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  • Par Analis (xxx.xxx.xxx.12) 22 mai 13:22
      Cependant, si la révolte ne s’est pas étendue après les émeutes de janvier et février 2011, restant cantonnés à la Kabylie sans déboucher sur une guerre à la syrienne, il y a une raison très simple à cela : l’Algérie n’est pas la cible d’une campagne de déstabilisation depuis l’étranger, à grands renforts de terroristes qui s’en prennent à la population. 
      Il est vrai qu’avec tous les secrets que les services algériens partagent avec leurs homologues européens et nord-américains, notamment au sujet de la sale guerre des années 90 et probablements des attentats de 1995 en France, ces derniers pays ont tout intérêt à se montrer très discrets. 
  • Par Analis (xxx.xxx.xxx.7) 18 mai 13:48
      Formez-vous vous-même... Le domaine réservé est une pure invention. C’est ce que prouve une lecture sérieuse de la Constitution de la 5ème république, et non fondée sur ce qu’on peut lire à la va-vite dans les journaux.
      La Constitution dit que le président négocie et ratifie les traités. Pas qu’il dirige la diplomatie, cette activité ne constituant qu’une petite partie de l’activité diplomatique. La consitution précise aussi sans ambigüité que le président est tenu informé des accords non soumis à ratification (un traité étant un accord soumis à ratification), ce qui constitue le gros de l’activité diplomatique. Informé, c’est tout. Il ne peut pas s’opposer à un de ses accords. Le gros de l’activité diplomatique lui échappe donc complètement. 
      Et même au sujet des traités, sa marge de manoeuvre est en fait très limitée. Négociation et ratification des traités relèvent des compétences du président pour lesquelles le contreseing ministériel est obligatoire. C’est-à-dire, obligatoire pour que ses actes acquièrent une quelconque valeur. Les contresignataires n’ayant eux aucune obligation de donner ce contreseing, c’est une décision purement discrétionnaire de leur part. Donc, sans l’accord du Premier Ministre et du Ministre des affaires étrangères, le Président est impuissant à faire quoi que ce soit en ce domaine, ses actes de négociation restant vides. Et ça ne s’arrête pas là. Une fois le projet négocié accepté, il faut ensuite encore que le projet de traité soit présenté au parlement pour autorisation de ratification, ce qui relève là encore du gouvernement. Qui n’a là encore aucune obligation, et peut attendre ad vitam aeternam. Quant au décret de ratification, là encore il doit bénéficier d’une contresignature discrétionnaire du Premier ministre et des ministres compétents pour acquérir force de loi. 
      Le premier ministre et les ministres compétents (essentiellement celui des Affaires Etrangères) ont donc un rôle décisionnel essentiel dans tous les domaines relevant de la politique étrangère. C’est la même chose en matière militaire. S’il est chef des armées, le président ne peut pas mettre le moindre soldat au garde-à-vous sans l’assentiment ministériel. 
  • Par Analis (xxx.xxx.xxx.254) 17 mai 14:55
      @marvinbear : je suis un de ces "truffistes". Pas de pot ! 

      @ReOpen911 : 

    Le fait que les Etats-Unis n’aient pas reconnu la Cour Pénale internationale n’empêche pas celle-ci de pouvoir émettre un mandat d’arrêt contre un Américain, fut-il ex-président. La preuve : La Libye n’a jamais reconnu la CPI, ce qui ne l’a pas empêché d’émettre un mandat d’arrêt contre Kadhafi en 2011. 


    C’est ce qu’explique le juge italien Imposimato dans son interview que vous n’avez manifestement pas vue : 

      J’avais bien lue l’interview en question il y a déjà des mois, mais justement, dans le cas de Kadhafi, cela a été possible parce que le Conseil de Sécurité des Nations-Unies avait saisi la Cour par une décision du 26 février 2001, comme précisé dans l’article. Il est d’ailleurs étonnant que les Russes et les Chinois aient laissé passer ça, ils s’en sont mordus les doigts plus tard au sujet de la Syrie. 
      Ce qui d’ailleurs, rend bien Barack Obama relevable de la juridiction de la Cour (Nicolas Sarkozy et David Cameron l’étant dans tous les cas, en tant que sitoyens d’un Etat signataire du statut de Rome), pour les bombardements de civils, le meurtre de Kadhafi, et le soutien accordé à des groupes ayant commis des exactions sur des civils. Des conséquences que soit le gouvernement états-unien n’avait pas prévues, soit qu’il pense pouvoir juguler. Mais cela ne peut être envisagé que parce que le Consil de sécurité a pris cette décision. Dans le cas du 11-9, c’est impensable. Toutes les portes sont fermées. 

    Quant à la portée de ce Tribunal, je vous retourne la question : Quelle portée accordez-vous au tribunal de Guantanamo ?

      Cela ne répond pas à ma question. Le tribunal de Guantanamo a beau n’être qu’un tribunal d’opérette et truqué, mais le parlement des USA l’a investi de tous les pouvoirs nécessaires. Ce que nous avons besoin de savoir, c’est si le tribunal de Kuala Lumpur bénéficie bien du pouvoir de faire appliquer ses décisions de façon coercitive, ne serait-ce que sur le territoire malaisien. D’après tout ce que j’ai lu, pour moi ce n’est toujours pas clair, c’est cependant indispensable pour donner une portée officielle au verdict. 
  • Par Analis (xxx.xxx.xxx.254) 17 mai 14:00
      Les objections sur la possibilité d’un traquenard ou non tendu à Strauss-Kahn au Sofitel présentent les défauts de logique habituels en ce domaine, tout le monde semblant laisser son cerveau au vestiaire au profit d’affirmations péremptoires style "ça ne peut pas être un complot car Sarkozy voulait que Strauss-Kahn soit candidat pour le couler ensuite" et de la logique binaire.

      Le vrai monde est plus complexe. Sarkozy, en effet, s’apprêtait probablement à dégoupiller la grenade de l’affaire du Carlton, et pour cela il avait tout intérêt à attendre plusieurs mois après que Strauss-Kahn ait été nommé candidat par le PS. Mais comme si il n’y avait que lui dans le vaste monde à vouloir faire tomber DSK. D’autres pouvaient très bien avoir indépendamment intérêt à lui tendre un piège, notamment du côté du FMI et du gouvernement Obama. Voici par exemple un point de vue qui soutient cette opinion : 

      Point de vue discutable, mais on sait que ces enjeux existaient. Cette hypothèse est donc plausible. De toute façon, on ne discute pas de la possibilité d’un coup monté à partir de la fin, c.a.d. en commençant à s’intéresser aux mobiles. Mais en tenant compte des éléments fdactuels, et la possibilité d’un coup monté n’a fait que se renforcer. 


      Dans tous les cas, mon opinion est que DSK ne se relèvera pas. Il reste cependant à savoir si l’Elysée va maintenant essayer de faire pression sur la justice pour étouffer l’affaire du Carlton. 
  • Par Analis (xxx.xxx.xxx.254) 17 mai 13:27
      Un article très intéressant dans ce contexte. Il examine comment afin de perpétuer le système Moubarak, le Conseil militaire de transition a fait dégénérer la situation afin d’enliser la révolution égyptienne, de favoriser le mécontentement et la victoire des islamistes. Manifestement, les militaires préfèrent avoir face à eux des barbus que des démocrates, ce qui pourrait justifier de prendre plus tard des mesures répressives. 

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    Pourquoi Al-Baradei ne sera pas président
    Pour l’écrivain Alaa Al-Aswani, le Prix Nobel de la paix s’est retiré de la course à la présidentielle pour ne pas cautionner une démocratie de façade. Il est vrai que dans le pays rien n’a changé.

    26.01.2012 | Alaa Al-Aswani | Al-Masri Al-Youm

    [......]

    Les sources d’exaspération 

    Premier constat : normalement, une révolution qui réussit à faire chuter le régime entraîne automatiquement l’abrogation de la Constitution, puis l’élection d’une assemblée constituante afin d’en élaborer une nouvelle. Or en Egypte, le Conseil suprême des forces militaires [qui gouverne le pays depuis la révolution] a refusé un tel scénario. Il a au contraire opté pour une simple réforme constitutionnelle, idée qui remonte à Moubarak lui-même. Celle-ci a été adoptée par référendum… avant que ce même Conseil ne l’annule pour imposer une Constitution transitoire, cette fois sans consultation populaire. 

    Deuxième remarque : l’objectif de la révolution était de permettre aux Egyptiens de vivre dignement. Il s’agissait entre autres d’obtenir l’abolition de la Sécurité d’Etat, une sorte de boucherie organisée pour torturer les Egyptiens par milliers. Or le Conseil militaire a insisté pour la maintenir et s’est contenté d’en changer le nom. La révolution voulait également que la police soit épurée de ses dirigeants responsables de la mort des martyrs de la révolution. [Quelque 850 personnes ont été tuées.] Mais ces responsables ont conservé leurs postes, voire ont été promus au sein de leur hiérarchie. De même, le Conseil militaire est resté indifférent au problème de l’insécurité galopante provoquée par le refus de la police de faire son travail ordinaire de maintien de l’ordre. Certes, la police militaire réprime brutalement les manifestations, mais elle reste les bras croisés face à une poignée de gens qui occupent, parfois pendant une semaine entière, les voies de chemins de fer. Comme si les autorités faisaient exprès de multiplier les sources d’exaspération, comptant que les citoyens finiront par tenir la révolution pour responsable de leurs problèmes. 

    Troisième remarque : le Conseil militaire a maintenu la plupart des hauts fonctionnaires. Ce qui explique qu’il règne un état d’esprit inchangé depuis l’époque de Hosni Moubarak. Ainsi, le Premier ministre, Kamal Al-Ganzouri, promet de protéger les manifestants campant devant le siège du Conseil des ministres mais ne cille pas quand ces mêmes manifestants se font tuer [par l’armée], traîner par terre et tabasser, y compris les filles. Il parle d’une grave crise économique mais n’a pas l’air embarrassé par le fait que la Banque centrale ait mis de côté 55 milliards de livres [environ 7 milliards d’euros] au nom de Hosni Moubarak. On se moque du monde, exactement comme on le faisait sous l’ancien régime. Comme si la révolution n’avait pas eu lieu. 

    Quatrième remarque : même si la plupart des juges sont des gens respectables, la justice en tant qu’institution n’est pas indépendante. Elle demeure aux ordres d’une administration dont le président est nommé par le ministre de Tutelle, lui-même nommé par le président… La révolution avait exigé le renvoi des juges ayant participé au trucage des élections, mais le Conseil militaire les a maintenus. Nous en voyons la conséquence : aucun procès contre les responsables de la répression n’a eu lieu, malgré trois tueries successives [en octobre, devant le siège de la radio-télévision d’Etat, ainsi qu’à la fin du mois de novembre, puis mi-décembre autour de la place Tahrir]. Quatre-vingt-quatre martyrs y ont laissé la vie, écrasés par des blindés, asphyxiés par du gaz lacrymogène ou fauchés par des tirs à balles réelles, sans parler des milliers de blessés, de ceux qui ont perdu un œil ou du nombre de jeunes filles humiliées. Au lieu d’inquiéter les responsables, ce sont de jeunes révolutionnaires qui ont été accablés. Le blogueur Ahmed Douma a été arrêté, l’éditorialiste Nawara Negm inculpée pour avoir “fait croire à l’opinion publique que la corruption existait toujours” [le 18 janvier, elle a été tabassée en pleine rue], des militants interdits de voyage… Et pendant ce temps, le numéro deux de l’ancien régime, Omar Souleyman, voyage librement, à bord de jets privés, et rencontre les grands de ce monde. 

    Une même dictature 

    Cinquième remarque : le Conseil militaire a organisé des élections inéquitables et offert la majorité parlementaire aux forces de l’islam politique. Il leur a permis de créer des partis à base religieuse, en infraction flagrante avec l’article 4 de la Constitution provisoire qu’il a lui-même proclamée. Ensuite, la commission électorale instaurée par ses propres soins a fermé les yeux sur toutes les infractions commises par ces partis, telles que la propagande politique à travers les mosquées, la présence de militants devant et dans les bureaux de vote et jusqu’à l’achat de voix. Il n’a pas non plus enquêté sur la provenance des millions de livres dépensés par ces partis au cours de la campagne. Ce genre de questions, le Conseil ne les pose qu’à ceux qui se montrent critiques à son égard. 

    En dehors des poursuites judiciaires contre Hosni Moubarak – avec toutes les réserves qui peuvent être formulées quant à au sérieux de son procès –, la révolution n’a atteint aucun de ses objectifs. Le fait est que le Conseil militaire a transformé la révolution en coup d’Etat. Au lieu d’instaurer une démocratie, il s’est contenté d’un changement de façade. Une dictature a succédé à une autre. Si les choses continuent ainsi, nous aurons [en juin prochain] un nouveau président, élu certes, mais élu selon les grâces dudit Conseil. Et celui-ci continuera de tirer les ficelles en coulisse. C’est pour toutes ces raisons que Mohamed Al-Baradei a annoncé son retrait de la campagne électorale. 

    Il faut lui savoir gré d’avoir refusé de servir de feuille de vigne pour une démocratie de façade. Qui peut imaginer que la campagne sera honnête alors que les médias officiels font feu de tout bois contre la révolution, que les forces de l’ordre harcèlent l’opposition et que des dizaines de milliers de baltaguis [voyous devenus indics de police] sont disponibles pour être lancés contre toute personne ou rassemblement susceptible de déranger le régime ?
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