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  • Par Bovinus (---.---.---.228) 8 février 01:03
    Bovinus

    Intéressant, mais à côté de la plaque.

    Les Occidentaux n’ont jamais rien compris à la Russie, ils n’ont jamais fait que la fantasmer. Comme vous le faites. Poutine est, pour les Occidentaux, soit le boucher dépeceur de Tchétchènes et assassin de journalistes, soit l’homme qui représente l’alternative à l’hégémonie américaine honnie, celui qui a su rassembler une sorte de bloc des non-alignés. Ces deux caricatures sont totalement éloignées de la réalité.

    Ce pseudo-bloc des résistants à l’Empire est une blague. La Chine, devenue une vraie poubelle, livrée entièrement aux affres du capitalisme sauvage qui n’a pour lui que le fait d’être plus ou moins chinois. L’Inde, un cloaque de misère traînant un système politique probablement parmi les plus rétrogrades qui aient jamais existé et hypothéquant définitivement tout développement réel. Le Brésil ? circulez, il n’y a rien à voir que les restes de l’Amazonie, qu’on a laissé saccager pour en faire de la canne à sucre et autres produits de l’agriculture intensive. Il est vrai que dans tous ces pays, il y a un grand potentiel, c’est indéniable. Cependant, il ne sera jamais réalisé sans vision politique.

    Poutine n’est que le successeur beaucoup plus habile de Eltsine, rien de plus. Il n’a rien d’un Pierre le Grand ou d’un de Gaulle russe. Sa politique s’est bornée à récupérer les sociétés d’État exportatrices de matières premières et à y installer ses copains, afin d’en récolter les bénéfices au lieu des banques anglo-saxonnes. L’innovation par rapport à l’ère Eltsine, c’est qu’il veille à jeter quelques miettes de cette immense richesse à la populace afin qu’elle se tienne tranquille. Ainsi, Poutine et sa bande pourront voler davantage et plus longtemps. C’est à peu près tout. Il n’y a là aucune vision ou projet politique, simplement une réelle intelligence tactique mise au service de l’avidité de toute une clique de nouveaux oligarques.

    Poutine n’est que le chef d’une bande de voyous, elle-même à la tête d’un immense empire eurasien en reconstruction. D’ailleurs, ce fait même ne doit pas grand-chose à Poutine, l’idée date des années 1990 et a surtout été promue par le président kazakh Nazarbaiev. Poutine soutient plus ou moins le projet, puisqu’il n’y a pas grand-chose à perdre et beaucoup à gagner.

    Cependant, cette non-stratégie ne peut continuer éternellement. De nouveaux courants idéologiques se nourrissant au passé glorieux de l’URSS (non, l’URSS n’a pas été l’échec total qu’on voudrait y voir) traversent la société russe et y trouvent un accueil très favorable (et pas seulement chez les vieux). Une campagne pour rendre le nom de Stalingrad à Volgograd est en cours en ce moment même dans tout le pays. La crise économique mondiale commence à s’infiltrer aussi petit à petit en Russie, ce qui va mécontenter le peuple, le rendant peut-être plus enclin à ouvrir enfin les yeux sur la réalité du pouvoir en place. Enfin, la manne des hydrocarbures se tarit petit à petit, pas encore pour le gaz, mais les réserves pétrolières du pays fondent à vue d’oeil. Il y a bien le pétrole de l’Arctique, mais son exploitation nécessite des investissements colossaux, qui, bien évidemment, ne sont pas prêts d’être réalisés avec à la tête du pays une mafia compradore dont le souci principal est de détourner le plus possible de pognon. De toute façon, la fin de la récré peut être sonnée à tout moment par l’effondrement possible à brève échéance des pays importateurs de l’énergie russe (ben ouais : la récession entraîne le chômage, qui entraîne une chute de la consommation qui entraîne une réduction de la production, ce qui réduit considérablement la demande en énergie). Or, il se trouve qu’à part l’énergie, la Russie n’a plus grand-chose à vendre, il suffit d’examiner la structure des exportations : 70% du PIB provient des hydrocarbures, le reste ce sont les ventes d’armes et un peu d’agroalimentaire. Toute la puissante industrie soviétique a été quasi entièrement liquidée tout au long de ces 20 dernières années. Nous voilà de retour en 1917...

    Le renouveau va certes se produire, mais je le vois débuter plutôt dans 30-50 ans au plus tôt. La condition à son avènement, c’est que la mafia dégage du pouvoir, quitte à l’en faire dégager de force.

  • Par Bovinus (---.---.---.149) 6 septembre 2012 22:14
    Bovinus

    Maintenant que toutes ces grandes découvertes dont nous sommes si fiers ont été faites, on va tout de même pas les jeter aux orties, hein smiley

    La science est utile, mais avec quelques réserves de taille. Pour être le plus précis possible, disons que l’opinion que je me fais de la question repose sur les postulats suivants :

    a. science et technologie sont utiles, mais rarement indispensables ; par conséquent, on ne devrait pas en faire un domaine d’investissement prioritaire, et, quoi qu’il en soit, on devrait privilégier systématiquement la recherche fondamentale par rapport à la recherche appliquée.

    b. elle amplifie très considérablement les vices de l’homme, mais pas ses vertus ; de ce fait, toute application scientifique devrait être très étroitement encadrée du point de vue éthique et déontologique car potentiellement dangereuse et nuisible.

    c. les connaissances scientifiques disponibles devraient être répandues de la façon la plus large dans la population, de sorte qu’elles ne deviennent jamais l’apanage d’une minorité, qui serait alors forcément tentée de s’en servir à son seul profit ; c’est pourquoi toute idée de brevet ou de propriété intellectuelle est une chose absolument inconcevable.

    Il me semble également qu’on n’a pas assez conscience de ce simple fait : beaucoup de nos problèmes proviennent de ce que nos systèmes politiques sont complètement inadéquats et largement soumis aux intérêts du capital, qui abuse de ses acquis technologiques au détriment des populations et de l’environnement. Beaucoup de nos problèmes actuels se résoudraient d’eux-mêmes si les peuples s’emparaient à nouveau du pouvoir politique.

  • Par Bovinus (---.---.---.149) 6 septembre 2012 19:16
    Bovinus

    cependant il semble qu’ on ne peut plus revenir en arrière et vivre comme au temps primitif d’il ya quelques millions d’années dans des cavernes et se nourrir grâce à la cueillette ,à la pêche et à la chasse , sauf s’il faudra éliminer 7 ou 10 milliards d’individus ,car la terre ne pourra nourrir qu’une centaine de millions d’habitant par la ceuillette ,la pêche ou la chasse ;

    Mais qui parle de cela ? Comme vous le précisez vous-même, il serait impossible d’assurer la survie de tout le monde grâce aux méthodes des nomades des premiers âges. Cela dit, entre le nomadisme et l’agriculture ultra-intensive telle que pratiquée aujourd’hui, il doit y avoir moyen, tout de même, de dégager un compromis qui soit à la fois viable dans la durée et dans la quantité. Savez-vous que jusqu’à une époque assez récente, la Chine était auto-suffisante sur le plan alimentaire ? L’équilibre a été rompu à partir du moment où une masse de paysans critique a été transformée en ouvriers ; il ne s’agit pas d’une fatalité, mais d’une erreur du gouvernement, qui risque de coûter à tout le pays. Dans le même genre, ne trouvez-vous pas aberrant qu’un pays comme la Russie, aux terres si riches, a été obligé entre 1917 et 2008 d’importer des céréales pour nourrir sa population ? Ce pays, encore premier exportateur mondial de blé en 1917, n’est revenu dans le top 5 des producteurs de céréales que tout récemment ! On peut aussi examiner le cas de la France, qui pourrait produire énormément plus de denrées alimentaires les plus diverses, et de bien meilleure qualité, mais qui en est empêchée par les accords très défavorables (OMC / PAC) qui ont été signés en son nom et les politiques stupides pratiquées par les gouvernements successifs depuis 1969.

    De toute façon on aura besoin de la science pour extirper l’humanité hors de notre système solaire qui va exploser ou disparaitre avec le soleil dans quelques milliards d’années ,il faut s’y préparer maintenant car il faudra beaucoup de temps pour atteindre un niveau scientifique et technologique tel qui permet de construire des vaisseaux intergalactiques pour que l’humanité puisse se réfugier dans un autre système solaire ou galaxie

    Notre espèce aura probablement disparu largement avant cette date. Peut-être même disparaîtra-t-elle au cours des prochains siècles. Je ne sais pas si vous êtes amateur de SF ou non, mais certains auteurs ont déjà décrit des mondes possibles où la science et la technologie ne provoqueraient pas nécessairement l’hyper-industrialisation destructrice qu’on connaît de nos jours. À bien y réfléchir, il n’y a à priori aucune raison d’industrialiser quoi que ce soit ; cela n’empêche pas non plus d’avancer dans la recherche scientifique. On pourrait fort bien imaginer un schéma de développement qui développerait en priorité l’homme plutôt que des machines, en le rendant plus responsable, plus cultivé, plus savant, plus fort, plus résistant, en faisant volontairement le choix de ne pas recourir à la machine.

    Quelques exemples : pensez un peu à toute l’énergie qui pourrait être économisée en supprimant les ascenseurs (ou en les réservant uniquement aux personnes âgées et handicapées). Imaginez les performances intellectuelles que nous pourrions atteindre, si dès le plus jeune âge, on nous forçait à calculer de tête et à travailler de mémoire (sans forcément éliminer l’ordinateur, mais simplement, en restreignant drastiquement son usage). Considérez tous les problèmes de santé publique qui pourraient être réglés si on renonçait à l’agriculture intensive au profit d’une agriculture simplement traditionnelle et respectueuse de l’environnement, quitte à mobiliser davantage de main d’œuvre humaine. Ce n’est même pas vraiment contradictoire avec le vieux rêve de conquête spatiale : qu’est-ce qui nous empêcherait de mettre au point la technologie nécessaire à ce type de projet ?

  • Par Bovinus (---.---.---.149) 6 septembre 2012 18:38
    Bovinus

    mais la cause véritable de vos insultes sur Kant ,Leibnitz et Spinoza c’est la haine que vous inspire la raison ,haine de la raison qui est nécessairement diabolique soit dit en passant ,ces philosophes étant des rationalistes et des adorateurs de la raison ,en exprimant votre haine sur ces philosophes vous n’exprimiez que votre haine de la raison universelle conduisant comme conséquence votre négation de celle-ci du moins dans un premeir temps et dont vous en êtes revenu par la bonté de la providence après notre dialogue ,et ce dont je m’en félicite ,cela est parfaitement logique et cohérent psychologiquement .

    Bon... est-il vraiment nécessaire que je réponde à ces âneries ? La « haine »... c’est ridicule !

    les lois universelles de la vie ,les hommes ont en plus la conscience de cela et peut découvrir les lois de cela grâce à sa raison supérieure ,c’est cela qui le différencie de l’animal entre aurtre ;le singe n’appréhende pas la raison mais est soumis à la raison ,donc votre ironie sur le singe tombe à l’eau et se retourne contre vous

    Les « lois universelles de la vie », maintenant... Désolé, mais ça ne me parle pas. Ça veut dire quoi exactement ? Sinon, en ce qui concerne les singes, je maintiens ma position. Je ne vois pas beaucoup de sens à ce que vous dites.

    la raison est l’appareil de l’esprit humain qui lui permet de percevoir et de reconnaitre outre les objets corporels ,les objets idéels (les lois logiques ) ou spirituels tels que les valeurs universelles et absolues du Vrai ,du Juste et du Beau

    Je suis d’accord avec la première partie de la définition (ce qui est en gras), mais certainement pas sur la suite. La spiritualité relève d’après moi d’autre chose que la raison (éventuellement, un « ordre » de raison supérieur, quelque chose qui transcende la rationalité ?), quant aux valeurs, elles ne sont absolument pas universelles. Chaque civilisation a les siennes, je ne comprends même pas qu’on puisse prétendre le contraire ; ce qui est « Vrai » pour les uns sera « Faux » pour les autres. Il y a peut-être des constantes, quelques principes admis par tous, mais je ne crois pas qu’ils soient fort nombreux, l’avis d’un anthropologue serait bienvenu. La logique en est probablement un.

  • Par Bovinus (---.---.---.149) 6 septembre 2012 13:29
    Bovinus

    Désolé de pas avoir répondu plus tôt, je n’étais pas dispo.

    Vous déniez l’utilité de la science car elle produit de grands maux dites vous du moins en gros et en résumé .Permettez moi de ne pas être d’accord avec cette assertion .

    Ah ! on y arrive enfin. C’est tout le fond de la question ! Prenez une fourchette métallique. C’est fait pour manger, mais on peut aussi tuer quelqu’un avec. Néanmoins, ça reste tout de même relativement compliqué si l’agressé est en bonne forme physique ; au pire, il peut s’enfuir. On peut en conclure que le concept de la fourchette est tout de même assez peu dangereux, beaucoup moins en tout cas que ne le serait celui de l’arme nucléaire.

    Le nucléaire, on nous en a vanté les louanges aux débuts de son développement. Maintenant qu’on a un peu plus de recul, on s’aperçoit que finalement, c’est beaucoup moins merveilleux qu’on aurait pu le penser. Sans même parler du problème du nucléaire militaire, les soucis posés par le nucléaire civil (retraitement des déchets, coûts extrêmement élevés d’entretien et de démantèlement des centrales en fin de vie, sans parler des risques encourus en cas de dysfonctionnement). Tout bien pesé, finalement, le gain qualitatif par rapport à de « simples » centrales au charbon, au fuel ou au gaz est très largement relativisé.

    Les implants, entendons-nous bien, je ne les condamne pas d’avance ; ce que je dis, c’est que cette question nécessiterait une très sérieuse réflexion eu égard aux possibles conséquences néfastes qui pourraient en découler. C’est très simple, en fait : il suffit de peser ce que cela apporterait de bon, et ce que cela pourrait provoquer de mauvais (en termes de coût humain et social, évidemment). Si il s’avérait que les coûts dépassent les gains, eh bien, il conviendrait probablement d’en conclure que c’est une champ d’application qui ne vaut pas tellement le coup.

    La même réflexion pourrait être appliquée aux transplantations d’organes. On nous en parle comme si c’était une percée fantastique de la médecine, alors qu’il apparaît comme très probable que cela ne concerne qu’un nombre d’individus extrêmement faible (par rapport à des fléaux tels que le cancer ou les nouvelles pandémies).

    Ce n’est qu’en ce sens qu’il faut comprendre ma critique de la science, il ne s’agit pas d’une position de principe. Rien n’est aussi simple qu’il apparaît au premier abord, surtout avec le vivant. Prenez le cas des vaccins, par exemple. Il apparaît aujourd’hui comme tout à fait établi que le recours trop fréquent aux vaccins affaiblit (globalement) le système immunitaire d’une population, et la rend paradoxalement beaucoup plus vulnérable aux mutations virales, qui est un processus naturel et certain. Le recours à la vaccination augmente la population, mais diminue sa résistance et sa capacité globale à résister aux infections, ce qui l’expose à une diminution drastique en cas d’arrivée d’une souche de virus mutante. Au vu de ce qui précède, la question de savoir si le recours à la vaccination doit être automatique ou non est beaucoup moins simple qu’il n’y paraît au premier abord.

    On voit un mécanisme similaire à l’œuvre avec les pesticides : ceux-ci n’éradiquent jamais complètement une population de parasites. Un certain pourcentage survit, développe des résistances naturelles au pesticide auquel cette population est exposée, puis se met à proliférer. Résultat : non seulement le pesticide devient complètement inefficace sur le long terme, mais de plus, contribue à l’apparition de populations particulièrement résistantes et virulentes. La réponse de l’industrie chimique consiste alors à produire des pesticides plus puissants, ce qui, au final, exerce un impact indéniable sur les populations humaines, qui sont jusqu’à preuve du contraire le consommateur final. On peut alors se demander si, dès le départ, il était bien utile et bien censé de recourir aux pesticides, d’autant plus qu’il existe quasi-systématiquement des techniques naturelles pour empêcher les parasites de manger les cultures. La question est d’autant plus lourde de nos jours, alors que l’on assiste au dépérissement inexpliqué des colonies d’abeilles domestiques en de très nombreux pays (majoritairement occidentaux, toutefois). Si ce mécanisme continue, les pertes pour la planète seraient colossales, et certainement telles que tout ce qui fut gagné en productivité grâce aux produits chimiques, même sur tout le siècle précédent, apparaîtrait comme ridicule face aux conséquences de la disparition de ce chaînon vital de nos écosystèmes.

    Votre paragraphe sur Rousseau est tout à fait pertinent, je l’aurais cité moi-même si vous ne l’aviez fait. La question de fond, c’est en effet bien de savoir où le recours au naturel donne de meilleurs résultats que le recours au « social » (autrement dit, à la « science » ; d’ailleurs, j’aurais plutôt mentionné le « Discours sur les origines de l’inégalité parmi les hommes » que le « Contrat social »). Je pense qu’après les derniers siècles de « progrès » forcené, l’heure est venue de faire une pause et de dresser un bilan. Tout n’est certainement pas à jeter, mais les conséquences d’une mauvaise utilisation de nos propre découvertes nous dépassent bien trop souvent pour qu’on puisse continuer à s’y plonger de façon aussi irresponsable.

    C’est bien, au fond, une question de « sagesse ». La différence entre vous et moi, c’est que vous avez, semble-t-il, confiance dans la capacité humaine à faire preuve de sagesse. Moi, aucune.

    Or, l’humanité a accédé à un tel niveau de puissance technologique, que le risque d’auto-destruction est devenu intolérable eu égard aux capacités de « raison », de « sagesse » ou de « bon sens » démontrées par l’humanité. Du temps des guerres napoléoniennes, et même encore du temps de la 2ème guerre mondiale, le pire que l’humanité aurait pu faire eut été d’exterminer quelques millions de ses propres représentants. Aujourd’hui, les enjeux sont différents, puisque nous sommes devenus capables d’exterminer la totalité de ces derniers, et même, ce qui serait pire encore, de détruire la planète entière, ou en tout cas, de la rendre invivable pour une longue période de temps (à notre échelle, bien sûr). Il en résulte qu’on ne peut plus poser la question de notre rapport à la technologie et à la science avec la même désinvolture qu’autrefois.

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