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Ariana

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  • Ariana 5 avril 2008 21:05

    Bonsoir,

    Quelques mots en toute simplicité ; je suis absolument en phase avec cet article dans le sens où toute cette controverse me paraît démesurée en dépit des maladresses de Warlikowski qui effectivement a voulu pêcher par excès. C’est exactement encore ce que je répondais tout à l’heure à un ami : pourquoi tant d’esbroufe ? Comme si cette oeuvre n’était pas suffisamment dense par elle-même !

    Le soir de la première avec Waltraud Meier, mythique Kundry, la caractérisation de l’héroïne a culminé au contresens offusquant beaucoup. De fait, il semble que les soirées suivantes la mise en scène ait été allégée quant aux gestuelles du II. Apparemment le 17 Mars, Parsifal n’était plus ligoté et cravaté, mi-violé, pantalon baissé et jambes en l’air avec femmes à califourchon sur lui et Kundry n’était plus à mimer certain plaisir solitaire à califourchon sur son cheval d’arçon ce que dût faire Meier, qui du reste, n’allât pas chercher Warlikowski en plus d’Haenchen lors des saluts. Pour ma part caractériser Kundry en pure et simple hystérique est manquer le propos et ne pas tenir compte de la musique. Aucun changement scénique n’intervient lorsqu’elle passe du chromatique au diatonique, ni lorsqu’elle devient Herzeleide. D’un bout à l’autre de l’acte, elle est la rassurante fantasmée femme-mère furie hystérique, proche du Mal, et jamais l’inquiétude que l’on devrait ressentir du propos de Wagner quant à la dimension véritable de perdition propre au personnage tributaire du déni du fantasme ne ressort pour celui qui ne connaît pas déjà la portée du rôle. Il n’est d’ailleurs certainement pas hasardeux que ceux qui ont "adoré" aient un soit un abord purement intellectualisant de l’œuvre, donc hors musique, soit un rapport ambivalent à l’appréhension du clivage femme/féminin, récurrent chez le compositeur.

    Enfin, l’ensemble m’a paru plutôt conforme à "la mode" actuelle à l’opéra et je ne vois pas en quoi, cette mise en scène serait plus originale qu’une autre de même style contemporain, aux mêmes tables de morgue métalliques, aux mêmes lavabos, aux sempiternelles mêmes couleurs, etc.. Les actes I et III étaient ce que l’on pouvait attendre, si ce n’est en effet les surprises des références et renvois aux oeuvres cinématographiques citées et bien évidemment l’intégration au sein du cercle "familial" d’une Kundry qui ne meurt plus. Certaines mises en scènes sont tout de même bien plus remarquables ! Je ne pense pas que Warlikowski soit à proprement parler brillant en l’occurrence, mais plutôt qu’il a recherché des effets qu’il n’a pas manqué d’obtenir et ce même si son propos non stupide pourrait, par ailleurs et hors spectacle scénique, être recevable.. Quoique ! Car lorsque l’on entend ses déclarations au sujet de l’œuvre et de Wagner lui-même, il devient à certaines phrases difficile de le considérer "sérieusement".

    Toutefois, je tiens à dire que contrairement à beaucoup, si je n’ai absolument pas aimé et m’oppose tout à fait officiellement au bien fondé de cette mise en scène notamment du fait de l’Acte 2, les réactions de rejet voire les insultes suscitées, me paraissent également tout autant déplacées qu’hypertrophiées.. à l’image de cette controverse en d’autres termes.

    Il semble bien qu’il s’agisse de beaucoup de bruit pour rien..







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