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Despot

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 Ecrivain, directeur des éditions Xenia.

Tableau de bord

  • Premier article le 27/06/2009
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Derniers commentaires



  • Despot Despot 26 mars 2012 00:14

    Etrangement, le livre de l’enquêteur allemand Jürgen Elsässer, « Comment le Djihad est arrivé en Europe », Xenia 2006) regorge d’itinéraires semblables, entre fanatisme et services, en relation avec les attentats les plus marquants de ces dernières années (11 septembre, Londres, Madrid, etc). 

    Il est malvenu de promouvoir ici un livre qu’on a soi-même édité, j’aurais pu le faire sous un pseudo, mais je crois que le moment est suffisamment grave pour que cette enquête exemplaire, et largement passée sous silence, soit tirée des oubliettes.




  • Despot Despot 28 juin 2009 21:47

    > Gargamel : j’avais pourtant pris le soin de préciser que mon point de vue n’était pas animé par le passéisme. Mais puisqu’il faut le prouver, sachez également que les éditions que je dirige sont parmi les premières, dans le domaine francophone, à avoir décidé de proposer tout leur catalogue sur e-books, en parallèle avec les versions papier.

    Il n’en reste pas moins que la dématérialisation des matériaux de preuve (allant des inscriptions électroniques sur les documents d’identité à la virtualisation des manuels scolaires) ouvre à mon avis des perspectives de contrôle absolu des populations, de leur identité et de leur conscience. A l’inverse des inscriptions matérielles (tampons, livres imprimés), ces moyens font intervenir des technologies lourdes à chaque étape (cryptage, inscription, sauvegarde, décryptage, lecture). Ils nous rendent donc dépendants de ceux qui maîtrisent ces technologies. 
    Quant à l’argument « vert », il est inopérant aussi longtemps qu’on ne disposera pas d’un aperçu sérieux de l’empreinte écologique de l’e-book dans toute sa chaîne, depuis la fabrication des composantes de base jusqu’au recyclage des débris, notamment des batteries - ensuite de quoi il s’agira de le mettre en balance avec toute la chaîne du livre en papier (et des perfectionnements écologiques possibles de celle-ci). Pour le moment, avancer que l’e-book sauve la forêt amazonienne équivaut à dire que la voiture hybride résout le problème de l’effet de serre. C’est pour le moins superficiel.
    Il est curieux que l’on n’ait tiré aucune leçon du développement de la micro-informatique qui a marqué le dernier quart de siècle. On nous affirmait que le « bureau électronique » abolirait la consommation de papier de bureau. Résultat : la consommation de papier bureautique a explosé et nous nous retrouvons avec un problème insoluble de déchets technologiques, dont le tri est provisoirement confié à des enfants et des femmes du tiers monde — bien à l’abri de nos regards de « geeks » fascinés par le dernier gadget. 
    L’industrie informatique — dont l’e-book n’est qu’une branche, et à mon avis très temporaire — impose un rythme de renouvellement et de consommation effréné. Et cette consommation, elle, n’a rien d’immatériel : il s’agit de milliers de tonnes de détritus autrement plus encombrants que de la cellulose en feuilles.





  • Despot Despot 27 juin 2009 23:33

    Pour Halman : je possède moi-même des applications de lecture d’e-books sur mon téléphone portable et n’éprouve aucune allergie a priori pour ce support — malgré mon métier d’éditeur de livres. Lorsque je le conteste, dans le cas des manuels, il ne s’agit pas de nostalgie ou de conservatisme. Le problème est ailleurs.

    Ma réserve porte sur l’instabilité des contenus véhiculés par l’e-book, comme du reste par l’internet et par tous les canaux électroniques. A l’heure où le pouvoir politique a intégré la composante « information », voire « fabrication d’histoire(s) » (« storytelling ») dans ses outils de persuasion, et où il dispose, notamment aux Etats-Unis, de moyens colossaux de manipulation des masses, il me paraît imprudent de permettre que les connaissances et l’instruction de base soient véhiculées via des supports aussi volatils.
    Par volatils, j’entends : altérables. Volontairement ou non.
    Les documents imprimés à l’encre sur du papier ont une durée de vie de plusieurs siècles. Une fois publiés, ils sont là à jamais, pour ainsi dire. Supprimer une information imprimée implique de passer au peigne fin, physiquement, des bibliothèques, des appartements, des greniers. Puis de détruire les exemplaires saisis. 
    On en connaît des exemples. Pathétiques et intimidants comme les autodafés nazis, ou insidieux comme le rachat (plus courant qu’on ne pense) de tirages entiers d’un livre « gênant » par une partie visée.
    En URSS, l’élimination de Léon Trotski du panthéon officiel a nécessité la destruction-réimpression de milliers de tonnes d’ouvrages et la retouche (sans Photoshop) de milliers de photographies afin de le faire disparaître des tribunes. Enorme chantier ! Dépense colossale !
    Imaginez donc ce que Staline aurait donné pour pouvoir « effacer » Trotski de l’histoire soviétique d’un seul coup, par téléchargement — ce que l’e-manuel permet en théorie.
    Imaginez ce que George Bush eût été capable de faire afin de « prouver » a posteriori l’existence d’armes de destruction massive en Irak, justifiant ainsi sa guerre.

    La maîtrise de l’histoire, de la science et de la vision du monde en général a toujours été une obsession des pouvoirs à vocation totalitaire. Je ne crois pas que les pouvoirs qui nous gouvernent aujourd’hui soient à l’abri d’une telle tentation. Au contraire. Il ne s’agit donc pas de leur faciliter la tâche. Ni à eux, ni aux multinationales technologiques qui en sont les alliées.



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