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Chateau Rouge

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  • Chateau Rouge 10 novembre 2009 23:32

    Voici ma contribution sur le site du sieur besson minuscule.

    La perception de la réalité de l’immigration en France a toujours été biaisée par les fantasmes les plus régressifs et les réflexes les plus reptiliens. Dépasser les peurs demande aux individus et à plus forte raison aux institutions une réflexion plus difficile, plus soutenue. Vu l’état de la presse, les faiblesses du monde éditorial face au rouleau compresseur des médias TV, cette réflexion nécessaire est peu diffusée, reste le lot d’une élite intellectuelle au sens large, mais pas assez pour vaincre le racisme et le vote-repli.


    La question, aujourd’hui, de l’identité nationale n’échappe pas au jeu des arrières-pensées. Ne serait-ce qu’en accolant les deux termes « immigration » et « identité nationale » : on sait donc que le débat s’articulera sur les étrangers, et surtout sur ce en quoi les étrangers posent problème.


    Or qu’est-ce qui pose problème avec les étrangers ? La plupart travaillent, paient leurs impôts, respectent la loi. Parle-t-on des mariages forcés, des excisions, des polygames, des burqas ? On connaît la surexploitation médiatique et politique qui est faite de ces phénomènes minoritaires. Ce n’est pas ça qui fait voter FN.


    Ce qui pose problème en premier lieu, ce sont les jeunes de banlieue et les jeunes issus de l’immigration. Leurs révoltes spectaculaires, leurs voitures brûlées, leurs quartiers dévastés, leur incivilité, leur violence, leur bêtise de jeunes, leur acculturation, leur manque total à nos yeux de barrières et de valeurs, leur égoïsme, leur mépris, leur racisme aussi.


    Oui. Sauf que, en dehors du fait que ces problèmes ont des causes multiples (historiques, sociales, économiques) que le débat refuse de traiter, outre l’exagération systématique sur les troubles et le silence radio sur les (très nombreux) aspects positifs, on oublie complètement le fait que ces jeunes-là sont FRANCAIS. Ce sont NOS JEUNES. Dont beaucoup, du fait de leur nom étranger, de leur quartier plein d’étrangers, de leur faciès étranger, ont toutes les difficultés à exercer leur citoyenneté FRANCAISE (j’insiste).


    Et on prend prétexte de leurs problèmes, ou plutôt de ceux qu’ils causent, pour instaurer la pire chasse aux étrangers jamais vue en France depuis VICHY.


    Il est donc entendu que le débat, posé dans ces termes et dans le contexte des Régionales toutes proches, est biaisé. Mais vous me demandez ma contribution. Je vous la soumets de suite.


    Être français, c’est un hasard d’abord, et après c’est la culture, le langage, puis c’est un ancrage ou non sur le territoire, un rapport d’adhésion et/ou de rejet envers une nation. Si j’assume donc une identité nationale, pour moi française depuis Charles Martel (recherches généalogiques à l’appui, j’ai un ancêtre arabe repoussé au sud de Poitiers), j’y engage l’esprit des Lumières, la Révolution et la Résistance. Ça va de Diderot à l’abolition de la peine de mort en passant par la Sécurité Sociale et le Droit du travail. C’est Liberté – de conscience, de pensée, d’édition. Égalité - fin des privilèges et du droit divin, égalité de droit. Fraternité – solidarité assumée par tous pour tous, chacun contribuant selon ses moyens et recevant selon ses besoins.


    C’est-à-dire tout ce que le Sarkozysme en particulier et le capitalisme en général s’ingénient à affaiblir, à démanteler, à détruire. Presse sous surveillance voire menace, critique censurée. Scrutins populaires bafoués, passe-droit familiaux, Justice aux ordres. Abandon ou dévoiement des missions de service public, santé plus chère pour les pauvres qui travaillent le dimanche et bouclier fiscal pour les riches qui prennent beaucoup de bonus.


    Etre français, conclue-je, c’est repousser, refuser, réfuter Sarkozy, qui représente le contraire de l’identité nationale française.







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