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Fabrice GUEHO

Professeur agrégé de philosophie

Tableau de bord

  • Premier article le 14/08/2008
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Derniers commentaires


  • Fabrice GUEHO 16 août 2008 10:26

    Vous écrivez :
    "le monde des alphas et des epsilons asseptisé d’HUXLEY, ou l’anarchie à l’opposé, nous guettent si nous ne nous décidons pas à agir sur le destin de notre monde en pleine évolution exponentielle.... "

    Mais justement ! Quand on insiste avant tout sur l’appartenance culturelle d’un individu, cela veut dire qu’on voit en lui comme l’incarnation d’un collectif, d’un tout dont il n’est qu’une partie sans valeur particulière. Au contraire, (et c’est ce que je dis avec d’autres depuis le début) c’est avec un autre sujet humain libre qu’il est intéressant d’être en relation, pas avec un robot programmé par des traditions dont il ahérité automatiquement, sans critique, et en les reproduisant sans conscience.

    On prétend enfermer les individus dans des "cultures" pour mieux les programmer, les contrôler, alors que ce qui est authentiquement humain, c’est un rapport libre et intelligent à sa propre culture. La civilisation occidentale, du reste, n’échappe pas à la critique comme onle voit dans ce texte de Nietzsche, souvent cité en classes terminales :

    "173. Les apologistes du travail.
     Dans la glorification du « travail », dans les infati­gables discours sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière‑pensée que dans les louanges adressées au actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent aujourd’hui, à la vue du travail ‑ on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir ‑, qu’un tel travail constitue la meilleure des polices, qu’il tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l’amour et à la haine, il présente constam­ment à la vue un but mesquin et assure des satisfac­tions faciles et régulières. Ainsi une société où l’on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l’on adore aujourd’hui la sécurité comme la divinité suprême. ‑ Et puis ! épouvante ! Le « travailleur », justement, est devenu dangereux ! Le monde fourmille d’ « individus dangereux » ! Et derrière eux, le danger des dangers ‑ l’individuuml" NIETZSCHE, Aurore, par 173.

     Dans les sociétés traditionnelles, la grande peur, c’est l’individu. Mais c’est aussi le cas dans la société occidentale aujourd’hui, qui en ce sens trahit l’héritage des lumières (comme aussi du christianisme) cf JC Guillebaud, la trahison des lumières).

    aujourd’hui, en occident, les individus sont loin d’être libres. Leur liberté est osuvent "programmée" par l’environnement social, culturel, idéologique. Cf. L’individu incertain de alain ehrenberg. A cet égard, l’individu de nos sociétés industrielles ressemble beaucoup au fantôme d’ego décrit par Nietzsche dans Aurore, par. 105. Voir aussi de raymond Aron, les désillusions du progrès.

    Mais la grande différence, et notre présence ici le prouve, c’est que la culture occidentale a inventé les outils pour se critiquer elle-même. Votre présence à tous ici est la preuve que j’ai raison, car une telle critique interne est à peu près impossible dans les sociétés traditionnelles. Elles le devient par contre dans les sociétés qui adoptent de plus en plus la conception occidentale de la liberté en même temps que ses outils. Du reste, Régis Debray a démontré avec la médiologie que l’usage d’un instrument de médiation (transport ou communication) a un retentissement sur la vision du monde, la "culture" (au sens de "bildung"). Ce n’est pas, d’ailleurs, sans poser des problèmes sur la qualité de l’existence, comme le soulignait déjà un auteur hélas oublié, Ivan Illich, qui dans ""la convivialité" distinguait les outils conviviaux qu’un homme peut maîtriser et réparer et les outils non conviviaux qui échappent au contrôle de l’individu. Malheureusement, on ne peut pas en rester là, car s’il fallait s’en tenir à cette conception, nous n’aurions pas d’ordinateurs et nous ne serions pas ici à dialoguer.

    C’est donc bien une civilisation planétaire qui est en train de naître. Il y aura encore des groupes humaines qui se reconaîtront à travers des croyances communes. Mais à l’image de la laïcité à la française, le meilleur modèle car le seul à ne pas enfermer les individus dans leur clan, chacun sera avoir un rapport libre et intelligent à se propre tradition. Mais certains messages plutôt comiques ou bêtes à pleurer, auxquels je ne réponds pas, montrent assez ici quel long chemin il reste à parcourir.

     


  • Fabrice GUEHO 15 août 2008 18:21

    Bonjour.
    en somme, vous me reprocher de hiérarchiser des culture dont par ailleurs je nie la pluralité même. Comme je l’ai dit plus haut, il y a des richesses dans toutes les cultures (dont la pluralité était réelle quand l’humanité était dispersée sur une planète dont elle ne connaissait mêmle pas les contours). Autrement la répartition de l’humanité en cultures diverses est désormais un sophisme, car dans les faits, il n’existe plus de cultures isolées. On peut peut-être le regretter, comme Lévi-Strauss, mais c’est ainsi ou ce le sera bientôt.
     J’ai contesté plus haut le caractère péjoratif du mot folklore. 
     Ce qui m’intéresse, c’est l’usage qui est fait de cette notion de culture (voir plus haut). Quand une idée, une pratique, etc.. est intéressante quelque part (les percussions africaines, telle ou telle cuisine, etc..) elle devient désormais presque immédiatement patrimoine de l’humanité. Par contre, vous savez bien que quand on se réfère à la "culture" ce n’est pas pour défendre ce que l’humanité fait de meilleur, mais pour excuser ce qu’elle fait de pire (la bourka, l’excision, les pratiques féodales des émirats, la chine et ses pratiques anti-humanistes, etc...).
     Sur l’art populaire, précisément, il est de moins en mions ancré dans une pseudo-culture particulière et tant mieux, sans doute. Il y a par chez mio des chorales qui reprennent des vieux chants de marins bretons. Mais personne ne voudrait vivre comme ces marins d’une autre époque et tant mieux, pas plus que personne ne veut revivre comme les paysans d’autrefois. On fait vivre parfois artificiellemenet un folklore qui n’a plus d’ancrage dans le réel (car sion comme vous dites en effet, on ne parlerait pas de folklore). Faut-il ;le déplorer ?


  • Fabrice GUEHO 15 août 2008 18:09

    Bonjour. Vous avez raison pour l’essentiel. A noter d’ailleurs que ceux qui se crispent derrière leur "culture" n’hésitent pas à assimiler les savoir et les techniques des autres quand cela les arrange !


  • Fabrice GUEHO 15 août 2008 18:04

    Oui, bien d’acccord avec vous. Cela dit, quand même, il y a des richesses dans d’autres "cultures", et c’est d’ailleurs sans doute dans la sphère esthétique qu’on trouve certainement le dernier refuge de l’originalité culturelle. Car justement, que penser de la "world music" ? ou de l’inaudible "mozart égyptien", qui n’a plus rien de mozart et plus grand chose d’égyptien ? C’est de la mélasse ! Par contre, on peut écouter des percussions africaines comme du bach, on y trouve des thèmes avec sujets, contre-sujets, etc.. dexactement comme dans l’art de la fugue.
     Par contre, pour le dégueulando du rap... vous avez raison. Je préfère encore les mélodies de Fauré ou celles dHugo Wolf ou de Schumann.


  • Fabrice GUEHO 15 août 2008 17:59

    Bonjour. Non, l’idée de folklore n’a rien de péjoratif. Simplement, je voulais insister sur le caractère inessentiel de ces différences.

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