pour mémoire si le bac est réussi à un peu plus de 80% ...mais tous bacs confondus, il ne concerne qu’un peu plus de 63% d’une classe d’âge... et cela ne progresse plus depuis 1995... ce qui veut dire que près de 40% des jeunes d’aujourd’hui ne disposent pas de ce diplôme et pire encore plus de 120 000 jeunes ont quitté le système sans diplôme...
Bonjour, Les faits que vous rappelez sont connus et nous montrent que depuis 95 environ nous ne progressons plus vraiment... Le système éducatif est complexe à réformer : il est souvent au coeur d’enjeux politiques de court terme... Un point : vous évoquez le doublement, il se trouve effectivement encore beaucoup d’élèves qui redoublent et ce sont souvent les mêmes qui sortiront du système sans diplôme. La loi prévoit déjà que tout élève qui double une classe se voit proposer un programme personnalisé de réussite éducative. Au delà, il existe un outil original, très mal compris et pourtant ambitieux : le socle commun des connaissances et des compétences. Sa rédaction est imparfaite mais elle définit bien ce changement de paradigme qui impose une haute exigence sur les connaissances fondamentales mais pense déjà la nécessité d’un citoyen qui devra s’approprier le monde dans une logique "polyvalente" ou transversale, c’est à dire un monde où le cloisonnement disciplinaire est un obstacle. La logique du socle s’agrège à l’idée de formation tout au long de la vie. Elle suppose la capacité à prendre en compte le parcours individuel dans les apprentissages, la nécessité de se débarrasser des logiques d’exclusion qu’engendre l’évaluation "sommative" dès lors que son but n’est que de chercher les meilleurs et non pas d’aider à faire progresser les plus faibles. L’intelligence étant la seule ressource qui se multiplie quand on la partage, une démocratisation du savoir passerait aussi par une vision généreuse, dynamique et constructive qui pense le savoir non comme clé d’accès à un métier, mais comme facteur d’émancipation ... cela étant une autre affaire
Par Breton Vincent(xxx.xxx.xxx.235)17 octobre 2009 18:39
je n’ai évidemment rien contre le numérique, mais je conserve au papier une souplesse dans l’utilisation, la possibilité du retour en arrière, la maniabilité et ce bonheur de l’objet livre... Le livre de la bibliothèque parle par son usure, par les notations que l’on y retrouve, par l’odeur du papier, la mise en page... C’est une relation bien particulière que je ne parviens pas à entretenir avec l’écrit numérisé dont je peux admirer la forme mais qui m’est extérieur car les caractères restent de l’autre côté de l’écran... Le déroulé du texte sur écran est plus complexe, la fixation de la mémoire moins aisée...
Vous faites le parallèle avec la musique... accessibilité certes... mais on note également avec le MP3 et autres formats diffusés sur divers appareils, une nette déperdition en termes de sensibilité et de qualité sonore, tant les particuliers restent encore mal équipés...
Ce qui se fera, se fera... le commerce suivra... Je ne sais pas si la prochaine révolution du Web sera là... Je la situe plutôt dans toute cette informatique embarquée dans nos objets du quotidien ... et c’est déjà maintenant, un peu plus demain...
Par Breton Vincent(xxx.xxx.xxx.116)10 octobre 2008 07:03
Le Clezio est un écrivain de la Lumière. Il comprend la femme et l’enfant comme personne. J’’aime à titre personnel tout autant certaines pages peu connues, des nouvelles ... que des textes célébrés...
Il faut accepter de se laisser surprendre plus loin que le style.
Le Clezio introduit une poésie, ouvre un espace imprévu au lecteur.
Encore faut-il accepter de se laisser transformer... .
Il peut flatter un certain snobisme, exciter les commentateurs de style.. mais au delà, je lui dois, Nobel ou pas, des émotions que seules ses pages ont su susciter. Une amitié et une confiance dont il ne saura jamais rien. Des sensations qui ne sauraient en réalité être partagées.
Peut-être qu’un bon livre, reste ce dernier plaisir égotiste qui vous trouble et vous enrichit seul et vous renforce avant d’aller vers les autres.
Lorsque dans la rue, on peut lire "stationnement toléré", cela ne veut pas dire qu’il est autorisé, mais acceptable dans la mesure de la Loi.
Lorsque dans un imeuble, des locataires annoncent qu’ils vont faire une fête et s’excusent à l’avance du bruit occasionné, cela ne saurait les exonérer du respect de la Loi sur le tapage.
Les "maisons de tolérance" étaitent / sont des lieux acceptés parce que circonvenus et parce qu’ils permettaient de masquer pour part ce qui ne pouvait être montré. Un espace dans la Loi jusqu’au risque de l’excès.
La tolérance est une négociaton active entre ce que je m’autorise à faire en connaissance de cause (nul n’est censé ignorer la Loi) et la réactivité de mon entourage qui peut réagir avec d’autant plus de virulence qu’il se sait dans "son bon droit" ou aura souffert d’un effet d’accumulation....
La tolérance peut imposer sa dictature même si parfois ce sera de manière indirecte, par glissement progressif et pourtant elle est indispensable à la désignation des limites.
L’intolérance c’est une sur-interprétation de la Loi, c’est la restriction, l’appropriation à mon propre compte de la Loi.
Je peux d’ailleurs me montrer très intolérant avec autrui tout en me montrant permissif avec moi même.
Nombre d’exemples dans la littérature ou le cinéma... ou la vie nous ont montré de ces "père la pudeur" qui sous le masque de l’hypocrisie pouvaient dénoncer pour mieux transgresser.
Etre tolérant, c’est aussi penser "au développement durable des relations". C’est pouvoir faire preuve d’assertivité, d’empathie mais ce n’est pas se refuser à la pédagogie.
Il y aurait peut être une tolérance "molle", forme de renoncement et une forme de tolérance dynamique qui viendra dialoguer et qui peut s’incarner dans la laïcité.
Il y a une tolérance "charité" et une tolérance "solidarité".
Quand se pensant dans son bon droit, une famille attaque au tribunal ses voisins qui modifient leur garage en ne respectant pas la Loi, celle-ci pense certainement être victime et veut fairer respecter un texte qui existe. Ils sont "dans leur bon droit". Sauf que ce garage modifié l’est pour permettre à une jeune handicapée de mieux circuler.
La tolérance questionne avec acuité notre rapport aux autres et notre besoin d’en référer à la Loi quand la morale ne suffit plus ou s’absente.