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Wave : un proof of concept

Moins d’un an après un lancement en fanfare, Google enterre discrètement Wave, son produit qui était censé révolutionner le mail et le travail collaboratif en ligne.

Bien sûr, on ne peut pas se réjouir de l’abandon d’un projet. Mais Wave, s’il a été un échec public (à peu près tout le monde l’a rapidement abandonné après quelques essais), a amené tellement d’innovations et de concepts alternatifs que je ne peux m’empêcher de penser qu’il va revivre, sous d’autres formes, plus intéressantes et pertinentes, mais tout aussi performantes.

Sur la forme, on peut considérer à juste titre que Wave est une des preuves des difficultés de Google à fournir un outil grand public s’approchant d’un réseau social. Après Orkut, Buzz et d’autres, Google n’a toujours pas réussi à trouver la « recette miracle » qui le mettrait au niveau d’un Facebook ou autre (en attendant peut être Google Me qui devrait arriver sur la rentrée ?).

Sur le fond, Google avait vraiment fait les choses en grand techniquement, et Wave possède(ait) sans doute les défauts de ses qualités : un produit issu d’un travail d’ingénieur, avec tout ce que ça implique de complexité, d’inadaptation potentielle avec le marché, mais aussi de créativité et de défrichage de terrains encore vierge sur le Web.

Google Wave, c’est avant tout une alternative au paradigme le plus handicapant du Web : la difficulté, via le protocole HTTP, de mettre au point des applications interactives ; jusqu’ici, on est obligé de passer par des intermédiaires, de la bidouille la plus complète (Ajax and co…) jusqu’aux implémentations plus officielles (les sockets de HTML5). Mais toutes ses surcouches ont un objectif : camoufler les carences de HTTP, qui, rappelons le, a été conçu pour un usage qui n’avait rien à voir avec ce qu’est le web d’aujourd’hui.

Wave avait pour particularité de fonctionner d’une manière toute autre : en se basant sur le protocole XMPP, conçu au départ pour les logiciels de messagerie instantanée, le noyau de Wave rendait possible tout un tas d’applications inédites sur le web, comme le fait de travailler à plusieurs simultanément sur le même document.

Là est le principal atout de Wave et ce par quoi il a chuté : sur le postulat de cette base technique excellente, les ingénieurs se sont efforcés « d’inventer l’application qui allait avec ». Quitte à ce que cela tourne plus à la démonstration de force qu’à une réelle utilité pour l’utilisateur final.

Mais il n’empêche que ce projet a ouvert la voie : il n’y a qu’à regarder Google Docs, qui, ces dernières semaines, a intégré les fonctions de travail interactif sur un document, d’une manière élégante, et, cette fois-ci « user centric » : en partant d’un outil déjà utile. Plus que jamais, il est donc temps de se pencher, à froid, sur les API de Google Wave, et sur les développements, pour la plupart opensource, derrière ce produit qui, après sa mort, risque de devenir une mine potentielle pour développeurs…

Pour en savoir plus : Le site Google Wave Federation Protocol


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