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Cadre socio-éducatif, travailleur social engagé, sympathisant anarchiste, dans la deuxième partie de la quarantaine.
 

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Derniers commentaires

  • Par Marsiho (xxx.xxx.xxx.181) 1er novembre 2011 21:42
    Marsiho

    @ Sabine : ce serait trop long ! MAis j’envisage de finir par écrire mes 20 ans passés dans les quartiers et au contact des gamins. 


    Que dire sur les quartiers dits sensibles ? Que dire sur les mineurs qui préfèrent trainer au pied des tours avec l’illusion que les potes forment une vraie famille plus solide que la vraie ou que cette société qui passe son temps à les rejeter. Je n’ai pas besoin de regarder les Inflitrés pour en parler, je passe mon temps au contact de tout ce petit monde : dealers, braqueurs, "simples" délinquants... Mais aussi quantité d’individus qui tentent de garder la tête haute, mères "courage" dont la dignité m’a souvent donné de grandes leçons d’humilité ; gamins à la scolarité improbables mais capable de discuter de Sun Tzu... J’ai quantité d’anecdotes, vécues en direct live et non à travers des médias (qui ne savent pas montrer la réalité des choses) qui prouvent que la vérité est loin d’être aussi manichéenne que nombre de commentaires ici comme ailleurs veulent le faire croire. 

    Quant à la question des gamins placés à l’ASE, c’est d’abord dans une démarche de protection. Retirer un enfant à sa famille n’est jamais simple, ni facile. La plupart du temps le travail consistera donc à recréer des liens, de faire de la systémie familiale, de proposer des accueils séquentiels... Et cela ne dure parfois qu’un temps très court. Là encore, il faut le vivre de l’intérieur pour comprendre. 

    MAis une chose est sûre, l’argent via la verbalisation n’est en rien une solution ! Cela poussera juste quelques familles un peu plus loin dans les difficultés ou sur les chemins de la délinquance. Et puis pour proposer de telles solutions, il faudrait des députés exemplaires... Excusez moi je sors pour aller pouffer... 
  • Par Marsiho (xxx.xxx.xxx.121) 18 août 2011 11:46
    Marsiho

    "Je n’ai jamais cessé de m’étonner devant le fait que l’ordre du monde tel qu’il est, avec ses sens uniques et ses sens interdits, au sens propre ou au sens figuré, ses obligations et ses sanctions, soit grosso modo respecté, qu’il n’y ait pas davantage de transgressions ou de subversions, de délits et de folies (…), ou, plus surprenant encore, que l’ordre établi, avec ses rapports de domination, ses droits et ses passe-droits, ses privilèges et ses injustices, se perpétue en définitive aussi facilement, mis à part quelques accidents historiques, et que les conditions d’existence les plus intolérables puissent si souvent apparaître comme acceptables et mêmes naturelles."

    Moi non plus Monsieur Bourdieu, je ne comprends pas cette capacité à supporter sans réagir, sans s’organiser. Il y a plus de 200 ans, une révolution a éclaté pour des écarts, des injustices qui étaient moins grands qu’aujourd’hui... Allez comprendre... Il faut dire que notre système est bien verrouillé, gardé par des édiles qui sont prêts à tout pour conserver leurs avantages. Cela a toujours existé, mais depuis le Fouquet’s, rien ne va plus. L’insensibilité semble toucher mes concitoyens : sur la même une de journal on peut afficher les résultats d’un match de foot en plus gros que le compte-rendu d’un attentat ou d’une agression. Les journaux télévisés passent de la même manière du coq à l’âne, passant d’un viol à la météo avec à peine le temps pour un souffle de respiration. Mais surtout, ne zappez pas ! Et les formats de devenir de plus en plus courts, 20 minutes devenant, après avoir été montré comme le vilain petit canard de la presse gratuite, le standard sur lequel tout doit s’aligner. Bientôt nous n’aurons plus que des dépêches AFP, teintés de la sensibilité de la rédaction, et encore, cela étant très formaté. 

     

    Deux choses contribuent à la bonne santé d’une république, l’éducation et l’information. Petit à petit nous voilà privé des deux. Reste un peuple contemplatif derrière son petit écran, capable de réactions violentes quand la frustration survient dans sa petite vie, mais incapable de s’organiser de manière collective... Il faudrait pour cela qu’il lui reste une dose d’empathie... Bien sûr il en reste encore, mais je vois les réserves fondre comme les glaces de l’Antarctique sous l’effet du réchauffement climatique. 

     

    Monsieur Hessel s’indigna, lui qui n’en a guère le temps, et l’écrivit de manière fort courte mais satisfaisante, du moins à mes yeux. Mais comme il fallait des réactions à ce succès populaire, chaque échotier se sentit obligé d’y apporter sa pierre... en critiquant l’ouvrage, et sans trop forcer la dose, vu son passé de résistant, en critiquant à demi-mot son auteur. Discours trop daté, sans logique, sans perspective... D’un coup les Indignés professionnels, furent surtout indignés du succès de l’ex résistant. Tout cela est mièvre, petit, peu glorieux et surtout anecdotique. Et les Indignés de métier de repartir rapidement sur d’autres situations qu’ils auront oubliés quelques jours après. Même Marianne était du lot, c’est dire... 

     

    Indignez-vous je ne l’ai pas acheté à sa sortie. J’avais déjà bien assez à lire. Mais il me fut offert par ma tante il y a peu, et cela a une grande valeur car elle a 85 ans. C’est à dire qu’elle est de la même génération que Stéphane Hessel. La guerre, ses affres, ses raisons, et comment elle fut vécue par les français de l’époque, nous en parlons souvent. Et plus le temps passe, avec l’échéance que nous savons, plus elle m’en dit, me transformant ainsi en réceptacle de sa mémoire. Cette tante que je n’ai connu que sur le tard il y a dix ans (avant je la fuyait), je prends conscience de ce qu’elle a vécu, elle, femme célibataire, affirmant une vie autonome sans complexe. Elle a passé il y a quelques années l’épreuve du cancer du sein, et maintenant, c’est le coeur qui lâche tout doucement. Entre les deux, elle n’avait rien perdu de sa combativité. Elle a longtemps pensé que j’étais juste un jeune délinquant égoïste et sans avenir. Sur le moment, elle avait raison, mais on change parfois, au gré des rencontres et des épreuves. Notre relation est aujourd’hui tissé sur le socle de mon défunt grand-père paternel, son propre père, dont elle trouve chez moi beaucoup de traits de caractère. Ce dont je ne suis pas peu fier, car mon grand-père était un homme exceptionnel. Soldat, cheminot, résistant, élu local à la Libération, refusant de continuer une fois l’ordre rétabli... Il a toujours fuit les honneurs et ses simagrée. Ce ne sont pourtant pas les médailles qui lui manquait, mais nous n’avons découvert certaines qu’à sa mort, en rangeant son bureau. C’était le genre de type solide, fiable, avec une capacité d’analyse assez forte et une modestie réelle. Quel rapport avec Hessel et son ouvrage ? Et bien tout cet univers là, cette lutte contre le mal, la dictature, la soumission, l’aliénation des masses. Le discours de Stéphane Hessel paraît daté aux échotiers ? Je m’inscris en faux, et j’affirme haut et fort que nous allons vers un totalitarisme nouveau, mais inéluctable. Les pires heures du capitalisme (le néo capitalisme n’est qu’un leurre) sont encore devant nous. Ce ne sera pas aussi violent qu’à ses débuts, mais en terme d’échelle, ce sera bien pire. Cela a déjà commencé. Les phrases de M. Hessel me parle de tout cela entre les lignes. Son regard est pareil au regard des statues, et pour sa voix lointaine, et calme, et grave, elle a l’inflexion des voix chères qui vont se taire (merci M. Verlaine)... Alors que ceux qui ont encore envie de s’indigner le fasse ; nous finirons bien par nous organiser, comme la force centrifuge finit par lier ensemble des ingrédients disparates. 

  • Par Marsiho (xxx.xxx.xxx.171) 18 octobre 2009 20:03
    Marsiho
    L’académie de Créteil va expérimenter, sur trois lycées professionnels, la rémunération des élèves pour lutter contre l’absentéisme ? A peine annoncée, la polémique faisait rage autour de cette idée touchant à un tabou, associant service public éducatif et argent... L’intrusion de l’ultra-libéralisme dans l’enceinte de l’école choque forcément. Besancenot lui-même y a été de son couplet sur le sujet : "Moi je ne suis pas pour payer les élèves, je suis pour donner les moyens au système éducatif de fonctionner". Jolie litote... Je suis également contre le libéralisme, qu’il soit ultra ou pas ; mais concernant cette mesure, je ne vois pas bien en quoi elle serait ultra libérale ? Le libéralisme s’inscrit contre toute forme d’assujestissement de l’individu, alors que dans ce cas de figure, c’est au contraire institutionnaliser un "moyen de pression", pour ne pas dire motivation rétribuée, qui plus est collectif, ce qui me semble loin du dogme libéral. 

    Petit rappel du procédé : tout d’abord il s’agit d’une expérimentation, donc d’une action très limitée qui sera évaluée. Au moins on saura si cela fonctionne ou pas, et avec quels effets pervers éventuels. Ensuite, la bourse, qui pourrait aller jusqu’à 10 000 euros (d’où vient cet argent ?...), serait versée dans un cadre collectif, et non individuel (je reviendrais sur ce point). Il ne s’agit donc pas de "salarier" les élèves. Cela me fait ch... de tenir les mêmes propos que Luc Chatel, mais pour une fois, il a parfaitement raison. Dans le secteur de l’animation, motiver les jeunes à participer sur des projet en participant de manière collective n’est pas une nouveauté, c’est même monnaie courante. Qu’on les pousse à tenir un stand de sandwichs ou autre moyen de trouver monnaie, ou bien qu’on finance un séjour contre une démarche participative, n’est-ce pas la même chose au final ?... Nous le faisons parce que nous savons que ce type de négociation fonctionne, qu’il nous permet de travailler avec le jeune et d’aller au bout d’une démarche pédagogique. Il sera bien temps, pendant et après, de travailler sur des valeurs plus généreuses et non mercantiles. Nous rammassons tellement de gamins cassés par l’école, elle même cassée avec raison par Bourdieu, que nous pouvons rester insensibles au cris outragés de certains pédagogues d’une école qui ne sait plus faire face. 

    L’Angleterre teste la formule de manière individuelle, avec un succès que l’opposition elle-même ne cherche pas à démentir. Le Brésil aussi qui trouve là un "mécanisme conditionnel de transfert de ressources". Dans un pays où la pauvreté est le premier obstacle à l’instruction, la leçon est à méditer. Notons que dans ces deux cas, c’est l’élève qui est directement payé. Ici, alors que l’école a failli (il y a encore des gens qui en doutent dans la salle ?), l’absentéisme atteint parfois des records sans que, au-delà des cris d’orfraie de cette nouvelle mesure, de réelles solutions soient trouvées. J’en ai personnellement marre de ramasser dans les structures où je passe, tous les mômes qui quittent l’école ; sans compter ceux que l’école exclue d’elle même sans se poser, parfois, de questions sur la manière dont ils vont remplir leurs journées. Je vois dans cette mesure, à la condtion qu’elle s’adresse aux classes ou aux individus les plus démunis, une mesure de justice sociale, de répartition des richesses. Comme l’a expliqué Bourdieu, l’école maintient les inégalités à travers la reproduction des classes sociales. Vous croyez vraiment que tous les élèves sont égaux devant l’instruction publique ? Que les classes les plus aisées ne promettent pas des voitures ou autres cadeaux liès aux bons résultats scolaires du petit dernier ?... Quand le besoin économique se fait sentir au point de faire manquer l’école, car bien souvent sombrer dans la délinquance c’est entrer dans une économie parrallèle, comment ne pas imaginer le maintien de l’assiduité par des moyens à même de supprimer la cause et en même temps les effets ? Martin Hirsch n’est pas franchement dans mes petits papiers, mais quand une idée me parait bonne, je ne vois pas pourquoi je hurlerai contre, sans expérimentation préalable, et au pretexte que l’école est obligatoire. La belle incantation que voilà... De plus, alors que je suis pour le collectivisme dans la majorité des cas, je trouve qu’il y a une réelle dichotomie dans les protestations entendues ; en effet, beaucoup à gauche protestent en accusant ce nouveau système de dévaloriser l’effort individuel et le mérite personnel, hors, n’est-ce pas là justement une forme d’encouragement au libéralisme, ou en tous cas à l’individualisme forcené ? Alors que cette mesure tend vers le collectivisme et donc l’entraide et la solidarité ? Je pense même que pour les enfants les plus défavorisés, une cagnotte individuelle pourrait être proposée, ceci mettant en avant une notion de redistribution dans les têtes des élèves. Issue du monde libéral, cette mesure pourrait peut-être en sonner le glas ! Rien que cela justifie d’expérimenter le concept. A suivre. 
  • Par Marsiho (xxx.xxx.xxx.148) 10 juillet 2009 07:44
    Marsiho

    Mais oui Pierre...

    Je suis en partie d’accord avec vous, et c’est bien pour cela que je suis en train de finir de le lire dans son intégralité. Je sais donc de quoi je parle, d’autant que cela touche directement mon univers professionnel (et je ne suis pas journaliste). 
    Quant à la composition, elle a fait et fera débat, y ccompris par ses membres eux-mêmes dont certains avaient créé un blog pour pouvoir dire ce qu’il en pensait... Voir les références sur mon site.
    Maintenant toute action publique s’expose à la critique, et tout citoyen a le devoir d’être critique sur la politique...
  • Par Marsiho (xxx.xxx.xxx.144) 14 avril 2009 19:06
    Marsiho

    Je viens de lire cet ouvrage que j’avais dans ma bibliothèque depuis un an (pas le temps de lire tous les livres que j’attrape).

    Le premier constat, vision sociologique plutôt juste, même si souvent un peu facile... Mais quant au reste du livre, my god ! souhaitons que le monde rêvé par ce comité invisible ne voit jamais le jour car ce sont là les dignes héritiers de Robespierre et Marat... A leur yeux, personne ne trouve grâce, et surtout pas les démocrates, les militants associatifs ou syndicaux. Leur seul souhait, une violence aveugle et sans régles. Et de porter aux nues La Commune de 1871.
    Il se trouve que je suis très curieux de cette véritable révolution populaire (la seule de notre histoire) et que j’ai quelques documents d’époque, comme les instructions pour ériger les baricades, à tant de cm de hauteur, de largeur, à tant des extrémités de la rue, avec tels pavés... Bref, loin d’une anarchie rêvée, un vrai travail de bureaucrate... Alors les références pompeuses à La Commune me font doucement rigoler. Quant au reste, c’est un appel à la haine gratuit. C’est du niveau adolescent prébubère qui n’a pas encore trempé sa queue et s’astique violemment tous les soirs avec hargne et frustration. 
    Ouvrage décevant qui ne mérite pas le barouf provoqué par l’Intérieur. 
    Mieux vaut relire Alinsky ou revisiter l’action de Ghandi, laborieux qui ont su démontrer que les flammes n’étaient pas la seule réponse.

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