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Luniterre

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  • Premier article le 17/05/2014
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Derniers commentaires


  • Luniterre 9 juin 13:59

    @Hermes

    La question importante n’est pas « ouvert ou fermé », mais équilibre intégrant les divers secteurs d’activités dans une dynamique de développement endogène.

    A quel niveau se place cet équilibre, là est la question. Commune ? Région ? Nation ? Continent ? Monde ?

    A priori, plus ce niveau est restreint localement, plus la démocratie y semble praticable.

    Pour autant, une démocratie reste purement formelle et inopérante si les ressources à gérer sont insuffisantes pour un développement endogène. Car il n’y a pas d’équilibre possible, autre que purement comptable et formel.

    D’où l’échec inévitable de toute forme de socialisme « communaliste », indépendamment des inégalités évidentes entre communes, qu’il implique, et qui entrainent inévitablement la reconstitution de rapports marchands inégalitaires et capitalistes.

    Le cadre des nations anciennement existantes n’est donc pas illégitime, et d’autant moins qu’elles présentent un facteur d’unité culturel préexistant.

    Reste à comprendre la nature des échanges possibles entre elles.

    C’est donc là que se situe la notion de « fermeture » que vous évoquiez. Notion qu’il me parait plus juste de qualifier de niveau d’équilibre pour un développement économique endogène, donc...

    En effet, aucune nation ou communauté économique ne peut réellement survivre en totale autarcie, et de plus, ce n’est pas humainement souhaitable.

    Mais là aussi la notion d’équilibre est primordiale et suppose donc des échanges bilatéraux négociés entre toutes les nations.
    Pas de « libéralisme », évidemment !

    Ces accords bilatéraux doivent donc également être négociés de façon équilibrée et équitable entre chacune des nations échangeant entre elles.
    Cela peut paraitre très compliqué, mais c’est pourtant ainsi que pratique... la Suisse !!!

    Ce devait être la règle internationale instituée après la guerre, avant que les USA n’imposent, bien plus tard, l’OMC, sur la base du libéralisme déjà imposé par leur domination.

    Ce projet d’organisation internationale du commerce (OIC) s’appelait étrangement « Charte de la Havane », dans les années 40, bien avant les Castro, donc !!

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_de_La_Havane


    Bien entendu, cela ne résout pas forcément tous les problèmes d’inégalités entre les nations, non plus... Notamment les inégalités de ressources naturelles, évidemment.

    Mais cela tend à les amortir et à les rendre non conflictuels. Une très grande nation échangeant avec une petite étant tenue d’échanger, sur cette base, en fonction des besoins nécessaires et suffisants de la petite, et sur une base d’égalité dans cet échange.

    A très long terme, on peut supposer que la notion de « région économique » se substituera à celle de nation, et donc possiblement sur des bases plus équilibrées par elles-mêmes, et de taille adaptées à une gestion démocratique, incluant la gestion des échanges entre « régions »...

    Évidemment on est actuellement très loin de cet idéal... vers lequel la « mondialisation » ne tend pas du tout, favorisant simplement l’émergence de nouveaux pôles d’accumulation du capital financier, de nouveau pôles de domination sur les petites nations, de nouveaux foyers de guerre potentiels, en fait.

    Luniterre

  • Luniterre 4 juin 18:56

     

    L’argent est-il ou n’est-il pas une marchandise ?


    "l’argent est tout, sauf un bien ou marchandise, c’est un contrat d’échange de valeur au porteur."

    Nous dit M. Hum...


    La réalité, qui se trouve être tout à fait dialectique, sur ce sujet, comme tant d’autres, est donc, dans les faits, très ambivalente :


    A l’origine, l’argent-métal, qu’il soit argent, or ou autre métal, est bien une marchandise, comprise comme telle, à la fois au sens strict et comme équivalent général de toutes les autres.


    Ce phénomène existe toujours, dans des économies rudimentaires, comme celles internes aux prisons US, ou des cigarettes, des nouilles chinoises, peuvent être soit échangées, à un cours « de marché », contre d’autres marchandises, soit consommées directement.


    Aujourd’hui, certes, il ne viendrait à l’idée de personne de se faire une salade de billets, ni même d’allumer son feu ou sa clope avec, (Sauf peut-être, jadis, à Serge Gainsbourg...) mais l’argent, sur le marché des changes, (FOREX), continue bel et bien d’être une marchandise, même si réduite à une fonction spéculative.
    Nombre de matières premières, facilement stockables, font également l’objet d’échanges spéculatifs avant d’être consommées ou utilisées, et donc ont aussi une fonction provisoire d’équivalent général, en un sens.


    Cela ne contredit en rien le fait que la valeur réside dans le travail, car l’argent, comme équivalent général de toute marchandise, reste donc aussi celui de la force de travail, comprise comme marchandise, en économie capitaliste.


    Parler d’argent « en économie communiste » ne veut rien dire, à moins de préciser ce que l’on entend par là.
    Le communisme, dans sa phase supérieure, suppose l’abolition de ces notions, et personne n’a prétendu sérieusement avoir créé une telle économie, et pas même Staline, qui, notamment à partir de 1941, (mais avant la guerre), parlait du socialisme comme d’une phase de transition, où la loi de la valeur continuait d’avoir cours, mais sous une forme différente. Approche du problème qu’il a tenté par la suite de développer jusqu’à sa mort, et que l’on retrouve exprimé de cette manière jusqu’en 1955, dans le manuel économique de l’académie des sciences de l’URSS.
    http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/manuel.html


    L’"économie communiste« , au sens réel du terme, reste donc complètement  »terra incognita", (Sauf peut-être pour M. Hum, qui semble en avoir des « visions »... !)
    Au vu de l’expérience, on peut néanmoins tenter de comprendre ce que peut être une économie socialiste, une monnaie socialiste.
    A l’évidence, cette monnaie reste précisément un équivalent général des valeurs crées par le travail, et donc de la valeur-travail, en dernière analyse.
    Elle n’est donc pas une monnaie de singe, tant que l’économie du pays est équilibrée, et que ses échanges extérieurs, aussi, sont équilibrés.
    C’était le cas de l’URSS, au début des années 50, et selon des recherches historiques actuelles en Russie, il existait un projet de "marché commun" non seulement entre l’URSS et l’Europe de l’Est, mais aussi avec un certain nombre de pays « occidentaux », sur la base d’une monnaie de réserve commune qui aurait pu être le rouble.
    A l’époque, le fait de posséder une réserve en or, comme équivalent général et garantie, jouait encore un rôle, et l’URSS était en passe de reconstituer la sienne.
    Ce projet, en réalité déjà assez avancé, aurait pu, selon ces historiens, être la cause réelle de la mort de Staline,(« naturelle » peu probable), et non les légendes noires tissées à l’Ouest pour dissimuler la connivence US avec Khrouchtchev et son clan.


    Voir notamment :

    "За что убили Сталина", par Арсен Мартиросян


    http://www.specnaz.ru/articles/195/27/1743.htm


    Avoir un regard critique sur l’histoire des pays socialistes est utile, mais cela n’exclut pas d’en tirer des leçons positives, là où il y en a.


    Luniterre
     
    PS : sur ce sujet, la monnaie en URSS, la monnaie de réserve, voir notamment, dans le manuel, édition 1955 :


    http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap32sect04.html


    ********************************



  • Luniterre 1er juin 23:23

    @Gandalf

    Bonsoir,

    Il n’y a évidemment pas d’« os » dans la théorie marxiste de la plus-value... Seulement, il faut la comprendre sans les préjugés rabâchés par de pseudos « marxistes » d’opérette...

    Ce n’est pas le fait que le capitaliste accapare les moyens de production qui « crée » la plus-value, ce qui serait assez exactement le contraire de la loi de la valeur, du reste... La plus-value résulte « naturellement » de la différence entre la valeur d’échange de la force de travail et sa valeur d’usage.
    En s’accaparant les moyens de production, le capitaliste se met e situation de négocier la « valeur d’échange » (salaire) de la force de travail au meilleur prix, pour lui, c’est à dire le plus bas possible, et de s’accaparer la totalité de sa valeur d’usage, c’est à dire la totalité sa production. La différence est donc la plus-value.

    En régime socialiste le prolétariat se voit rétribué la valeur d’échange de sa force de travail au prix qu’il peut décider collectivement, et cela peut comprendre donc, en un sens, une partie de la plus-value, tandis qu’une autre lui reviendra également, sous forme de biens et de services sociaux, d’équipements collectifs, sportifs, culturels, etc... Une autre partie doit en outre, et assez évidemment, être socialisée en vue du développement économique de nouveaux secteurs, du renouvellement des anciens, etc...

    D’où l’importance d’une gestion moderne, interactive et démocratique.

    Pour qu’un développement durable soit possible, il est donc nécessaire qu’un choix majoritaire soit accepté et assumé collectivement, dans la mesure du possible.

    La référence qui me vient tout de suite à l’esprit, concernant la répartition du produit du travail en économie de transition, c’est évidemment, encore, me direz vous, la Critique du Programme de Gotha. Non pour le schéma simplifié qui la sous-tend, mais pour les justifications théoriques qu’en donne Marx, reformulant ainsi la loi de la valeur dans cette forme « transitionnelle », qui est, en un sens, « trans-historique », car valide tant que ce cap de la transition n’a pas été complètement assumé, ce qui est manifestement encore le cas...
    Sinon sur la question de la plus-value comme différentiel « échange/usage », le chapitre 6 du Livre I, déjà évoqué ci-dessus, est pas mal non plus...
     
    Un tournant essentiel du bouquin, en tous cas...

    Bonne lecture...

    Luniterre


  • Luniterre 1er juin 21:00

    @CN46400

    Pour ceux que la question du « socialisme à la chinoise » intéresse, voir :

    Chine : capitalisme ou socialisme ? _________ Aux racines du maoïsme ___

    En réalité, il n’y a aucun rapport réel entre la situation en Chine, même avant la guerre, et celle en Russie, même avant l’URSS, également. C’est ce type de raisonnement par analogie qui est tout à fait aux antipodes du marxisme, dont vous prétendez néanmoins, CN46400, vous réclamer.

    L’œuvre de Marx n’est pas un livre de recettes de cuisine, où l’on est supposé trouver la solution à quelque problème que ce soit.

    C’est simplement une méthode dialectique d’étude critique du monde réel, et tel qu’il peut évoluer dans le temps.
    Mais apparemment, vous n’avez pas lu la Critique du Programme de Gotha, où il fait précisément la critique de la méthode opportuniste des sociaux-démocrates allemands de son temps.
    Incidemment, en faisant la critique de ce programme, il aborde précisément la question de la loi de la valeur dans une économie de transition, ce qui vous a manifestement échappé, comme à bien d’autres « marxistes », du reste...

    MARX, MARXISME, Critique du Programme de Gotha, Glose marginale 1, les fondamentaux économiques de la transition socialiste prolétarienne !!!

    Et la question d’une économie de transition, c’est aussi bien la question d’une économie « mixte » au sens ou l’entendait Lénine et non pas Deng Xiaoping, évidemment ! Dans l’économie de Deng, il n’y a rien de « mixte », mais du pur capitalisme MONOPOLISTE d’État, tel que défini par Lénine, pour un État impérialiste, et qui est précisément le contraire du « Capitalisme d’État », tel que décrit également par Lénine, mais comme accessoire de la NEP.

    La transition Mao-Deng s’est opérée, du reste, du vivant de Mao, entre un capitalisme national-bureaucratique coexistant avec une économie paysanne « communaliste » (« communes populaires ») et non socialiste, au sens réel du terme, et un capitalisme monopoliste d’État, lié très classiquement, aux flux financiers internationaux et devenu exportateur de capitaux à son tour.
     

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

    Le lien entre « socialisme communaliste » et capitalisme a été très bien décrit par Engels dans son célèbre Anti-Dühring, que Mao n’avait pas lu, certainement, pas plus que le Capital de Marx, de son aveu même...

    Mais ceci est une autre histoire...

    Luniterre


  • Luniterre 1er juin 20:02

    @Hermes

    Bonjour,

    Effectivement, c’est une question bien réelle et très importante. Telle quelle, je pense que vous la posez en ce qui concerne une économie de transition.

    Elle a été également débattue en URSS de la haute époque, bien évidemment. C’est un choix de politique économique et sociale. Si l’on parle d’une production précise socialement utile, c’est donc le volume global des besoins à satisfaire par cette production qui doit guider la décision. Si deux unités de production inégalement « rentables », en termes de valeur-travail, et assez exactement tel que vous le décrivez, sont nécessaires pour y arriver, le bon choix est de maintenir les deux. Le prix de sortie du produit étant logiquement « égalisé », il y a un déficit pour ceux qui sont du « mauvais côté », le moins rentable, en raison de handicaps techniques tels que décrits par vous-même. Mais considéré sous l’angle d’un équilibre global de l’économie de transition, la différence, pour les travailleurs concernés, sera compensée par le sur-produit des secteurs plus favorables, sans pour autant que l’on puisse parler d’« exploitation » puisque ces secteurs bénéficieront aussi des produits ainsi fabriqués à prix « égalisés ».
     
    C’est pourquoi il est important de comprendre une économie, surtout socialiste, dans sa globalité et non uniquement en terme de « rentabilité » locale, même en termes de valeur-travail. Ceci-dit, le but est de répondre aux besoins sociaux tout en évitant les gaspillages.
    Ce qui était fait de manière empirique en URSS, avec quelques ratés, effectivement, peut être revu, avec les moyens modernes, en combinant, précisément, communication et gestion interactive, et même, démocratie directe, dans bien des cas.

    Luniterre