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Henrique Diaz

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  • Par Henrique Diaz (xxx.xxx.xxx.2) 18 mai 14:27
    Henrique Diaz

    Parler de relance keynesienne à propos des politiques menées depuis 30 ans est objectivement faux. Une relance keynesienne favorise la demande et la consommation ; or on est depuis 83 dans une politique d’investissement en faveur de l’offre et de la production avec une petite parenthèse au début de la mandature Jospin. Les salaires sont systématiquement comprimés, surtout depuis les années 2000 ; l’investissement dans les services publics, notamment dans la santé et l’éducation, y compris sous Jospin (on se souvient des fermetures de lits d’hopitaux et de classes d’écoles initiés par Kouchner et Allègre), est en reflux constant. Au lieu de cela on investit dans des projets pharaoniques comme des LGV ou des aéroports qui sont principalement à destination des couches sociales les plus favorisées.

  • Par Henrique Diaz (xxx.xxx.xxx.2) 18 mai 02:06
    Henrique Diaz

    A l’auteur,
    Je partage votre critique de l’art contemporain dans l’ensemble, mais je trouve qu’il y a certaines approximations voire contradictions.

    D’abord, il y a certainement des artistes contemporains qui éprouvent un vrai plaisir à la fois sensible et intellectuel dans leur pratique artistique et qui le transmettent.

    Je trouve ensuite que vous ne définissez pas très clairement ce que vous entendez par art : d’un côté, vous l’assimilez presque à l’artisanat, et vous indiquez un critère pour distinguer l’artiste à l’ancienne du charlatan : le savoir faire et d’un autre côté, vous suggérez que tout le monde est artiste alors qu’il est évident que tout le monde n’a pas acquis un savoir faire artistique. Et aussi, vous mettez en avant la notion de beauté, de plaisir esthétique et vous dites en même temps que peu importe si le portrait n’est pas réussi ou que la cuisine, c’est de l’art. Pourquoi pas le foot tant qu’on y est ?

    Je crains que vous confondiez le beau et l’agréable. Le cri du Munch peut être reconnu comme beau, non parce qu’il représente une belle chose (l’angoisse de l’existence) mais parce qu’il est la belle représentation d’une chose. En ce sens, l’œuvre d’art est un moyen d’éclaircir un peu le mystère de ce que c’est que d’être une conscience incarnée, ce que vous avez l’air de dire à des moments tout en suggérant que cela peut être un peu tout et n’importe quoi du moment qu’on soit sincère et de bonne volonté.

    Quant au rôle de l’oligarchie, vous avez l’air de présenter un complot orchestré en toute connaissance de cause. Je pense qu’il s’agit surtout d’effets qui découlent de la logique capitaliste et plus généralement de la concentration des pouvoirs dans une société. Comme l’avait vu Bourdieu, la classe dominante a toujours eu besoin d’affirmer une sorte d’essence foncièrement différente du reste de la population pour justifier son existence. Le goût pour les œuvres que le public ne comprend pas n’est pas particulièrement un goût pour ces œuvres mêmes mais un moyen de distinction sociale. Quand Van Gogh ne vendait pas une toile de son vivant, le public populaire n’aimait pas plus ses œuvres que le public dominant. Quand le marché de l’art a valorisé Van Gogh, le public n’a pas mieux compris au départ puis le plaisir de contempler du Van Gogh est apparu, avec le temps. Mais si cet intérêt populaire pour Van Gogh était apparu trop vite, avant que le marché de l’art écoule toutes ses œuvres, il n’aurait plus eu de valeur ou beaucoup moins aux yeux des dominants.

  • Par Henrique Diaz (xxx.xxx.xxx.2) 16 mai 15:22
    Henrique Diaz

    Le mouvement rationaliste des Lumières que vous évoquez et qui prend ses racines dans le XVIIème siècle de Descartes, de Spinoza et même de Locke, n’est autre que celui de la modernité. Le mouvement de reflux de la raison au profit des impulsions sentimentales et mystiques au sens où en parle Le Bon n’est qu’un retour en arrière au moyen-âge où l’autre, c’est nécessairement le diable. Les Lumières n’ont jamais ignoré que la raison n’allait pas de soi chez les hommes et qu’ils étaient d’abord mus par leurs passions tristes, l’imagination et la superstition. Seule l’éducation peut permettre le long, difficile et toujours précaire passage de la passion à la raison, de la force brute à la force des idées, de la soumission à la liberté. Heureusement, cette éducation ne passe pas que par l’école, elle passe aussi par l’échange d’informations et d’arguments, le débat entre les citoyens, ce qu’on appelle l’éducation populaire.

    Ce processus d’éducation est long et difficile parce que les passions et les superstitions sont fortes et qu’elles résistent naturellement à ce qui tend à les détruire. Mais il a connu des progrès : aujourd’hui il n’est plus impensable qu’une femme participe à un gouvernement, il est admis par tous, y compris au FN, qu’un homme de couleur doit avoir les mêmes droits que les autres s’il a la même nationalité et qu’il respecte comme les autres les mêmes devoirs, qu’un homosexuel peut être maire d’une grande ville et faire aussi bien son travail ou pas plus mal qu’un hétérosexuel etc. L’universalisme progresse dans un certain nombre de domaines, s’installe dans les têtes, ce qui n’empêche pas qu’il puisse régresser dans d’autres domaines. C’est que comme le pensait Spinoza, il n’y a pas d’un côté la "froide raison" et de l’autre les passions qui seraient chaudes, il y a des affects qui peuvent naître de l’élargissement des perspectives intellectuelles qu’offre la raison : cultiver l’amitié et la fraternité en comprenant l’unité du genre humain plutôt que la méfiance et la haine en restant obnubilé par les différences extérieures fait naître des sentiments puissants.

    Ce sont ces sentiments qui animent aujourd’hui Mélenchon, qui est effectivement le seul héritier ou presque, sur la scène politique nationale, de la ferveur des Lumières révolutionnaires. Il sait que pour le progrès de l’universalisme, il ne faut pas compter le trouver tout fait dans la tête des gens, mais le susciter, le stimuler par des arguments qui parlent autant au cœur qu’à la raison, les deux n’étant d’ailleurs pas réellement distincts. Il y réussit assez bien par moment comme face à ce bijoutier sur TF1 qui étant ulcéré par les vols à répétition demandait surtout plus de répression, en l’amenant à réfléchir aux causes globales de la délinquance massive. Il sait trouver des arguments simples et évidents comme quand il vient de dire récemment à Hénin-Beaumont que ce ne sont pas les immigrés qui ferment les usines mais bien les banquiers et les patrons voyous. A d’autres moments, il peut commettre des erreurs en étant trop en avance sur son temps comme cela peut-être été le cas à Marseille à propos de la France métissée.

  • Par Henrique Diaz (xxx.xxx.xxx.2) 19 avril 00:25
    Henrique Diaz

    Il n’y a pas de démocratie sans désaccord, il n’y a pas d’humanité sans prise de risque et sans doute. Paul Villach était un démocrate, mieux c’était un homme.

  • Par Henrique Diaz (xxx.xxx.xxx.2) 19 avril 00:18
    Henrique Diaz

    Je me réjouis que mon article t’ait permis de faire ton auto-analyse, si ce n’est ton autocritique smiley
    A partir du moment où LO et le NPA annoncent qu’ils ne se présentent pas dans un objectif de prendre le pouvoir pour concrétiser des idées (pour le pays comme pour le rôle qu’il peut jouer dans le monde), quelles que soient ces idées, mais pour témoigner de l’existence de leur parti, n’est-ce pas eux-mêmes qui déclarent que voter pour eux est inutile, purement formel ? S’ils étaient dans une logique d’améliorer les choses dès à présent, sans attendre la fin du capitalisme mondial, ils chercheraient à s’unir et à peser au sein du FdG pour éviter par exemple la tentation de l’alliance avec le PS. Voter pour eux est donc une forme de vote blanc.

    Je ne dis pas que c’est mal et que ce n’est pas un droit. On a bien le droit de ronchonner dans son coin en disant que ceci ou cela dans tel programme ne nous convient pas, mais je dis que ce n’est pas cohérent avec le fait de prétendre qu’il y a des choses à faire pour améliorer le cours des choses. Parce qu’au final, ce qu’on obtient en votant blanc ou en s’abstenant, c’est la consécration de l’ordre des choses en place, par le consentement objectif que représente le fait de ne pas s’y opposer, quand il y a une possibilité objective de le faire exister comme avec le FdG.

    Ce que je critique concernant le vote blanc, le vote purement contestataire ou l’abstention, dans une situation comme celle que nous avons actuellement, ce n’est pas en soi son inutilité. Ce que je critique, c’est le piège qu’il constitue. Qui est gêné par l’abstention ? Certainement pas l’oligarchie. A quoi cette désolidarisation de la vie politique active sert-elle réellement ? Pas à empêcher en quoi que ce soit l’ordre très inégalitaire en place. Au contraire, quand la grande majorité de ceux qui ne votent pas sont des précaires et des prolétaires, le consentement passif que constitue l’abstention quand une alternative est proposée, c’est la meilleure légitimation qui puisse être de ce système.

    Mais si tu trouves qu’il n’est pas si mal, ce système, et qu’un mouvement vers la refus de se soumettre à la domination par l’argent est un trop grand risque pour la société, alors tu as raison de ne pas voter.

    Pour le reste, Mélenchon n’est que le candidat du Front de Gauche. Il a certaines positions qui sont discutées au sein même du Parti de gauche, toutes ses positions ne sont donc pas forcément celles du PG ou du FdG qui dans la perspective de la 6ème république est bien plus appelé à gouverner qu’un homme seul. Le PG est pour la sortie du nucléaire, pas le PCF, d’où l’engagement du FdG à mettre en place un référendum sur la question pour permettre un débat de fond sur la question et pour trancher. De même, il n’y a rien dans le programme sur un éventuel soutien à la politique chinoise au Tibet. Je rappelle d’autre part qu’il s’agit dans le programme du FdG de mettre en place une sixième république où ce ne sera plus la nécessité d’accepter toutes les positions personnelles d’un homme pendant 5 ans. Je sais bien que nous sommes formatés pour penser de façon ultrapersonnalisée en termes de 5ème république, mais ce n’est pas justifié pour ce qui concerne le candidat du FdG.

    Tout ce que critique Onfray porte sur des prises de position personnelles de Mélenchon avant la constitution du FdG, qui ne concernent ni n’engagent son programme. Positions sur lesquelles Mélenchon ne fait d’ailleurs pas campagne. C’est ce qui fait paraître suspect le changement de position de Onfray, car j’ai peine à croire qu’il ignore ce fait, mais ce n’est pas non plus impossible.

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