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Prof à la retraite. s’interesse à la culture, à la vie politique, à la littérature.
Adore débattre.

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  • jcf jcf 2 décembre 2008 10:33

    J’avoue en avoir un peu marre de toutes ces lamentations sur la mort du Français et surtout de lire que notre langue se mourrait en raison d’un relâchement lexical ou syntaxique, avec la complicité des profs, des politiciens, des dictionnaires, des journalistes ourdissant un grand complot (encore un !) contre une langue censée avoir été pure de toute imperfection ou apport étranger : Celle des 17ème et 18ème siècle.
    Si l’on veut bien ne considérer que l’anglais et tout en reconnaissant que son succès tient plus à la domination technologique et économique du monde anglo-saxon sur la planète, qu’à sa supériorité linguistique intrinsèque, on est bien obligé de reconnaître que sa capacité à intégrer des idiomes nouveaux (venus d’autres langues précisément), ceci dès sa naissance, dès Chaucer et ses contes de Canterbury, à créer des néologismes, à ne pas s’enfermer dans des carcans académiciens édictant des oukazes sur le bon emploi, expliquent en partie (pas seulement !) que les mots d’outre-manche et d’outre atlantique envahissent notre espace culturel.
    L’auteur de l’article sait-il, par exemple que "management" vient du Français "ménage", que "flirt" est une déformation phonétique d’une expression française "compter fleurette", que presque tous les termes militaires anglais proviennent du Français (army, captain, fort, etc..). En effet, après la conquête normande de 1066, c’est le Français qui était parlé la cour d’angleterre, ceci plusieurs siècles après la bataille d"Hastings ....
    D’aileurs j’observe souvent que ceux qui proclament que notre langue et la plus belle et la plus claire du monde ne connaissent pas forcément assez bien d’autres langues pour être aussi sûrs que leur affirmation n’est pas sous-tendue par l’ignorance de ce dont ils parlent.
    Nous autres français, comme d’autres peuples, comme les américains que nous aimons tant critiquer, avons l’impression que nous sommes les meilleurs du monde qu’il nous revient de guider les autres peuples vers le meileur des mondes possibles (culturel, linguistique, politique). Il ne se passe pas un jour sans que des journalistes parlent des champs élysées comme de "la plus belle avenue du monde". Ca doit bien faire rigoler les étangers qui aiment bien la France, mais qui peuvent penser que leur pays a aussi des charmes équivalents ou supérieurs au nôtre. Que dire également , de notre prétention à être" le pays des droits de l’homme", rabâchée sur les ondes à l’envi par journalistes et politiciens confondus ! L’angletterre qui nous a précédé dans ses textes législatifs de plusieurs années (plusieurs siècles parfois !) dans presque tous les domaines concernant cette question (habeas corpus, Magna Carta, vote des femmes, abolition de l’esclavage, etc...) , prétend aussi être "ZZZe" pays des droits de l’homme, ainsi que les USA et bien d’autres. Concernant le vote de femmes nous n’avons pas de leçons de "droits de l’homme" à donner e semble-t-il ...
    Badinter a d’ailleurs dit très bien que nous n’étions pas le pays des droits de l’homme, mais le pays de la déclaration des droits de l’homme. Il y a en effet une grande différence entre les textes et la manière dont ils sont appliqués sur le terrain. En 1793, date de la publication du texte en question, c’est le comité de salut public qui régnait de fait, et la Terreur, par la rue interposée, qui envoyait des centaines de personnes à l’échafaud. La consitution stalinienne de 1936, (sur le papier...) était extrêmement progressiste et prévoyait l’abolition de la peine de mort. Pendant ce temps des millions de personnes mouraient sans procès dans les camps du goulag ou fusillées dans des char niers anonymes....
    Pour revenir au Français, ne soyons pas franco-franchouillard, admettons que notre langue puisse évoluer en empruntant à la langue populaire et à des termes venus d’ailleurs, et que ceci et même un gage de bonne santé, que cela est le meilleur antidote contre une mort certaine. Comme en biologie, il faut de la biodiversité, certes (et l’on a raison de s’insurger contre un "globish" anglo-saxon monolinguiste) il n’y a pas de langue pure, pas plus qu’il n’y a de race pure qui aurait vocation à dominer les autres (l’anglais) ou à retrouver la suprématie qu’elle avait à une certaine époque considérée comme bénie. par les nostalgiques (le Français)
    De toutes façons, en dernière instance, ne vous en déplaise cher Jojo, vous qui n’avez pas l’air d’apprécier les linguistes, c’est la rue qui décide d’employer ou de rejeter tel ou tel terme venu de son sein, d’ailleurs ou proposé par l’acédémie ou les défenseurs de la langue française.
    Et concernant la syntaxe, je ne donnerai qu’un seul exemple, celui de la définition que Coluche donnait du technocrate dans l’un de ses sketches : "Un technocrate, c’est un mec, tu lui poses une question, y t’réponds, et à la fin t’as rien pigé, t’as oublié ta question."
    Demandez-vous, cher Jojo 95, si cette défintiion est inférieure, sur le plan de ce que veut transmettre l’émetteur et de ce que peut comprendre le récepteur, de la suivante, plus académique il est vrai, mais ô combien moins savoureuse : "Un technocrate est un individu qui, lorsqu’il répond à l’une de vos questions, le fait de telle manière que lorsqu’il a fini de vous répondre, vous avez oublié la question que vous lui aviez posée...







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