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informatiquedequalitepourtous

informatiquedequalitepourtous

double cursus :


- Maitrise des Sciences de la Gestion (UP Dauphine 1984), audit de gestion des petites entreprises, rapprochement, redressement, création et liquidation, export...


- Diplome d’analyste-programmeur (1986), architecture système sous environnement WAMP, langages web et bases de données (XHTML, CSS, ActionScript-flash, XML , PHP, SQL)

Tableau de bord

  • Premier article le 19/08/2008
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  • informatiquedequalitepourtous informatiquedequalitepourtous 21 août 2008 22:00

     


     

    Tout d’abord, merci à vous tous qui avez contribué à ce débat.

    Chaque post défend un point de vue avec brio ou humour et personnellement, je suis positivement surpris par le niveau élevé du débat.

    Philosophiquement et techniquement (en tant qu’informaticien), nous sommes d’accord avec de nombreux points défendus ci-dessus :

    • il existe de nombreuses solutions informatiques accessibles

    • les logiciels Open Sources représentent une porte d’entrée peu onéreuse dans le monde informatique

    • il existe un manque de formation en informatique


    ou dans un autre ordre d’idées :

    • rien ne remplace le cerveau de l’homme

    • même les traitements informatiques nécessitent l’intervention humaine

    • La productivité est souvent plus l’affaire des hommes que des outils...

    La seule remarque provenant d’un post plus haut qu’il ne m’est pas possible de laisser passer, lorsque l’on consacre une partie très importante de son emploi du temps et de ses loisirs, lorsqu’on se dépense (en labeur, et même financièrement) pour une cause qui touche un très grand nombre de personnes, c’est l’idée sous-jacente de mercantilisme ou de recherche commerciale .
     

    Cependant, nous devons mettre de côté nos idées philosophiques et techniques dès lors que nous entrons en contact avec la réalité économique du monde des TPE. Je parle bien des TPE, les « Très Petites Entreprises ».

    Car il y a une ancienne confusion encore très répandue, en France, entre TPE et PME. Elles sont toutes deux encore trop souvent englobées sous le même symbole « TPE/PME », certainement par opposition aux grosses entreprises et groupes :

    Economiquement et socialement, les termes TPE et PME correspondent à des entités diamétralement différentes :

    • la PME est une entreprise puissante qui gère un chiffre d’affaires très conséquent. Elle disposait plus de 50 employés. En conséquence elle a l’énorme avantage de pouvoir disposer d’employés spécialisés dans chacun des domaines, faire des recherches, et se tenir au courant de son environnement :

        • 36 900 entreprises emploient de 50 à 249 salariés

      Le nombre de PME est faible (en France) comparativement aux TPE. Encore faudrait-il retirer de ce nombre toutes les PME qui sont filiales de groupes (les données publiques de l’INSEE 2007 ne permettent pas de les recouper – mais peut-être quelqu’un pourrait nous fournir les chiffres). Mais suffisant pour peupler les zones industrielles et commerciales à la périphérie de nos villes.

     

    • La TPE dispose maximum de neufs salariés (tranche INSEE – ou 20 pour certains organismes sectoriels). Cependant la très grande majorité des TPE, n’emploie aucun salarié (mono-personnel indépendant) ou n’emploie qu’1 ou 2 salariés.

        • 1 617 000 indépendants +

        • 1 067 000 TPE employant de 1 à 9 salariés

      Le terme TPE englobe les 920 000 artisans enregistrés auprès des chambres des métiers, plus les centaines de milliers de commerçants dans de nombreux domaines d’activité ; une partie des (208 000 selon l’ordre des médecins) médecins et les autres professionnels de la santé, les architectes et les paysagistes, les artistes dans les domaines du dessin, de la peinture, de l’écrit, de la sculpture, de la danse et de l’expression corporelle, une sérieuse fraction des avocats (44 054 selon le Conseil National des Barreaux), quelques notaires (parmi les 10 000 enregistrés) et de nombreux autres professionnels du droit, quelques uns des (17 000) experts comptables , une très importante partie des (700 000) associations actives, les nouvelles exploitations agricoles et petits producteurs de terroir, les photographes, les spécialistes de la video, ceux du son, les très nombreuses petites entreprises dans le tourisme, etc.

      La réglementation s’appliquant de façon à peu près identique quelle que soit la nature de l’entreprise, le responsable de TPE doit être, plus que tout autre, polyvalent. Or ce sont souvent des gens spécialisés dans leur domaine et qui n’ont pas le temps de tout réaliser eux-même, ni assez de moyens pour passer par des sous-traitants (beaucoup ayant déjà du mal à payer le seul sous-traitant quasi-obligatoire : l’expert-comptable). Encore moins le temps de faire des recherches pour fouiller parmi les innombrables solutions informatiques (dont la quasi totalité n’est d’ailleurs pas destinées aux tous petits). Nombre d’entre eux qui sont de bons professionnels dans leur métier, finissent par faire faillite en raison de problème de gestion.

      J’ai par ailleurs travaillé dans le monde de la liquidation judiciaire pour vous dire qu’il y a beaucoup de gachi.

      Pour donner une image, grosso modo, aujourd’hui, le monde de l’informatique performante fonctionne plus particulièrement autour des 36 000 PME plus 7000 grosses entreprises, alors que les TPE utilisant une informatique peu efficace ou complètement coupée de celle-ci se comptent en centaines de milliers.


     

    Curieusement on retrouve cette confusion (TPE/PME) aussi dans certains des posts ci-dessus, malgré le niveau élevé des interventions, signe d’un niveau intellectuel et de connaissances élevé des intervenants.

    Les personnes qui travaillent avec ces personnes que sont les responsables de TPE, savent que l’approche de l’informatique ne peut être abordée avec l’oeil d’un DSI .

    Bien sûr il existe énormément de divergences à l’intérieur même des TPE. De nombreux informaticiens ou designers indépendants font eux-mêmes partie de cet ensemble ; certains corps de métier génèrent intrinsèquement des marges et du chiffre d’affaires qui leur permettent de se comporter comme des PME ; d’autres encore bénéficie d’une informatique devenue institutionnelle (au sens imposé par les institutions, comme le corps médical face à la carte Vital)... A l’intérieur de chaque catégorie de TPE, il y a celles qui génèrent beaucoup de CA et qui peuvent facilement utiliser des sous-traitants (ainsi dans la profession d’avocats, certains réputés engrangent annuellement le CA d’une PME alors que bcp d’autres ont du mal à joindre les deux bouts)... cela n’empêche pas que la majorité des TPE est complètement démunie face à l’informatique.

    Évoquez les mots d’ERP ou de CRM à un artisan ???

    En ce qui me concerne, j’ai pourtant affaire qu’à des artisans déjà bien en phase avec l’informatique quand il m’arrive de faire des formations web ou photoshop à la chambre des métiers (non pas par mercantilisme étant donné la faiblesse extrême de la rémunération, mais très précisément pour rester en contact avec les problèmes spécifiques aux TPE)

    Dans le monde des TPE, nous sommes à des années-lumière des ERP CRM, alors que dans le monde des PME, toutes les forces de vente, tous les services utilisent ces outils au quotidien.

    Questionnez vos amis, voisins, famille... artisan, commerçants, travaillant en TPE

    S’ils se débrouillent avec un tableur (Excel ou mieux OpenOffice Calc) cela est déjà un grand pas.

    Mais un automatisation des taches routinières avec des outils libres, gratuits et simples représenterait concrètement un soulagement pour beaucoup. D’autant que les TPE sont très souvent confrontées un autre problème : la non lisibilité financière de leur structure sur le futur. En d’autres termes, elles ne savent pas précisément où elles en sont financièrement depuis leur dernier bilan comptable tant est grande confusion entre « trésorerie » et « exploitation ». Il faut souvent attendre la fin de l’année et le nouveau « bilan » pour connaître précisément la situation. Quand on sait qu’il suffit de quelques mois de « mauvais résultats » pour qu’une TPE se retrouve en zone rouge (Cessation de Paiements – faillite), une informatique centralisée, comme les PME en disposent, apporte un réel bénéfice en matière de gestion.

    Pour tous les intervenants qui percoivent les problèmes, toute aide quelle qu’elle soit, est la bienvenue, y compris pour les informaticiens développant ou promouvant des applications Open Source, car le combat pour un droit à tous de pouvoir bénéficier d’une informatique de qualité est le combat de tous.

    En ce qui concerne les TPE qui sont complètement déconnectées de l’informatique, l’Etat a lancé devant l’ampleur du problème l’opération « Passeport Numérique » qui comptait déjà, il y a quelques mois, pas moins de 520 points relais sur l’ensemble du territoire

    Je tenais à écrire ce message sans aucune animosité, pour remercier tous ceux qui ont ou vont encore participer à ce débat. Je voulais aussi mieux expliquer la typologie et les problématiques de la TPE, afin d’éviter dans le futur de parler ici de solutions qui s’adressent aux PME et non aux TPE.

    En raison d’un emploi du temps malheureusement un peu trop serré, je ne pourrais plus intervenir souvent sur ce forum.


     


     


     

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