• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Mariam

Mariam

Très intéressée par l’actualité, je regrette que les médias institutionnels informe sans analyser.
Je tente donc d’apporter ma contribution à une connaissance plus réfléchie de l’actualité, mais aussi de la société dans laquelle nous vivons. 
 

Tableau de bord

Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 0 2 0
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Derniers commentaires



  • Mariam Mariam 12 octobre 2006 19:08

    A l’auteur, Je trouve votre article porteur sur un point fondamental : la difficulté qu’ont eu dans l’Histoire les peuples de culture musulmane et ceux de culture chrétienne à n’avoir que des rapports pacifiques.

    Je dis bien « que des rapports pacifiques », car dès le Moyen-Âge, l’Europe occidentale, qui se définissait alors surtout par sa chrétienté, avait tout de même des rapports commerciaux et scientifiques (expliquant notamment nombre de progrès européens en mathématiques et en médecine) avec les pays de culture musulmane. Soucieux de le faire comprendre aux enfants français, dès le plus jeune âge, le Ministère de l’Education Nationale a intégré l’étude de cette ambivalence des rapports entre l’Europe et « l’Orient » au primaire et au collège.

    Je suis aussi assez d’accord avec vous avec ce sentiment d’oppression revendiqué par les musulmans dans des pays qui ne sont pas majoritairement de culture musulmane. La question que vous ne posez pas est « pourquoi ce sentiment ? » ou plutôt « ont-ils des raisons valables de ce sentir traités différemment ? » La réponse est oui.

    Prenons l’exemple de la France : ce pays est de culture chrétiennne. Ce qui signifie que même si un bon nombre de Français ne sont plus chrétiens, ils ont reçu un héritage basé sur la religion chrétienne : les jours fériés et l’habitude de servir du poisson le vendredi à la cantine, par exemple. Du coup, les Français vivent selon une culture très teintée de christianisme mais si religieusement, ils sont athées.

    « Oui, mais Yom Kippour n’est pas un jour férié et pourtant les Juifs ne râlent pas », pourriez-vous me répondre. C’est vrai, mais tout au long de l’Histoire, les personnes de confession juive ont préféré ne pas faire de vagues, ne pas revendiquer ce qui finalement peut être considéré comme quelque chose qui leur revient de droit. Les personnes de confession musulmane, elles, ont préféré se manifester.

    Pourquoi ? Pour une raison simple, parce que finalement, c’est un peu tout ce qui leur restait. Les familles de confession musulmane en France sont souvent les mêmes que celles à qui on a vendu les mythes « école= ascenseur sociale » et « La France donne la même chance à tous ». Particulièrement pour ce dernier mythe, c’est un mensonge. Sans forcément parler de couleur ou de religion, il subsiste de fortes inégalités sociales en France.

    Toujours est-il qu’après avoir entendu « tu es français » pendant des années à l’école, puis avoir compris que ce n’était pas aussi simple que ça, certains ont placé leur identité dans leur religion, à tort selon moi. Et je peux facilement penser que ce phénomène d’identification religieuse se reproduit dans des pays où les difficultés économiques et sociales sont bien plus grandes.

    A l’université Paris 1 où j’ai fait mes études d’histoire, les enseignants ont une démarche innovante : faire étudier le Moyen-âge sous trois angles, L’Europe, L’Empire byzantin, Les pays de confession musulmane autour de la Médirerrannée. Il a été très intéressant de voir que sous les trois angles, la religion avait toujours le même rôle : aider les détenteurs du pouvoir politique à le garder.Il est vrai qu’après tout, le mot « religion » veut dire « ce qui lie », ce qui crée un lien et donc une communauté, un groupe social. Il est donc plus facile de contrôler un groupe quand on décide de ce qui relie ses différents membres (la peur de la mort par exemple). Par extension, une religion est forcément un outil d’exclusion ; ce qu’ont très justement compris les philosophes européens des Lumières et d’autres plus tardifs.

    Il est ironique que ce soit l’Eglise qui se réclame d’une liberté d’expression européenne, elle qui a si longtemps combattu cette liberté d’expression au nom des bonnes moeurs et de la morale, et qui la condamne encore (Benoît XVI a en effet fait exclure de la programmation d’un concert donné par le Vatican une chanteuse brésilienne parce qu’elle avait participé à une campagne promouvant l’usage du préservatif).

    De plus associer la liberté d’expression à la culture chrétienne, c’est oublier que dans de nombreux pays, la religion chrétienne est utilisée pour imposer un mode de vie ou des choix politiques (on peut penser aux « born again » aux Etats-Unis). La liberté d’expression fait en effet partie du patrimoine européen, mais ce n’est sûrement pas grâce à l’Eglise.

    Je regrette fortement que cette liberté ne soit pas plus présente dans les autres pays. Mais je crois que paradoxalement, c’est la faute de l’Europe. Par le dispositif colonial, l’Europe aurait pu apporter la liberté d’expression, la conscience citoyenne... bref, tous ces principes dont elle se glorifie tant. Mais elle ne l’a pas fait, elle a préféré exploiter les ressources humaines à son seul avantage. Et c’est à nous Européens d’aujourd’hui de trouver les moyens de rattraper cette erreur.

    Enfin, pour répondre à votre question : oui. Redeker a raison, ou plutôt non, il AURAIT eu raison s’il avait adopté une démarche plus historienne ou journalistique, si avant de commencer à écrire, il s’était renseigné sur la REALITE des faits. Il aurait alors pu percevoir que les choses sont plus complexes qu’il ne le pense, il aurait ouvert un débat sur ce qui est réellement au lieu de chercher à nous imposer ce qu’il pense être l’Islam.

    P.S.Mahomet n’était pas un personnage exemplaire sur bien des points. Mais je ne crois pas qu’aucun des « grands hommes » ne l’ait été. Un exemple. Abraham, qui a été prêt à tuer son fils par foi et a abandonné maîtresse et enfant dans le désert une fois sa descendance légitime assuré, est le personnage fondateur des religions juive et chrétienne. Il y en a d’autres, je suis sûre qu’en cherchant bien, vous pourrez trouver.



  • Mariam Mariam 11 octobre 2006 09:16

    Tout d’abord, concernant l’article, je trouve dommage de s’être cantonné à une seule source. Il aurait sans doute pu paraître moins hagiographique. Mais je salue tout de même la démarche d’analyse qui accompagne ce texte, en espérant que cette démarche pourra un jour devenir la norme et surtout s’étendre à l’Islam d’aujourd’hui (car tout n’est pas qu’islamsistes féroces ou modérés apeurés....).

    Pour répondre à tous ceux qui prétextent du comportement des islamistes pour renforcer leur conception erronée de l’Islam, je vous rappellerai que l’un des plus grands bellicistes d’aujourd’hui est tout ce qu’il y a de plus chrétien. Je parle bien sûr de G.W. Bush. Et des millions de personnes, américaines et autres, le suivent dans cet élan belliqueux. Pourtant, je n’irai pas réduire la culture américaine et la culture chrétienne (plus particulièrement protestante dans le cas présent) à ce bellicisme.

    Enfin, deux petites remarques :
    - que Mahomet ait été violent, très basiquement, je m’en fous (excusez-moi du langage, mais sa force traduit celle de mon sentiment). Jésus était à l’origine d’un dogme pacifique, mais ce dogme a été à l’origine de millions d’exactions en Europe et ailleurs. C’est paradoxal, mais c’est la pratique, et non le dogme, qui est le meilleur révélateur d’une croyance. « La Marseillaise » reste un texte extrêmement violent (les couplets le sont bien plus que le début), mais on a arrêté de massacrer les royalistes il y a bien longtemps....

    Juste en passant, ça me fait toujours rire quand les Européens oublient que la fin des affrontements religieux en Europe s’accompagne de campagnes d’évangélisation très violentes hors d’Europe.

    Toujours est-il que les sociétés humaines ont cette fâcheuse tendance à chercher le conflit armé, surtout celles qui se savent en position de force. Après ce ne sont souvent que des prétextes, plus que de réels motifs.

    - issue d’une famille musulmane, mais non musulmane moi-même, j’ai longtemps été critique bien des égards sur cette religion (encore et toujours le statut de la femme). Et je le suis encore.

    Ce que je trouve dommage avec cet islamophobie primaire, c’est qu’on crée un phénomène de radicalisation qui empêche toute évolution concrète sur ces questions. A force de critiquer, on braque ; à force de braquer, on rompt le dialogue et alors plus de possibilités de s’enrichir mutuellement.

    Car au même titre que la culture occidentale a des idéaux à apporter à la pratique de l’Islam (concernant le statut de la femme toujours), la culture musulmane peut aussi enrichir la culture occidentale (elle l’a déjà fait grâce aux apports scientifiques, elle peut le faire encore en ce qui concerne la force des rapports familiaux par exemple).







Palmarès