la nécessité de regrouper ses forces pour la production de biens. La question essentielle aujourd’hui est que les « nouveaux biens » concernés par les nouvelles technologies ne nécessitent absolument pas de regrouper ses forces. L’automatisation a permis à beaucoup de petites entreprises de fabriquer ce qui n’était accessibles qu’aux grandes, et tout ce qui relève de l’immatériel peut être conçu, produit et distribué par une seule personne. Pour ces activités-là, le capitalisme ne sert donc à rien. Il reste utile pour d’autres (on ne peut pas encore construire de voiture dans son salon) ; mais tout un pan de l’économie, qui est précisément le plus rentable, donc le plus sensible politiquement car assurant un maximum d’influence à ses possesseurs, n’a plus vraiment besoin du capitalisme pour exister. C’est pourquoi l’existence de ces technologies pourrait effectivement menacer le capitalisme, non pour le voir disparaître (sauf si par ailleurs on confiait les organisations économiques qu’il dirige aujourd’hui à des structures publiques, selon que la structure économique considérée a ou non une grande influence politique, ce qui est une autre histoire) - non pour le voir disparaître, donc, mais pour le cantonner au domaine où il est opportun, càd la production de biens matériels. C’est donc une vraie lutte politique qui s’annonce, initiée par des puissants qui voudraient bien le rester en tentant de soumettre l’ensemble de l’activité humaine au modèle économique capitaliste... en dépit du bon sens.


                    • CP (---.---.229.45) 9 juin 2006 14:30

                      Qui a les moyens d’exploiter les découvertes scientifiques ? Au premier chef, celui qui détient le pouvoir. Alors, ne fantasmons pas !

                      Les oligarchies capitalistes ont très bien appris à maîtriser le monde scientifique et ce qu’il produit.


                    • Pehem (---.---.78.114) 9 juin 2006 14:28

                      Très intéressant, cet article. Merci.

                      On nous parle de la société de l’Information, mais c’est en réalité la société de l’Innovation qui se prépare. Ce sont les nouveautés qui vont se vendre. La société de l’Information ne serait que le terrain favorable.

                      La nouvelle ère que vous décrivez me semble créer un modèle économique où ce n’est pas la _production_ mais _l’innovation_ qui crée la valeur. Mathématiquement, la société change de nature : ce n’est plus son évolution, mais c’est la _vitesse_ de cette évolution qui crée sa richesse.

                      Questions : Quelle durée de vie peut-on supposer pour un tel modèle ? Où se trouve la limite à l’innovation, s’il y en a une ? A quoi ressemblerait une crise de l’innovation ?


                      • CP (---.---.229.45) 9 juin 2006 14:33

                        La « liberté d’entreprendre » a cessé d’exister depuis belle lurette avec la consolidation du pouvoir du capital financier à l’échelle mondiale. « Innover » demande des moyens, un « financeur »...


                      • Adolphos (---.---.59.170) 9 juin 2006 20:47

                        Et ? Je ne vois pas le probléme.


                      • Marsupilami (---.---.36.13) 9 juin 2006 14:47

                        Ouaf !

                        Bravo Demian, j’ai tout compris... et je suis pour une fois 100 % d’accord avec toi sur la critique que tu fais de cet article. J’allais écrire le même commentaire que toi (mais dans un style nettement moins ampoulé, évidemment...).

                        Houba houba !


                      • (---.---.141.25) 9 juin 2006 16:01

                        Tiens, revoilà le débiteur de stupidité gratuite :

                        Vous parlez d’inventions techniques du dix-huitième siècle, sans jamais nous en citer aucune

                        Pourtant de votre histoire : les machines à tisser installée à Lyon au XVIIIème qui furent piétinées par les ouvriers et détruite, puisqu’elle détruisait des places de travail. De cet évènement viens d’ailleurs le mot -sabotage- au sens ou on l’entend aujourd’hui puisque ces machines furent piétinées par des ouvriers portant des sabots.

                        On suppose tout de même que le fait d’écrire un article fasse appel à l’intelligence du lecteur ou du moins à une culture minimale. Ce qui évite de re-créer un manuel scolaire complet.


                      • (---.---.141.25) 9 juin 2006 16:03

                        Une dissertation, de ce niveau, se voudrait plus illustrée et étoffée par l’antithèse, qui apparaît sitrop peu dans le cours de votre article, pour convaincre ou pour nous garantir votre débat intérieur le plus objectif, sinon objectivé.

                        Ouai c’est ça ! Si tu vois freud et hegel au buffet de la gare, tu les salue pour moi et tu leurs demande d’arrêter de boire.


                      • (---.---.141.25) 9 juin 2006 16:25

                        Sans vouloir insister, j’ai appris cela à l’école en cinquième année primaire (je ne connais pas la correspondance chez vous - chez nous à 11 ans)


                      • zoï (---.---.58.60) 9 juin 2006 18:39

                        Monsieur West n’a pas tort. Même si le 18em siècle a inventé (ou réinventer) la machine à vapeur, les applications n’ont débuté que dans les années 1820, en Angleterre. Le 18em siècle est un siècle scientifique - c’est vrai - mais cela n’en fait pas pour autant un siècle technicien comme le sera le 19em. Il reste qu’on ne peut titiller l’auteur de l’article là-dessus, puisqu’il se contente de faire référence à certains historiens. On aimerait tout de même savoir lesquels...


                      • couillu (---.---.47.175) 9 juin 2006 19:39

                        Oui mais sans la révolution, est ce que toutes ces belles inventions du XIXe auraient été inventées ? Sans le rab de liberté obtenu, est ce qu’on aurait découvert tout ça ?


                      • Guillaume AGNELET Guillaume AGNELET 9 juin 2006 19:57

                        « la pierre molle du dur... »

                        A mon grand regret, j’ai le devoir de vous annoncer que Demian à craqué...

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