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Manizales

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  • Manizales 24 mars 2008 02:45

    Il se trouve que j’ai passé plusieurs semaines en Colombie en 2007, dans la zone caféière au centre et coeur du pays, et je vous livre quelques sentiments tirés de Colombiens au quotidien.

     

    Il faut se mettre dans la peau des Colombiens pour lesquels ne serait-ce qu’envisager se déplacer d’une ville à une autre relève de l’aventure dangereuse. Jusqu’à l’arrivée d’Uribe en 2002, ils vivaient dans une situtation de prisonniers dans leur propre pays, retranchés dans des villes quadrillées par les forces militaires et policières, avec quasi-impossibilité d’en sortir. La quasi-totalité des campagnes étaient complètement laissées aux libres mouvements des FARC, narcotrafiquants et autres illégaux. Uribe avec sa politique résolue a brisé ce cercle. Une des premières mesures, spectaculaires, qu’il a prise (que m’ont racontée avec encore du brillant dans les yeux) des amis Colombiens, a été d’organiser un convoi sécurisé routier depuis les grandes villes de l’intérieur (Medellin, Manizales, Pereira, etc.) vers la côte caraïbe (Cartagena), pour permettre à des dizaines de milliers de gens (les "caracols" comme ils se dépeignent) d’aller se baigner dans l’océan. Il y a eu un convoi ininterrompu de près de 1000 km. Cela faisait 4 ans qu’ils n’avaient pu sortir de leurs villes-prisons. Cela peut sembler mièvre à nous autres, mais le sentiment de sécurité avait totalement disparu à cette date. Et la lutte sans merci menée par l’état colombien pour accroître la sécurité primaire des habitants explique pourquoi Uribe est populaire et ne peut, sous risque de tout perdre, la galvauder.

     

    En Colombie, l’enlèvement est une véritable industrie, par le banditisme "banal" comme par les FARC. Chaque année des milliers de gens sont enlevés, rançonnés, exécutés. C’est un pays encore très dangereux au quotidien, que vous soyez industriel, artisan ou simple loueur de "cellular". La première profession en nombre d’emplois est celle des gardes de sécurité (chaque immeuble à partir de 5 logements en compte au moins un). Ses habitants y font preuve d’un courage assez extraordinaire, ses fonctionnaires -tatillons et peu corrompus malgré les clichés qu’en ont beaucoup- ont un assez haut sens de leurs devoirs. Tous vivent un quotidien compliqué et stressant. Et pourtant la Colombie vit et travaille (beaucoup par rapport aux standards latino-américains).

     

    On ne peut comprendre la politique du gouvernement d’Uribe si on n’intègre pas cette dimension de la sécurité quotidienne. Désormais, autour des villes de la zone caféière par exemple on peut faire des excursions d’une trentaine de kms en relative sécurité. Cela était impensable il y a 5 ans. Par contre, on ne peut toujours pas se balader le nez au vent dans les quartiers sud de Bogota, espérance de vie brutalement ramenée à pas grand chose. Vues de Colombie les "concessions" humanitaires signifient des dizaines d’autres enlèvements et le renforcement de la reconnaissance d’une organisation qui n’a pas grand chose à envier aux tristes tueurs passés du Sentier lumineux péruvien ou des polpotistes.







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