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Ecosse : lâcher la Grande-Bretagne pour l’ombre européenne ?

Il y a moins de deux ans, les Ecossais avaient voté par référendum pour décider s’ils quittaient le Royaume-Uni. Avec le référendum d’il y a quinze jours, les euroayatolahs se réjouissent volontiers de la perspective d’un nouveau référendum, ne se rendant même pas compte de la contradiction qu’il y a à critiquer le vote du 23 juin et à souhaiter un nouveau vote en Ecosse. Un vote qui serait à courte vue.

 
La citoyenneté bien de consommation ?
 
Bien sûr, les mouvements indépendantistes de notre continent reposent souvent sur de profondes raisons historiques et culturelles. Mais il est difficile de ne pas y voir également l’effet d’une époque, qui valorise un peu trop les particularismes et le communautarisme, ainsi qu’un bougisme consumériste et égoïste qui peut faire penser que l’on peut changer de nationalité du jour au lendemain, et oublier des siècles d’histoire commune. Certains Ecossais semblent envisager de profiter du vote du référendum du 23 juin pour tenter une nouvelle fois de quitter la Grande-Bretagne, dans le but de ne pas quitter l’Union Européenne et ainsi refuser le sort décidé il y a quelques jours. Mais le calcul que semble vouloir faire Nicola Sturgeon, l’actuelle première ministre Ecossaise est doublement perdant.
 
En effet, ceux qui pensent que l’Ecosse pourrait remplacer la Grande-Bretagne comme la nouvelle place financière européenne vont un peu vite en besogne. Car pour cela, il faudrait d’abord que l’Ecosse puisse rejoindre l’Union Européenne, ce qui est tout sauf gagné. En effet, comme cela est aussi l’objectif des autres indépendantistes européens, cela représente un argument de poids pour que les gouvernements menacés par ce séparatisme refusent l’entrée d’autres séparatistes dans l’UE. C’est ainsi que Madrid a déjà annoncé qu’elle s’opposerait à l’intégration de l’Ecosse dans l’UE. Bref, en quittant le Royaume-Uni, l’Ecosse prendrait un aller simple pour l’indépendance, sans billet retour complémentaire pour l’UE. Mais cela, les euroayatollahs préfèrent fermer les yeux dessus.
 
Outre le fait qu’il est hautement improbable que les pays de l’UE acceptent ne serait-ce que de négocier avec l’Ecosse, ne serait-ce pas un pari un peu fou, de la part d’Edinbourg, que de quitter une union datant de plusieurs siècles, directement constitutive de ce qui fait que les Ecossais sont des Ecossais ? En effet, même si son unité est aujourd’hui menacée, la Grande-Bretagne existera sans doute encore longtemps, même rétrécie, alors qu’il est assez illusoire de faire un pari de longue durée sur cette UE dont les fissures sont chaque jour plus profondes. Quelle ironie de vouloir quitter une union qui a traversé le temps, pour un machin qui n’a que quelques décennies et dont la crise de la cinquantaine semble bien annonciatrice d’une espérance de vie assez limitée, au plus quelques décennies.
 

Bref, ceux qui s’exstasient un peu vite sur les possibilités d’un nouveau référendum écossais, sans même se rendre compte de la contradiction qu’il y a à souhaiter un tel vote en dénonçant celui du 23 juin, devraient se méfier : il s’agit doublement d’un calcul à courte vue.

 


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4 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 8 juillet 2016 10:55

    ils vont se faire écosser par Merkel et sa bande de détrousseurs ......


    • Clark Kent Jeussey de Sourcesûre 8 juillet 2016 10:59

      Il y a quand même quelque chose de dérisoire dans la position de Bruxelles sur ce sujet : ils envisagent de faire avec l’Ecosse ce qu’ils reprochent à Poutine d’avoir fait avec la Crimée !


      Mais au-delà de cette discordance qui n’effraie pas les technocrates européens, dès que l’on connait un peu les réalités britanniques, on se rend compte qu’une telle hypothèse a quelque chose d’incongru. Les imbrications familiales, foncières et financières entre l’Ecosse et les autres régions du Royaume Uni sont beaucoup plus fortes que le folklore ne le laisse croire à un étranger. Les problèmes juridiques pour régler les cessions de parts diverses et variées dans un réseau qui a réalisé une osmose serait aussi difficiles à surmonter quele serait une opération qui consisterait à tenter la séparation de frères siamois quand ils partent en retraitent et ont envie de vivre dans des régions différentes. 

      Les Écossais sont totalement intégrés au Royaume Uni. Les velléités d’autonomie ne sont que des leviers de chantage pour obtenir des privilèges, comme la Grande-Bretagne l’avait fait avec l’Europe il fut un temps.


      • Elliot Elliot 9 juillet 2016 19:50

        De toute manière, la question est oiseuse.

        L’Espagne en butte aux velléités indépendantistes de la Catalogne s’y opposera.
        Si l’Ecosse veut son indépendance et la gagne légitimement, c’est-à-dire dans les urnes ( ce qui est loin d’être garanti ), l’Ecosse devra se plier à la procédure d’admission et il y a fort à parier que l’UE aura Dieu merci ! vécu, en tout cas sous sa forme actuelle, avant que le parcours ne soit mené à bonne fin.

        • Mmarvinbear Mmarvinbear 16 juillet 2016 01:57

          Madrid ne veut pas donner de mauvaises idées à la Catalogne. Et cela se comprends. Mais si les 26 autres pays se disent favorable à l’entrée de l’ Ecosse dans l’ UE, elle n’aura pas son mot à dire, ou l’ Espagne devra payer le prix fort son opposition. Et ses finances actuelles ne lui donnent pas la possibilité de jouer des muscles.


          Surtout qu’il existe un moyen simple et légal pour que l’Ecosse entre dans l’ UE sans procédure d’admission : si l’ Ecosse décide de se rattacher à un pays déjà membre de l’ Union, ni Madrid ni personne d’autre ne pourra dire quoi que ce soit !

          Il y a un précédent : en 1991, la RDA est entrée dans l’ Union en se rattachant à la RFA par simple double référendum dans les deux pays. Et Bruxelles n’a rien eu à dire.

          On peut donc imaginer que pour contourner le veto espagnol, l’Ecosse demande son rattachement à l’Irlande par exemple, pour former une nation gaélique. Et hop, niqués, les espagnols...

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