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bacha

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  • bacha 3 août 2007 12:36

    Bonjour à tous

    C’est avec un grand plaisir de me voir citée - enfin, après tant de galère depuis ma thèse en juillet 1997 - ainsi que mon directeur de thèse, dans un de vos commentaires. En effet, je suis Fabienne Bacha qui, ayant travaillé avec M.Jacques Maillard sur l’amplificateur d’énergie de M.Carlo Rubbia, avions démontré un certain nombre de points dangereux de son système. L’équipe de Calcul Parallèle du Collège de France que dirigeait M.Jacques Maillard a été démantelée en 1998, et il a été muté à Orsay pour qu’il perde contact avec les autres membres de son groupe. L’un, M.Jorge Silva, est redevenu maître de conférence à la faculté de Paris 6, un autre M.Alain Jejcic est au labo de météorologie dynamique de Jussieu, Docteur Gérard Maurel est revenu au service de médecine nucléaire de l’hôpital Saint-Antoine, Mme Fanta Tembely s’est retrouvée au service informatique du labo de géologie de l’ENS et de mon côté, je n’ai pu entrer dans aucun des organismes de recherche dans le nucléaire où j’avais postulé (CNRS, CEA, ANDRA, EDF) alors que ma thèse contredisait avec justesse les travaux d’un prix Nobel.

    Que faut-il de plus pour obtenir un petit poste de chercheur tout en bas de l’échelle ? Faut-il aussi décrocher un prix Nobel ou n’importe quelle médaille d’or ? Mais c’est impossible puisqu’on vous tient éloigné volontairement du moindre laboratoire.

    Pourquoi existent ces dysfonctionnements brillamment décrits par M.Gsponer ?

    Les décisionnaires, hommes politiques, ne connaissent pas grand-chose à la science mais ont le pouvoir de l’argent.

    Certains scientifiques sont à la botte des hommes politiques, et de préférence, ceux qui sont haut placés et sur lesquels les promotions, les honneurs, l’argent ont la primauté par rapport à la recherche elle-même. Ainsi la vocation de la recherche est totalement obérée chez ces personnes et elles préfèrent écraser du talon ceux qui pourraient faire trébucher leur discours.

    Ces scientifiques-là aiment à dire ce que les hommes politiques aiment entendre (on va trouver une solution magique à l’énergie, à la pollution etc.), de façon à ce que l’argent irrigue leurs laboratoires.

    Notre équipe, elle, a été dispersée parce que nous gênions l’establishment du CEA et de l’EDF et même du CNRS.

    M.Maillard a été poussé à la démission par un directeur de l’IN2P3, pour ne pas le nommer un certain Claude Détraz, dès le début de notre opposition aux affirmations de non-dangerosité du réacteur de M.Carlo Rubbia, en 1995. Interrogez M.Jacques Maillard, polytechnicien et docteur en physique théorique, et il vous répondra comment sa carrière professionnelle a été pulvérisée depuis lors.

    Pourquoi à votre avis ? le CNRS n’aurait-il pas dû être fier de nos recherches et de nos performances ?

    Mais les connivences entre politiciens et scientifiques sont si fortes que le « moindre grain de sable de contestation » doit être éliminé, démissionné, expulsé !

    L’EDF aurait dû nous soutenir également : Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ?

    Elle attendait de nous seulement une veille technologique, voire un esprit de soumission aux homme politiques qui, eux, ont de l’argent, et non un esprit de recherche.

    En fait, nous devions attendre sagement les conclusions de chercheurs américains qui avaient l’intention - bien avant M.Rubbia qui a un peu recopié sur eux- de mettre au point un réacteur hybride, et auraient cherché à le vendre à la France. Nous devions ensuite seulement donner notre avis sur les éventuelles performances de ce réacteur. Mais surtout pas d’avis personnel sur les conditions de fonctionnement d’un tel réacteur ! Ah non, ce n’est pas permis de penser... Tout le contraire de l’esprit de recherche !

    Mais nous avons tenu le plus longtemps possible ; ma thèse a été soutenue non sans mal, avec des rebondissements, dont un membre du jury qui a démissionné quelques semaines avant la soutenance. Je me demande combien de pressions et d’influences ont pesé sur le jury...

    Plus tard, alors que je cherchais vainement du travail (évidemment après ma soutenance de thèse, on m’a prié de partir du Collège de France car, paraît-il, ce genre de recherche ne les intéressait pas et que le cap des recherches d’avenir était mis sur l’astronomie...), ma ligne téléphonique a été écoutée durant plusieurs années.

    Si ce n’est pas de l’acharnement, cela y ressemble !

    J’avais eu le culot d’écrire et de dire que le réacteur de M.Rubbia allait exploser en quelques mois ou quelques semaines, preuves à l’appui.

    Or, c’est une affaire qui devait rapporter de très grosses sommes d’argent à M.Carlo Rubbia ainsi qu’à ses collaborateurs ! Comme me disait M.Niefnecker lors du colloque Gédéon à Jouy-en-Hosas, « il faut battre le fer tant qu’il est chaud », vous comprendrez bien qu’il faut donc traire la vache gouvernementale et européenne pendant qu’elle ne comprend rien et demeure admirative devant un projet grandiose !

    Prévoyant, M.Carlo Rubbia avait d’ailleurs, déjà déposé des brevets pour construire son réacteur en Espagne ou au Vietnam.

    Voilà t-y pas que nous semions le doute dans l’esprit de ceux qui devaient ouvrir la manne financière... Et les députés français ont commencé à ne plus croire complètement les avis de M.Rubbia.

    Et la manne financière n’est pas tombée dans l’escarcelle de M.Rubbia qui s’est bien vengé de cet esprit de liberté, voire de fronde, que nous avons toujours.

    Ainsi le réseau de connaissances de M.Rubbia a bien fonctionné.

    Je me suis retrouvée au chômage suffisamment longtemps pour comprendre que je devais changer de boulot et ne plus rien attendre de personne.

    Bien des docteurs et post-doc vivent eux aussi très mal : je ne suis pas une exception, loin de là (voir le livre « Passion chercheur »). Donc je ne me plaindrai pas. Il ne reste que la solution de partir ailleurs puisqu’on n’a plus le droit d’utiliser son esprit critique ou bien de s’inventer un univers mental plus prometteur que la société dans laquelle on vit.

    Et puis, M.Rubbia n’a pas eu son argent ! Il n’a pas gagné ! Il n’a pas construit son réacteur ! Notre équipe a contribué à éviter un petit Tchernobyl quelque part dans le monde et ce n’est pas rien.

    Notre équipe disparue a droit à une petite part de victoire morale, ce qui fera bien rire certains. On a tous payé cette victoire au prix d’ennuis sur le plan professionnel et privé. Amère victoire mais victoire quand même qui en dit long sur la liberté de chercher dans ce beau pays. Je me demande d’ailleurs si on va réécouter ma ligne téléphonique, là !

    Avec mes salutations à tous ceux qui croient encore à la réalité des faits contre les discours lénifiants. Fabienne







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