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  • DZA 5 septembre 2007 22:21

    A lire ce puissant résumé, on ne comprend vraiment pas pourquoi la presse masculine s’est effondrée en seulement 5 ans en France... L’industrie cosmétique cherche à travers la presse magazine masculine à faire le même carton qu’avec les femmes (voir les tonnages de pub dans Marie-Claire, à l’éditorial quasi-disparu). Malheureusement pour les publicitaires, les hommes restent des hommes, et ne « tripent » toujours pas sur les crèmes de jour, ou de nuit. Tant que la presse mag pour hommes n’aura pas compris ça, elle se cassera la figure. Ceci dit, même en misant sur le sexe, le trash, la télé, le people, les révélations sordides, les photos choc, on peut perdre 100 000 lecteurs par an (cf Entrevue). Alors quoi ? Quelle est la solution ? Des papiers peut-être un peu moins creux (« J’ai testé le speed dating »), un peu plus intéressants (« Les blondes sont-elles vraiment blondes ? »), moins démagos (« 24 heures avec Clara Morgane »), moins conso (« Génial la dernière console XXX »), plus profonds sans être repoussants.

    De l’humour (et pas de la gaudriole), de la culture (pas du copié-collé), de la connaissance (pas du cliché), un peu de politique, de l’art (pas de la déco), tout ça en parlant de bagnoles, de nanas, de foot, de télé, de tout, mais avec du FOND ! C’est faisable. Mais légèrement plus cher pour des titres qui payent de moins en moins leurs pigistes. Car la qualité a un prix. Chez Maximal, un jour, ON a décidé de couper les piges extérieures en deux. Comme ça. Les propositions de papiers affluaient toujours, car les gens ont faim et un loyer à payer. Mais la qualité baissait, baissait... Et puis, un autre jour, les lecteurs ont compris que c’était vide, du vent, nada, que dalle, alors ils sont partis. Et jamais revenus.

    Aujourd’hui, en cherchant bien, on trouve sur internet tout ce qu’on trouvait dans les magazines pour hommes, et gratuitement. Alors pourquoi payer ? Il n’y a plus beaucoup de plus-value en presse, de plus-produit. La logique du marché est impitoyable, et Hachette l’a bien compris, puisque le groupe de presse enterre ses titres les uns après les autres. Pas assez rentables. Ben oui, si les lecteurs désertent...

    Il reste une chose en presse qui a de la valeur, c’est l’enquête, le travail de fond, la révélation. Mais tous ces morceaux prestigieux se retrouvent de plus en plus dans l’édition. On fait un livre plutôt qu’un article, qui sera mal payé, coupé, formaté... Et maintenant, paraît qu’internet se met à l’enquête, et gratuite ! Paraît même que sur Agoravox...



  • DZA 5 septembre 2007 16:45

    Article drôle et intéressant. Il était temps de retourner le cliché éditeur-bourreau/auteur-victime. Je précise que je suis auteur.

    Ceci étant dit, la pression sur les éditeurs, que décrit si bien Joseph Vebret, provient plus sûrement des « mauvais » auteurs, qui sont de plus en plus nombreux (80000 personnes écrivent, plus ou moins bien, en France), que des confirmés. Les stars qui vendent, on leur pardonne quasiment tout, comme Houellebecq et son avance mirifique jamais « retournée sur investissement » de 1,5 million d’euros pour « La possibilité d’une tuile », pardon, d’une île. Le feuilleton de l’été 2005.

    La relation de confiance qui doit s’instaurer entre un auteur et son éditeur prend du temps. Au début, souvent, règne un semblant de paranoïa. L’éditeur me roulera-t-il dans la farine ? L’auteur me rendra-t-il quelque chose, et à temps, et si oui, ce quelque chose sera-t-il correct ? Pour faire baisser la tension, mieux vaut se voir régulièrement, car le téléphone ou le net isolent, et ne pas perdre de vue les contraintes de l’éditeur, même si c’est SON métier. Contraintes de temps, de contenu, de cible... que les auteurs novices oublient ou ignorent. On part à l’assaut du Grand Public, croyant écrire le livre du siècle -sans cette croyance, il n’y aurait pas 10 livres produits par an en France- et on finit souvent dans le fossé... avec 21 ventes (la famille et les amis), chez 2 libraires, zéro promo, pas la moindre télé, et un retour de bâton dans le bide dont on ne se vante pas.

    Je dirais qu’un novice est statistiquement et par définition forcément mauvais. Dans son travail, et dans l’appréhension de sa relation avec l’éditeur. Il rêve, par définition, il plane, et s’il tient le coup, passe alors le cap du désenchantement, c’est-à-dire du premier crash au sol, un sol bien dur. Il faut que le cœur se brise ou se bronze, disait le poète. Celui qui n’a pas compris ou mal interprété ce démenti du Réel jure de se venger : la postérité m’attend, cette andouille d’éditeur se mordra les poings en voyant MON livre grimper au juteux classement des ventes de L’Express... Je serai le roi du monde des livres, je je je, ils verront qui JE suis !

    Mon expérience en tant qu’auteur est une longue suite de souffrances indescriptibles. Mais jamais je n’en ai voulu à mon premier éditeur. Les grandes maisons ayant refusé mon enquête sur un personnage très en vue de la télé, j’ai accepté la proposition d’un petit éditeur... au parfum de souffre. Conséquence, il a fallu tout faire tout seul, et tout affronter : un maquettiste qui oublie le sommaire, enfile 15 chapitres sans coupure, un directeur de collection qui s’enfuit au moment de la réécriture, un éditeur qui « oublie » de faire relire le manuscrit par son avocat (3000 euros qui peuvent éviter 50 000 euros en diffamation), des chiffres de vente jamais communiqués, des droits sur les ventes jamais versés, une promo et des services de presse assurés par ma pomme... Ne compte que sur tes propres forces, comme le disait fort justement Mao, qui a dû être auteur avant de devenir empereur.

    Mais, car il y a un mais, j’ai touché près de 12 000 euros en 4 versements pour ce travail. Comme convenu dans le contrat, un contrat qui ferait bondir comme un wallaby sous LSD un étudiant en droit. Depuis, j’ai arrêté ma collaboration avec cet éditeur, qui est beaucoup plus dans la merde que moi : j’ai perdu toutes mes collaborations en presse (je suis journaliste dans le civil) suite à la sortie du livre, mais lui se fait poursuivre par une horde d’auteurs non rétribués, et rembourse difficilement ses fournisseurs depuis un procès très dur perdu face à une intransigeante star de la télé. Le malheureux passe ses journées à se planquer, promettre, rembourser, fuir, parce qu’il a eu l’outrecuidance de produire une vingtaine de livres en 2 ans. Je préfère ma place d’auteur peinard, et je respecte le difficile métier d’éditeur.







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