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demosthenes

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  • demosthenes 20 novembre 2007 17:59

    Je précise que je parle d’immigration légale

    Les visas Schengen ne concernent que les touristes ou les hommes d’affaires ou de manière plus large les gens qui ne viennent dans l’Union que pour des durées limitées (moins de trois mois). Ces visas ne donnent pas le droit de travailler ou de prétendre à des prestations sociales ; je ne vois donc pas le problème de laisser à un consulat européen le soin de traiter ce type de demandes. Le dit consulat européen étant tenu de respecter des règles fixées par les Etats de l’Union (qui compte tenu des problèmes rencontrés partout seront certainement strictes). Ce sera plus efficace qu’actuellement où un étranger muni d’un visa Schengen délivré par un Etat laxiste peut se rendre en France sans aucun problème.

    L’immigration légale, celle qui permet à un étranger de rester en France pour une longue durée ne dépend pas du visa Schengen. Elle est aujourd’hui encore de la stricte compétence de l’Etat français.

    L’immigration illégale et son traitement par les différents Etats de l’Union est encore un autre problème. Sa source peut provenir de visas Schengen détournés, de réseaux de passeurs, de détournement de la loi (mariages blancs, etc.)

    C’est une question complexe qui ne dépend pas uniquement de la France. L’un des problèmes rencontré par Hortefeux pour atteindre le quota de 25.000 immigrés illégaux expulsés en 2007 est qu’une bonne partie des immigrés illégaux sont inexpulsables.

    Et ils ne le sont pas à cause des collectifs français qui luttent contre la « chasse à l’immigré » mais parceque :

    - on ne connaît pas leur nationalité et on ne sait donc pas vers où les expulser

    - on sait d’où ils proviennent mais l’Etat dont ils sont ressortissants refuse de les reprendre (c’est le cas de l’Inde par exemple).

    etc. etc.

    Inutile donc de clamer des « solutions » à l’emporte pièce pour résoudre des questions qui sont compliquées et qui appellent des réponses multiples et ciblées.


  • demosthenes 20 novembre 2007 17:42

    Non on ne peut pas facilement rétablir le contrôle aux frontières pour les seuls étrangers comme vous semblez le penser.

    Lorsqu’une voiture se présente, on ne peut pas d’un coup d’oeil savoir si elle est occupée par des français, des européens de l’UE ou des étrangers (certains étant d’ailleurs soumis à visas et d’autres non).

    Il faut donc contrôler chaque véhicule et créer des files d’attente (qui seront nécessairement longues à certains moments de l’année). Les douaniers devant vérifier au cas par cas les papiers des voyageurs.

    Inutile de me dire qu’on peut régler le problème en faisant une file rapide pour européens et une autre pour étrangers. Qu’est-ce qui garantira qu’un étranger n’empruntera pas la file des européens si les papiers de ces derniers ne sont pas vérifiés...

    Non, ce système reviendrait à recréer la situation antérieure, avant la libre circulation des personnes dans l’UE. Certains peuvent trouver cela souhaitable mais ce n’est pas mon cas.

    Et lorsqu’on élimine cette solution, il ne reste plus que celle que je préconise pour améliorer les choses. Nous sommes en quelque sorte au milieu du gué et il faut soit le passer complètement et gagner l’autre rive, soit rebrousser chemin. Si on reste au centre, on risque d’être emporté par le courant.

    Maintenant, concernant les files d’attente je ne suis pas non plus d’accord avec votre analyse. Sachez que les étrangers n’aiment pas spécialement attendre inutilement devant un guichet. Ils ont beau ne pas être français ils sont assez similaires à nous sur ce point.

    Et je ne parle pas ici des étrangers décidés à émigrer illégalement en direction de notre pays (ceux-ci sont prêts à faire la queue pendant trois jours s’ils sont certains d’obtenir le précieux sésame), je parle des hommes d’affaires, des touristes, des gens qui veulent rendre visite à un membre de leur famille (et ensuite rentrer chez eux). Ces gens là ont tout à fait le droit d’être traités de manière décente et respectueuse. Ces gens là respectent nos lois et se plient à nos règlementations et je ne vois pas au nom de quoi il faudrait les maltraiter.

    J’ai notamment eu l’occasion de voir la manière dont étaient traités les étrangers EN SITUATION REGULIERE à la Prefecture de Creteil en 2003 (depuis cela s’est un peu amélioré) : la queue partait de l’entrée de la Préfecture et s’étalait sur 500 mètres sur le trottoir. Seuls les 300-500 premiers arrivés étaient autorisés à entrer (mais cela n’était pas annoncé aux autres). Aucun ticket n’était fourni pour donner la priorité à ceux qui avaient attendu dans le froid et sous la pluie parfois pendant trois ou quatre heures afin de leur permettre de couper la file un jour ultérieur. Il y avait des vieillards, des femmes enceintes, des enfants en bas âge... tous debout dans le froid et sous la pluie.

    Heureusement, cette situation n’a plus cours. Désormais tout les gens présents à 9H sont accueillis dans un batiment abrité des intempéries. Le sous effectif de fonctionnaires reste toutefois criant puisque l’attente peut avoisiner les 7 à 8 heures.

    Vous ne découragerez jamais les candidats à l’immigration en traitant les immigrés légaux comme des chiens. Vous ne les découragerez pas parceque, souvent, ils ne viennent pas chez nous par choix mais parceque c’est une question de survie économique. En revanche, en les maltraitant vous donnerez une image abjecte de la France et vous ferez de ces gens des personnes inassimilables (pourquoi essayer de se fondre dans une société qui vous rejette et vous maltraite. Il vaut mieux en tirer le maximum et la mépriser comme elle vous méprise).

    Je ne vois vraiment pas en quoi améliorer le traitement des immigrés nuirait à l’objectif d’en contrôler le flux, au contraire.

    Avec plus de moyens dans les consulats pour déterminer qui est sincère et qui est un tricheur on se donne le moyen d’avoir pour un même nombre d’étrangers admis sur notre territoire, un plus grand nombre d’individus respectueux de nos lois.


  • demosthenes 19 novembre 2007 16:28

    On peut être opposé à l’utilisation des tests ADN dans le cadre de procédures liées à l’immigration sur le plan moral et éthique (c’est mon cas) comme on peut être convaincu que le pragmatisme doit primer sur les réticences d’ordre moral.

    Ce que je tiens à faire remarquer aux tenants du pragmatisme (et il s’agit ici d’une expérience effective, pas seulement de discours philosophique) c’est qu’on est bien loin du compte avec la loi Hortefeux.

    Pour avoir été responsable des visas dans une ambassade, j’ai vécu les difficultés auxquelles sont confrontés les agents consulaires dans des pays où l’état-civil, et toute autre forme de documentation d’ailleurs, sont invérifiables en pratique.

    Mais j’ai aussi constaté que la principale source d’immigration illégale, bien loin devant la fraude au regroupement familial, est l’obtention de visas de tourisme ou d’affaires : le visa Schengen.

    Ce visa donne en effet accès à l’ensemble du territoire européen à l’exception de quelques pays comme l’Irlande et de la Grande-Bretagne et est délivré par chacun des consulats européens selon des critères bien loin d’être harmonisés.

    Qu’un pays ait des intérêts économiques important dans un Etat quelconque, ce pays aura tendance à délivrer des visas d’affaires de manière beaucoup plus laxiste que les autres (je l’ai constaté sur les statistiques du nombre de visas demandés croisées avec celles des taux de refus).

    Il faut être inconséquent pour penser que les immigrés illégaux potentiels ne connaissent pas cela... et qu’ils ne présentent pas leur demande là où ils ont le plus de chance d’obtenir le précieux sésame pour l’UE.

    Comment pourrait-on lutter pragmatiquement contre cela ? Je ne vois que deux manières : remettre des frontières nationales entre les Etats membres de l’UE et rétablir les visas nationaux (irréaliste et peu souhaitable à mon sens) ou créer un service des visas européens chargé de délivrer des visas Schengen (ainsi il n’y aurait plus par pays qu’un seul point d’entrée de l’UE).

    Le problème est que le gouvernement ne proposera jamais une telle mesure pragmatique parce qu’il sait qu’on l’accuserait de brader la maitrise de l’immigration à l’UE.

    Alors qu’il n’en est rien puisque l’immigration légale et pérenne (celle qui donne lieu à l’émission de cartes de séjour) resterait traitée au niveau national.

    Réunir les forces permettrait d’être plus efficace dans l’examen des demandes des visas de tourisme (par un consulat Schengen doté de moyens comparables à ceux d’un consulat américain) et dans la prise en compte des demandes d’immigration pérenne gérées par les consulats nationaux selon les législations nationales.

    Il suffirait de réaffecter les moyens dégagés (les consulats n’ayant plus à examiner les demandes de visas de tourisme ou d’affaires) pour renforcer les équipes locales en les dotant de compétences plus pointues en terme de vérification de l’information.

    Mais l’impression que j’ai eu avec cet amendement Mariani, c’est que, bien loin d’introduire du pragmatisme dans la gestion du dossier de l’immigration, on a tenté -et réussi- d’introduire un coin dans la loi de bioéthique.

    Peu importe finalement que la loi soit inapplicable dans les faits... elle existe et elle prépare la prochaine.







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