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  • Max Max 23 octobre 2008 20:33

    Bonjour à tous.

    Je travaille dans une institution dédiée à l’enseignement du FLE en Amérique Latine, en tant qu’enseignant et également pour le recrutement des professeurs.

    Un constat préoccupant : le recrutement de professeurs de FLE devient de plus en plus difficile et il y a plusieurs causes à cela, en plus de la mauvaise information, que les articles de ce forum contribuent à diffuser.

    L’Europe traverse une crise économique, certes, mais même avant cette crise, les billets d’avion coûtaient très cher, et leur tarif est souvent un frein à la venue des candidats. Je dois bien sûr préciser que l’institution ne peut pas prendre en charge le vol.
    Mais cette barrière économique n’est que la première étape dans le découragement du candidat moyen à un poste de FLE dans l’institution. A la vue du salaire proposé, qu’il s’empresse de convertir en Euros, le candidat se sent soudain "dévalué", "exploité" et "contraint à la précarité".
    Il me semble en effet qu’au niveau mondial, le salaire moyen d’un professeur de FLE est de moins de 300 euros par mois. Le loyer du moindre studio à Paris avoisinant le double de ce salaire, on croit à une farce, à une erreur, ou à une réelle tentative de retour à l’esclavage !

    Il faut ici prendre en compte que la plupart des institutions proposant des postes de professeurs de FLE à l’étranger sont des entreprises ou même des associations locales, qui demandent donc à leurs élèves des prix de cours en rapport avec le pouvoir d’achat local, et qui paient leurs professeurs en monnaie locale, avec un contrat de travail local. Il est donc bien évident que ces institutions ne peuvent pas payer, en euros, un salaire "à la française" lorsqu’elles se trouvent dans un pays ne faisant pas partie des pays dits "riches".

    Professeur de FLE à l’étranger, oui, mais quel "étranger", donc ? Même nombre d’heures de cours, mêmes compétences, mais un salaire 5 ou 6 fois plus faible, en valeur absolue, au Guatemala qu’au Japon ? Mais qu’en est-il du pouvoir d’achat du professeur dans ces deux pays ? Est-il si différent ?

    En outre, devient-on professeur de FLE pour un petit moment, ou pour s’installer dans le pays où l’on va travailler ? On peut très bien vivre avec 300 ou 400 Euros par mois dans de nombreux pays d’Amérique latine si l’on y réside, mais on n’aura pas les moyens de retourner voir sa famille en France à chaque vacances. Ce sont les jeux de l’économie mondiale, des diversités économiques et des distances.

    Ma réflexion me pousse donc à m’interroger sur la préparation des futurs professeurs de FLE. Ils ne sont pas forcément conscients de ces réalités économiques, car les départements de sciences du langage ou de didactique des langue n’abordent probablement pas ces aspects concrets dans leurs amphithéâtres.

    De plus, être professeur de FLE, pour beaucoup, se limite à faire du tourisme d’une manière différente, faire une pause d’un an ou deux pour des titulaires de l’éducation nationale, apprendre une langue étrangère en s’amusant ou encore fuir un problème de cœur... Nous avons vu tous les cas de figure.

    Lorsque l’on décide de s’expatrier pour travailler, il faut donc bien savoir si l’on part pour revenir un jour ou pour rester sur place à plus long terme. Il faut aussi savoir si l’on veut être à l’étranger un enseignant de langue, ou une personne reconnue professionnellement, à la "juste valeur" que l’on s’est définie avec des critères français. Travailler à Londres, Mexico, Santiago de Chile ou Tokyo, c’est le plus souvent être un employé local, comme les autres, avec le même statut.

    Il n’y a ni attaque, ni recherche de conflit dans mes propos, simplement le sentiment qu’il manque une certaine réflexion sur la définition même de ce qu’est un professeur de FLE, et que si l’on doit chercher à lui donner un statut, comment l’uniformiser au niveau international.

    Salutations à tous.







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