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  • Par L’Ankou (---.---.---.218) 15 mars 16:55

    Tiens, les jésuites ne sont pas tous papes !

    durae.leges.sed.leges, une fois de plus, ovus tentez de faire le dictionnaire à votre sauce pour y faire entrer un athéisme que vous êtes rigoureusmeent incapable de concevoir. Je teisn cette inaptitude pour un handicap mental sévère, et vous engage à consulter. Encore que... si ça peut vous rassurer d’appeler un chat un chien, et de dire que les athées croient en dieu, libre à vous ! Quand vous en serez à démontrer que deux et deux font cinq, on n’aura même plus besoin de vous contredire : les faits le feront pour nous.

    Ceci étant, dans la mesure où je souhaite, avec la plus grande sincérité, serrer cordialement la main que jeremy v me tend avec sympathie, je dirai que je suis d’accord avec lui sur l’importance de dépasser les clivages et d’admettre des différences même d’apparence irréconciliables. Viscéralement athée, je vous tiens l’un comme l’autre comme parfaitement légitimes à exister et respectables dans vos croyances. Lui, au nom de l’ouverture d’esprit qu’il affiche, et vous, au nom de la grandeur d’une société qui sait ne pas exclure ses handicapés mentaux.

    A l’attention de jeremy v, j’ajoute néanmoins que j’apprécie modérément le contresens manifeste que vous faires sur le communisme.

    Vous parlez étrangement du « communisme vainqueur », et probablement avec autant de préjugés, de méconnaissance et de fausses informations que ce dont vous estimez être victime en tant que croyant : le « communisme vainqueur » en 1917 a été éradiqué par Staline. Gorbatchev aura été son chant du cygne. Le communisme « vainqueur » de Mao a dérivé vers une économie productiviste en se soumettant aux règles du capitalisme le plus libéral. Les « communismes vainqueurs » des anciennes colonies ont prostitué leurs idéaux pour quelques pétrodollars. Faut-il que, par méconnaissance et inculture en la matière, vous teniez le mot « communisme » pour la pire des insultes, pour qualifier ainsi le capitalisme néolibéral, son exact opposé et le système dont il est le seul véritable ennemi sérieux ? J’avoue ma plus extrême perplexité.

    Si un communisme accompli laisse peu de place aux visions délirantes d’arrières mondes idéaux, il n’en travaille pas moins à une entraide aussi locale que mondiale, à une création de richesses d’autant plus valables que partagées, à une dissolution des égoïsmes et des accaparements de classes dans un collectivisme fraternel... Le matérialisme n’est égoïste que dans sa conception capitaliste et c’est ne plus respecter le sens des mots que d’appeler cet égoïsme « communisme ». Des mots et des étymologies, d’ailleurs. Et le l’Histoire, tant qu’à faire.

    Ce que vous appelez le plan du « communisme vainqueur » n’est certainement pas de se forger un peuple asservi. Je reconnais que c’est le plan de quelques dictateurs, Staline à leur tête qui renonça à exporter la révolution prolétarienne devant la logique des « blocs ». C’est à partir de là, évidemment, que les révoltes populaires ne l’intéressaient plus, elles qui sont pourtant la source de tout élan communiste. Et autant ce n’était certainement pas le plan de Marx, autant c’est aussi celui de Monsanto et de quelques autres multinationales... toutes parfaitement capitalistes.

    Dans la logique matérialiste révolutionnaire, au passage, la disparition de la spiritualité ne signifiait rien d’autre que la dénonciation de l’escroquerie consistant à dissuader lesdites révoltes populaires par l’espérance d’une vie meilleure, un jour, plus tard, ailleurs, loin,... jamais. Jésus aurait-il désavoué une pratique matérielle de patage et de solidarité ici et maintenant, et laissé perduré des injustices au nom d’une souffrance rédemptrice, utile dans l’autre monde ? Si athée que je sois, j’ai assez lu les évangiles pour me faire ma propre opinion sur ce point.

    Si les révoltes populaires ont quelque valeur pour vous - ce qu’il me semble -, considérez que cette spiritualité qui fait passer la souffrance pour rédemptrice est l’un des rouages les plus puissants par lequel les rois, empereurs et tsars d’antan, contre qui se levaient les communistes, et à leur suite les mêmes bourgeois capitalistes qui ont gravé « in god we trust » sur les billets verts, ont pu contrecarrer les élans révolutionnaires.

    A cette première série de remarque sur votre article, j’en ajoute une seconde pour illustrer par ma propre expérience et mon propre témoignage, que l’absence de foi en une vie après la mort et en une résurrection n’est en rien génératrice d’une terreur panique dont les tyrans pourraient profiter.

    Au passage, je connais des chrétiens terrorisés par la mort, par peur du Jugement, alors que moi, sûr que je suis de ne comparaître devant personne, je vis la perspective du néant total après la mort avec la satisfaction rassurée que si cette mort devait être douloureuse (la vie n’est pas une histoire qui finit bien), ce n’est qu’un court moment à passer avant dissolution définitive de soi. Le tyran qui voudra y trouver une prise n’est pas encore né.

    Vous opposez la servitude volontaire des endoctrinés à la servitude volontaire des consuméristes rivés les uns à leurs maigres ressources vitales, les autres au superflu de leur confort télévisuel. Entre ces deux pôles, Je vous sens dessiner le chemin de votre foi comme alternative possible à l’un comme à l’autre. Mais, ce chemin dessiné, je vous affirme qu’il y a encore de la place pour de très nombreuses autres voies à défricher, dont les plus intéressantes se passent sans doute de tenir un texte pour vrai même quand le Monde le contredit, ou d’imaginer que la promesses d’arrière-mondes idéalisés représenterait un atout pour la bonne compréhension de ce monde-ci.

    Je ne sais pas trop comment je me suis libéré de la religion, mais cela fait de moi quelqu’un qui ne croit pas en l’au-delà sans pour autant que j’ai peur de la mort. Je la sais inéluctable alors à quoi bon en avoir peur ?

    Cela fait de moi un homme qui n’a pas d’espérance post mortem, qui sait n’avoir qu’une seule vie, qui sait n’être que matière animée, fruit d’une évolution faite de temps et de hasard, et à la vie de qui le plaisir lui-même ne donne pas de sens. Mais par contre, cela fait de moi un ennemi irrévocable de ceux qui veulent aussi donner du sens à la souffrance en ce qu’elle serait « rédemptrice » ou « salutaire ».

    Il est étonnant que vous posiez l’athéisme comme condamné au consumérisme et le croyant comme nécessairement résistant à ce diktat. Je ne suis certainement pas de ceux qui acceptent ce diktat par conformisme et je vous en conteste volontiers le monopole : on peut savoir que la possession matérielle n’est pas une vraie richesse, qu’elle est toujours frustrante et décevante sans pour autant idéaliser les aspirations « spirituels ». Certains vrais plaisirs sont gratuits comme une partie de tarot avec des amis, une ballade en forêt ou l’audition en libre diffusion du troisième concerto pour piano de Prokofiev. Je n’en tiens aucun pour « spirituel » mais ce n’est peut-être qu’une question de définition. En tout cas, je n’en tiens aucun pour lié à une foi.

    Malgré ces divergences, dont j’espère qu’elles n’ont rien de rédhibitoire ou de définitives, je reste persuadé que des gens qui croient le message d’un fils d’artisan, prônant le partage du repas avec les humbles, pain et vin compris, ne sont pas irrémédiablement perdus pour les luttes justes.

    Bien à vous, l’Ankoù

  • Par L’Ankou (---.---.---.218) 4 mars 15:55

    Excellente remarque.

    80% de l’article se borne à dire que payer une prostituée c’est une insulte faite à la Valeur Incommensurable du Sceptre Viril dont la noble vaillance devrait au contraire apporter à son possesseur respect, reconnaissance et dévotion. Les 20% qui restent tendent à indiquer que cette opposition de principe, morale, absolue et définitive, serait finalement tolérable si au moins on en avait pour son argent...

    Sauf que bon, outre ce que tu dis, Plus robert que Redford, à propos des solutions alternative (branlette, zoophilie ou rapports imposés...), quand la séduction n’est pas possible ou ses résultats frustrants, le rapport tarifé est une relation contractuelle, et si ces contrats se renouvellent, c’est que le prix du marché correspond aux prestations du marché.

    Pour aller plus loin, j’ai quand ême souhaité savoir si le raisonnement était transposable à d’autres domaines...

    Parfois, je ne cuisine pas moi-même, et je confie la satisfaction de mes besoins alimentaires voire gastronomiques à un restaurateur. Je n’y perds pas ma fierté. Je ne vois donc pas pourquoi le(la) client(e) d’un(e) prostitué(e) y perdrait la sienne, tant qu’il(elle) en a pour son argent et que cela se passe entre adultes consentants.

    Pareil pour le chant... j’ai beau chantonner gratuitement ou entendre mes proches chanter, je ne vois pas en quoi je perdrais ma fierté à acheter un disque ou à payer pour un concert ou un opéra.

    Quoique, à la réflexion... Voyons voir si le discours se tient en remplaçant la sexualité par la musique...

    Bon, Ok, la variété est une exploitation économique et artistique des humains, et il n’est pas bon que leur écoute soit ainsi utilisée sans être valorisée.

    Après tout, n’est-ce pas, au prix que factures les psychanalystes en contrepartie de leur écoute, ce sont les vedettes qui devraient payer pour avoir le droit de jouer devant une salle pleine. Je serais curieux de savoir combien de concerts il resterait...

    Il n’est pas bon non plus que l’argent péniblement gagné par les auditeurs parte par milliards pour des prestations de basse qualité et insatisfaisantes.

    Certains et certaines ont compris que les aspirations artistiques sont, par nature ou par culture, facilement frustrées. La variété est un business qui croît sur cette frustration, sans jamais l’éteindre - il faut garder les auditeurs. Si les chanteurs donnaient un vrai plaisir, et de la considération à l’auditeur, celui-ci, mieux reconnu dans ses besoins, mieux satisfait, pourrait consommer moins de chansons tarifés. Comme souvent c’est le manque qui entretient la clientèle.

    Sans aspirations artistiques insatisfaites, la variété n’existerait donc pas. Cela vaut pour la chanson française comme pour la pop étrangère, les auditeurs restant, dans la très grande majorité des francophones. Le chanteur ou la chanteuse a très bien compris l’insatisfaction profonde des auditeurs en matière de chanson. Les concert et les DVD servent à donner un semblant de contentement. Mais ce contentement, sans réel partage, est artificiel. Un morceau de trois minutes, solo compris, avec un chanteur qui n’attend que le fait que l’auditeur ait applaudi, est à la fois un mépris du client et une piètre prestation professionnelle. Que des auditeurs acceptent cela montre à quel point de souffrance du manque et de mésestime d’eux-mêmes ils peuvent en arriver.

    Beaucoup d’auditeurs ont des envies qui ne sont ni remplies ni satisfaites. Certains n’ont pas l’oreilles musicale. D’autres sont trop sourds pour être considérés comme de bons auditeurs. D’autres, immigrés par exemples, peinent à trouver des concerts de musique traditionnelles.

    Le client des concerts est habituellement décrit dans la doxa actuelle comme un mélomane très critique. Le mélomane fait piètre figure quand on sait que la grande majorité des clients sont de petites gens, des hommes simples sans formation musicale, qui donnent parfois 10% de leurs revenus à des vedettes du show-biz’ qui elles peuvent gagner des millions par mois.

    L’inégalité et la dissymétrie est flagrante. Pour un peu de rêve et de musique, des auditeurs se dépouillent au profit d’une catégorie qui exploite leurs besoins et leur portefeuille avec un cynisme non dissimulé.

    Donc :

     les auditeurs n’ont, semble-t-il, pas les mêmes attentes que les chanteurs de variété en matière de mélodie (et de texte, cela allant souvent de pair) ;

     leurs envie d’apprécier, tant le texte que la mélodie n’est sont pas suffisamment reconnue, valorisée, remplie et satisfaite - au contraire il sont souvent dénigrés, salis, criminalisés (surtout s’ils chantent faux chez eux ou pratiquent la batterie en amateur) ;

     à cause de cela ils cherchent dans les concerts tarifées ou dans la radiodiffusion une satisfaction illusoire ;

     elle est illusoire car la musique tarifée n’est pas un échange ni un partage, mais uniquement un objet de consommation, et la frustration alliée au mépris du désir artistique en est la conséquence ;

     les auditeurs n’y gagnent aucune estime d’eux-mêmes, ils sont au contraires taxés d’être exigeants, critiques, aux goûts tyraniques, alors que ce sont eux qui sont exploités et dominés par la proposition artistique ;

     ils participent et alimentent un transfert d’argent considérable vers une catégorie professionnelle dont la prestation est de mauvaise qualité parce qu’uniquement consumériste, et participent ainsi à leur propre appauvrissement et à l’enrichissement de la catégorie qui les exploite ; (rien à changer ici !)

     ils contribuent à montrer que l’aspiration artistique est exploitable à souhait tout en étant méprisable et ne font rien pour changer cela. Quelle fierté d’auditeur peut-on trouver à écouter de la musique en payant ?

    Je pense toujours que la musique exercée librement n’a pas à être interdite ni méjugée. Un chanteur de variété est un artiste aussi digne que tout autre. Mais, pour les raisons citées ci-dessus, je considère comme dévalorisant et appauvrissant le fait que l’auditeur paye pour des chansons. J’invite donc les auditeurs à ne plus s’y prêter, à ne plus s’appauvrir en enrichissant une catégorie qui les exploite, à ne plus payer pour une relation de mauvaise qualité alors qu’ils peuvent en avoir de meilleures gratuitement.

    Bon, moi, je trouve que le raisonnement se tient parfaitement. Bon, ok, ça va finir par se voir, que je suis plutôt contre hadopi.

  • Par L’Ankou (---.---.---.61) 24 février 13:51

    Morice, je ne vous lis pas toujours et je ne me rappelle plus si j’apprécie ce que je lis, mais qu’importe : j’ai été un fan de Soft Machine et garde encore une tendresse particulière pour Robert Wyatt. La mort d’Ayers m’a touché.

    J’apprécie énormément ce que Ayers incarne et témoigne d’une époque où les arrivistes et les parvenus ne contaminaient pas tout le monde, où l’on pouvait être un génie nonchalant sans se prendre la tête ni se la choper grosse.

    Je vous remercie pour ce papier, qui fait passer cette insouciance, cette sagesse, cette modestie incompréhensible par les cons d’aujourd’hui. Qu’ils se déshonorent en affichant leur haine et en éclaboussant ces trésors par ignorance ou par la détestation qu’ils vous vouent. Qu’ils maudissent leur propre nom en foulant aux pieds les wild flowers dont ils ne comprendront jamais la valeur. Et quant à moi, je vous renouvelle mes remerciements respectueux.

    Bien à vous,
    L’ankoù

  • Par L’Ankou (---.---.---.218) 20 février 16:29

    Bien, Aldous ! Vous êtes pour la suppression des droits individuels ou des libertés collectives ?

  • Par L’Ankou (---.---.---.218) 15 février 18:41

    à Alain Colignon :

    Désolé d’avoir raté le spectacle, et plus encore qu’il n’ait pu avoir lieu. Pour avoir suivi quelques étudiantes court-vêtues, dans les raidillons qui montent aux flèches de la cathédrale de Fribourg, je peux témoigner de ma fascination pour les magies architecturales des voûtes romanes comme gothiques, et de ma curiosité sans cesse renouvelée pour les équilibres mystérieux que supportent les clés de voûte...

    Bien à vous,

    L’Ankoù

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