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Derniers commentaires

  • Par J. GRAU (---.---.---.27) 19 juillet 2012 14:29

    Même si, comme l’affirme Valls, les grandes décisions ne se prennent pas dans les clubs fermés genre Bilderberg, il est évident que ceux-ci jouent un rôle politique important. On voit mal en effet pourquoi tous ces gens (politiciens, universitaires, économistes, journalistes, hommes d’affaire...) prendraient la peine de se déplacer dans ces lieux s’il s’agissait simplement de boire une coupe de champagne et de manger des petits fours. Ce sont évidemment des lieux de pouvoir. Ce n’est pas qu’il s’y trame nécessairement des conspirations (encore que ce ne soit pas exclu a priori). Seulement, ces lieux permettent à des gens influents de faire connaissance, d’échanger des idées, des informations, de réfléchir ensemble à des stratégies. Tout cela n’est pas insignifiant, et ce n’est pas pour rien si ces réunions sont secrètes (dans une certaine mesure, car les gens finissent par être au courant) et très fermées. Il ne faut surtout pas qu’on voie la connivence existant entre des gens qui sont censés être des adversaires politiques.

    Quant à l’expression de « terrorisme intellectuel », que certains contestent ici, je pense qu’elle est parfaitement adaptée aux propos de Valls. D’après le petit Robert, « terrorisme » peut signifier « attitude d’intimidation ». En assimilant les gens qui critiquent Bilderberg ou le Siècle à des négationnistes, Valls cherche certainement à leur faire peur, ou du moins à faire peur aux lecteurs de cette interview. C’est comme s’il disait : « Attention, vous êtes sur une dangereuse pente. Si vous commencez à voir des complots chez Bilderberg, alors vous allez finir par nier l’existence des chambres à gaz, ce qui est à la fois dégueulasse sur le plan moral et parfaitement illégal. » Il y a là une menace à peine voilée, qui peut encore avoir des effets chez certains lecteurs un peu naïfs.

  • Par J. GRAU (---.---.---.109) 19 juillet 2012 14:02

    Je pense qu’il faudrait des mois de discussion pour que nous arrivions à un commencement d’accord, tellement nos points de vue sont éloignés. Je me contenterai seulement de trois remarques :

    - il est évident que les femmes, la plupart du temps, ne sont pas des esclaves. Mais il existe de très nombreuses formes de domination, et l’esclavage n’en est qu’une parmi d’autres. Le fait qu’aujourd’hui encore les femmes soient sous-représentées politiquement est un indice de la perpétuation d’une certaine domination. Mais il y en a bien d’autres.

    - Le fait que les femmes ne se soient pas révoltées, ou très peu, durant des milliers d’années, ne prouve pas grand chose. Un rapport de domination est une relation inégalitaire et durable par laquelle une personne ou un groupe accepte de faire passer ses désirs après les désirs d’une autre personne ou d’un autre groupe. Toute domination suppose donc un certain consentement de la part des dominés. C’est tout le problème de la servitude volontaire, dont parlait très bien La Boétie au XVIème siècle. L’esclavage a duré des milliers d’années sans être contesté sérieusement. Même les esclaves ne semblent pas avoir remis en cause une institution qui les faisait pourtant souffrir. De même, la domination des nobles sur les paysans n’a guère été remise en cause pendant des siècles. Cela ne prouve pas que cette domination était inexistante.

    - Lisez ou relisez le début de la Genèse. Vous verrez quel châtiment Ève et sa descendance féminine ont reçu de la part de Dieu  : « Désormais, l’homme te dominera ». Cela signifie que les juifs et les chrétiens, pendant deux mille ans au moins, ont eu une claire conscience que les femmes étaient dominées, et que cette domination était justifiée (à leurs yeux, bien entendu).

  • Par J. GRAU (---.---.---.104) 19 juillet 2012 12:09

    Bonjour.

    J’ai trouvé intéressant le début de votre article. La théorie que vous résumez ici est séduisante, à défaut d’être entièrement convaincante. En revanche, les conclusions que vous en tirez me paraissent extrêmement contestables (pour ne pas dire plus). Le fait qu’il y ait une sorte de contrat entre l’homme et la femme n’empêche en aucune manière une domination masculine ! De manière générale, les rapports de domination supposent un certain accord entre les dominants et les dominés. Ces derniers, malgré la souffrance qu’ils endurent, tirent quelques menus avantages de leur situation. Un ouvrier chinois peut toujours se consoler en se disant qu’il était encore plus malheureux dans son village misérable, et qu’il peut envoyer là-bas ses maigres économies. Et il y a bien un contrat le liant à son employeur. Pourtant, peut-on nier la réalité de l’exploitation des ouvriers chinois ?

    Je pense qu’il en va de même pour les rapports hommes-femmes. Encore aujourd’hui, malgré les quelques victoires de vos grandes amies féministes, les hommes occupent les positions les plus désirables dans la société. Ce sont eux qui ont le plus d’argent, le plus de pouvoir et le plus de prestige. Comment pouvez-vous nier cela ?

    Cordialement,

    Un homme qui n’a pas du tout l’impression d’être écrasé par les femmes.

  • Par J. GRAU (---.---.---.184) 18 juillet 2012 18:43

    Bonsoir.

    Merci d’aborder ce sujet très délicat et de prendre une position non consensuelle.

    Comme d’autres lecteurs, je ne suis pas entièrement d’accord avec ce que vous dites (généralisation abusive concernant la gauche, propos sur l’excision, etc.), mais je vous rejoins globalement. Il est exact qu’on a tendance, à gauche comme à droite, à stigmatiser systématiquement les Arabes et les musulmans, et à accorder un brevet de féminisme et de respect des droits de l’homme aux pays occidentaux. La réalité est en effet plus complexe.

     A propos, je recommande à tous de se documenter sur les violences faites aux femmes en France. Différentes enquêtes (dont parle entres autres bouquins L’invention de la violence, de L. Mucchielli) montrent que ces violences (viols, coups et blessures...) se retrouvent dans tous les milieux sociaux, et sont la plupart du temps le fait d’un proche (mari, père, oncle, etc.). Or, pour des raisons historiques et sociales assez bien connues, les musulmans de France se retrouvent plutôt dans les classes populaires ou dans la petite bourgeoisie. J’en conclus que la violence dont les femmes sont victimes n’est pas spécialement liée à une religion, mais à un sexisme encore très présent dans les familles, malgré les quelques victoires remportées par les féministes. Et pourtant, un certain nombre de journalistes et de politiciens montrent régulièrement du doigt les violences commises par des musulmans. Je pense qu’il y a là à la fois l’expression d’un préjugé ethnocentrique et une stratégie politique (on rassemble les « Européens de souche » dans une unité factice contre l’ennemi musulman).

  • Par J. GRAU (---.---.---.136) 18 juillet 2012 09:26

    Merci pour cet excellent article. Vous mettez très bien en lumière ce qui est au cœur du problème politique et économique actuel : les États sont en grande partie responsables de la déréglementation financière et fiscale. C’est ce que ne voient pas beaucoup d’antilibéraux, qui s’imaginent que les pauvres États sont attaqués par les puissances de l’argent, alors que les politiciens et les hommes d’affaires font partie du même monde. Il ne s’agit donc pas tant de défendre l’État contre ces méchants adversaires ultra-libéraux, que de s’approprier démocratiquement les structures étatiques - ou, si cela est impossible, de remplacer l’État par de nouvelles formes d’organisation politique. Autrement dit, c’est un chantier énorme qui nous attend, et je crois qu’il faudra beaucoup de temps, de sang et de larmes pour que les choses changent enfin dans le bon sens.

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