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Derniers commentaires

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    Par LilianeBourdin (xxx.xxx.xxx.128) 20 novembre 2009 19:31

    Très souvent, quand on interroge la victime d’un pervers narcissique, ou d’une maltraitance, professionnelle ou autre, on apprend qu’en fait celle-ci s’en était rendue compte tout de suite, et avait ensuite oublié volontairement ce vécu. En banalisant, en mettant en doute ses perceptions qui semblaient si contraire à la réalité. Ou en laissant à l’autre la possibilité de s’améliorer.
    Des mois ou des années après la victime s’en mord les doigts.
    Donc, oui, faire confiance à son instinct, écouter sa première impression : dans ce domaine, c’est souvent la bonne. Mais je précise que je ne veux pas parler de critères objectifs et visibles, mais d’un ressenti : un malaise diffus, une envie de partir, l’impression d’un décalage entre ce qui est dit et le fond de la personne, comme un mensonge, le sentiment d’une méchanceté cachée sous les sourires, la peur inhabituelle de ne pas savoir quoi dire, la peur de se tromper, l’impression d’être nul, une sensation un peu écoeurante, le sentiment d’être mal après avoir vu la personne, le besoin d’une prise en charge de l’autre et le fait que sa pensée soit obsédée par cette personne entrevue une fois, etc. Il faut se méfier quand on a envie de balayer cette impression : pourquoi le fait-on ? Attention à la séduction teintée de menace du manipulateur. Ce qui est important c’est de repérer les deux temps :
    1 : une alerte au niveau de ce qui est ressenti
    2 : une tentation de ne pas tenir compte de sa première impression et de ne voir que l’aspect positif de l’autre.
    Un conseil alors : rester en alerte. Ou fuir.

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    Par LilianeBourdin (xxx.xxx.xxx.128) 20 novembre 2009 18:58

    @ Lucien Denfer
    Je suis plutôt d’accord avec ce que vous dites. Effectivement, un des aspects de la psychanalyse, s’occupant d’un patient en particulier et cherchant à l’intérieur de sa psyché la cause de sa souffrance, ne voit parfois la problématique interpersonnelle que par le petit bout de la lorgnette. Freud lui-même, quand il a énoncé avoir "abandonné sa neurotica" c’est-à-dire l’étiologie traumatique des névroses ( je fais court ) pour la remplacer par l’équivalence entre fantasmes créés de toutes pièces et conséquences fantasmatiques de traumatismes vécus ( trop synthétique comme résumé, mais il y de ça) a réduit la place de la réalité vécue, et donc des relations interpersonnelles vécues (et donc subies) dans l’enfance.
    Il y a donc un courant qui continue de relativiser les expériences de la réalité, au regard de la construction fantasmatique et des soi-disant bénéfices secondaires qui y sont trouvés, comme si ceux-ci étaient déterminants. Cela peut aboutir malheureusement à rendre la victime (névrosée) coupable de son fantasme, tandis que la réalité de l’agression, de l’abus de pouvoir, ou du harcèlement, est nié. Et cela nuit à la nécessaire reconnaissance des conduites prédatrices ou manipulatrices, nécessaires pour pouvoir s’en protéger et ne pas se sentir coupables à leur place.
    D’autres courants tiennent davantage compte de l’interaction réalité-fantasme, notamment en psychanalyse groupale et familiale. Les analystes ayant étudié la perversion narcissique sont de ceux qui étudient ces rapports et ne nient pas l’existence du "mal", c’est-à-dire de personnes capables de prendre du plaisir à asservir autrui, en leur faisant porter leur propre culpabilité ou un sentiment d’infériorité qu’ils n’envisageront jamais pour eux-mêmes.
    Le fait de vouloir être du côté du bien amène souvent, comme vous le soulignez, à ignorer délibérément que le mal puisse exister. C’est un problème. Peut-être faut-il admettre que nous avons tous une part d’ombre contre laquelle nous luttons, plus ou moins. Mais que certains ne luttent pas du tout, et entretiennent au contraire leur côté obscur, en en tirant une jouissance. Ne leur laissons pas le plaisir de notre naïveté : les prédateurs, les tyrans, avancent rarement à visage découvert. Il faut donc les repérer. Et ne pas les pardonner en disant qu’ils sont malades : ce sont des gens qui souffrent rarement et qui, d’ailleurs, ne présentent qu’exceptionnellement de vraies excuses.

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    Par LilianeBourdin (xxx.xxx.xxx.128) 19 novembre 2009 23:28

    Bonjour Monica
    Oui, des phénomènes de groupes se voient tous les jours sur les forums, avec l’effet multiplicateur lié à la virtualité, et donc à une plus grande place du fantasme et de la déresponsabilité. Si l’on est un peu extérieur au jeu on voit les meneurs entrainer les naïfs dans des spirales destructives (calomnies, moqueries, humiliations, etc.). Comme dans la vraie vie, ce sont souvent les personnes les plus authentiques et les plus créatrices ou innovantes qui sont attaquées.
    Mais, pour répondre à votre commentaire plus précisément, je ne voulais pas faire ici l’analyse de ces mécanismes de bouc-émissaire, je voulais interroger la position de ceux qui pourraient réaliser ce qui est en train de se produire, mais qui ne le font pas, et n’interviennent donc pas, abandonnant leur système de valeurs pour adhérer à cet idéal groupal qui est souvent sans foi ni loi. C’est cela qui me semble fondamental. Car sans une cour fidèle, un tyran n’est rien, sans le groupe reprenant et anticipant les attaques contre l’élève victime de bullying, celui-ci disparaitrait, etc.
    L’hypocrisie me semble une mesure d’hygiène salutaire pour ne pas réagir en direct à l’information reçue, mais réfléchir à sa réponse. Jouer stratégique, ce qui donne la possibilité de penser.
    Les politiques évoquent en permanence "la transparence", les managers reçoivent les salariés en tête à tête pour recevoir leurs confidences (dont ils pourront se servir éventuellement), les réseaux sociaux conduisent à se dénuder (au figuré et parfois au propre). Mais cette transparence, est-elle pratiquée par ceux qui la prônent ? La franchise se mérite : ceux qui, la main sur le coeur, disent "tu ne me fais pas confiance !" avec une nuance de reproche, demandent implicitement qu’on les croit sur parole : cela me semble être le premier pas de l’aliénation.
    Il me semble que, sur les forums, on retrouve les mêmes attitudes de suivisme, avec la même peur inconsciente d’être celui qui est choisi comme victime, et donc le même plaisir à être du bon côté du manche. Des équivalents virtuels d’épisodes de folie collective ( moins graves, quand même... Encore que : j’ai reçu le témoignage d’un jeune qui s’était fait des ennemis sur un site et qui craignait des représailles dans la vraie vie...) se retrouvent, avec l’impossibilité temporaire pour les membres actifs, de repérer leur aliénation à la loi du groupe. Comment chacun pourrait-il choisir la voix étroite et inconfortable de la lucidité ? J’aimerais le savoir... Mais il y a toujours un moment où l’aliénation cède.

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    Par LilianeBourdin (xxx.xxx.xxx.128) 19 novembre 2009 14:40

    @clostra

    Pour préciser ma pensée, et en réponse à votre commentaire, je dirais que, si je pense qu’expérimenter l’opposition est indispensable dans l’évolution d’un enfant, notamment vers deux ans et à l’adolescence (et là, je suis d’accord avec vous ) je ne suis cependant pas certaine que la récupération de cette capacité par les groupes pathologiques ( "tous ensemble contre..." ) soit un facteur de maturation. Le groupe est structurant à l’adolescence, mais quand il fonctionne sur ce système de soumission inconditionnelle au leader, et sur l’exclusion brutale sans empathie pour l’exclu, il freine au contraire l’évolution, par le clivage psychique qu’il implique.
    Le fait que la violence que l’on peut constater chez certains jeunes diminue le plus souvent vers trente ans ne veut pas dire, pour moi, que ce sont les passages à l’acte violents qui ont favorisé cette maturation. Et la violence peut prendre, plus tard, d’autres aspects, comme le harcèlement, ou la violence conjugale.
    Mais cet article ne visait pas la question de la violence, mais celle de l’adhésion aveugle à une violence ou un abus de pouvoir de groupe.

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    Par LilianeBourdin (xxx.xxx.xxx.128) 23 octobre 2009 23:09

    Ce qui est dit dans cet article est fondamental, et, hélas, très juste. Depuis une vingtaine d’années (difficile à dater, l’infiltration du monde professionnel par ces tactiques de management a été progressif ) de nouveaux concepts, conduisant à de nouvelles pratiques managériales, ont envahi le monde du travail, repris par tout le monde et prenant la place des valeurs du travail. Des exemples ? La "mobilité", l’"évaluation", le "projet individualisé", la "qualité", la "mondialisation", l’entreprise en "changement rapide du fait de l’économie mondialisée", l’"adaptabilité du salarié", la "compétitivité (entre entreprises, entre services ou entre salariés)"... Plus rien sur le savoir-faire, le travail bien fait, l’émulation, le partenariat, la complémentarité, la synergie, la convivialité, le plaisir pris au travail, et même, les compétences. La "qualité", elle-même, concerne une évaluation des procédures, et pas des résultats de celles-ci et de leurs conséquences à long terme. Les mots sont parfois détournés de leur sens.
    Ce qui s’est perdu, c’est un rapport au réel, et à l’humanité. Ce qui est en place, c’est un système pervers, en chaine descendante, où chacun, qui est instrumentalisé, instrumentalise ceux qui sont au-dessous de lui. Système où l’échange entre les personnes est remplacé par une "communication" étudiée à l’avance, c’est-à-dire, par de la manipulation.
    Les commentaires du billet éclairent bien ce problème important.

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