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mariefee

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  • mariefee 26 octobre 2007 11:17

    bonjour,

    je me permets d’apporter mon témoignage à ce vaste débat sur la scolarisation des enfants en situation de handicap. J’ai été Auxiliaire de Vie Scolaire Individuel pendant quatre ans auprès d’enfants présentant un Trouble Envahissant du Développement scolarisés dans des classe ordinaire. En lisant votre témoignage cela m’a rappelé les paroles de certains enseignants avec qui j’ai travaillé qui avaient toutes en commun : cette solitude ressentie face à ces enfants différents « je suis seule, je ne suis pas formé à cela....ect ».

    il est évident, qu’un travail en équipe, un maillage institutionnel soit mis en place lorsque l’on accueil un enfant en situation de handicap dans son établissement et plus particulièrement dans sa classe. La scolarisation concerne tous les enseignants et partenaires et pas seulement que l’enseignant qui accueille l’enfant dans sa classe ou que l’AVS.

    Cette forme de solitude dont vous parlez, je l’ai ressentie également, en quatre ans d’accompagnement, il y a certaines années où je me suis retrouvée seule avec l’enfant, l’enseignant se déchargeant sur moi. L’AVS, est une tierce personne qui va accompagner l’enfant dans sa scolarisation, elle peut être un moyen de compensation mais à aucun moment elle ne doit se subsister à l’enfant, et encore moins être son principale interlocuteur. J’ai eu l’opportunité, de faire parallèlement à mon emploi d’AVS la formation d’éducateur spécialisé. Cela m’a permis de me sentir moins seule, de partager mon expérience avec d’autre AVS et donc de ce fait de ne plus me sentir isolée, mais soutenue. de même j’ai pu également prendre de la distance avec mon ressentis, et mieux analyser ma relation avec les enfants que j’accompagnais.

    Je pense qu’il manque dans les écoles, des espaces de paroles où l’enseignant puisse être écouté. Ces espaces se créent, il ne faut pas attendre que l’institution nous les donne. Lorsque j’étais AVS, j’ai sollicité plus d’une fois le psychologue scolaire, pour avoir des supervision individuelle. De même, j’ai fait appel à une enseignante spécialisée pour qu’elle puisse venir conseiller les enseignants avec qui je travaillais. Malheureusement, malgré leurs difficultés aucune enseignantes n’a fait la démarche d’appeler cette enseignante spécialisée...... Pour rompre l’isolement il faut aller vers l’autre, et il faut lancer des appels et les réitérer si nécessaire.....

    j’ai eu l’opportunité d’accompagner pendant trois ans de suite le même enfant ; lorsque j’ai débuté mon accompagnement il était scolarisé en CP. Cet enfant que je prénommerais Pierre, était très docile, il avait parfois des attitudes saugrenues, comme mettre l’oreille contre le chauffage pour écouter le bruit de l’eau, s’amuser avec les portes ect....... Ces attitudes interpellaient souvent l’enseignant qui semblait également déstabilisé. Lorsqu’il m’en à parler, nous avons échanger sur l’autisme, je lui ai conseiller des sites, emmener des articles..... En vain. Le but n’est pas d’arrêter le chauffage et encore moins d’enlever toutes les poignées des portes, mais de progressivement accompagner l’enfant à ce qu’il s’approprie l’espace classe, et qu’il adhère aux règles de vie collective. Je suis allée à la rencontre de son enseignante de maternelle, lorsqu’elle m’a parlé des difficultés qu’elle avait rencontré, et le niveau de Pierre, j’ai été vraiment impressionnée, des progrès qu’il avait fait.... Je peux vous garantir,qu’en trois ans d’accompagnement, j’ai pu voir les bénéfices de la scolarisation de Pierre tant sur lui même, que sur les autres élèves, les enseignants, l’école et sur moi-même. Durant ces trois ans Pierre à progressivement adhéré au statut d’élève, il à développé son autonomie, à progressé dans les apprentissages, à fait un bond énorme au niveau de la socialisation. Et pourtant au début personne ne pensait qu’il en arriverait là, que c’était impossible et que son comportement n’était pas en adéquation avec l’école. AU début Pierre ne parlais pas, néchangeait pas avec les autres et jouait seul à la récréation. Au bout de trois ans, il s’est fait des copains, à été invité à des annif, à participer à tout les projets de l’école, à progresser dans les apprentissages, jusqu’a participer à l’équipe de suivi...... ;. Retenons cette belle citation de Tolstoi : « Traite les personnes comme si elles étaient ce qu’elles devraient être, tu les aideras à devenir ce qu’elles peuvent être »

    Lorsque l’on accueille un enfant présentant un TED dans sa classe, on peut également expliquer aux enfants ce qu’est un TED, afin qu’ils comprennent mieux leur camarade de classe. On peut s’appuyer sur les compétences de l’enfant comme point d’ancrage afin qu’il adhère aux apprentissages. On peut communiquer avec les enseignants qui l’on eu l’année précédente afin de savoir les outils qu’ils ont utilisés, leur point de vue, les difficultés qu’ils ont rencontrés.Cela permet également de pouvoir palper les progrès de l’enfant. On peu faire marcher le tutorat avec d’autres élèves de la classe. on peut mettre également l’enfant concerné en situation d’aidant et non pas seulement d’aidé selon ses compétences. On peut s’appuyer sur différents outils pour donner des repères spatiaux temporels (Pictogrammes... ), permettant également de réduire l’anxiété ressentie par l’enfant face aux changements d’activités. On peut s’informer sur les nouveaux outils (PECS, Scénarios sociaux.. ). On peut rendre plus souple la norme scolaire. On peut créer un maillage institutionnel en mettant en place des cahiers de liaison avec les parents, l’orthophoniste, les éducateurs ect Tout cela contribue à rompre l’isolement et à éviter que l’on se retranche derrière son identité professionnelle rendant alors les échanges stériles notamment lors des équipes de suivi qui tournent bien souvent en guerres de chapelles........Se recentrer sur l’enfant et non sur soi me semble primordiale. Tout cela concoure au bien être de l’enfant, et par la même au bien être de l’enseignant et de l’AVS.

    En quatre ans d’accompagnement, je peux dire, que la scolarisation en milieu est une chance, pour les enfants en situation de handicap, une chance pour les autres enfants de la classe, une chance pour l’enseignant et l’avs. Cela permet à chacun de penser autrement, d’avoir un regard différent, de grandir..... La scolarisation des enfants en situation de handicap, pose la question de la fonction de l’école. L’identité et la posture des enseignants s’en trouve également modifié. Cela nécessite de travailler son regard, sa grille de lecture, de faire appel aux partenariat. Ainsi, j’ai pu constater que la loi de 2005 entraînait une modification de l’école et de la praxis des enseignants. En effet, en accueillant les enfants différents, l’école traditionnelle devient multiforme, elle doit s’ouvrir sur de nouvelles pratiques pédagogiques et travailler en partenariat. Ainsi, les enseignants doivent non plus considérer l’élève différent comme un écolier qui reçoit des savoirs et des apprentissages, mais comme un enfant capable de développer une autonomie, des compétences, de s’épanouir dans l’environnement scolaire. L’enfant en situation de handicap, par sa présence à l’école et par ses besoins spécifiques conduit les enseignants à opérer de multiples deuils. Tout d’abord le deuil des représentations classiques de l’élève. Au travers de l’élève différent s’affirme en effet l’idée que l’élève est une personne indissociable de son milieu de vie, de son histoire, et de ses particularités psychologiques et intellectuelles. Plus qu’un autre, l’élève différent montre qu’il n’y a pas un élève mais autant que de sujets. De même sa présence conduit souvent les enseignants à faire le deuil d’une certaine conception de l’institution scolaire. Ce qui n’est pas, comme j’ai pu l’observer, sans aggraver les désarrois individuels, tant l’institutionnel est souvent une référence, un cadre permettant d’assumer ses fonctions. Ainsi, l’institution scolaire ne se suffit plus à elle-même, elle doit travailler dans une logique de partenariat non seulement avec les parents et spécialistes, mais aussi en interne en instaurant une coopération entre enseignants et responsables éducatifs. Se pose alors une exigence qui rompt avec les éventuels modes de fonctionnement autonomes et cloisonnés, des références culturelles uniques. L’éducation, dans son acceptation au sens large, fait partie de la vie de chacun d’entre nous, dans la mesure où toute formation, tout croisement direct d’échanges, toute démarche d’apprentissages procèdent d’un acte éducatif. Il est donc nécessaire de mettre en place des outils, qui permettent aux enfants en situation de handicap de s’appuyer sur eux pour grandir et pour élaborer des stratégies grâce à l’aide d’un tiers, qui leur permettront à terme d’assumer, dans la différence, les évènements qui jalonneront leur vie. Rétrospectivement, et en analysant avec recul les situations que j’ai rencontrées lorsque j’étais AVS, il me semble important que dans ce contexte, de scolarisation en milieu ordinaire, pour que l’on puisse avoir une posture et une pratique éducative, il est primordial qu’il y ai de la part de tout les membres, ici les enseignants, un encadrement cohérent sur le sens à donner sur les actes éducatifs. En accompagnant Pierre vers l’acquisition d’une certaine autonomie, j’ai constaté que l’accompagnement c’est d’abord permettre à l’enfant de se construire au travers d’une relation structurante, en un être « de pouvoir faire, de devoir faire et de vouloir faire ». Cette construction implique la création d’un espace de liberté, qui émerge grâce à un ajustement réciproque entre l’aidant et l’aidé. En effet, il me semble important de prendre l’enfant dans son intégralité, avec ses désirs, ses envies et ses craintes, en évitant de l’enfermer dans un projet qui ne lui correspond pas. Cela implique donc de définir la place de l’aidé et la place de l’aidant. Cette réflexion sur la place respective de chacun des protagonistes dans une relation d’aide, ne peut se faire que si l’institution lui donne un sens, et donc lui permette son expression.

    http://blog.educateur-specialise.net/mariefee/

    sur ce blog, vous trouverez des écrits en ligne sur la scolarisation des enfants en situation de handicap et également l’inerview d’un responsable de l’IUFM sur la scolarisation des enfants en situation de handicap.... Si cela peut vous aider







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