Fab Ezelson
De formation informatique et intéressé aux différents domaines de la recherche relatifs à ce secteur, je me suis consacré, de 1999 à 2002, aux architectures réseaux capables d’intégrer plusieurs protocoles de session/présentation. Quelques innovations proposées au statut de brevet d’invention, notamment celle d’une clé générée à partir d’un mot de passe, capable de mutations en cours de chiffrement, devaient également voir le jour au cours de cette même période. Par manque de financement, le projet Hermès sur lequel je travaillais, en tant que responsable, a fini par avorter, au grand dam de mon équipe. À cette époque, celle-ci comptait des étudiants de l’université Laval de la ville de Québec en génie informatique, effectuant leur stage pratique d’entreprise et au terme duquel leur diplôme pouvait leur être accordé. En dépit de cet insuccès commercial, l’essentiel demeura à mes yeux que l’expérience fût enrichissante pour chacun des participants de cette aventure restée sans lendemain.
Au terme d’un contrat en qualité d’analyste-programmeur et père d’un quatrième enfant, en 2004, j’ai par la suite laissé libre cours à un autre aspect de ma personnalité, me permettant de m’occuper de ma famille, tout en effectuant des travaux d’écritures et de recherches qui me tenaient à cœur. Depuis de nombreuses années, je me suis passionné pour la physique ainsi que les mathématiques conduisant aux frontières du monde objectif ; ceux-ci débouchent selon moi sur l’univers illimité du monde intérieur et subjectif, où tout reste à découvrir. Une frontière que la pensée kantienne s’est bien gardée de franchir.
La grande Convergence entre l’univers relativiste et celui des quanta, lesquels transitent tous deux à travers la conscience humaine, tels les deux infinis de Blaise Pascal, est le maître-mot qui avait suscité un premier brouillon. Cette première ébauche, remontant à 1989, s’intitulait « Les Noces de l’Agneau » ; sa phase ultérieure de développement allait conserver cette appellation métaphorique tout au long de sa maturation. Tiré du chapitre 21 de l’Apocalypse de Jean, ce titre sous ses apparences totémiques cache un message prophétique de la plus haute importance touchant aux tenants et aboutissants de notre univers. Un message qui évoque davantage la venue d’un nouvel ordre cosmique, plutôt que celle d’un guru de plus sur la scène mondiale. Loin d’être un fervent religieux, étant au départ complètement athée, c’est à l’issu d’une rencontre d’ordre spirituel, à l'image de Saül sur le chemin de Damas s'en allant guerroyer contre les partisans du Christ, qu’ont jailli sans crier gare des visions, des schémas d’outre-monde qui depuis n'ont plus quitté mon esprit. Il m’a fallu par la suite des années pour en valider la teneur et en tirer un modèle cohérent, à la lumière des connaissances scientifiques actuelles. Je me suis tout d’abord et avant tout efforcé de développer les idées qui se sont présentées à moi, en marge de toute systémique ésotérique de prédilection ; ce n’est que dans un deuxième temps qu’un véritable travail d’enquête s’est justifié, afin de confronter mes travaux avec ceux des autres, issus notamment de la tradition. Je n’ai retenu que les modèles qui m’ont apparu de première main, c’est-à-dire offrant une originalité plutôt que des formes déguisées de plagiat. De plus, l’exigence que j’avais placée dans la sélection de ces modèles, devait obéir, pour les plus consistants, à une logique fondamentale bâtie sur un certain « ensemble-nombre ». Un ensemble-nombre derrière lequel prenait corps une idée, laquelle constitue les principes premiers du Verbe. Ce qui me conduisit à redécouvrir, chemin faisant, le concept de Sephirah que mentionne la Kabbale.
Au niveau scientifique, il s’agissait de mieux cerner ce mur des lamentations qui séparait physique et « méta-physique ». Une barrière que l'on retrouve de façon plus précise dans cette brisure de symétrie partout présente dans la Nature, telle cette mystérieuse relation qui unit l’univers quantique à celui macrocosmique. Il s'agit là du plus grand des casse-têtes auquel fut confrontée la physique moderne, la pierre d’achoppement sur laquelle butent les nombreuses théories cosmologiques actuelles, mise à part celle des supercordes. Avec les supercordes, s'agissant de l’une des théories les plus prometteuses susceptible de décrocher ce Graal tant convoité du modèle globale, j’entrevis, en examinant plus attentivement ; ce que d'aucuns nomment les archétypes platoniciens, que ce domaine trop intangible pour être mis en éprouvette ou en équations n’était déjà plus aussi lointain que ne laissait le supposer de prime abord cette métaphysique d'un autre âge. La particularité exceptionnelle des supercordes est de recéler des dimensions cachées ou implicites dont il est possible de se faire une idée plus précise, à travers notamment cette singulière discipline des mathématiques, à savoir la topologie.
Mes principaux axes de recherches se sont intéressés à débusquer la nature enfouie de ce monde, un monde dont Platon et avant lui Pythagore, ainsi que bien d’autres, évoquaient l’existence préexistant au monde matériel. Échappant manifestement à toute emprise objective, ce monde des principes ne peut exister nulle part ailleurs qu’en nous-mêmes. Tout commence par un archétype porté par un courant de pensée, destiné tôt ou tard à prendre corps sous la forme d'un avatar, fils de l’espace-temps. L’essence s’alourdit, se complexifie, puis se fait chair ; elle devient capable d’engendrer des fonctions organiques spécialisées, tout comme le modélise l’Arbre de la vie des Sephiroth. Cet Arbre au sens de matrice soutient le subtil jardin organique d'un Être intérieur à nous-mêmes, originellement sans corps et informel. Transposé aux terminologies usitées dans le monde informatique, l’ensemble de ces organisations, aussi diversifiées soient-elles, remontent toutes au sommet d’une même pyramide convergeant vers l’idée pure, la classe originelle des classes abstraites ou Logos. De nos jours, le jargon informatique qualifie de MDA (Model Driven Architecture) cette méthodologie des idées à mettre en œuvre, indépendamment de toute plateforme d’implémentation. Le MDA utilise pour se faire un langage de composition, l’UML (Unified Modeling Language) . Ce dernier s’affranchit des contraintes du particularisme, c'est-à-dire d’une quelconque infrastructure qu'aurait pu définir un fabricant de matériel informatique donné. Un tel langage universel analyse non seulement les idées selon des diagrammes représentatifs, mais les organise par domaine d’appartenance ; il constitue une branche dérivée de la logique fondamentaliste, à savoir la théorie des ensembles d’où découlent les axiomes des mathématiques modernes.
Une telle évolution dans le développement des systèmes informatiques a démontré une volonté de plus en plus affirmée de transcender les contingences matérielles du binaire ; ce qui constituait en soi la carence des technologies de la fin du XXème siècle, enfermées autour de l’architecture d'un processeur propriétaire. Ce constat a le mérite non seulement de mieux se rapprocher des processus mentaux humains, mais de rendre l’idée en plus étroite relation avec la matière. Le rapprochement de ces pôles antagonistes, entre esprit et matière, est la clé de voûte des mes recherches, le fil conducteur m’ayant guidé tout au long de ces années. Les technologies numériques tendent, en effet, de plus en plus à converger vers le propre de la nature humaine, l’univers analogique. Il suffit de se tourner vers l’avancée fulgurante de l’industrie des jeux vidéo pour s'en persuader, tant sur le plan de la conception que sur celui de l’identification personnelle à une « cyber-réalité ». Le phénomène y apparaît sous un jour tel, qu'il est possible de parler d'immersion psychique dans une réalité virtuelle que confère par exemple le jeu de rôle. Sous l’effet d’une telle alchimie, nous assistons à l’émergence d’une noosphère empruntant désormais le media de l’Internet. Cependant, en raison des extrémismes du virtuel, nous assistons aussi parallèlement à l’émergence de potentiels dangers de voir se désagréger ce premier don offert par les cinq éléments de la Nature. Un don que mentionne la science analogique des anciens, tant oriental qu’occidental, comme étant celui de notre propre interface corporelle sur laquelle prend racine, depuis le début des temps, les forces vives de l’individualité. Inséparables sont ces dernières de l’univers environnemental d'où elles ont pris naissance.