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Eksmaqina

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  • Eksmaqina 8 octobre 2008 03:00

    Le ton de votre article se veut objectif et même sans doute bienveillant.
    Et je vous remercie de bien insister sur le fait que l’homosexualité a été, et est encore l’objet d’une répression que pour ma part je qualifierais de persécution.
    Cependant, quelques remarques, et aussi quelques précisions s’imposent.

    Tout d’abord l’usage du mot ’déviance’ me semble malheureux.
    La déviance ce peut être une attitude volontaire et dans ce cas vous laissez à penser que l’homosexualité serait un choix personnel, or ceci n’est pas le cas ; posez la question à un grand nombre d’homos et vous en concluerez que, dans l’immense majorité des cas, le désir pour des personnes du même sexe est tout à fait indépendant de la volonté. Et d’ailleurs il me semble que si on avait le choix, tout le monde irait vers l’hétérosexualité ne serait-ce que pour éviter beaucoup d’ennuis...Ainsi, le désir sexuel est une chose qui s’impose à celui ou celle qui le ressent. En revanche, je vous concède que c’est volontairement que la lesbienne ou le "gay " décide de s’afficher ou de se cacher.
    Mais la "déviance", ce peut être aussi un inachèvement, un malheureux accident dans le processus de maturation de l’individu, qui vous empêche d’accéder à la complétude, à la pénitude de votre condition d’être humain. Cette idée qui faisait dire, et fait encore dire des homos, "ces gens sont des tordus !"
    Mais, les homos ne se sentent pas moins humains que les autres, ils ont les mêmes capacités intellectuelles, physiques, émotives et sociales que les hétéros.

    Je vous propose de remplacer déviance par différence qui me semble à la fois plus neutre et plus proche de la réalité.

    Vous faites allusion aux comportements homosexuels chez les animaux, mais vous semblez les minimiser. Ils seraient rares et, de plus ne représenteraient pas vraiment un phénomène semblable à ce qui nous intéresse, l’homosexualité humaine.
    L’existence de l’homosexualité chez les animaux , je veux dire chez les animaux autres que les humains, attestée et publiée par des scientifiques depuis peu d’années est des plus intéressantes, et aussi des plus prometteuses pour le changement des mentalités face à l’homosexualité humaine.
    Sur cette question, la recherche ne fait que commencer, mais on dispose déjà de quelques exemples frappants.
    Ces pratiques existent chez beaucoup d’animaux, pas seulement, des mamifères, mais encore des oiseaux, des poissons et des insectes, et ce, dans une proportion assez comparable à ce qu’elle semble être chez les humains.
    Je ne vous donne qu’un exemple, les oies sauvages. Figurez-vous que chez ces charmants volatiles, parmi lesquels ne se trouvent quasiment pas de célibataires, les couples mâle/mâle ou femelle/femelle représenteraient douze pour cent de la population  ! Et cela va si loin que l’on constate l’existence d’une homparentalité chez les oies. En effet, il arrive à des couples homosexuels de chassent de leur nid des couples hétérosexuels afin de s’emparer de leurs oeufs, de les couver, et d’élever les petits...(cf un récent numéro de Science et Vie).
    Je ne suggère naturellement pas aux humains de pratiquer de la sorte...
    Ceci n’est qu’un exemple, mais il va très loin, et je pense que les éthologues ne vont cesser de faire de nouvelles découvertes sur le sujet.

    Ceci nous conduit à "la perspective darwinienne" à laquelle je vous remercie d’avoir fait référence. Vous semblez exclure à priori les homosexuels (humains) des problématiques de l’évolution, par la raison dites-vous "qu’ils ne se réproduisent pas". Premièrement, je vous le dit, ils se réproduisent, je ne dis pas qu’ils se preproduisent tous, mais cependant, beaucoup d’entre eux ont des enfants comme ce fut toujours le cas. D’abord parce que dans la société, les conventions font que beaucoup d’homosexuels sont mariés et affichent une vie des plus conformes. Mais aussi parce que le désir d’enfants touche aussi les homosexuelles aussi bien que les homosexuels(cf. l’actualité brûlante de "l’homoparentalité").

    Mais il vous faut aussi considérer que l’Evolution n’est pas uniquement conditionnée par la seule transmission du patrimoine génétique, mais que l’éducation, les comportements, la cohésion des populations en sont aussi d’éminents facteurs.

    Je ne veux pas aller trop loin, mais dans cette même perspective darwinienne, on pourrait aussi poser la question de savoir pourquoi tellement de populations animales, dont les humains, on recelé depuis toujours et aussi certainement pour longtemps encore une certaine quantité d’individus homosexuels ?
    Même si nous ignorons encore beaucoup d’éléments de l’Evolution, je pense qu’on peut dire que non seulement l’homosexualité n’a pas mis en péril la perpétuation des espèces, mais encore qu’il y a de bien plus fortes chances que si elle existe ce soit justement parce que son existence apporte un bénéfice quelconque à tout les système évolutif.
    On constate aussi que la majorité des parents d’homosexuels sont hétérosexuels, et que la majorité des enfants d’homosexuels sont hétérosexuels, si bien que même en supposant qu’on trouve le moyen d’éliminer tous les homosexuels d’une génération, la génération suivante en comprendrait la même proportion, et vice versa (ceci est une hypothèse d’école...)

    Et pour conclure, je réponds à la question que vous posiez dans votre article.
    Non, l’homosexualité ne se soigne pas. 







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