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Matthieu Poux

Matthieu Poux

38 ans, professeur en archéologie romaine et gallo-romaine à l’université Lumière Lyon 2. Etudes secondaires au collège Claparède de Genève ; licence d’archéologie des Provinces romaines soutenue à Bâle en 1995 ; doctorat-ès-lettres soutenu en 2000 à l’université de Lausanne ; thèse d’habilitation à diriger des recherches soutenue en 2005 à l’Université de Provence. Spécialiste des processus de romanisation en Gaule romaine et préromaine (commerce et consommation du vin, pratiques religieuses, urbanisation et conquête militaire). Responsable, depuis 2001, des recherches menées sur l’oppidum gaulois de Corent (Puy-de-Dôme), et depuis 2008, des fouilles de la villa romaine de Saint-Laurent-d’Agny (Rhône).

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  • Premier article le 03/04/2009
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Ses articles classés par : ordre chronologique




Derniers commentaires


  • Matthieu Poux Matthieu Poux 29 octobre 2012 19:54

    Bonsoir Monsieur Mourey,

    Merci de m’avoir dédié cet article, même si je ne suis (vous vous en doutiez certainement) absolument .pas en accord avec ses conclusions. Du point de vue de la méthode, la juxtaposition de sources textuelles, iconographiques et « archéologiques » d’époque protohistorique, antique et médiévale ne peut mener qu’à des rapprochements anachroniques et dénués (à mon sens) de pertinence.

    Nos sociétés démocratiques autorisent à chacun d’exprimer son point de vue, Agoravox a fait de cette liberté son principal fond de commerce et c’est très bien ainsi.

    Vous m’excuserez, en revanche, de ne pas m’aventurer plus avant dans une critique détaillée de vos hypothèses : l’année à venir n’y suffirait pas compte tenu de l’ampleur de nos divergences !

    Je préfère consacrer le peu de loisirs que me laissent mes activités d’enseignement à la publication des données issues de nos fouille de Corent et de Saint-Laurent-d’Agny, qui correspondent au coeur de mon métier et justifient les subventions publiques accordées au cours des dernières années.

    J’espère que vous ne m’en tiendrez pas (trop) rigueur et que cette mauvaise chute n’aura pas trop altéré vos capacités rédactionnelles...

    Bien à vous,

    Matthieu Poux


  • Matthieu Poux Matthieu Poux 9 mars 2012 13:56

    "Peut-on réellement affirmer avec la plus grande certitude que le site de Corent comprend « 40 hectares d’habitats » (denses ou clairsemés ?) quand seulement à peine deux hectares ont été fouillés ?"

    Oui : réponse dans l’ouvrage précité (prospections au sol et géophysiques, etc.)

    « Comment comprendre la présence d’un »théâtre« à Corent et celle d’un autre »théâtre« au Puy de Montaudou ? »

    Les deux édifices ne sont pas contemporains. Par ailleurs, il est courant qu’une même Civitas dispose de plusieurs lieux de réunion et de spectacle.

    "N’est-ce pas une étrange coïncidence que le site soit abandonné précisément au moment où le christianisme devient dominant dans l’Empire ?"

    D’après l’étude des monnaies et des mobiliers retrouvés dans son enceinte, le sanctuaire est abandonné et détruit au début de l’époque tétrarchique (fin des années 270-280), soit bien avant l’édit de Milan et l’avènement du Christianisme comme religion d’Etat.


  • Matthieu Poux Matthieu Poux 9 mars 2012 13:52

    "En ne répondant pas à mon commentaire, en manifestant votre intention de ne pas poursuivre le débat sur Agoravox, site citoyen, en nous renvoyant à vos ouvrages, vous fuyez de même vos responsabilités en tant que représentant de la profession. Dommage, j’espérais de votre part plus de combativité.« 

    Je pensais pourtant avoir répondu à vos commentaires (du moins, aux plus cohérents d’entre eux).

    Désolé, mais mes »responsabilités" n’incluent pas l’obligation de présence et de réponse sur un site d’expression grand public.
    Les colloques, les séminaires et autres conférences organisés régulièrement autour de nos travaux permettent d’échanger de vive voix sur ces questions pointues, et je n’ai pas le souvenir de vous y avoir jamais rencontré.

    Pour ce qui est de mes devoirs citoyens, c’est dans l’isoloir que je les exerce et j’ai bien d’autres choses à faire que d’interpeller des ministres pour des problèmes qui ne m’empêchent nullement de dormir ! Je m’en réjouis que votre retraite vous en laisse le loisir, mais j’en suis encore loin !

    La formation de nos étudiants-futurs archéologues, l’organisation de campagnes de fouille et la rédaction de publications scientifiques (i.e. dans des supports reconnus par la communauté idoine) me prennent déjà bien assez de temps.
    Je n’en gaspillerai pas davantage à tenter de convaincre des interlocuteurs qui prétendre tout savoir sur un site auquel nous avons consacré douze ans de recherche ; ce, sans même avoir pris la peine de lire les rapports, articles et ouvrages (des milliers de pages !) qui lui ont été consacrés et mis à la disposition de nos concitoyens éclairés !

    Quant à mon manque de combattivité, encore une fois : la recherche historique n’est pas un combat, mais une passion, dont la pratique est affaire d’archéologues-historiens plus que de militaires...

    Sur ce, je m’en retourne à mes études et vous souhaite d’excellents débats.
    Bien à vous.


  • Matthieu Poux Matthieu Poux 9 mars 2012 10:10

    Bonjour à tous et merci pour vos commentaires, qui reprennent beaucoup de points discutés en détail dans l’ouvrage précité (disponible dans la plupart des bibliothèques universitaires). Internet est un puissant vecteur de dialogue, mais n’a pas vocation à remplacer les outils de base du débat scientifique !

    @Emile Mourey

    "Quant aux hautes sphères de l’Etat, je ne fais pas de politique, mais il est probable qu’après toutes les erreurs que fait votre profession, il vaut mieux pour vous, suivre la trace de M. Aillagon."

    C’est-à-dire ?


  • Matthieu Poux Matthieu Poux 8 mars 2012 09:55

    Merci pour votre réponse, qui comporte plusieurs erreurs et inexactitudes.

    Dans l’ordre :

    "le plateau de Corent était le site sacré dévolu aux cérémonies religieuses. Le fait qu’il soit au pied du Crest s’accorde en outre avec le texte de César qui voyait Gergovie sur cette hauteur et non sur un plateau de Merdogne aux qualités défensives très discutables« 

    Le Crest : alt. maxi. = 653 m
    Corent : alt. maxi. = 621 m
    Plateau de Gergovie/Merdogne : alt. maxi = 745 m !

    L’archéologie n’est certes pas (toujours) une science exacte, mais ce n’est pas le cas de la géographie !

    Les fouilles menées à Corent depuis 2005 (7 ans déjà) à l’extérieur du sanctuaire ont montré qu’il est loin de correspondre uniquement à un »site sacré dévolu aux cérémonies religieuses« (à ma connaissance, personne n’a jamais songé à y localiser le le temple de Vasso Galate de Grégoire de Tours). Mais aussi, à un pôle politique et économique majeur de la Cité arverne, densément occupé au Ier s. av. J.-C. (plus de 40 ha d’habitats).
    A mon tour de vous renvoyer à la lecture de nos écrits : M. Poux, Corent - Voyage au coeur d’une ville gauloise, Ed. Errance, Paris 2011.

     »En revanche, je vous reproche cette tentation que vous avez de vouloir réécrire l’Histoire à partir de vos propres découvertes et interprétations archéologiques et cela sans tenir compte des textes ou en ne voulant pas leur accorder la fiabilité que, pour ma part, je leur accorde (exemple, au sujet de Massada).« 

    La finalité même de toute démarche archéologique est d’écrire ou de réécrire l’Histoire (celle des communautés humaines ou des individus). Pour ma part, c’est avec grand intérêt que j’utilise les textes grecs ou latins, sur la base des traductions existantes, reconnues par la communauté scientifique et exemptes de tripatouillages (Belles Lettres, etc.). Pour avoir examiné chaque terme du passage de César consacré à Gergovie (la question de Massada ne figure pas parmi mes priorités), je ne pense pas qu’il soit possible d’en tirer des arguments définitifs en faveur de tel ou tel site. Ce qui distingue mes hypothèses (provisoires et présentées comme telles !) des théories »définitives« , partisanes et tronquées développées et défendues par vos soins, M. Eychart ou en dernier lieu, M. Baruch...

     »L’existence de corps intermédiaires dans l’organisation de notre société est un fait. Ce fut le cas de l’archéologie. Titulaire de la chaire des Antiquités Nationales, le professeur Christian Goudineau n’était-il pas chargé par le Collège de France d’enseigner la recherche en train de se faire ? D’où ses nombreux livres, véritable bible de la bien-pensance dont il était mal venu de s’écarter. Ne soyez pas naïf ! Tout ce qui s’est fait, ces derniers temps, en archéologie s’est fait dans la ligne de Christian Goudineau« 

    Là encore, vous me paraissez bien mal informé. J’ai eu maintes fois l’occasion de m’opposer diamétralement aux hypothèses de M. C. Goudineau, que ce soit dans différents articles consacrés à la question des origines de Lutèce, de Lugdunum ou de Gergovie, dans le cadre de colloques ou de ma soutenance d’habilitation.
    Il ne m’en a jamais tenu rigueur et en dépit de ces désaccords, j’ai toujours conservé pour le plus grand respect à l’égard de ses oeuvres et de sa personne.
    Ainsi va la recherche »officielle« , qui oppose les arguments de manière constructive et n’a rien d’une guerre de tranchées.
    Pour paraphraser Clémenceau, l’archéologie est une affaire trop futile pour être confiée à des stratèges !

     »Le centre archéologique européen, le muséoparc d’Alésia, les fouilles coûteuses et inutiles qu’on continue au mont Beuvray,.« 

    Au-delà des résultats scientifiques (indéniables, innombrables) apportés par ces deux projets, vous oubliez leur rôle majeur en matière de collaboration des institutions de recherche européennes et de transmission du savoir au grand public, qui a d’autres centres d’intérêt que la seule localisation des sites de bataille et les querelles de clocher qui en découlent...

     »Pourquoi ces fouilles coûteuses et inutiles de la place Jaude ? Tout simplement parce qu’on voulait démontrer que la Gergovie de César sur son point haut n’avait jamais existé et que tout avait commencé à Clermont. « 

    Cette question témoigne d’une méconnaissance absolue du fonctionnement de l’archéologie en France : en particulier, des opérations d’’archéologie dite »préventive« , suscitées par la construction de projets d’aménagement autrement plus coûteux (routes, parking, immeubles...). Les archéologues de l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) n’ont pas demandé à fouiller Place de Jaude » : ils y ont été contraints par l’appétit des promoteurs et de leur clientèle amenée à s’installer dans le futur centre commercial dont la construction détruira l’intégralité des vestiges découverts. Leur intérêt est d’ailleurs loin d’être aussi négligeable que le laissait entendre cet article très orienté de « La Montagne » : en fait de latrines, il s’agit plutôt d’un vaste centre monumental doté d’un bassin-nymphée, de cuisines et d’autres équipements dont l’étude est en cours et renouvelera entièrement notre connaissance du quartier.
    Pour information, le bâtiment romain identifié au Vasso Galate ne se situe pas précisément dans l’emprise des fouilles mais plusieurs dizaines de mètres au nord : il s’agit du fameux « Mur des Sarrasins », qui correspond à la substruction d’un très vaste édifice d’époque romaine dont le réexamen récent a confirmé la datation et l’importance dans le paysage monumental de la capitale arverne...

    "Tout cela pour sauver la crédibilité d’un homme et de ses ouvrages... qui sera bien mise à mal lorsque la communauté scientifique comprendra que la véritable Bibracte se trouve à Mont-Saint-Vincent et Gergovie au Crest.« 

    L’espoir fait vivre, mais Christian Goudineau bouge encore et compte bien utiliser son temps libre de (jeune) retraité pour faire entendre sa voix !.

     »Vous êtes désormais libre... et responsable. "

    Aujourd’hui pas davantage qu’hier. De nos jours, il est préférable d’appartenir aux corps intermédiaires qu’aux hautes sphères d’Etat, où les pressions exercées sont autrement plus fortes.
    Pour l’anecdote, M. Michel Clément était encore en place lorsque nos fouilles de Corent ont été interrompues, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le débat de Gergovie...

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