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hibou

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  • hibou 18 mars 2008 13:17

    La poésie "incompréhensible" ? A moins que ce ne soit justement le sens de "comprendre" que chaque poème remette en cause... Un poème peut paraître "difficile" : mais ce qui est "difficile", c’est seulement ce qu’on ne connaît pas. Mais que penser d’un poème qui ne donnerait que du déjà connu, déjà vu, déjà lu, déjà pensé... Quel ennui ! Un poème, c’est une réserve infinie d’inconnu. Alors "comprendre" l’inconnu, c’est "faire connaissance" avec l’inconnu. C’est vrai, ça n’a pas de fin. Et tant mieux. Parce que, du coup, la poésie n’a pas à "se trouver des récepteurs" mais à nous inventer, à nous réinventer. Je n’attends pas d’un poème qu’il me répète ce que je sais déjà, j’attends qu’il me fasse devenir ce que je ne me savais pas être. Un poème ne trouve pas des lecteurs, il les invente. Alors, c’est vrai que ça prend du temps, un temps incompatible avec la rapidité de la consommation culturelle, avec le turn over présenté comme incontournable dans les librairies, avec, aussi, l’impatience à vite combler un désir avant de passer au suivant.

    Alors : le poème pour "faire connaissance", et s’enchanter de ce qu’on entend naître. Ce n’est pas si difficile, ça demande plus de naïveté, plus de disponibilité, de liberté d’esprit que d’érudition. Même : plus on sait (ou croit savoir) ce qu’est la poésie, plus il est compliqué, et urgent, de s’en défaire pour accueillir ce qu’un poème nous apporte de nouveau. Comme l’amour... 



  • hibou 18 mars 2008 12:12

    Oui, Fanfan1204, le slam est la poésie d’aujourd’hui... mais le problème d’aujourd’hui, c’est qu’il a une facheuse tendance à vite devenir de l’hier. Le slam est un effet de mode dont on peut surtout remarquer qu’il ranime une représentation très formelle (ah ! cette course à la rime !) et très réactionnaire de la poésie. Effet de mode, mais aussi témoin de l’état des idées sur la poésie véhiculées par l’Ecole.

    C’est déjà, très souvent, de la "viellerie". Ne pas confondre : "populaire" et "à la mode", "rime de fin de vers" avec "invention d’un langage qui nous invente", "facilité" avec "simplicité". Le poème est simple comme "bonjour" parce que, comme bonjour, il est une rencontre infinie entre humains. Les bons poètes (et il y en a quelques uns chez les "slameurs") n’ont pas besoin de s’appeler "slameurs" pour faire ce que les poèmes font depuis bien longtemps. Relisez les troubadours... Pour les mauvais, c’est facile : produits de l’époque, ils passeront avec elle. Vivement demain ! On peut regretter que le médiatique prenne toute la place et masque ce qui travaille vraiment à nous faire de l’avenir. Mais ce n’est pas nouveau. Les poèmes ont plus d’avenir que de présent, c’est pourquoi ont leur laisse si peu de place. Le tout n’est pas de prendre le maximum de place, c’est d’inventer de la liberté pour ce à quoi on ne laisse pas de place : c’est le sens de l’utopie. Alors, slameurs ou pas, poètes, travaillez s’il vous plaît à nous faire du demain matin... dès à présent. 

    Encore : la poésie n’est pas morte. Mais elle le sera à coup sûr dès qu’on ne pourra plus en débattre. La mort, c’est le consensus et son allié, le confusionnisme du tout-est-bon-dans-le-poème. Ca se termine généralement par un enterrement de première classe au musée. Alors il faut écrire-lire-vivre pour aérer les musées... 







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