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Bertrand de Kermel

56 ans, marié, 4 enfants. Juriste de formation, je suis actuellement directeur d’une fédération professionnelle du secteur de la coopération agricole. Je suis également président du Comité Pauvreté et Politique, association créée en 1994 par Jacques Froget, dont le slogan est "pour une politique juste et efficace, mise délibérément au service de l’Homme, à commencer par le plus démuni".
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  • Par Bertrand de Kermel (---.---.---.144) 1er juin 2012 22:31

    Bonjour, et merci de m’avoir lu.

    Je vais tenter de vous faire une réponse globale.

    A Chapoutier : Vous n’avez pas tort, et je partage votre constat, d’où la proposition de mettre sur un pied d’égalité le droit du commerce, le droit du travail et le droit environnemental pour bloquer les importations des multinationales, si les produits sont fabriqués dans de trop mauvaises conditions sociales et environnementales. Aujourd’hui, c’est impossible.

    Abattre le capitalisme, soit, mais quel est votre plan B ?

    A Joelim : je ne vois qu’une solution : médiatiser le plus possible la définition du développement durable parmi les populations mondiales. Ce sont elles qui « bousteront » la caste qui dirige les mass médias.

    A Daniel Roux. Je suis OK avec tous les constats exprimés, par vous et les autres commentateurs. Je les ai développés en long, en large et en travers dans mon livre « le scandale de la pauvreté », sachant qu’au chapitre qui traite de la démocratie, je ne parle pas d’oligarchie, mais de ploutocratie, qui me semble mieux correspondre à la réalité : nous ne sommes pas gouvernés par les plus intelligents mais par les plus riches. Cela dit, qu’est-ce qu’on fait ? Il existe des solutions, qui sont du reste dans le domaine public, mais que personne ne veut utiliser.

    A Soi Même. Le cadre juridique doit rendre impossible le détournement des initiatives à des fins autres que leur but initial. C’est possible. En matière fiscale la technique utilisée est dénommée : « l’abus de droit ». Autrefois, cela fonctionnait très bien.

     

    A Schweizer : Il existe des groupes de travail à l’ONU qui « planchent » sur les sujets évoqués au début de mon billet. Cela concerne en particulier la sécurité sociale universelle.

     

    Plus globalement. Le néolibéralisme qui s’applique sur la planète comme une chape de ciment n’est plus tenable.

     

    -  Soit on casse tout sans savoir quoi mettre à la place, et nous sommes partis pour avoir des gouvernements intégristes et fondamentalistes de toutes les religions dans de nombreux pays de la planète,  (Tirons au moins les expériences du printemps arabe, et n’oublions pas qu’il existe en France des fondamentalistes chrétiens qui rêvent de retrouver l’influence qu’ils avaient avant la révolution)

     

    -  Soit en met en place le développement durable sur la planète. Selon moi, c’est LA solution, et c’est pourquoi j’ai écrit mon livre, et passe du temps à écrire des billets ça et là. Problème : 90% des gens confondent développement durable et écologie. Il y a donc un énorme travail d’explication à faire.

     

    Cordialement à vous tous

     

    Bertrand de Kermel

     

    PS Vous trouverez de nombreux éléments relatis que développement duable sur le site : www.pauvrete-politique.com

     

  • Par Bertrand de Kermel (---.---.---.240) 27 juin 2007 22:09

    Bonjour à tous.

    Avant d’aller plus loin,je vous suggère de nous interroger sur les raisons qui ont conduit certains responsables à proposer la tva sociale.

    A mes yeux, deux grandes raisons, différentes mais qui s’entremêlent, imposent un changement dans notre mode de financement de la sécu.

    1ERE RAISON : EVITER DE PENALISER LE TRAVAIL DES FRANÇAIS PAR RAPPORT A LA MACHINE ET PAR RAPPORT A NOS CONCURRENTS ETRANGERS.

    Chez nous, jusqu’à la fin des années 70, l’économie était centrée sur la France. La délocalisation des entreprises était extrêmement difficile. Le contrôle des changes rendait quasiment impossible la fuite des capitaux. Le niveau des droits de douanes nous protégeait des importations. A l’intérieur de la France, le marché était donc fermé, et les entreprises étaient toutes soumises aux mêmes charges. Ainsi, la compétition était loyale. Fort logiquement, les gouvernements successifs ont donc pu asseoir le financement de la sécurité sociale et de la politique familiale sur la source de création de richesse : le travail.

    Aujourd’hui, tout a changé. L’ouverture des frontières commerciales et financières, la baisse considérable du coût des transports de marchandises, l’évolution des technologies et les progrès des techniques de communication, (en clair : la mondialisation) ont rendu ce système de financement incohérent.

    Pour un grand nombre de biens et de services, le marché pertinent est devenu mondial, et cette situation est durable. Le coût du travail en France est mis en concurrence partout sur la planète. Le travail français est donc pénalisé. Par rapport à la situation des 30 glorieuses, les entreprises ont une alternative : quitter le territoire pour retrouver de la compétitivité. C’est un changement majeur.

    Toute charge excessive sur le travail, par rapport aux concurrents, conduit à des délocalisations et par conséquent au chômage, et à la pauvreté

    2E RAISON : PARCE QUE LE SYSTEME VA DE TOUTE FAÇON EXPLOSER SI ON CONTINUE COMME PAR LE PASSE.

    De toute façon, le système va exploser. Dans le contexte du baby boom, et du fait de l’allongement de la vie et des progrès du système de santé, la sécurité sociale coûtera de plus en plus cher. Si on ne change pas le système de financement, les acteurs économiques français (artisans, commerçants, sociétés commerciales, salariés, agriculteurs, etc...) seront de moins en moins compétitifs, car les charges sociales augmenteront inéluctablement, quelles que soient les économies indispensables à réaliser par ailleurs sur la sécurité sociale.

    Il en résultera des délocalisations, qui elles-mêmes aggraveront le chômage et la pauvreté, ce qui diminuera le nombre de citoyens actifs et par conséquent augmentera leurs charges, etc...

    Alors que faire ?

    Je n’ose vous inviter à consulter la note intitulée : Tva sociale : 12 questions à se poser pour décider, que vous trouverez sur le site : www.pauvrete-politique.com

    Après l’avoir lue, ne vous privez pas de critiques. Mais je vous en supplie, évitez l’invective. Cela affaiblit toujours les démonstrations.

    Cordialement

    Bertrand de Kermel Président du Comité Pauvreté et Politique

  • Par bertrand de Kermel (---.---.---.211) 20 novembre 2005 18:00

    Je veux croire que vous avez raison. Du reste, vos arguments relèvent du simple bon sens.

    Néanmoins, le système fonctionne en Allemagne pour le recrutement de salariés... Rien n’empêche de pratiquer le système avec la « short list », résultant d’entretiens d’embauche.

    Par ailleurs, la ressource dite « humaine », considérée (à juste titre) dans les discours comme la « seule vraie richesse de l’entreprise » passe de temps en temps derrière les exigences de rentabilité de 15% sur fonds propres de certains actionaires. Il ne faut pas généraliser, mais... ça arrive.

    Enfin, ce système porte atteinte aux valeurs de la République (il dévalorise la valeur travail). A ce titre, il doit être condamné.

    Bien cordialement à vous

    Bertrand de Kermel

  • Par bertrand de Kermel (---.---.---.184) 20 novembre 2005 14:56

    Veuillez trouver ci-dessous un article paru dans libé du 25 août 2004, et montrant les ravages du système dans le monde des affaires.Il y a de très nombreux autres articles aussi édifiants parus dans différents journaux depuis deux ans.

    Vous pouvez imaginer le résultat pour les salariés.

    Bien cordialement

    Bertrand de Kermel

    Economie Les enchères « inversées » permettent aux grands groupes d’obtenir des prix cassés.

    Distribution : les fournisseurs asphyxiés sur le Net

    Par Cédric MATHIOT mercredi 25 août 2004

    Un fabricant de moutarde évoque l’« horreur absolue ». Un groupe de produits laitiers parle de « cauchemar ». Il existe aujourd’hui chez les entreprises françaises une pratique qui réussit le tour de force de faire hurler les PME, de choquer le gouvernement et même d’émouvoir le Medef. Ce grand méchant loup répond au nom d’« enchères inversées » ou dégressives sur l’Internet. Ou comment un acheteur transforme une négociation classique en un duel à mort entre fournisseurs. Un hypermarché veut acheter du beurre pour le vendre sous sa marque. Il sélectionne quelques fournisseurs qui sont invités à venir se connecter un jour donné à telle heure, sur un site Internet accessible via un mot de passe. Chaque fournisseur ignore l’identité des autres compétiteurs. Pendant une période usuellement comprise entre 30 minutes et deux heures, les fournisseurs s’affrontent pour gagner le marché en baissant le prix. « Tu perds un marché en quelques minutes, c’est du poker », raconte le dirigeant d’une PME, quand le responsable d’une fédération professionnelle d’agroalimentaire, membre actif du lobbying antienchères, assure que le système conduit des entreprises à aller en deçà de leur prix de revient. Sadisme. Car tout est fait pour emballer la machine : l’acheteur se permet de temps en temps un coup de fil durant l’enchère à un fournisseur qui flanche : « Faites un effort, on travaille depuis longtemps ensemble. » Le système s’agrémente parfois de fioritures sadiques : dans la version dite « tournante », chaque fournisseur est obligé de baisser le prix sous peine d’être éliminé. La dernière mode est à l’allongement des enchères. Récemment, un hyper a fait marner des producteurs de charcuterie pendant vingt-quatre heures. A l’enchère dite « au ranking », les fournisseurs ignorent le niveau de proposition des concurrents, et n’ont comme information que le rang auquel leur dernière offre les classe. En moyenne, le résultat tourne à entre 11 et 12 % d’économies pour les distributeurs par rapport à une négociation classique. A ce jeu, General Electric aurait décroché le pompon en organisant en 2000 pas moins de 10 000 enchères inversées. Le géant américain affirme avoir ainsi économisé 1 milliard de dollars. Palettes, nettoyage. En France, les grands groupes, Danone, L’Oréal, la Redoute, Carrefour, les Mousquetaires ou Casino, et les constructeurs automobiles sont des accros. Même l’Etat s’y est mis, Bercy ou encore la Direction générale de l’armement, ayant organisé des enchères sur des fournitures de bureau. « Les enchères se sont développées vers la fin des années 90, au moment où se développait à coups de millions des plates-formes de marché virtuelles qui n’ont d’ailleurs quasiment jamais marché... En fait, la seule chose qui fonctionnait parce que très simple , c’était ces enchères inversées. Du coup, elles sont appliquées quasiment à tout », explique un ancien consultant. Tout, c’est-à-dire des palettes, du papier, des imprimantes, des minutes téléphoniques, bon nombre des produits que les hypers vendent sous leur propre marque ou encore des prestations de nettoyage. « Deux conditions : qu’un besoin précis soit identifié, et qu’il y ait concurrence », explique Thierry de Cassan, patron de Synerdeal, plus gros acteur français sur le marché de l’enchère en ligne. La pratique a d’abord eu droit aux faveurs des autorités . Du côté de Bruxelles, on y voyait un outil pour créer un marché européen sur la Toile. Pour la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), c’était une solution reproduisant les conditions parfaites du marché. Le vent a tourné depuis. La Commission européenne réfléchit depuis 2002 à encadrer la pratique. Car, outre sa brutalité, elle manque singulièrement de transparence. Sans aller jusqu’aux extrémités pratiquées par certains comme l’introduction d’un « lièvre », c’est-à-dire d’un fournisseur bidon pour tirer les prix à la baisse, les enchères bénéficient d’une absence d’encadrement qui profite à l’acheteur. Ce dernier maîtrise ainsi les paramètres de qualité des différents fournisseurs, le coût de transport, la qualité du produit, autant de données ignorées par les compétiteurs qui se retrouvent à concurrencer des prestataires inférieurs en qualité. D’ailleurs, la plupart du temps, le moins-disant ne l’emporte pas. « L’enchère, comme le dit Thierry de Cassan, n’est qu’une aide dans la prise de décision. » Il arrive aussi que l’acheteur se serve de cette course à l’échalote pour faire baisser au maximum un fournisseur qu’il avait choisi dès le début. Certaines enchères ne se concluent même pas par des transactions, et servent à tester un marché, en vue d’une future négociation. En Allemagne, la mise aux enchères inversées d’un marché de prestation a suscité un tollé : le prix de départ ne dépassait pas les salaires des agents... L’absence de négociation est aussi dans la mire. D’après une étude canadienne sur le marché de la palette, il n’y aurait au final aucun gagnant, et une vérité générale : la dégradation du lien de confiance entre les partenaires... Limiter la casse. Le Medef a adopté en juillet un dispositif de surveillance dans lequel il n’esquive pas les abus. Il s’agit d’abord de limiter le champ des enchères et d’en « exclure expressément » les marchés de service et de maintenance. Quand au gouvernement, c’est en novembre qu’il devrait intervenir. Christian Jacob, le ministre délégué aux PME, aurait affirmé vouloir légiférer sur la question. Nul aujourd’hui ne semble croire cela possible. Le seul souci des entreprises, c’est de limiter la casse. Car le plus souvent il n’y a pas moyen d’y couper. Le responsable d’une fédération professionnelle s’est ainsi entendu dire un jour : « Dites bien à vos adhérents que, s’ils refusent de répondre aux enchères inversées, nous saurons nous le rappeler. » http://www.liberation.fr/page.php?A...

  • Par bertrand de Kermel (---.---.---.30) 20 novembre 2005 14:17

    Effectivement, il est dérisoire de vouloir réhabiliter la « valeur travail », et tolérer ce système.

    Nous touchons là aux valeurs de la République. C’est pour cela que je me suis mobilisé (et, j’espère, tous les lecteurs avec nous !)

    Bien à vous

    Bertrand de Kermel

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