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  • ben 28 avril 2007 19:49

    Je pense tout de même qu’il y a deux gros groupes d’entreprises : les entreprises contrôlées par des groupes financiers, généralement dirigées par un salarié désigné par ces financiers (on appelle cela « un grand patron ») et dont le but essentiel est l’argent, et les entreprises dont le créateur, industriel ou commerçant, est toujours à la tête de l’entreprise.

    Effectivement, la situation du cadre ou du salarié dans une entreprise dirigée par des financiers est assez difficile. Ces financiers recherchent le résultat rapide et sont intransigeants. Ils oublient souvent que la confiance du salarié est essentielle pour obtenir le meilleur travail (et donc le meilleur résultat pour l’entreprise).

    Dans une entreprise dirigée par un commerçant ou un industriel, sans pour autant mettre tous les dirigeants de ces entreprises sur un piédestal, l’ambiance est souvent différente. Déjà, le dirigeant en question a énormément de mérite. Il a souvent pris des risques énormes, qu’aucun salarié ou cadre n’a voulu prendre (sinon il serait aussi créateur d’entreprise). Ces risques sont l’investissement financier de départ, mais aussi toutes les cautions que ce patron a dû signer pour obtenir les facilités des banques. S’ajoutent encore tous les risques juridiques et fiscaux. Je le sais pour l’avoir payé très cher. La première fois qu’un chef d’entreprise m’a dit : « vous savez, dans le commerce, on apprend énormément ; mais ça coûte cher ! », j’ai pensé que le brave homme qui me disait ça s’était planté parce qu’il n’était pas très malin. Plus tard, je me suis dit qu’il avait effectivement raison, ou alors que je n’étais pas plus malin que lui.

    Je peux aussi vous parler de motivation et de rémunération. Je dirige aujourd’hui une petite entreprise et j’ai mis en place en 2003 ou 2004 un intéressement au bénéfice pour mes salariés. Ils peuvent obtenir dans le meilleur cas 15% du résultat de l’entreprise. Au départ, tous les salariés, sans aucune exception ont montré une absence totale d’intérêt pour ce système. C’est seulement au bout d’un an lors premier versement de l’intéressement, qu’ils ont enfin vu le bien concret que cela faisait à leur compte en banque et que certains d’entre eux ont montré plus de motivation.

    L’année suivante, je partais pour faire des résultats meilleurs encore. Une bonne part des salariés m’a demandé une augmentation. Normal, puisque le patron s’en met plein les poches, pourquoi pas nous. Je leur ai signalé que par l’intéressement au bénéfice, ils avaient forcément leur part. Et bien non, l’intéressement, ce n’est pas le salaire...

    Finalement, les bénéfices ont été bien moins bons que prévus. Et l’année suivante a été encore plus difficile. Peu de bénéfice, peu d’intéressement. Et bien croyez moi, l’ambiance est bien meilleure. On se tient les coudes et on travaille tous le mieux possible pour s’en sortir. Sans augmentation de salaire, sans gros intéressement.

    J’en ai conclu que mes salariés, à qui je cache assez peu de choses, ont bien compris que la vie d’un chef d’entreprise (surtout lorsqu’il n’est pas très malin) n’est pas si facile que cela.

    Enfin un dernier petit commentaire. Dans certains pays, l’artisan ou le chef de la petite entreprise est vu comme un super mec. Il fait tourner le pays et c’est quelqu’un de bien. Dans d’autres pays, comme la France, le chef d’entreprise, s’il est industriel, est un gros riche qui s’en met plein les poches. S’il est commerçant, c’est forcément un voleur.

    C’est un peu court et je pense que le chef d’entreprise pourrait parfois avoir un beau rôle dans un film ou être mis en évidence, de façon positive, dans les médias, même de gauche.

    Je pense aussi qu’avec la mondialisation, il n’est pas l’heure de savoir si c’est le chef ou le salarié qui a raison, c’est le moment de se bouger tous ensemble pour sauver notre qualité de vie, qui, faut-il peut être le rappeler, est exceptionnelle et pas garantie.







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