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Derniers commentaires

  • Par Coquille (xxx.xxx.xxx.152) 14 septembre 2008 15:31

    Où l’on s’aperçoit que la précision que j’ai faite plus haut n’est pas forcément inutile....

    Délation = dénoncation à des fins méprisables.

    Pourquoi alors parler de délateur pour qualifier quelqu’un dénonçant un crime ?
    Est-ce méprisable de faire son devoir citoyen ? De dénoncer dans le but de mettre fin à des actes criminels dont on a connaissance ?
    C’est pourtant bien l’inverse qui l’est : fermer confortablement les yeux.

    Ce n’est qu’une hypothèse mais il me semble que la confusion sémantique (qui se répercute ensuite dans les esprits) pourrait venir d’une honte collective relative à l’histoire récente de notre pays : la collaboration durant la seconde guerre mondiale.

  • Par Coquille (xxx.xxx.xxx.90) 3 septembre 2008 17:37

    Bonjour Gul,

    Merci pour votre article.

    Je voulais apporter ma petite contribution au débat en rebondissant sur un commentaire de Sigma produit plus haut. Ce dernier allant lui-même dans le sens d’autres remarques.

    Je cite un passage :
    « on devine que dans le contexte de cette société bien pensante de l’époque ,les années 25-30 ,on jetait un voile pudique sur cette affaire ,argumentant même que si ça s’était produit ,c’était que la gamine avait une attitude provocante ,et puis ,qu’est ce qu’elle pouvait bien faire toute seule en forêt ? c’était presque une juste punition divine !........ »

    La réalité actuelle est toujours bien plus proche de ce tableau que beaucoup ne voudraient le penser.
    Ce peut être une forme de déni -et donc d’injonction de silence- que de se rassurer en se disant que nous sommes sur la bonne voie. En estimant que les comportements et mentalités ont évolué suffisemment pour qu’il ne reste plus que quelques progrés à faire, on évite de se demander ce qu’il en est vraiment. C’est ainsi que l’on peut ignorer, tout en se donnant bonne conscience, nombre de questions génantes telles que :

    Comment se fait-il que dans notre société prétendument civilisée, un adulte sur 20 environ fasse subir de graves sévices à des enfants (le plus souvent les siens) ? Et comment se fait-il que personne ou presque ne daigne intégrer cette réalité à sa vision du monde contemporain ? Pourquoi si peu de plaintes ? Quel soutien pour les victimes ?

    Effectivement, au lieu de cela, il est plus aisé de se demander quoi faire de quelques individus que l’on qualifiera alors de monstres et comment punir ces crimes que l’on veut croire exceptionnels. On peut s’émouvoir devant l’horreur ce que l’on conçoit comme des faits divers et penser résoudre le problème en promulgant des lois plus repressives. A moins que l’on ne s’agace du caractère spectaculaire avec lequel les quelques affaires médiatisées sont présentées. Ou que l’on ne s’indigne -à juste titre- des dérives ainsi engendrées. Auquel cas, on peut se retrouver à crier à la psychose et l’hystérie collective. On estimera alors qu’il convient de se résigner à ce que de tels actes soient parfois commis, en instistant sur leur relative rareté et sur la gravité des effets néfastes de ce que l’on nommera alors "chasse aux sorcières". Sous-entendant par là que toute forme de lutte contre la pédo-criminalité ne peut être qu’un instrument d’oppression.

    Il faut croire que ce genre d’attitudes apaise ou exorcise les peurs, le dégoût et/ou la haine de ceux qui ne se pensent pas directement concernés. Pourtant, chacun de nous compte dans son entourage proche au moins une victime et un criminel.

    Et pendant ce temps, les innombrables victimes restent assignées à une position de silence : les enfants continuent de subir, leurs bourreaux demeurent de respectables citoyens et les survivants s’efforcent de se (re)contruire seuls en cachant leurs plaies, contraints de taire leur indécente destruction. Et pour cause : notre parole témoigne d’une réalité bien différente et largement plus effrayante que celle supposée et communément admise. Tant sur l’ampleur du phénomène et sa nature que sur le refus de le considérer et les conséquences d’un déni collectif toujours bien ancré.

    Il est vrai que si nous reconnaissions que notre civilisation est à ce point porteuse de barbarie qu’elle torture 10 à 25 % de ses enfants dans le silence... il serait plus difficile de prétendre oeuvrer au nom de la dignité humaine en faisant de notre culture un modèle à imposer au reste du monde.

  • Par Coquille (xxx.xxx.xxx.51) 8 août 2008 13:15

    Merci pour votre réponse.

    "Vous êtes une adepte de la « la branlette intellectuelle de gauchos ou de nantis » parce que vous avez les outils pour l’exprimer, l’écrire, le crier. Mais vous n’êtes pas seule. Parlez avec l’hôtesse de caisse dans une grande surface et abordez ces questions avec les mots de tous les jours, vous serez sensible à ses propos, très proches des vôtres.
    Écoutez-la et vous verrez que ses idées ne sont pas si éloignées des vôtres."

    Vrai ! C’est arrivé d’ailleurs. Et ma suprise m’en a dit long sur mes préjugés.

    .


  • Par Coquille (xxx.xxx.xxx.56) 4 août 2008 15:09

     A effgé et Kieser,

    Merci à vous pour ces deux commentaires que j’ai trouvé très instructifs... et assez savoureux, aussi oui !

    Je relève pour ma part un passage qui, me semble-t-il, laisse filtrer le fond de votre pensée d’érudit, effgé. Je le cite in extenso :

    Dans ce cas, vous devirez comprendre que lorsqu’on parle de « barbarie », ce n’est plus tellement pour désigner d’autres culture, mais pour critiquer des pratiques régressives au sein même de la civilisation. C’est par exemple un aspect important de la thèse de Michel Henry. Par extension, on peut désigner comme "barbares" des pratiques qui se maintiennent dans d’autres espaces culturels, mais avec cette très nette différence par rapport à l’éopque coloniale, différence que vous semblez ignorer. Premièrement, les anciens peuples colonisés sont désormais majeurs, indépendants. et surtout, deuxièmement, ils participent déjà à un mouvement historique global de l’humanité qui se caractérise désormais par son unité. en effet, quand par exemple on critique à juste titre des pratique barbares parce que écoeurantes comme l’excision, l’infibulation, le mariage forcé, le crime d’honneur, etc... c’est tout simplement parce qu’on pense que ces peuples qui les pratiquent font désormais en réalité partie de la même civilisation que nous. La preuve ? Ils savent importer et utiliser nos savoirs et nos techniques quand ça les arrange : téléphone, télévision, techniques agricoles, informatique et j’en passe. Il n’y a plus désormais de "cultures" multiples, mais seulement des défférenciations folkloriques qui servent d’alibi pour la mauvaise foi de ceux qui refusent de se réformer. La meilleure preuve est constituée d’ailleurs par ces femmes africaines qui, de l’intérieur, militent contre leurs barbares de mâles. On peut d’ailleurs en dire autant de la sphère musulmane et de ses pratiques d’un autre âge.
     
    Vous ignorez superbement les pratiques barbares qui se perpètrent à l’intérieur de nos sociétés "modèles de civilisation" pour vous concentrer sur celles ayant cours ailleurs. Pratiques au sujet desquelles vous indiquez pourtant en préambule que nous - porteurs de la civilisation - les qualifions ainsi « par extension des pratiques régressives au sein même de la civilisation ».

    Je m’interroge :

    Est-ce un choix délibéré que de vous abstenir d’énoncer nos barbaries pour ne dénoncer que celles des autres... ou cela vous vient-il si naturellement que vous ne le relevez même pas ?

    Peut-être êtes-vous tout simplement incapable de voir de la barbarie parmi ceux que vous n’auriez pas au préalable exclus du champ de la civilisation - ou tout au moins relégués à un niveau d’infériorité en les jugeant arriérés - sur la base de motifs primaires et étrangers à la morale, court-circuitant ainsi votre chère analyse conceptuelle. 
    Il serait facile de prétendre ensuite que vos jugements de valeurs relatifs à ces « autres espaces culturels » se fondent sur les pratiques que vous dénoncez, à juste titre. Mais pourquoi alors rester aveugle à nos pratiques barbares ou choisir de les taire ? Notre barbarie serait-elle moins mauvaise ? On y revient...

     

  • Par Coquille (xxx.xxx.xxx.56) 3 août 2008 21:13

    " J’ai eu le même sentiment que Sisyphe, et tout en lisant l’article je me disais que chaque partie pourrait être développée, nuancée, explicitée "
    ... questionnée, débattue, présentée sous un autre angle, etc..
    Et bien, allons !

    Tentative :
    Que penser de la volonté d’expansion que nous donnons à notre modèle de société ?
    Supposons que nous parvenions à envisager des décisions et attitudes autres que celles dictées par les lois du marché. Supposons que la prise de conscience de chacun amène la conscience collective à privilégier la réduction des inégalités et le respect de la dignité humaine sur les intérêts financiers de chaque entité au détriment des autres (individu, classe, entreprise, pays, groupement de pays). Utopique ? Naïf ? Dangereusement irréaliste ?
    Ne trouvez-vous pas, à l’inverse, absurde de considérer que désormais, l’Homme est avant tout soumis au pouvoir d’un système qui l’aurait dépassé... alors même que ce système est une création strictement humaine ? Moi si ! Comme si le Marché était inéluctablement devenu un cadre de vie intouchable, qui évoluerait tout seul au gré des mouvements imposés par un Profit entendu comme une loi naturelle, sur laquelle nous n’aurions pas plus de pouvoir que sur le cours du temps. 
    Supposons donc que, nous occidentaux, décidions de reprendre la main sur notre propre organisation collective -imposée au reste du monde- en nous rappelant qu’un projet de civilisation peut (est censé ?) se fonder sur ce que nous entendons comme des idéaux humanistes. 
    Pouvons-nous nous contenter d’en débattre entre nous ? Je ne pense pas. Car alors, que faire vis à vis du reste du monde quand nous serions un peu fixés ? Imposer encore notre vision de l’ordre à l’humanité entière en ne lui laissant que le choix de s’y conformer ou crever de faim ou sous les bombes, comme c’est le cas aujourd’hui ?
    Ne devons-nous pas plutôt accepter que le "barbare" y prenne part ? C’est mon avis, mais je me demande : Sommes-nous prêts à reconnaître que nous n’avons aucune légitimité à nous poser en maîtres éclairés ? Pouvons-nous consentir à nous intéresser à ce qui sort de notre cadre de plus en plus rigide ? A faire l’effort de traquer les préjugés qui nous poussent à regarder de haut, exclure ou craindre l’étranger, qu’il soit sdf, rom, sans papier, immigré, musulman, chinois... ou encore noir, arabe, racaille ou de toute autre catégorie que nous posons afin de définir des classes d’individus sur lesquels projeter nos peurs, faiblesses ou archaismes ? Ne pourrions-nous pas ouvrir les yeux sur notre barbarie et assumer nos responsabilités collectives dans les monstruosités commises dans et par nos sociétés... plutôt que de toujours chercher un bouc émissaire pour nous éviter les remises en question inconfortables ?

    Pensez-vous sérieusement que nous soyons en train d’envisager ces questions en 2008 ?
    Pas besoin d’aller chercher bien loin pour se convaincre du contraire. Cette semaine sur Agoravox :
    Le discours de Dakar n’est pas raciste. L’idéologie de Guaino ne relève pas du mépris le plus abject, elle est paternaliste. Tout le monde ou presque remercie l’auteur pour son éclairage : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=42638
    Pendant ce temps, Adidas ne peut plus se payer la main d’oeuvre des chinois. 138 réactions en 2 jours :
    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=42823
    Pour l’occasion de ce commentaire, je parcours le débat qui suit.
    Et comme l’auteur, j’ai ce sentiment d’un hors sujet. Faut bien nous occuper...

    Autre exemple et non des moindres : nous apprenons cette semaine en France que l’ancien procureur V. Bugliosi veut convaincre la justice américaine de poursuivre G. W Bush pour meurtre de "premier degré" (= avec préméditation, c’est à dire asssassinat) de 4000 soldats américains. Je rappelle l’argumentaire : 
    Il existe des preuves "au delà du doute raisonnable" que G. W Bush a sciemment menti au peuple et au congrés américain sur les raisons de la nécessité d’attaquer et d’envahir l’Irak en affirmant que le régime de Saddam Hussein représentait une menace imminente à la sécurité des Etats-Unis. (Ah bon ? J’étais pas au courant...). De sorte que Bush a envoyé, de son propre chef et non pour des raisons d’état démocratiquement débattues au congrés comme il se doit selon la constitution, 4000 soldats américains à la mort
    V. Bugliosi " n’oublie pas les quelques 100 000 innocents irakiens morts de façon atrocement violente dans le conflit " dont Bush serait aussi responsable, selon les preuves fondant l’accusation portée. Mais l’on comprend, sans qu’il ne le dise, que ces faits ne saurait relever de la justice américaine. 
    http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=20666
    Soit. Après avoir écouté attentivement les déclarations de l’avocat, son réquisitoire me semble fondé. Mais là pour le coup, je sais très peu de chose du droit états-unien, qui est affaire de juristes. Admettons donc que du strict point de vue pénal, il puisse avoir raison... et prenons un peu de recul.
    Si je ne m’abuse, l’accusation repose sur l’idée que la guerre en Irak n’en est pas une. Puisqu’elle serait le résultat de la décision d’un seul, pour des motifs sinon contraires aux idéaux démocratiques de son pays, tout au moins non soumis à l’appréciation des organes institutionnels invoqués. Dans ce cas, pourquoi ne pas trainer Bush devant le tribunal pénal international pour crime contre l’humanité ? (C’est peut-être l’étape suivante me direz-vous... ). Mais surtout, peut-on considérer qu’un seul homme, aussi puissant soit-il, soit responsable d’un conflit et d’une occupation qui durent depuis maintenant plus de 5 ans ? Si oui, c’est bien la preuve que les pays engagés dans le conflit ne sont pas démocratiques. Si non, que pensez de cette accusation, sinon qu’elle décharge de toute responsabilité toute les nations en question, mais aussi toutes celles qui ne se sont pas donnés les moyens diplomatiques de s’y oppposer fermement ? Ses moyens n’existent pas ou plus ? Comment nous prétendre porteurs d’un ordre mondial civilisé alors ? Personne d’autre que G.W Bush et 3 ou 4 éventuels complices du pentagone n’a quoi que ce soit avoir avec la guerre en Irak ? Sans me prendre pour Jacques Verges, ça me semble relever de la folie collective... Enfin, ce n’est que mon avis, à chaud.


    Je suis déprimée d’entendre si souvent autour de moi que toutes les questions posées plus haut relèvent -passez-moi l’expression- de la branlette intellectuelle de gauchos ou de nantis qui ont le loisir de le faire parce qu’ils en ont le temps et les moyens. Qu’il est vain et même indécent de se les poser, en regard de la misère du monde. Ou encore que c’est être naïvement optimiste que de s’en inquiéter, étant donnée la nature fondamentalement bestiale et égoïste de l’homme. 
    Personnellement, je crois être assez pessimiste quant à l’avenir proche du monde. Et ? Le pessimisme est-il une raison suffisante à l’abrutissement consenti ? Je ne pense pas. Vous si ?

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