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jbk38

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  • jbk38 11 octobre 2009 13:04

    Je suis étudiant en Médecine, en 4ème année. Votre réflexion concernant l’auto reproduction des élites est visible, mais il reste encore des étudiants qui ne sont pas dans le cadre que vous décrivez, heureusement… inutile de vous préciser qu’effectivement les motivations ne sont sans doutes pas les mêmes pour tout le monde. Anyway.

    Mon message trouve son inspiration sur les commentaires que vous faites à propos de l’enseignement à Grenoble.

    ” A Grenoble, le doyen distribue des cours sous la forme de DVD. Je ne cache mon regret de voir ainsi vantée la négation de tout effort pédagogique. ”

    Cela fait désormais 4 ans qu’en tant que représentant étudiant je participe avec quelques collègues à des groupes de travail, des réunions de mises au point hebdomadaires sur un projet dont vous soupçonnez sans doute l’étendue. J’ai réussit mon concours l’année précédant la mise en place de ce système. J’ai tout d’abord fortement lutté parce que je ne disposais pas de toutes les informations sur le projet tel qu’il était prévu… et que la fac se refusait à toute communication officielle ce qui a mené à toutes les rumeurs …
    Les médias ont fait des gorges chaudes sur la distribution de ces supports DVD en occultant complètement des aspects bien plus essentiels de la réforme mise en place en septembre 2006 que cet enregistrement des cours sur format DVD. En effet, et vous en parlez dans votre article, un des soucis majeurs est cette double existence de la fac et des organismes privés et onéreux soit disant essentiels. Tout ça pour réussir. Tout ça parce qu’un concours et une sélection existent.

    Le concours… lié au numerus clausus. Une des particularités des études médicales est que ce cursus est bi-appartenant, entre Ministère de l’Enseignement Supérieur ET le Ministère de la Santé. Et le numerus clausus est une contrainte imposée par le second et non le premier ! Croyez moi, les effets pervers de cette première année sont liés à l’existence de ce concours.

    La sélection, peu importe le moyen ce n’est pas le but de mon message là maintenant, est importante à conserver car on ne peut pas former tout le monde. Les études ne sont pas uniquement universitaires mais hospitalo-universitaires ; les terrains de stage en CHU sont saturés actuellement et on n’arrive déjà pas à former l’intégralité des étudiants ayant réussi leur concours de façon correcte, même en mettant à contribution les hôpitaux de périphérie qui restent à proximité encore de la fac pour permettre aux étudiants de suivre leurs cours après les stages. Donc lorsqu’en 2007 les différents candidats, de tout bord politique, parlaient d’ouverture massive du NC c’était de la démagogie pure et dure : nous avons déjà dépassé la capacité de formation des étudiants en Médecine dans la forme actuelle des études.

    Alors pourquoi nous répète-t-on sans cesse qu’il manque des médecins ? … parce que le NC (institué en 1971 par Simon Veil) n’a cessé de diminuer jusqu’en 1994 puis a stagné et a ré-augmenté dans les années 2000. Pour arriver à doubler en 2009 les niveaux les plus bas atteints). Il faut 9 ans pour former un médecin au minimum : les premiers concernés par ces augmentations commencent à sortir sur le marché du travail.
    On a donc doublé le nombre d’étudiants en Médecine sans pour autant changer les capacités de formations (les CHU n’ayant pas été vraiment agrandis, ni les universités).

    Sélection impitoyable … gâchis humain… ces mots sont sans cesse répétés. Certes, et c’est bien un des principaux points de la réforme délicate actuellement menée par V. Pécresse de façon un peu débonnaire. Les notions de réorientations et de bagage utile y trouvent leur place, ce qui contraste étrangement avec la présence toujours d’un concours (émanant d’un autre ministère je vous le rappelle). Le programme de la première année, qui plus est dans le contexte de mise en commun avec le cursus Pharmacie pour cette première année, a été revu pour permettre ceci, dès l’issue du premier semestre.
    Cependant, de façon générale à l’Université française, qu’en est-il du passage entre M1 et M2 ? que penser de cette sélection là, à ce point précis des études ? …

    “Pierre Bienvault décrit également dans un article complémentaire la place prise par les classes préparatoires privées, mais sans préciser qui y donne des cours. ”

    La fac de Médecine de Grenoble s’est donné les moyen de permettre à TOUT étudiant d’avoir cet entraînement suffisant, d’avoir ce tutorat que certains payent plusieurs milliers d’euros. Un tutorat préparé par des troisièmes années (comme vous le soulignez), comme dans les organismes privés. Sauf qu’à la fac, les enseignants corrigent ces questions et préparent les tuteurs, puis sont présents les soirs de tutorats dans les salles. Le temps nécessaire est énorme, et je peux vous assurer que les debriefing qui suivent ne sont pas tendres lorsqu’un enseignant manque à ces obligations. Les tuteurs sont rémunérés, et également avec des obligations de qualité d’enseignement.
    Ce tutorat est fréquenté par la quasi totalité des étudiants de première année et nos statistiques sur plusieurs années permettent de voir une corrélation significative entre classement du concours et classement du tutorat pour les 300 premiers. Les enseignants pour la plupart s’engagent à piocher ou s’inspirer des questions pertinentes dans ces tutorats pour constituer leur épreuve de concours. Les données concernant la réussite des étudiants ont permis de mettre en une évidence une augmentation du taux de réussite des étudiants dont les parents sont issus des CSP les plus basses.
    Malgré cela, les prépas à but lucratif continuent de vivre de leur petit commerce car ce sont elles qui iront présenter les études de Médecine à leur avantage dans les lycées en première ligne, disposant de moyens de communications bien plus importants que ceux de la fac. Les arguments déployés pour convaincre les parents sont parfois ridicules et tiennent souvent de l’arnaque vu que leurs enseignants sont soit des étudiants d’années supérieures livrés à eux-mêmes soit des pseudo profs diplômés et agrégés (ce qui ne sert à rien étant donné que ce ne sont pas ces enseignants qui prépareront le sujet du concours). On se rend compte au cours de l’année que nombre d’étudiants regrettent d’y être inscrits découvrant la réalité du système et surtout devant l’impossibilité de pouvoir suivre tout en parallèle : il leur faut faire un choix douloureux (la pression des parents avec). Par ailleurs, les redoublants inscrits lors de leur année primante ne se réinscrivent pas la seconde année.

    Concernant le DVD, sachez que malgré l’aspect brutal que cela peut représenter de prime abord, de grandes avancées ont pu être faites grâce à ce support : les enseignants ont du TOUS réviser leurs diapositives ou les créer pour ceux qui utilisaient encore des transparents. Tous les étudiants disposent d’un même support, donc placés sur un même niveau du point de vue des l’information transmise. Parce que c’est bien le contenu du DVD qui fait foi pour le concours.

    Le rôle des enseignants ne s’arrête pas à l’enregistrement du DVD (qui est repris chaque année pour corrections / ajouts / suppressions) mais également ils préparent, suivant les questions des groupes d’étudiants, des séances interactives en groupes pour chacun des cycles. Il pourra en profiter pour réinsister sur les points essentiels de son cours, apporter un complément d’explications, corriger des épreuves de l’année précédente…
    Si on récapitule, par semaine, l’étudiant étudie deux cours, il pose des questions par internet pour les cours étudiés la semaine précédente, il assiste à deux fois deux heures de séances avec l’enseignant (groupes de 150) et participe à deux soirées (2h à chaque fois) de tutorat (groupes de 30). Pour l’enseignant, il réalise deux matinées pour les séances de questions - réponses (qu’il doit préparer selon les questions posées via internet par les groupes en question), il reçoit les questions de tutorat des troisièmes années qu’il doit corriger puis expliquer en présentiel avec les troisièmes années en question puis passer en soirée dans les salles de tutorat…

    L’évaluation des enseignements est un de nos chevaux de bataille. Mise en place initialement sous forme papier, actuellement elle est faite de façon informatisée : l’étudiant doit remplir le questionnaire concernant le cycle d’une discipline (un cycle correspondant en gros à 6h de cours enregistrés) pour pouvoir accéder à ses résultats de tutorat. Des données chiffrées sont donc rapidement disponibles et transmises à qui de droit.
    Aussi, chaque sous groupe (8) dispose de 3 délégués qui participent à des réunions régulières de debriefing, avec la direction pédagogique de la fac, les enseignants, les services administratifs et les représentants des tuteurs. Tout ça pour faire remonter les points positifs et négatifs de chaque cours en vue de modifications pour l’année suivante ou de mises au point pour l’année en cours. Ces délégués, tout comme leurs ainés (dont je fais parti) qui rencontrent la direction hebdomadairement, bénéficient d’une grande écoute et tout leur est soumis pour approbation ou pour avis.

    Tout ceci n’existait pas avant la mise en place de cette réforme en 2006, même si depuis longtemps est ancré la participation des représentants étudiants aux projets menée par l’UFR de Médecine.







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