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Berenice

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  • Berenice 27 février 2007 13:09

    J’ai été contente de voir que je n’étais pas la seule à être indignée par le fait que les actes commis contre l’église catholique et chrétienne étaient la plupart du temps passés sous silence. Pour preuve, l’assassinat d’un prêtre catholique en 2006. En dehors des journaux chrétiens et de quelques magazines (plutôt de droite), aucun écho n’a été fait dans la presse de ce tragique évènement. Je vous envoie un extrait d’article du Figaro.

    "Malgré les failles de l’enquête, personne à Trabzon ne demande d’explications sur l’assassinat du prêtre italien en février dernier.

    ON ENTENDRAIT UN ANGE passer. Dans l’imposant presbytère, le père Waldemaz Niewinski, un prêtre polonais de 30 ans, et son assistant laïc, le Roumain Nico Roman, oscillent entre gêne et agacement. « S’il reste seulement un chrétien, nous devons par notre présence le protéger », lance irrité le curé, en réponse à une question sur l’intérêt de poursuivre une mission d’évangélisation dans une ville où la communauté catholique s’élève au maximum à une douzaine de fidèles. « Insinuer le contraire sert les fanatiques », ajoute-t-il. « Je ne veux pas répondre », tranche l’assistant roumain, lorsqu’il lui est demandé si toute la lumière a été faite sur le meurtre du prêtre italien Andrea Santoro, tué le 5 février dernier, en pleine polémique sur les caricatures du prophète. Un peu las, les successeurs de la victime se bornent à constater que le crime avait bien une connotation religieuse. Car des témoins ont entendu l’assassin crier « Allaho akbar », avant de tirer. Pour le reste ils n’ont pas de certitudes.

    L’homicide avait été suivi de plusieurs attaques contre des religieux chrétiens. En juillet, le père français Pierre Brunissen fut blessé au couteau dans une ruelle du port de Samsun, sur la mer Noire. Le père Brunissen avait assuré un intérim dans la ville voisine de Trabzon après la disparition d’Andrea Santoro. Mais les deux affaires ne seraient pas liées. Le curé français a été agressé par un déséquilibré à la suite d’un différend financier. Son homologue italien est tombé sous les balles d’Oguz A, un adolescent de 16 ans, considéré par les experts psychiatres comme sain d’esprit.

    Le curé de Trabzon a été abattu de deux coups de feu dans le dos, en l’église Sainte-Marie, un dimanche après l’office. Il priait agenouillé au premier rang du sanctuaire. Un projectile lui a perforé le foie, l’autre le coeur. Issu des classes moyennes, l’assassin n’a pas de mobile avoué. Il a livré des explications confuses. Sa famille a d’abord plaidé l’innocence puis aurait confessé que le jeune homme était devenu très religieux. A-t-il agi seul ? A-t-il été manipulé par des intégristes musulmans ou par un groupe nationaliste ? Le procès, qui s’est déroulé comme le veut la loi sur les mineurs à huis clos, n’a pas permis de le savoir.

    Plusieurs pistes ont été évoquées par la presse, comme celle de la mafia locale tenant le milieu de la prostitution, mais elles n’ont pas abouti au moindre début de preuve. Éditeur du quotidien régional, Gökhan Dihkan veut croire à une provocation organisée par des réseaux obscurantistes. « L’assassinat a alimenté les querelles au moment de l’affaire des caricatures, alors que la Turquie est en difficulté dans les négociations d’adhésion à l’UE en raison de sa législation sur les minorités religieuses », estime-t-il.

    Dix-huit ans de prison ferme

    Oguz A. a été condamné le 10 octobre à dix-huit ans de prison ferme. Depuis une chape de plomb recouvre le dossier. L’avocat de la défense, Mahya Usta, se tait, la famille se réfugie dans le silence. Savamment entretenue, l’opacité est telle qu’il est possible de douter de la culpabilité du meurtrier. Car deux témoignages au moins n’apparaissent pas dans l’enquête. Une femme, une Italienne travaillant aux côtés du père Andrea, et un converti turc se trouvaient dans l’église lors du drame. Ils on aperçu et décrit la silhouette du tueur : elle ne correspond pas à celle d’un jeune adolescent. « D’après eux, la personne qu’ils ont vue n’est pas lui », confirme un représentant du Vatican. Un coupable sur mesure aurait pu être fabriqué. Un meurtrier trop jeune pour que sa responsabilité soit abordée sur la place publique...

    Dans les rues de la ville, une austère cité maritime réputée pour son conservatisme, les avis sur le crime sont partagés. Une partie de la population n’a pas été choquée par l’assassinat d’un religieux dans son église. Pour eux, un missionnaire est un prosélyte risquant par sa conduite l’élimination physique. « Certains se sont félicités du meurtre, mais il serait injuste de réduire cette attitude à la position des habitants de Trabzon », explique Gökhan Dihkan, dont le journal se situe dans la mouvance « démocrates-conservateurs ». « Que diriez-vous si un hodja (un imam turc) était assassiné dans une mosquée à Rome ? » s’indigne-t-il. Avant de préciser que les prises de position compatissantes de son quotidien proche des islamistes modérés sont « mal acceptées ».







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