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  • Par Vincent Breton (xxx.xxx.xxx.248) 24 décembre 2011 15:07
    Vincent Breton

    Les commentaires plus haut nous montrent la difficulté d’argumenter sans passion sur un sujet où tout le monde se sent compétent .
    Lorsqu’on évoque le but des réformes, bien entendu, il faudrait faire la part entre les intentions avouées et d’autres plus ou moins cachées... selon les choix politiques certaines orientations seront plus ou moins marquées...
    On ne saurait non plus s’exonérer d’un examen de ce qui se fait ailleurs... à tout le moins serait-il bon d’admettre que la question est complexe... et que les grands médias creusent fort peu la question.
    D’aucuns en veulent à la massification (en 1960 un élève sur deux seulement atteignait la classe de sixième), d’autres laissent croire que l’ascenseur social fonctionnait à merveille par le passé (alors qu’en réalité la reproduction sociale dominait déjà et que la seule différence tient au fait qu’avec une faible qualification on trouvait encore un emploi au début des années 70 - aujourd’hui on nous parle même de "déclassification" sans mesurer ce que la formule peut avoir de méprisant).
    Significative aussi, la volonté de maîtriser les comptes publics : la RGPP et la LOLF sont passées par là et dans le même temps on a compris que la qualité n’était pas seulement affaire de moyens.
    L’école à deux vitesse n’existait-elle pas lorsque certains allaient au lycée et d’autres finissaient leur parcours au mieux au certificat d’études ?
    Il est vrai que le consumérisme accompagné du "Déclin de l’Institution" bien décrit par François Dubet ont accentué la déstabilisation du système.
    La place des parents tour à tour décriés parce que trop absents ou au contraire trop présents, reste à construire... mais dans un contexte où des modèles éducatifs se confrontent, où l’école avec ses codes et rites semble à beaucoup plus mystérieuse et incompréhensible que jamais, difficile d’avancer...
    L’évaluation peut en effet servir le pire comme le meilleur : elle ne devrait jamais nous faire oublier qu’apprendre est normalement difficile pour tous et que le but de l’école obligatoire ne doit pas être d’éliminer mais de comprendre ce qui fait obstacle à l’apprentissage et de rechercher sans dogmatisme des réponses qui correspondent le mieux à chacun... Personnaliser sans sombrer dans le mythe du préceptorat qui connait ses limites... et c’est souligner là que l’école est un lieu d’apprentissage de connaissances dont celles essentielles au futur citoyen. L’école doit permettre la rencontre de l’autre, pas seulement pour sa culture personnelle, mais parce qu’elle doit permettre à chacun de s’émanciper des modèles pré-construits, c’est à dire de choisir son mode de vie, son mode de pensée... En ce sens l’instruction et l’éducation restent subversives.
    L’école obligatoire doit pouvoir construire des connaissances en acceptant l’idée que les élèves "apportent" des connaissances de l’extérieur qui doivent être organisées. Classer, stabiliser, permettre à l’élève de faire et refaire, de s’entraîner, réactiver régulièrement ses connaissances, l’aider à les transférer, lui enseigner à se débrouiller en situation complexe pour oser trouver seul la solution.... il faut conjuguer la transmission d’un savoir solide, étayé, clair, explicite, avec la possibilité de "faire ses gammes" puis de s’essayer...
    Car l’école doit être ce lieu où le temps permet à l’élève d’essayer sans risque.
    Il faudrait aussi que l’on ose libérer l’élève d’une vision utilitariste du savoir : il faut valoriser le savoir, le rendre savoureux et cultiver une relation de plaisir avec le savoir... Cette relation de plaisir ne se construisant pas par une mise en scène visant à animer la classe comme au spectacle, mais plutôt en montrant que l’on grandit grâce au savoir, que l’effort trouve sa juste récompense... tout comme le cycliste parvenu au sommet de la côte jouira du paysage et de la descente en roue libre. C’est cette jubiliation qu’il nous faudrait retrouver en nous libérant des anathèmes faciles et de la peur... vaste programme !

  • Par Vincent Breton (xxx.xxx.xxx.207) 24 août 2011 08:11
    Vincent Breton

    Bonjour,
    Il convient de se référer aux textes à savoir le Code de l’Education :

    Les classes enfantines ou les écoles maternelles sont ouvertes, en milieu rural comme en milieu urbain, aux enfants qui n’ont pas atteint l’âge de la scolarité obligatoire.

    Tout enfant doit pouvoir être accueilli, à l’âge de trois ans, dans une école maternelle ou une classe enfantine le plus près possible de son domicile, si sa famille en fait la demande.

    L’accueil des enfants de deux ans est étendu en priorité dans les écoles situées dans un environnement social défavorisé, que ce soit dans les zones urbaines, rurales ou de montagne et dans les régions d’outre-mer."

    Ce texte même modifié n’est pas récent dans ses grands principes (1990).

    Alors qu’ils étaient moins de 36% en 1960, les enfants de 3 ans fréquentent à quasi 100% l’école maternelle.

    La vraie question porte sur la scolarisation des moins de trois ans : dans quelles conditions, à quel coût, pour quels objectifs ?

    On sait que les enfants de moins de trois ans fréquentent en général moins l’école (souvent à mi temps), qu’il faut des aménagements spécifiques et du personnel spécialisé (enseignants, atsem) pour les accueillir dans de bonnes conditions.

    L’environnement compte beaucoup : on constate que selon les contextes, il existe ou pas des modes alternatifs d’accueil .Les conditions d’accueil sont très variables entre des écoles dont l’équipement peut rester insuffisant et d’autres qui disposent de très bons aménagements. Le paysage est contrasté et mobilise différents partenaires.

    Sans préjuger, on peut s’interroger de l’intérêt d’un accueil dans de petites structures par exemple de type "passerelle" avec des assistantes maternelles, ou même de jardins d’enfants qui si l’on se réfère à d’autres modèles européens ne méritent pas tous l’opprobre. 

    C’est une question de choix et de coûts engendrés dont il n’est pas certain que le citoyen accepte l’engagement...

  • Par Vincent Breton (xxx.xxx.xxx.68) 16 février 2010 19:50
    Vincent Breton

    pour mémoire si le bac est réussi à un peu plus de 80% ...mais tous bacs confondus, il ne concerne qu’un peu plus de 63% d’une classe d’âge... et cela ne progresse plus depuis 1995... ce qui veut dire que près de 40% des jeunes d’aujourd’hui ne disposent pas de ce diplôme et pire encore plus de 120 000 jeunes ont quitté le système sans diplôme...

  • Par Vincent Breton (xxx.xxx.xxx.223) 3 février 2010 07:06
    Vincent Breton

    Bonjour,
    Les faits que vous rappelez sont connus et nous montrent que depuis 95 environ nous ne progressons plus vraiment...
    Le système éducatif est complexe à réformer : il est souvent au coeur d’enjeux politiques de court terme...
    Un point : vous évoquez le doublement, il se trouve effectivement encore beaucoup d’élèves qui redoublent et ce sont souvent les mêmes qui sortiront du système sans diplôme. La loi prévoit déjà que tout élève qui double une classe se voit proposer un programme personnalisé de réussite éducative.
    Au delà, il existe un outil original, très mal compris et pourtant ambitieux : le socle commun des connaissances et des compétences. Sa rédaction est imparfaite mais elle définit bien ce changement de paradigme qui impose une haute exigence sur les connaissances fondamentales mais pense déjà la nécessité d’un citoyen qui devra s’approprier le monde dans une logique "polyvalente" ou transversale, c’est à dire un monde où le cloisonnement disciplinaire est un obstacle.
    La logique du socle s’agrège à l’idée de formation tout au long de la vie. Elle suppose la capacité à prendre en compte le parcours individuel dans les apprentissages, la nécessité de se débarrasser des logiques d’exclusion qu’engendre l’évaluation "sommative" dès lors que son but n’est que de chercher les meilleurs et non pas d’aider à faire progresser les plus faibles.
    L’intelligence étant la seule ressource qui se multiplie quand on la partage, une démocratisation du savoir passerait aussi par une vision généreuse, dynamique et constructive qui pense le savoir non comme clé d’accès à un métier, mais comme facteur d’émancipation ... cela étant une autre affaire smiley

  • Par Breton Vincent (xxx.xxx.xxx.235) 17 octobre 2009 18:39
    Vincent Breton

    je n’ai évidemment rien contre le numérique, mais je conserve au papier une souplesse dans l’utilisation, la possibilité du retour en arrière, la maniabilité et ce bonheur de l’objet livre...
    Le livre de la bibliothèque parle par son usure, par les notations que l’on y retrouve, par l’odeur du papier, la mise en page... C’est une relation bien particulière que je ne parviens pas à entretenir avec l’écrit numérisé dont je peux admirer la forme mais qui m’est extérieur car les caractères restent de l’autre côté de l’écran...
    Le déroulé du texte sur écran est plus complexe, la fixation de la mémoire moins aisée...

    Vous faites le parallèle avec la musique... accessibilité certes... mais on note également avec le MP3 et autres formats diffusés sur divers appareils, une nette déperdition en termes de sensibilité et de qualité sonore, tant les particuliers restent encore mal équipés...

    Ce qui se fera, se fera... le commerce suivra... Je ne sais pas si la prochaine révolution du Web sera là... Je la situe plutôt dans toute cette informatique embarquée dans nos objets du quotidien ... et c’est déjà maintenant, un peu plus demain...

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