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anh

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  • anh 24 juin 2007 10:06

    Quel plaisir de lire sur Ségolène Royal quelque chose qui ne donne pas le sentiment de marcher sur la tête. De ses passages ministériels à la famille ou à l’école, il y a déjà un petit bail, j’avais gardé le souvenir d’une nullité atterrante, avec une pensée politique qui semblait élaborée dans un salon de coiffure pour dames (version yin du café du commerce). Quand les medias ont commencé à nous la vendre, je me suis dit, non, ce n’est pas possible - d’autant qu’avec Martine Aubry, la gauche disposait potentiellement d’une candidature féminine de poids. J’ai failli participer à l’opération « adhésion au PS pour 20€ » avec juste dans l’idée de lui faire barrage. Et puis j’ai vite vu que rien ne résisterait à ce miroir aux alouettes, et je n’ai pas voulu me faire complice du désastre, j’ai peut-être eu tort. Et puis je me suis dit qu’en 20 ans on peut changer, je voyais des hommes politiques que j’estimais jusque là, Arnaud Montebourg, Jean-Louis Bianco, se rallier à elle. Pourtant son absence absolue de programme déguisée en « démocratie participative » me soufflait que la viduité étaait tooujors bien là. Le confondant, c’est que Sarkozy avait rallié à lui la masse de l’UMP parce que la catastrophe Raffarin et la déculottée de la droite aux régionales qui s’ensuivit annonçait un désastre pour elle. Et deux ans après, tous ceux qui dans le PS voyaient venir la catastrophe s’entendaient répondre « c’est vrai, mais elle seule peut battre Sarkozy » - comme si à chaque présidentielle les pronostics faits six mois avant n’avaient pas toujours été démentis. De part et d’autre, l’enjeu n’était pas de bien gouverner, c’était de sauver les sièges des députés... Sauf que Sarkozy a, lui, l’étoffe d’un vrai homme d’état, tout en étant un remarquable stratège, et qu’il ne fallait pas être bien grand clerc pour pronostiquer que face à lui, la Ségolène ne tiendrait pas trois semaines. C’était d’ailleurs le calcul de Sarkozy lui-même au moment des primaires socialistes. De fait, dès la mi-mars, les jeux étaient faits. Je me suis dis alors « je vote Bayrou ». C’était le moins pire. Je n’ai pas été le seul puisqu’il a commencé à décoller dans les sondages dans la quinzaine qui a suivi. Mais le tir de barrage a été immédiat : le plus subtil a été Colombani, qui a , sans doute sciemment ,protégé Sarkozy du seul danger qui le menaçait : les amis d’Alain Minc sont mes amis. On a appelé ça le « vote utile » à gauche. Tu parles ! Et aujourd’hui, on entend au PS des gens parler d’une « belle campagne », d’un « résultat honorable » au 2e tour des présidentielles. Jusqu’où, mais jusqu’où ira le pouvoir d’auto-persuasion ? Alors, c’est vrai que le PS doit enfin prendre à bras le corps ses contredictions. C’est vrai que François Hollande lui a fait perdre 5 ans pendant lesquels le monde a beaucoup bougé. C’est vrai que le mariage du social-libéralisme et la gauche des années 70 est celui de la carpe et du lapin. Mais comment croire que le pur produit de la société du spectacle qu’est Ségolène Royal en est le meilleur gage de cette « rénovation » ? Le drame est que la vraie ligne de clivage n’est pas là. En fait il y en a deux : entre ceux qui prennent leur parti d’un capitalisme néolibéral débridé et triomphant, et ceux qui ne peuvent s’y résoudre. Et entre ceux qui comprennent que quelque pouvoir politique qui soit devra inéluctablement ruser avec lui, composer là où on en est otage tout en jouant habilement de ses failles et de ses contradictions ( il n’en manque pas ), - et ceux qui croient au pouvoir de la méthode Coué. Entre les deux, ceux qui ne veulent ni pactiser, ni rêver, sont si rares qu’on reste bien pessimiste sur l’avenir à court ou moyen terme. Mais le pire n’est pas toujours sûr.







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