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Crazy Horse

Citoyen du monde et membre de la grande fraternité humaine, je poursuis mon développement intellectuel et spirituel sans prétention. Ma devise : "Contentez-vous de vous améliorer. C'est tout ce que vous pouvez faire pour améliorer le monde" (L. Wittgenstein).
 

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  • Par Crazy Horse (xxx.xxx.xxx.17) 14 mars 09:48
    Crazy Horse

    Je vais prendre un exemple (désolé j’suis un peu long mais c’est tout moi ça).

    Je te présente A., 30 ans, fils d’une assistante sociale et d’un père chômeur depuis... longtemps (genre 30 ou 40 ans).

    A. est un "rebelle". Le travail salarié ça le fait chier. D’ailleurs le travail tout court ça le fait chier.
    Il vit avec ses 400 euros et des brouettes + environ 250 euros d’APL. Son loyer est à 450 euros + environ 800 euros de charges annuelles (je sais c’est énorme - mais il veut pas bouger car il lui faudrait pour ça travailler - et ça le fait chier ;)

    En général chez lui le menu c’est pâtes, riz, patates - avec un peu de sel ou de sauce tomate. Dès fois il se fait un steak.
    Il n’est pas du genre à se plaindre. Je veux dire... Ça lui est arrivé de ne pas manger pendant plusieurs jour ou de ne manger qu’un repas par jour pendant plusieurs semaines sans en parler à ses amis, sa famille. Bon, en général quand quelqu’un le trouve dans une telle situation il le dépanne. Mais je veux dire que ce n’est pas un mendiant. Il ne demande jamais rien à personne.

    Là ça fait bientôt un an qu’il a cassé une vitre. Il lui faut 150 euros pour la changer (c’est le prix de sa franchise d’assurance). Bon, ben c’est toujours pas fait. Du coup cet hivers... c’était chaud, non, froid plutôt !
    Bref. Ce type n’est pas particulièrement heureux, mais ce n’est pas une question matérielle. Et là où je maintiens qu’il se complait, c’est qu’il est intelligent, qu’il sait "bien présenter", et qu’il pourrait facilement trouver un boulot (n’importe quoi), contrairement à bon nombre des personnes qu’on croise dans les Pôles Emploi et autres supermarchés du travail - le genre qui parle pas bien français ou qui baisse la tête tout le temps.

    Simplement, il a un côté "larvaire" qui le maintient dans une apathie dramatique, même en ce qui concerne les activités qui le motivent vraiment (musique, écriture).

    Concernant le renforcement des contrôles, des convocations, etc., c’est sûrement variable d’un département à l’autre, mais dans mon expérience c’est pas bien violent. C’est surtout un effet d’annonce politique. La réalité du terrain c’est que les employés des Pôles Emploi sont en sous-effectif, confrontés à des populations très diverses et de plus en plus importantes, et qu’ils n’ont ni les moyens, ni la formation pour faire face à la situation - je dis ça avec affection car je compatis pour eux.

    Surtout, il existe des moyens très simples de contourner ces contrôles lorsqu’on est un peu malin. Deux stratégies opposées : le "cas social", celle adoptée par A. - je me pointe au RDV sans m’être lavé depuis 2 semaines, je joue au con, au mec stupide et incapable, j’éveille la pitié ; et l’autre stratégie : le "créateur d’entreprise", ma stratégie - je suis un entrepreneur, j’ai juste besoin d’un peu de temps pour monter mon affaire, faites-moi confiance.

    Dans les deux cas, on vous laisse tranquille - c’est testé et retesté car j’alterne travail aliénant et chômage depuis 8 ans :)

    (PS : bon au final je suis vraiment en train de la lancer cette affaire - 400€ c’est quand même un peu raide -, mais j’aurais pu rester comme ça encore un moment.)

  • Par Crazy Horse (xxx.xxx.xxx.17) 14 mars 08:52
    Crazy Horse

    Je partage les points de vue dominants exprimés ici (RMiste = bouc émissaire facile, le RSA c’est pas la panacée, un revenu inconditionnel d’existence serait une sacrée avancée).

    Pourtant je dois dire que je connais bel et bien des gens qui se complaisent dans le RSA.
    Eh oui, lorsqu’on devient insensible aux sirènes de la consommation, qu’on se tourne vers des plaisirs simples, et qu’on se regroupe (collocation, réseau d’entraide), on peut vivre correctement avec un RSA (manger, dormir, se laver, se soigner, et jouir de la vie). Et pour peu que vous soyez un peu "éveillé", vous pouvez vous sentir plus riche qu’un Mr. Total ;) - par ma foi : je suis moi-même au RSA depuis un an - et 8 mois de chômage auparavant.

    Voici ce qui me dérange : autant je n’en veux pas à ceux qui bossent 8h par jour de s’affaler dans leur canapé devant TF1 en rentrant, et de ne pas questionner leur réalité, autant j’ai plus de mal à le tolérer chez les chômeurs longue durée. On ne trouve pas de job qui nous correspond ? Ou on refuse l’esclavage moderne ? Ou on ne veut pas collaborer à toute cette merde ? Très bien, mais d’autres acceptent tant bien que mal, et ce sont eux qui nous nourrissent, jusqu’à preuve du contraire. Par égard pour ceux-là, la moindre des choses serait de mettre toute notre énergie au service de l’amélioration de la société. C’est mon point de vue.

    Au lieu de ça j’en connais pas mal qui se vautrent dans l’alcool, les jeux vidéos, la branlette (intellectuelle et...) bref. C’est vrai qu’on a la pression : socialement d’abord, mais aussi intérieur (qu’est-ce que je fais de ma vie ?). Alors facile de sombrer dans une forme ou une autre de déprime.

    Mais justement, à défaut de pouvoir enterrer nos blessures sous une montagne d’oseille ou de les étouffer à grand renfort de biens matériels, comme la plupart des gens, on peut en faire une force, une énergie incommensurable pour aimer, nous aimer nous-même, aimer les autres êtres humains, la vie, le monde...

    Que ce soit par un engagement artistique, militant, humanitaire, et tout simplement au quotidien, en se mettant au service de la beauté et de la vie, à chaque instant, on peut être digne et intègre, tout en revendiquant son droit à un revenu inconditionnel d’existence.

  • Par Crazy Horse (xxx.xxx.xxx.60) 3 février 08:31
    Crazy Horse

    L’autre moyen est de ne pas payer...
    Il faut se mettre dans une file de voitures au péage. Tu colles la voiture de devant et tu te glisse derrière elle avant que la barrière ne se referme. Penser à ne pas conserver les tickets d’autoroute (en cas de contrôle de police - imaginez qu’ils trouvent des centaines de tickets dans votre vide-poche, ça serait suspect).
    Ça marche à tous les coups.

  • Par Crazy Horse (xxx.xxx.xxx.79) 1er février 10:46
    Crazy Horse

    J’ai de la sympathie pour les Anonymous. Simplement je crois que c’est insuffisant et qu’il y a un risque sérieux pour que les gens se complaisent non plus dans un état de "servitude moderne", mais dans une forme élaborée de masturbation intellectuelle et d’enculage de mouches...

    C’est quoi le message ? On va dire aux oligarques : "Maintenant arrêtez vos bêtises et faites ce que l’on vous demande sinon... " ?

    Ils pourraient nous rétorquer : "faites-le vous-mêmes !" Mais il ne le feront pas puisque c’est justement ce qu’ils craignent sans doute le plus : qu’on s’organise sans eux, qu’on les ignore, qu’on battisse un monde plus juste sans eux, qu’on soit autonomes, créatifs et persévérants. C’est ça le vrai boycott.

    Laissons un peu nos petits égaux de côté, renonçons pour un temps à nos petites vies confortables. Il faut retrousser nos manches et nous sevrer de tout ce "bling bling". Ne nous laissons plus berner par le "miroir aux alouettes" !

    Les Anonymous sont des millions dites-vous ? Super ! Avec 1 euro par personnes et par mois on achète légalement des terrains à bâtir, des villages entier, des usines de production, etc. On gagne des élections municipales, on infiltre le Rotary, les Lions, la FM, le Siècle, les Bilderberg, etc. On construit des écoles des hôpitaux, on donne naissance à une nouvelle civilisation et on peut même, après un moment, créer notre propre monnaie voire abolir le système monétaire. On ne le verra pas de notre vivant, mais comment croyez-vous qu’ils ont fait pour nous convaincre d’acheter toutes leurs merdes et nous bourrer le crâne avec leur dogme aliénant ? C’est pas en claquant des doigts qu’on va transformer la société. Il faudrait qu’on soit des millions à s’activer comme des fourmis, à consacrer la plus grande partie de notre énergie au changement (et d’abord en nous-mêmes - cohérence nécessaire), quitte à renoncer en partie à notre petit bonheur personnel, à nous mettre des gens à dos, peut-être à faire fuir notre femme, à nous retrouver sans le sou ou presque... La révolution a un prix, en tout cas c’est ce que l’histoire nous dit.

    Mais non, pas touche au porte-monnaie, surtout pas d’engagement réel, on veut se garder de tout danger pour soi-même, on ne voudrait pas être déçu, rester au sec. Mais l’eau ça mouille ! C’est tellement plus confortable de rester devant son écran, tellement moins risqué de rêver sa vie que de la construire, tellement plus prudent d’avoir une personnalité virtuelle dissociée de sa personnalité sociale réelle.

    Bref. Je suis d’accord qu’il ne faut pas oublier mais je crois qu’il faut pardonner. Pardonner n’est pas tolérer. On peut détruire son ennemi sans le haïr (la classe, non ?) La haine et la colère nous égarent, elles nous rongent de l’intérieur et risquent de fausser notre jugement ou en tout cas de nous détourner de l’essentiel : qu’est-ce que je fais moi, ici et maintenant, pour que les choses changent ? Le monde a besoin d’amour et de compassion. Commençons par nous aimer les uns les autres, ça fera déjà une meilleure base pour évoluer.

    Mais pour commencer, il faudrait déjà que nous nous aimions nous-mêmes. Alors demandons-nous pardon d’être aussi lâches et égocentriques...

  • Par Crazy Horse (xxx.xxx.xxx.107) 18 décembre 2011 11:10
    Crazy Horse

    "Il est important d’acquérir une compréhension globale de ce système"

    Je n’en suis plus si sûr... Nous sommes une poignée à prendre le temps de "fouiner", et même quand on a des arguments bétons (documents officiels, études scientifiques, recoupement d’articles divers...), on se prend souvent des murs.

    Il m’est venu l’idée que je faisais peut-être fausse route. Il faut agir, individuellement et collectivement. Prendre des risques, se "mouiller" personnellement, donner l’exemple. Plus le temps de palabrer, d’expliquer les causes, le sens de tout ça.

    En terme d’activisme, je pense que les initiatives visant à nous unir (type clownistan ou love police) sont plus bénéfiques que les actions "moralisatrices".

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